
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 08/06/2026
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-653528)
1 000 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures classées d’un niveau de souffrance léger. Leur moelle osseuse est d’abord affaiblie par une chimiothérapie, avant la greffe de cellules humaines puis l’injection de vecteurs de thérapie génique dans la veine de la queue. Le porteur reconnaît qu’il est impossible d’éliminer les risques d’effets secondaires, dont l’apparition de tumeurs si le gène s’insère dans une zone oncogénique. Les animaux sont ensuite mis à mort pour autopsie et analyse des tissus, l’étude servant à contrôler la sécurité de ces traitements avant les essais cliniques.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Certaines maladies génétiques graves peuvent aujourd’hui être traitées grâce à la thérapie génique qui vise à corriger ou remplacer un gène défectueux en introduisant une nouvelle information génétique dans les cellules du patient. Ce gène thérapeutique est transporté des « vecteurs », comme des virus rendus inoffensifs (thérapie in vivo) ou des cellules génétiquement modifiées en laboratoire (thérapie ex-vivo). La thérapie génique peut parfois provoquer des réactions immunitaires inattendues ou des effets secondaires, susceptibles de réduire l’efficacité du traitement. Il est donc indispensable de vérifier leur sécurité et la distribution du gène dans l’organisme avant les essais cliniques. Les études dites de biosécurité et de biodistribution permettent d’évaluer ces risques en vérifiant que le traitement ne provoque pas de toxicité, que le matériel génétique introduit reste contrôlé, qu’il ne se disperse pas de manière indésirable et qu’il ne perturbe pas le fonctionnement normal des cellules. Ces évaluations sont réalisées selon des règles strictes définies et sont fortement recommandée par les agences règlementaires européennes ou internationales. Les souris incluses dans ce projet sont immunodéficientes et ne possèdent pas leur propre système immunitaire fonctionnel, ce qui permet d’y implanter des cellules humaines sans rejet. Après transplantation de cellules souches humaine issues de moelle osseuse ou de sang de cordon, ces souris développent progressivement un système immunitaire, reconstituant les différentes sous-population de cellules hématopoïétique humaine. Elles constituent ainsi un modèle essentiel pour observer les effets des thérapies géniques dans un organisme vivant et mieux comprendre les réponses immunitaires associées. Différents modèles de souris immunodéficientes sont employés dans ce projet conçues pour accepter les cellules humaines. Ces modèles permettent d’évaluer la sécurité et l’efficacité des nouvelles thérapies avant leur passage en essais cliniques, contribuant ainsi à garantir la protection future des patients.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Les études de biosécurité et de biodistribution sont essentielles pour justifier la sécurité et l’efficacité de thérapies géniques avant le passage aux essais cliniques chez l’homme. L’ambition de la plateforme préclinique de l’ART-TG est d’aider, sous forme de prestation ou de collaboration, la progression de thérapies innovantes permettant de répondre à des besoins médicaux inassouvis. Ce laboratoire s’intéresse à développer de traitements ciblés pour des maladies génétiques telles que des déficits immunitaires ou la drépanocytose. Il développe également des traitements du cancer par l’ingénierie du système immunitaire avec des cellules CAR-T. Ces études s’inscrivent dans une médecine personnalisée, avec des effets durables potentiellement curatifs pour des maladies rares ou fréquentes.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Le projet comporte au maximum 5 types d’interventions :: Étape 1 : Préparation des souris : Avant de leur greffer des cellules humaines, les souris subissent un traitement spécial pour affaiblir leur moelle osseuse, grâce à un médicament de chimiothérapie utilisé en clinique. Ce traitement est administré en deux injections à 24 heures d’intervalle. Chaque injection dure quelques secondes (< 5s). Étape 2 : Humanisation des souris : les cellules humaines sont injectées dans une veine de la souris. Il y aura qu’une seule injection par qui dure quelques secondes (< 10s). En fonction des groupes, les cellules peuvent avoir été modifiées génétiquement, préalablement au laboratoire. Étape 3 : Traitements génétiques in vivo: Il s'agit d'apporter le matériel génétique dans les cellules déjà greffées chez les souris en injectant des vecteurs dans la veine de la queue des souris, une fois par semaine, pendant 6 semaines. Il y a aura au total 6 injections qui durent quelques secondes chacune (< 10s). Étape 4 : Prélèvements intermédiaires : Comme le processus d’humanisation est long, des échantillons de sang sont prélevés chaque semaine sous anesthésie gazeuse à partir de la 5e semaine. Chaque prélèvement durent quelques dizaines de secondes (< 30s). Cela permet de suivre l’évolution de la greffe en analysant différents paramètres du sang. Étape 5 : Prélèvements finaux : À la fin de l’expérience, un prélèvement de sang (qui dure < 30 s) est réalisé sous anesthésie générale directement dans leur cœur. Ensuite, les souris sont euthanasiées de manière rapide et indolore.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Il est impossible d’éliminer complètement les risques d’effets secondaires. Les vecteurs utilisés (comme les cellules ou virus modifiés) ou les gènes qu’ils transportent peuvent provoquer des réactions indésirables, notamment l’apparition de tumeurs si le gène s’insère dans une zone oncogénique ou l’insertion perturbe le fonctionnement normal de la cellule.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
A la fin de la procédure, tous les animaux seront mis à mort pour permettre de les étudier (autopsie, analyse biomoléculaire des tissus).
