
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 08/06/2026
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-674306)
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Ce projet a pour objectif d’évaluer la capacité de la photobiomodulation, utilisant une lumière rouge ou proche infrarouge, à réduire les toxicités induites par la radiothérapie et/ou la chimiothérapie au niveau de la muqueuse buccale et de la peau. La photobiomodulation est déjà largement utilisée en clinique pour la prise en charge des effets secondaires liés aux traitements anticancéreux, ainsi que dans d’autres indications telles que l’alopécie ou la cicatrisation post-chirurgicale. L’objectif principal de ce projet est d’évaluer la sécurité et l’efficacité de la photobiomodulation dans des modèles murins de toxicités radio-induites, en particulier la radiodermite et la mucite orale, tout en s’assurant de l’absence de toxicité cutanée et muqueuse induite par la photobiomodulation elle-même. Un objectif secondaire est de vérifier que la photobiomodulation n’induit pas de protection tumorale vis-à-vis de la radiothérapie. À ce titre, le projet vise également à évaluer l’impact de la photobiomodulation sur la réponse tumorale à la radiothérapie, et à explorer la possibilité d’un effet radiosensibilisant de la photobiomodulation.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Bien que l’efficacité clinique de la photobiomodulation soit aujourd’hui bien établie dans la prévention et le traitement de la mucite orale, l’analyse de son effet sur les toxicités cutanées et muqueuses radio-induites permettra de mieux comprendre comment la photobiomodulation agit au niveau cellulaire et moléculaire pour limiter l’inflammation et favoriser la réparation des tissus sains exposés aux irradiations. Certaines études précliniques ont déjà démontré une réduction de la mucite orale par l’utilisation de lasers de faible intensité chez l’animal. Toutefois, ce projet vise à confirmer ces résultats à l’aide de techniques complémentaires, permettant d’étudier précisément les mécanismes biologiques impliqués dans la réduction des effets secondaires, et surtout à étendre cette démonstration au contexte de la radiodermite, dont la diminution n’a pas encore été démontrée de manière robuste en préclinique, tout en s’assurant de l’absence de toxicité cutanée et muqueuse propre à la photobiomodulation. Par ailleurs, les paramètres d’utilisation de la photobiomodulation (doses, longueurs d’onde, durée d’exposition) étant actuellement très hétérogènes en préclinique et en clinique, ce projet contribuera à leur optimisation et standardisation dans le cadre des soins de support en oncologie. Dans la littérature préclinique, l’impact de la photobiomodulation associée à la radiothérapie sur la tumeur reste controversé. Ce projet vise à clarifier ces effets en explorant de manière rigoureuse l’influence de la photobiomodulation sur la réponse tumorale à la radiothérapie, dans différents modèles tumoraux. La mise en évidence, à l’aide de preuves précliniques solides et de techniques d’analyse avancées, d’un effet radiosensibilisant, d’une modulation du microenvironnement tumoral, ou d’un ralentissement de la croissance tumorale constituerait une avancée majeure dans la compréhension des interactions entre la photobiomodulation et les traitements anticancéreux. Ces données permettront de mieux caractériser les mécanismes biologiques impliqués, notamment en termes de vascularisation tumorale, d’inflammation et de réponse immunitaire, et de trancher les divergences actuelles de la littérature.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Il y aura une injection des cellules tumorales sous anesthésie locale (durée 10 secondes). Pour chaque procédure, la photobiomodulation sera délivrée pendant au maximum 10 min sans contact direct à une distance de 40 mm. Elle sera délivré pour chaque groupe sous anesthésie générale après une séance de radiothérapie pour les groupes irradiés ou pour les groupes témoins. Pour chaque procédure, les souris seront également irradiées sous anesthésie générale (durée: 15 minutes max) . Dans certains groupes, elles seront traitées 3 fois par semaine avec un anticorps en injection durant trois semaines (durée de l’injection 10 secondes). Cette injection se fera sous anesthésie locale. Certains groupes recevront un produit de contraste pour voir la vascularisation sous micro-CT juste avant le prélèvement final sous anesthésie générale (une injection, durée 10 secondes, sous anesthésie générale).
