
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 29/03/2023
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-660701)
600 chauves-souris et oiseaux sauvages vont être utilisés dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger, puis relâchés sur le site de capture. Chaque individu subit une prise de sang à la veine alaire et deux écouvillonnages, salivaire et cloacal, pour une manipulation d’environ deux minutes. Le projet cherche à relier la dégradation de l’habitat à la présence d’agents pathogènes chez ces réservoirs, sur un territoire insulaire tropical. Le porteur indique exclure des prélèvements les espèces les plus fragiles et relâcher directement juvéniles et femelles gestantes ou allaitantes.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
La caractérisation des pathosystèmes circulant dans des cycles enzootiques passe incontournablement par l’identification de ses agents étiologiques à partir des prélèvements sur les hôtes vertébrés concernés. Les chiroptères et l’avifaune sont des réservoirs d’un grand panel d’agents pathogènes à importance médicale (i.e. SARS-CoV2, arbovirus). Les facteurs favorisant ce portage sont encore mal connus et la relation avec l’état de conservation de l’habitat est importante à définir pour mieux évaluer les risques de transmission et de circulation associés à sa fragmentation/dégradation. Les espèces animales concernées sont protégées au sein du territoire donc il est nécessaire de mettre en lumière l’importance de la préservation de leur habitat pour garantir les services ecosystèmiques protectifs vis-à-vis de l’émergence des maladies infectieuses. Le projet proposé porte alors sur l’influence de la biodiversité des écosystèmes et de leurs modifications d’origine anthropique sur (i) les populations des chiroptères et oiseaux réservoirs de maladies infectieuses, et (ii) sur la prévalence d’agents pathogènes associés. In fine, les objectifs spécifiques du projet faisant l’objet de la présente demande sont les suivants : – d’évaluer l’impact de la dégradation de la couverture végétale et de l’anthropisation sur les chiroptères et oiseaux réservoirs d’agents pathogènes à importance médicale. – d’évaluer la prévalence d’agents pathogènes à importance médicale chez ces deux grands groupes de réservoirs vertébrés. – d’évaluer cette fréquence selon le caractère « dégradé » ou non de l’environnement.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Les facteurs favorisant le portage d’agents pathogènes chez les oiseaux et les chiroptères sont encore mal connus et sa relation avec l’état de conservation de l’habitat est importante à définir pour mieux évaluer les risques de transmission et de circulation associés à sa fragmentation/dégradation. Les espèces animales concernées sont protégées au sein du territoire donc il est nécessaire de mettre en lumière l’importance de la préservation de leur habitat pour garantir les services écosystémiques protectifs vis-à-vis de l’émergence des maladies infectieuses (bénéfice à moyen-long terme). De plus, ce projet permettra améliorer les connaissances quant aux interactions hôtes-agents pathogènes qui opèrent dans des cycles enzootiques jusqu’à alors non explorés dans les sites d’étude (bénéfice à moyen-long terme).
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
3 prélèvements uniques seront effectués sur chaque individu : une prise de sang à la veine alaire (20 à 50 microl) un écouvillonnage salivaire et un écouvillonnage cloacal. Durée total de la manipulation (~2 min par individu)
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Stress lié à la capture et douleur inférieure ou égale à une piqûre pendant la période de manipulation/prélèvement (~2 minutes)
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Animaux libérés dans le site de capture dès la fin des prélévements. Durée manipulation : ~2 min /individu
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Non applicable. Seules les captures suivant le design d’échantillonnage cité au préalable permettront de répondre aux questions du projet. En effet, des collections d’échantillons ne sont pas disponibles vu que cette étude constitue la première à se focaliser sur le sujet sur le territoire.
2. Réduction
L’inventaire acoustique non invasif effectué dans les phases préliminaires du projet INSULA a été la stratégie permettant une réduction des sites de captures (de 36 sites à 12), et par conséquent, le nombre de spécimens à capturer et à prélever.
3. Raffinement
1-Limiter la durée de manipulations (~2 min) et le nombre de prélèvements (seulement un prélèvement par type d’échantillon/geste). 2-point de compression du point d’injection et libération le plus rapidement possible des spécimens capturés.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
L’objectif est d’évaluer les différences de diversité entre les hôtes et les pathosystèmes associés, selon le niveau de dégradation de l’habitat. Les chiroptères et l’avifaune sont des réservoirs d’un grand panel d’agents pathogènes à importance médicale (i.e. SARS-CoV2, arbovirus), mais le plus souvent les espèces jouant le de principal amplificateur et/ou disperseur ne sont pas connues. L’étude de la diversité d’agents pathogènes associés à ces deux groupes de réservoirs potentiels doit passer par l’étude d’animaux sauvages, sans a priori d’espèces, pour avoir la vision la plus complète possible des cycles microbiens. Afin d’établir le lien entre la diversité des hôtes et des pathosystèmes de façon non biaisée, la méthode d’échantillonnage sera utilisée dans les 12 sites ne cible pas une espèce de chiroptère ou d’oiseau particulière. Seuls les colibris et les espèces Monophyllus plethodon et Eptesicus guadeloupensis seront exclus des prélèvements, au vu de leur fragilité, et seront relâchés directement. Adultes. Plus pertinents d’un point de vue épidémiologique, pouvant héberger des traces d’infections passées et être impliqués dans les cycles enzootiques d’agents pathogènes. Moins vulnérables pour les captures. Les juvéniles et les femelles gestantes et allaitantes (chauves-souris) seront relâchés. Les captures seront faites en dehors de la saison de reproduction.