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Pour mettre aux points les vecteurs et les séquences de gènes, l’ensemble des méthodes alternatives à l’expérimentation animale ont été utilisé pour valider les mécanismes et l’approche scientifique de la thérapie (cultures cellulaires, les organoïdes, les modèles informatiques et les systèmes microphysiologiques comme les organes sur puce). Les méthodes alternatives offrent des solutions prometteuses pour réduire l’utilisation d’animaux, mais elles ne peuvent pas encore remplacer totalement l’expérimentation animale en thérapie génique. Leur principale limite réside dans leur incapacité à reproduire la complexité et l’interconnexion des processus biologiques à l’échelle de tout un organisme, ainsi que dans l’étude des effets à long terme ou systémiques des traitements : -Incapacité à reproduire la complexité d’un organisme entier : absence de réponse systémique (interactions entre les organes et systèmes immunitaires, systémiques, nerveux ou endocriniens). -Incapacité à reproduire la distribution du traitement dans les différents organes, les différents compartiments -Manque de modèles pour les interactions génétiques et environnementales. Ces interactions sont difficiles à reproduire dans des systèmes artificiels. A cela, s’ajoute également l’absence de variabilité biologique dans les modèles simplifiés qui génère une compréhension incomplète ou biaisée des effets d’une thérapie génique. -Durée et dynamisme des effets : Les thérapies géniques visent souvent des effets durables ou permanents. Les systèmes alternatifs comme les cultures cellulaires sont généralement limités en durée de vie, ce qui rend difficile l’étude des effets à long terme. Les réponses dynamiques (comme la régulation génétique sur plusieurs jours, semaines ou mois) sont complexes à modéliser in vitro ou par ordinateur. La recherche animale reste donc difficile à substituer totalement dans le cadre de la recherche en thérapie génique pour plusieurs raisons scientifiques, techniques et réglementaires. En effet, la thérapie génique repose sur des vecteurs (souvent des virus modifiés) pour introduire ou modifier du matériel génétique. Les réponses immunitaires ou les effets secondaires imprévus doivent être évalués dans un organisme entier avant d’envisager des essais cliniques sur l’humain. Les animaux permettent d’évaluer les effets hors cible (off-target effects) et les potentiels risques oncogènes dans un cadre biologiquement pertinent.
2. Réduction
Le projet a été élaboré afin de pouvoir minimiser le nombre d’animaux nécessaires tout en obtenant des résultats fiables et statistiquement significatifs. -Développement des techniques de biologie moléculaire avancées qui permettent de réduire ainsi le besoin d’animaux supplémentaires : des dosages multiplexés (qui permettent de mesurer plusieurs paramètres dans le même échantillon biologique); augmentation de la sensibilité des tests (diminution du volume de sang nécessaire (
3. Raffinement
Dans le cadre d’une étude de biosécurité portant sur une nouvelle thérapie génique, des mesures de raffinement adaptées aux protocoles expérimentaux ont été mises en place : •Hébergement en isolateur exempt de pathogènes et d’agents opportunistes : les souris étant immunodéficientes, ces conditions permettent d’éviter l’expression de phénotypes délétères. •Enrichissement du milieu : mise à disposition de maisons pour rongeurs (type Smart Home) en papier, de briques à ronger en bois ainsi que de matériaux de nidation (type Sizzle Nest ou Nestlets). •Réalisation des prélèvements sous anesthésie : anesthésie gazeuse pour les prélèvements rétro-orbitaires et injection d’une solution de kétamine et de xylazine pour les ponctions intracardiaques. •Suivi quotidien de l’état des animaux, avec un contrôle du poids pouvant aller jusqu’à trois fois par semaine durant la phase de conditionnement. •Mise en place de points limites adaptés et spécifiques aux procédures expérimentales.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Les souris humanisées, générées à partir de souris immunodéficientes, sont des outils précieux en thérapie génique et biosécurité. Leur système immunitaire affaibli permet de greffer durablement des cellules humaines, créant un modèle biologique proche de l’humain. Ces modèles permettent d’étudier les interactions entre vecteurs, gènes insérés et cellules humaines, tout en évaluant les effets secondaires spécifiques, comme les réponses immunitaires indésirables, les tumeurs ou la maladie du greffon contre l’hôte. En reproduisant des mécanismes biologiques humains, elles améliorent la prédictivité des résultats précliniques, renforçant la sécurité et l’efficacité des thérapies innovantes avant les essais cliniques. . Seules des souris femelles jeunes adultes seront utilisées dans ces études car elles permettent une meilleure prise de greffe ce qui fournit des résultats plus fiables donc limitant le nombre d’animaux nécessaires à l’étude.