Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.
En bref (résumé court généré par IA)

Pour tester des traitements contre la maladie de Berger, une atteinte rénale auto-immune, 372 souris porteuses de gènes humains qui la déclenchent vont être utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Elles subissent des prélèvements de sang dans la veine de la joue et des prélèvements d’urine deux fois par mois, des injections dans la veine de la queue chaque semaine pendant un mois puis chaque mois pendant six mois, un gavage par sonde gastrique, et pour une partie d’entre elles une biopsie du rein. Le porteur écrit que la maladie de Berger n’entraîne aucune nuisance, alors qu’il décrit des souris accumulant des anticorps dans les reins, avec du sang et des protéines dans les urines dès douze semaines. Toutes sont tuées pour analyser l’inflammation rénale, et il précise que l’industrie pharmaceutique a sollicité son laboratoire pour ces études.

NTS-FR-663145v2
Types de recherche
· Autres troubles humains · Recherche appliquée · Troubles immunitaires ·
Mots-clés
inflammation rénale, dysfonctionnement immunitaire
Souris : 372

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

Nous disposons d’un modèle unique dans le monde, le modèle de souris avec des gènes humains exprimant des anticorps spécifiques et un récepteur pour les anticorps spécifiques. Ces souris développent une maladie auto-immune rénale (c’est à dire qui résulte d’un dysfonctionnement du système immunitaire qui conduit ce dernier à s’attaquer à l’organisme) et ainsi cause l’accumulation anormale des anticorps dans les reins avec de la protéinurie (présence de protéines dans les urines) et d’hématurie (présence de sang dans les urines) à partir de 12 semaines. Comme il n’existe pas de traitement curatif pour cette maladie, notre laboratoire cherche à développer des nouveaux traitements. Nous avons généré cinq anticorps anti-inflammatoires et l’industrie pharmaceutique nous a sollicité pour des études sur l’animal basées sur nos recherches précèdentes . En effet, nous avons démontré une belle efficacité d’une enzyme, une protéine capable de couper les anticorps et ainsi réduire l’inflammation liée à la maladie. Le problème était que comme il s’agit d’une protéine d’origine bactérienne, il y a une réponse immunitaire contre cette enzyme , des anticorps anti-enzymes bloquant son activité. L’objectif de notre étude est de traiter les souris exprimant la maladie avec les anticorps anti-inflammatoires, des ARN messagers (molécule capable d’induire la production d’une protéase qui est une enzyme (=protéine) capable de cliver les anticorps responsable de la maladie) ou avec des nanoparticules (particules de petite taille) permettant d’induire une tolérance au traitement avec la protéase recombinante d’origine bactérienne. Ces traitements sont bien tolérés sans aucun dommage chez la souris (résultats obtenus au laboratoire). L’objectif est d’évaluer l’action de ces traitements sur les anticorps circulants, sur les dépôts rénauxd’anticorps, l’inflammation tissulaire rénale et sur la protéinurie.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

