
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2023-01-31 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-634992)
180 rats vont être utilisés, tous tués à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré à sévère. Chaque animal reçoit par gavage un mélange de polluants un jour sur deux, avec pour certains un régime gras, puis passe isolé 24 heures en cage métabolique, subit un test de nage forcée de Porsolt et un test de tolérance au glucose avec sonde rectale, avant d’être tué pour prélever les tissus. Le porteur détaille le stress lié au gavage, à l’isolement et à la contention, et prévoit une surveillance renforcée pendant le test de Porsolt. Il affirme qu’aucun système alternatif ne reproduit la complexité de l' »organisme entier » nécessaire à l’étude.
Résumé produit par un modèle de langage à partir du seul texte du laboratoire, selon une méthode arrêtée par l’OXA. Publié sans relecture individuelle préalable, sous la responsabilité de l’association, et corrigé au fil des relectures.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
Décrire les objectifs du projet.
Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).
Dans quel but fait-on ça ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
L’accumulation de graisses dans le foie en dehors de toute consommation élevée d’alcool induit une maladie chronique au niveau de cet organe qui concernerait plus de 200 000 personnes en France chaque année. Cette maladie qui peut être associée à une inflammation peut aussi être reliée à des troubles fonctionnels du cerveau. De nombreux polluants sont présents dans l’environnement et l’alimentation est la principale source d’exposition à ces polluants. En raison de leur forte persistance, ils s’accumulent dans le foie et le cerveau. Dans le cadre de ce projet, nous évaluerons les effets induits sur le foie et le cerveau par une exposition répétée à un mélange de polluants chez le rat adulte consommant un aliment riche en graisses, et réaliserons un ensemble d’analyses comportementales et physiologiques.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).
Est-ce « inutile » ou « nécessaire » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Nous espérons ainsi identifier de nouveaux biomarqueurs d’exposition et/ou d’effets des polluants et de nouvelles cibles thérapeutiques en décryptant le rôle des vésicules dans les mécanismes mises en jeux par l’accumulation de graisses dans le foie et le lien avec de possibles atteintes cérébrales. Cette étude devrait nous permettre : 1) d’évaluer les effets d’une exposition aux polluants dans un contexte enrichi en lipide ou pas, sur le niveau de production et les caractéristiques des vésicules et l’impact de ces changements sur les maladies du foie et du cerveau, 2) de comprendre si les vésicules libérées par les cellules du foie et du cerveau, suite à l’exposition aux polluants peuvent provoquer une toxicité pour les cellules réceptrices, 3) de déterminer la fiabilité de la caractérisation ces vésicules en tant que biomarqueurs d’exposition et/ou de toxicité précoces, modèle facilement transposable chez l’humain, 4) d’évaluer l’interaction avec un stress de nature différente et d’identifier des comorbidités (la libération de vésicules et l’inflammation dues à une surcharge en graisse au niveau du sang pouvant être considérée comme un stress supplémentaire venant s’ajouter aux polluants).
Nuisances prévues, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Un examen publié en 2018 a établi que les résumés allemands et britanniques décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).
Le droit d'accès aux documents · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Ce projet inclura 3 lots regroupant 6 groupes d’animaux : 3 groupes nourris avec la nourriture standard de l’animalerie et 3 groupes alimentés avec un régime riche en lipides. Dans chaque bras, un groupe sera utilisé comme contrôle en étant administré avec l’huile végétale analysée comme servant de véhicule pour la solution de polluant, les 2 autres lots recevant la solution de polluants à 2 doses différentes (80 ou 800 µg/kg de poids corporel). Les animaux seront nourris avec l’une ou l’autre nourriture pendant 30, 60 ou 90 jours et recevront de façon simultanée une administration de la solution de polluants ou d’huile à raison d’une administrations par gavage (une minute par animal) quotidienne un jour sur deux au cours de la semaine (n’est pas prévu d’administration le week-end). Les animaux du lot 1 d’un total de 48 rats (8 par groupe) se verront prélever des poils, du sang (à J0, J28 et J58) et de l’urine (à J30 et J60) pour une mise à mort à J60. Les animaux du lot 2 d’un total de 96 rats (16 par groupe) se verront prélever des poils, du sang (à J0 et J88) et de l’urine (à J90) pour une mise à mort à J90. De plus, ce lot servira à explorer les performances comportementales au plan de l’anxiété (mesurée pendant 5 minutes), de l’activité (mesurée pendant 24h), des performances cognitives (mesurée pendant 2 séances de 10 minutes chacunes) et de la résignation (mesurée pendant 5 minutes) entre J60 et J90. Enfin, Les animaux du lot 3 d’un total de 36 rats (6 par groupe) se verront prélever des poils, du sang (à J0 et J88) et de l’urine (à J90) pour une mise à mort à J90. Ce lot sera dédié à l’étude de la réactivité à un stress psychologique (exposition à un stress pendant une heure) et la tolérance au glucose. Ces 6 animaux seront réutilisés au 3 stades (J30, J60 et J90) pour pouvoir suivre chez les mêmes individus l’évolution de la tolérance au glucose (test d’une durée de 180 minutes) en lien avec l’évolution de la maladie hépatique. Une fois les mises à mort effectuées, les tissus d’intérêts seront prélevés pour analyses.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Un nouvel examen, publié en 2024, a mesuré que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces mesures portent sur l'Allemagne et le Royaume-Uni. L'examen de 2018 classait la France parmi les pays les moins bons pour l'identification, l'accessibilité et la qualité de ses résumés, sans les noter rubrique par rubrique (Taylor et al., 2018). Les résumés français suivent aujourd'hui le modèle européen commun.
