
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 02/10/2023
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-602864)
652 souris du modèle mdx de la myopathie de Duchenne vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Elles reçoivent des injections d’ocytocine ou de prednisolone trois jours par semaine pendant cinq semaines à cinq mois, puis passent une batterie de tests comportementaux nommés, labyrinthe en croix surélevé, test clair-obscur, open-field, interaction sociale et contention. Le porteur affirme n’attendre aucun effet indésirable des injections et justifie le recours à l’animal par l’interaction entre plusieurs organes. L’ocytocine étant déjà approuvée par la FDA, le porteur présente son passage en clinique comme facilité, au conditionnel.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
En l’absence de traitement, la corticothérapie est le seul traitement palliatif actuellement utilisé pour la dystrophie musculaire de Duchenne. Le corticothérapie (prédnisolone) présente des avantages modestes sur le maintien de la force musculaire et présente également des effets secondaires indésirables comme le développement de l’anxiété, de la dépression et paradoxalement d’une faiblesse musculaire, sur le long terme. L’ocytocine (OT) est connue pour ses effets bénéfiques sur la fonction cardiaque, la régénération musculaire et dans le comportement social. En utilisant le modèle murin mdx, modèle classique de la maladie de Duchenne, le projet évaluera si la combinaison de l’OT avec la corticothérapie peut améliorer la fonction musculaire squelettique, cardiaque ainsi que le comportement social.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Les bénéfices attendus sont que l’OT seule ou en combinaison avec la prédisone/prédnisolone pourrait constituer un traitement dans la maladie de Duchenne. En effet, les résultats obtenus fourniront des indications sur l’intérêt de combiner les 2 traitements, notamment sur le niveau d’OT des souris traitées dans les différentes conditions. Étant donné que l’OT est un médicament approuvé par la U.S. Food and Drug Administration (FDA), la faisabilité d’une application clinique rapide est forte.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les animaux seront injectés 3 jours par semaine avec de l’OT ou de la prédnisolone. Le traitement durera soit 5 semaines soit 5 mois selon les groupes. Des évaluations fonctionnelles non invasives de la force musculaire (newtonmètre), de la fonction cardiaque (échocardiographie) et respiratoire (plésthysmographie) seront réalisées. Une série de tests comportementaux sera réalisée une fois après 5 semaines de traitement et après 6 mois de traitement. Les tests sont les suivants : Les délais entre tests sont de 24h, avec la succession suivante : 1. Plus maze (durée 5 min) 2. Clair/obscur (durée 5 min) 3. Open-field (durée 15 min) 4. Interaction sociale (durée 5 min) 5. Réponse à un stress léger par contention (durée 5-6 min)
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Il n’y a pas de nuisance ou d’effet indésirable attendus suite à l’injection d’ocytocine ou de prednisolone. Néanmoins, les animaux seront surveillés pour évaluer une possible réaction inflammatoire au site d’injection. Le stress, dû à des contentions répétées des animaux, sera également surveillé. Les animaux impliqués dans les tests d’évaluations musculaire fonctionnelles et comportementales(tests d’anxiété et d’ interaction sociales) sont dans des situations soit non anxiogènes ou très peu, n’impliquant pas de stress ou inconfort majeur, cependant, les animaux seront surveillés quotidiennement.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
A la fin des procédures, tous les animaux seront mis à mort pour le prélevement des tissus (muscles, coeur et cerveau) pour des analyses biochimiques et histologiques post-mortem.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Le but du projet est d’explorer le rôle de l’OT thérapeutique dans la maladie de Duchenne. Dans ce contexte, afin de déceler les processus physio-pathologiques impliqués, il est nécessaire d’utiliser des animaux car les mécanismes de dégénérescence musculaire impliquent l’intéraction entre plusieurs types cellulaires et organes différents. Effectuer cette étude sur un système in vitro aboutirait à une étude de processus non-physiopathologiques et ne serait donc pas pertinent pour la mise au point d’un traitement thérapeutique.
2. Réduction
Pour réduire autant que possible le nombre d’animaux nécessaires, nous avons calculé la taille de chaque groupe d’échantillon nécessaire pour une analyse statistique.
3. Raffinement
Les animaux d’une même fratrie sont regroupés dans une cage. Les cages sont enrichies avec un tunnel et une maison en carton. Nous utilisons une grille de suivie et des points limites ont été déterminés en fonction des paramètres observés pour évaluer la souffrance, la détresse et l’inconfort des animaux. Selon les procédures la surveillance est effectuée par les animaliers et/ou par deux chercheurs statutaires ayant suivi la formation Expérimentation Animale. Les animaux sont observés et pesés trois fois par semaine avant chaque injection. S’il apparait que les animaux ont des difficultés pour se nourrir une supplémentation avec du dietgel , nourriture et eau au sol sera envisagé.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
La souris est un petit mammifère dont le système nerveux central présente de nombreuses analogies avec les mammifères supérieurs (dont l’humain). La grande maitrise des méthodes d’élevages, des conditions de bien-être animal et la haute standardisation des lignées en fait un organisme de choix pour une étude physiopathologique. De plus, la souris mdx est le modèle le plus reconnu pour étudier la maladie de Duchenne. Les souris seront utilisées à partir de l’âge de 6 semaines, âge où la dégénérescence musculaire reste très faible et permet ainsi d’évaluer le potentiel thérapeutique de molécules sur une période de traitement allant de 6 semaines à 5-6 mois, période où la dégénérescence musculaire cardiaque apparaît.