La néphropathie (ou maladie de Berger) est l’une des premières causes d’insuffisance rénale en France et dans le monde. Cette maladie est causée par une accumulation anormale d’anticorps dans les reins. Il n’existe actuellement pas de traitement spécifique de cette maladie, les patients n’ont que des traitements de suppléance (dialyse, greffe). Le développement d’un traitement pourrait éliminer la cause de la maladie et ainsi pouvoir proposer un traitement curatif. Les traitements proposés chez les souris qui développent la maladie seront une étape pré-clinique cruciale avant le passage à l’homme pour des essais cliniques.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Afin d’évaluer le traitement de la maladie par les anticorps anti-inflammatoires : les souris seront soumises à des prélèvements sanguins au niveau de la veine de la joue (deux fois par mois). Des prélèvements d’urines (2 fois par mois) les prélèvements seront faits sur animaux non anesthésiés, lors de la contention de la souris, la miction est en général spontanée . Des injections d’anticorps par voie intraveineuse (une fois par semaine pendant 1 mois) seront faites principalement par la veine caudale qui est située sur la queue de l’animal. Le gavage par une sonde gastrique (1 fois par mois pendant 1 mois). Afin d’évaluer le traitement de la maladie par les ARNmessagers (ARNm) : les souris seront soumises à des injections d’ARNm (une molécule retrouvée dans toutes les cellules qui sera traduite en protéine) principalement par la veine caudale (veine sur la queue) une fois par semaine pendant un mois puis une fois par mois pendant 6 mois. Les prélèvements de sang (au niveau de la veine de la joue) se feront à J0 puis une fois par mois pendant 6 mois, en même temps que les urines. Afin d’évaluer la traitement de la maladie par les nanoparticules : les souris seront soumises à des injections par voie intraveineuse (veine de la queue) 3 fois pendant 1 mois puis à des prélèvements sanguins et d’urines à J0, J1 et J7. De plus, une fois la dose et la voie optimale de traitement déterminée pour les anticorps et l’ARNm, une biopsie rénale sera faite avant traitement sur un petit groupe de souris afin de confirmer définitivement l’efficacité du traitement à la dose optimale.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Les traitements donnés sont très bien tolérés et bénéfiques pour cette maladie de Berger. Les seules nuisances attendues sont celles liées à la biopsie rénale, aux injections intraveineuse des produits, au gavage et aux prélèvements de sanguins et d’urines. Ceux-ci pourraient occasionner un stress et un inconfort pour la souris de courte durée lors de la contention et de l’injection et de quelques jours pour la biopsie. Il n’y a pas de nuisances lié à la maladie de Berger.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

A l’issue de chaque traitement, les animaux seront euthanasiés et des analyses complementaires seront réalisées au niveau des reins afin d’évaluer l’inflammation rénale.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

A ce jour, il n’existe pas de méthode alternative pour modéliser la réponse d’un organe en entier dans le cas du developpement de la nephropathie. Le travail à l’échelle de l’organisme en entier est nécessaire, compte tenu de la complexité physiologique de la réponse inflammatoire et de la fonction rénale. Il est indispensable de travailler sur l’organisme entier, vivant et proche de l’homme pour pouvoir ensuite envisager un traitement curatif chez l’homme.

2. Réduction

3R / Réduction :

Nous avons estimé qu’il faudra 6 animaux par groupe afin obtenir des résultats statistiquement exploitables et mener à bien notre projet. En effet, nos expériences précèdentes nous ont permis de préciser ce nombre d’animaux nécessaire.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Dans le but de répondre à la loi des 3R (Raffiner) et dans un souci de bien-être animal de l’enrichissement (coton, Kraft, tunnels) sera mis en place pour les animaux tout au long de l’expérience pour que les animaux puissent faire des nids. Les souris sont placées sur des portoirs ventilés par groupe de 5 individus. La température, l’hygrométrie , la nourriture et l’eau sont contrôlées tous les jours par le personnel technique. Des points limites suffisamment précoces et prédictifs ont été définis pour anticiper toute douleur ou angoisse infligée aux animaux. Les gestes experimentaux seront effectués par une personne compétente. Les animaux seront suivis quotidiennement par le personnel de zootechnie et les points limites seront surveillés 1 fois par semaine par l’expérimentateur ( état général, comportement et pesées). Un analgésique sera administré si l’état de l’animal le nécessite et toutes les 12heures et de façon systématique pendant 3 jours après chirurgie. Si l’animal présente des points limites atteints, il sera euthanasié. A la fin des procédures tous les animaux seront euthanasiés.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

La souris est un excellent modèle pour développer la maladie de Berger car elle n’exprime pas la maladie, ce qui permet après transgénese c’est à dire la fait d’incorporer des gènes humains dans son génome d’induire et d’exprimer cette maladie en question chez ces souris transgéniques. De plus, son comportement et sa génétique sont largement connus ce qui nous permet une meilleure évaluation et prise en charge de son bien-être tout au long du projet. Il est donc indispensable pour nous d’utiliser ce modèle de souris transgéniques exprimant la maladie pour évaluer l’action et l’efficacité des traitements que nous proposons. A 12 semaines d’âge car c’est à cet âge là que les souris développent la maladie rénale.