Les animaux souffrent-ils ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les nuisances/effets indésirables identifiés attendus tout au long du projet que suivront les animaux sont les suivants : stress lié à l’administration par gavage des polluants, l’inconfort qui pourrait etre lié à la prise de poids du fait des régimes alimentaires qui seront utilisés, le stress généré par le passage en cage à métabolisme pour une durée de 24h pendant laquelle l’animal sera isolé, l’isolement de l’animal lors de son passage pendant 24h dans le test d’actvité avec une roue d’activité, le stress/mal-être généré par le passage dans le test de Porsolt, le stress liés à l’épreuve de réponse au stress et le test de tolérance au glucose (stress lié à la contention, aux prises de sang à la veine de la queue, pose et maintien de sonde rectale pour prise de temperature pendant une heure).
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.
Peut-on parler d'éthique en expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
La mise à mort des animaux se fera 24h après le prélèvement des urines en cage à métabolisme pour 48 rats à J60 et 96 rats à J90 après passage dans les tests de comportement. La mise à mort des 36 derniers animaux se fera 24h après l’étude de la réactivité au stress induite par une contention à J90. Après chaque mise à mort, les tissus d’intérêts à l’étude seront prélevés pour des analyses ultérieures.
Application de la règle des "3R", selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
1. Remplacement
Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.
Comment avancer vers la fin de l'expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
L’objectif du projet étant d’étudier le rôle des vésicules produites au niveau du foie dans un contexte d’exposition à un régime enrichi en lipides ou pas, associé à une exposition répétée aux polluants dans le dialogue entre le foie et le cerveau, il n’est pas possible de procéder au remplacement des animaux par un système alternatif. Aucun système alternatif ne permet de simuler le niveau de complexité de l’organisme entier nécessaire pour répondre aux objectifs du projet.
2. Réduction
Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Le nombre total d’animaux est le nombre estimé juste et nécessaire pour pouvoir atteindre les objectifs du projet dans des conditions de réalisation acceptables garantissant ainsi le bon déroulement de l’expérimentation, la prise en charge adaptée des animaux de façon à garantir au mieux leur bien-être et une exploitation statistique satisfaisante des résultats. Le nombre de 180 animaux prévu a été déterminé pour un calcul de puissance statistique de 80%, des effectifs égaux dans les 6 groupes expérimentaux (n=30/groupes) et la variation estimée la plus sensible dans l’ensemble des mesures effectuées. Par ailleurs ce nombre de 180 animaux est réparti en 3 lots de respectivement, 48, 96, et 36 rats destinés à des mesures à un stade déterminé pour chaque lot plutôt que d’avoir un seul lot nécessitant de répéter à chaque stade d’investigation un nombre conséquent de procédures contraignantes avec pour conséquence un risque en terme de mal-être des animaux tout au long de l’expérimentation et une prise en charge inadaptée compte-tenu d’un volume de travail trop important.
3. Raffinement
Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.
La réglementation est-elle « très stricte » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les points limites récurrents à toutes les procédures qui seront surveillés chez les animaux adultes seront : 1) la diminution ou l’arrêt de consommation alimentaire ou hydrique, le ralentissement de la prise de poids avec rupture de la linéarité de la courbe de poids au regard des courbes de poids fournies dans des abaques publics, 2) la modification de l’apparence externe (pelage ébouriffé et/ou terne, absence de toilettage), 3) un état de prostration, 4) des signes respiratoires de mal- être (éternuements, râles, toux, respiration pénible) caractéristiques d’une fausse route liée à la procédure de gavage. Enfin pour le Porsolt, une surveillance accrue sera mise en place par des manipulateurs et neurocomportementalistes expérimentés détenteurs du DU d’expérimentation niveau 1. De plus, au moindre signe de détresse non attendu de l’animal lors de ce test, celui-ci sera sorti immédiatement puis séché, réchauffé et remis dans sa cage. En cas d’atteinte de l’un de ces points, l’animal sera d’abord isolé, la surveillance poursuivie et si l’état général de l’animal est jugé apte, le traitement sera maintenu. Dans le cas contraire, le traitement sera stoppé et l’animal exclu du groupe. En dernier recours, le rat pourra être mis à mort par injection i.p. d’Exagon (pentobarbital 180 mg/kg) après sédation profonde sous isoflurane 4% si les signes et l’état de mal-être ne se résorbent pas.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.
Spécisme et expérimentation animale · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Le projet de recherche nécessite le recours à des analyses physiologiques, cellulaires, biochimiques et moléculaires en lien avec des régimes nutritionnels spécifiques induisant une maladie du foie dont l’origine n’est pas liée à une surconsommation d’alcool . Les rats SpragueDawley sont utilisés pour la recherche sur la physiologie et le métabolisme. De plus, il a été montré dans la littérature que les rats Sprague-Dawley constitue un meilleur modèle d’étude d’induction de maladies hépatiques que la souche Wistar. Les animaux entreront dans l’étude à l’âge de 6 semaines et seront acclimatés à leur nouvel environnement pendant 8 à 10 jours. A ce stade ils auront atteint leur maturité sexuelle et sont donc considérés comme jeune adulte, ce qui est représentatif du profil de la population atteinte.