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les nuisances qui surviennent à l’animal sont principalement dues à l’irradiation et à la tumeur. Les effets indésirables attendues liés à l’implantation de la tumeur, le développement progressif de la tumeur pouvant entraîner une gêne légère à modérée et une perte de poids. Les nuisances que l’animal peut également rencontrer sont les irritations cutanée ou muqueuse légère et transitoire et la perte de poids modérée, liée à l’irradiation dans les modèles de radiodermites et de mucite orale radio-induites. L’association de la photobiomodulation à la radiothérapie ne génère pas de nuisance supplémentaire pour l’animal. Aucun effet indésirable spécifiquement lié à la photobiomodulation n’est attendu sachant qu’elle non ionisante, non invasive et appliquée en surface à des doses ne causant aucune élévation thermique mesurable. Dans ce contexte, la photobiomodulation est susceptible de réduire certaines toxicités radio-induites, telles que la radiodermite et la mucite orale, et pourrait ainsi contribuer à une amélioration du bien-être animal.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Les animaux seront euthanasiés pour des études et examens sur tissus post-mortem.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Le recours à l’animal est justifié par l’impossibilité de reproduire in vitro l’ensemble des phénomènes biologiques étudiés dans ce projet. Les effets de la photobiomodulation sur les toxicités radio-induites et sur la réponse tumorale impliquent des interactions complexes entre plusieurs compartiments cellulaires, microenvironnement tissulaire de la tumeur , et la dynamique tumorale avec certains types de cellules ou médiateurs chimiques est très important, qui ne peuvent être modélisées de manière pertinente par des systèmes cellulaires isolés. D’autant plus que les données issues de la littérature basée majoritairement sur des études in vitro sont très limitées dans l’analyses sur les mécanismes d’actions de la photobiomodulation sur la réparation tissulaire ou sur la réponse tumorale, manquant d’aller plus loins dans la recherche ou dans les conclusions. Ils démontrent par ailleurs que les effets de la photobiomodulation diffèrent significativement entre les modèles in vitro et in vivo. Ainsi, l’utilisation de modèles murins reste indispensable si on veut étudier de manière intègre les effets de la photobiomodulation sur les tissus développant la mucite orale et la radiodermite proche de celui des patients et sur la tumeur, dans un contexte de radiothérapie, et pour produire des résultats transposables à la clinique humaine.
2. Réduction
Le nombre d’animaux utilisé dans ce projet sera strictement limité au minimum nécessaire pour obtenir des résultats statistiquement exploitables. Les effectifs ont été définis sur la base : d’une analyse statistique à priori, afin de calculer le nombre d’animaux nécessaire et suffisant dans chaque procédure pour détecter des différences significatives pour chaque procédure expérimentale. Sur des données précliniques existantes, les modèles de radiodermite et de mucite orale utilisés dans ce projet sont très développés dans le laboratoire et décrits dans la littérature. Mais également la création de modèle avec des tumeurs ou il y a un contrôle tumoral par la radiothérapie est également très développé dans le laboratoire. Du fait de ce recul important, nous n’avons pas besoin de mettre en place nos modèles d’irradiations et de tumeurs. Ceci nous permettra de réduire les conditions expérimentales et donc le nombre de souris.
3. Raffinement
La photobiomodulation constitue une approche non invasive, non ionisante, appliquée à des paramètres n’induisant aucune élévation thermique mesurable, et ne générant pas de douleur directe chez l’animal. Toutefois, un appareil d’imagerie thermique (Ti20 thermal imager) peut être utilisé pour vérification. Les animaux seront pesés trois fois par semaine, et un examen clinique biquotidien sera réalisé afin d’évaluer l’état général, le développement des effets radio-induits cutanés et/ou muqueuses. Le scoring de ces effets se fera avec le score de Parkins ou CTCAE. Le développement tumoral sera suivi trois fois par semaine par la mesure du volume tumoral à l’aide d’un pied à coulisse, ou par une imagerie IVIS (Système d’imagerie in vivo basé sur la luminescence), permettant un suivi longitudinal non invasif. Des points limites précoces ont été définis et seront strictement appliqués, conduisant si nécessaire à une euthanasie immédiate, réalisée conformément aux recommandations réglementaires en vigueur. Les souris seront hébergées en groupe afin de limiter le stress lié à l’isolement. Leur environnement sera enrichi (coton, nids en carton, papier) pour favoriser les comportements naturels et réduire l’anxiété. En cas de besoin, des compléments alimentaires riches en énergie et facilement accessibles seront mis à disposition, et des traitements analgésiques pourront être administrés conformément aux recommandations vétérinaires.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
La souris est l’espèce animale de référence pour les études de radiobiologie, en raison de la bonne caractérisation de ses réponses tissulaires et immunitaires aux rayonnements ionisants. Les lignées choisies ont été sélectionnées car ce sont des modèles largement utilisés et validés pour l’étude du développement tumoral et des effets secondaires de la radiothérapie. Leur homogénéité génétique (souris congéniques) garantit une bonne reproductibilité des résultats. Par ailleurs, ces lignées ont déjà été utilisées dans le laboratoire pour l’étude des mucites buccales et de la radiodermite, assurant ainsi une continuité scientifique avec les travaux similaires. Les souris jeunes seront âgées de 8 semaines, un âge où la souris est suffisamment mature. Elles représenteront les souris jeunes. Sur la base des résultats obtenus, certains résultats clés peuvent être confirmés sur des souris âgées de 15 à 18 mois pour voir si l’âge joue dans les résultats.