
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 04/05/2026
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-669282)
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
L’inflammation est une réaction de défense immunitaire du corps à une agression : infection, brûlure, allergie… Dans ce projet, nous portons un intérêt particulier aux cellules sentinelles du système immunitaire au niveau cérébral, en contact avec l’environnement, rapidement mobilisées en cas d’inflammation. Les cellules immunitaires sont présentes dans différentes régions cérébrales où elles sont capables d’interagir avec les vaisseaux sanguins, les neurones ainsi que d’autres types cellulaires présents. Elles ont été décrites dans la littérature comme étant impliquées dans de l’inflammation au niveau cérébral observée dans diverses pathologies du système nerveux central (SNC) telles que les accidents vasculaires cérébraux (AVC). L’objectif de ce projet est d’utiliser l’injection d’une suspension de bactéries (bactéries Escherichia Coli) appelées lipopolysaccharides (LPS) chez la souris pour induire une inflammation générale conduisant à l’activation du système immunitaire au niveau du SNC. Ce modèle d’inflammation constituera un contrôle positif pour l’étude de la réponse inflammatoire dans les AVC étudiés au sein de notre laboratoire et pour lesquels nous disposons d’ores et déjà de saisines dédiées. Ainsi, les animaux constituant ce groupe contrôle recevront le LPS et seront suivis pendant 24 heures (observation de leur comportement général). A l’issue des 24 heures, sous anesthésie générale, les animaux seront mis à mort et les organes seront prélevés pour la réalisation d’analyses diverses. Les données générées par les analyses qui seront effectuées permettront d’évaluer l’efficacité potentielle des molécules testées dans le cadre du développement de thérapies novatrices visant l’inflammation dans le domaine de l’AVC.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Le groupe d’animaux concerné par cette procédure constitue un groupe contrôle positif permettant de valider la présence au niveau cérébral des cellules immunitaires qui sont impliquées dans la réponse inflammatoire déclenchée en cas d’AVC. Cette réponse inflammatoire étant à l’origine d’une cascade d’évènements délétères dans l’AVC, elle représente une cible de choix dans le développement de stratégies thérapeutiques. Ainsi, grâce à ce groupe d’animaux, le partenaire industriel sera en mesure d’évaluer l’intérêt du développement de cette stratégie et pourrait à terme proposer de nouvelles solutions thérapeutiques pour le traitement des AVC.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les 220 souris de cette procédure seront soumises à l’induction d’une inflammation générale par injection dans le bas de la cavité abdominale d’une suspension d’origine bactérienne. L’injection est effectuée 1 seule fois sans anesthésie, le geste étant très rapide, quelques secondes, et effectué par du personnel qualifié. Les souris seront observées 6 heures après l’injection et une prise de température corporelle au niveau rectal sera effectuée et comparée à la mesure prise en amont de l’injection. Ces prises de température et observations de l’état général des animaux se feront sur animal éveillé et prendront au total moins d’une minute.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
L’induction d’une inflammation générale affectant l’organisme entier pourra entrainer des variations de la température corporelle (hypothermie dans les premières heures), se traduisant par des modifications du comportement des animaux. L’apparence, la respiration et la motricité des animaux pourraient aussi être modifiés. L’apparition de diarrhées pourrait survenir.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
A l’issue de la procédure, tous les animaux seront mis à mort.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Ce projet correspond aux étapes des tests d’innocuité et d’efficacité de thérapeutiques in vivo faisant suite aux nombreuses expérimentations et validations réalisées in vitro par les industriels financeurs. Actuellement il n’existe aucune méthode alternative à l’expérimentation animale nous permettant d’obtenir le même niveau d’information obtenue avec l’expérimentation animale. L’ensemble des connaissances et des acquis dont nous disposons dans la littérature et au sein de notre laboratoire font de la souris le modèle préférentiel pour mener à bien ce projet. En effet, mus musculus est l’une des espèces animales la plus étudiée dans le domaine de l’AVC hémorragique, permettant une analyse comparative et critique des résultats obtenus.
2. Réduction
Ces groupes contrôles devrons être composés du même nombre d’animaux que les groupes de nos modèles d’AVC. Ainsi, pour ces modèles d’AVC, les données extraites de la littérature scientifique préclinique, combinées à une étude de détermination de la puissance statistique régulièrement mise à jour avec nos données permettent de définir un nombre minimal d’animaux de 18 par groupes dans nos conditions protocolaires. Cette approche nous offre la capacité de visualiser des différences réelles de manière statistiquement significative entre les groupes étudiés. Afin d’anticiper les exclusions d’animaux dues à des erreurs techniques ou à de la mortalité, l’augmentation de l’effectif de 22 par groupes expérimentaux est obligatoire pour atteindre un effectif final satisfaisant de 18 animaux par groupe. Maintenir cette marge de sécurité contribue à assurer la validité scientifique de notre projet tout en respectant les normes éthiques et les principes de réduction du nombre d’animaux utilisés en recherche. Ainsi, en optimisant le nombre d’animaux utilisés, nous parvenons à concilier l’efficacité de notre projet avec sa valeur scientifique, conformément aux principes de réduction du nombre d’animaux utilisés en recherche.
3. Raffinement
Afin de détecter de potentielle variations de la température corporelle, des mesures de températures rectales seront effectuées à l’aide d’un thermomètre adapté, en amont de l’injection de LPS puis 6 heures après. Du coton sera ajouté à l’enrichissement habituel pour limiter la déperdition de chaleur au sein des cages. Les animaux présentant des modifications de leur température, de leur apparence, de la respiration et de la motricité se verront attribuer un score qui sera établi à partir de la grille de score rédigée et jointe à la présente demande d’autorisation. Ainsi, leur score permettra de déterminer la prise en charge la plus adaptée à leur état. En cas de constatation de dépassement des points limites fixés et détaillés plus bas dans cette DAP, l’animal sera mis à mort.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
La souris (Mus musculus) occupe une place prépondérante dans la recherche médicale, particulièrement dans le développement de stratégies thérapeutiques. Cette prééminence découle de divers facteurs, notamment les homologies vasculaires et génétiques entre l’Homme et la souris, ainsi que la facilité de manipulation génétique, le coût relativement bas, et la logistique aisée associée à l’élevage et la stabulation de ces rongeurs. Ces caractéristiques (entre autres) font de la souris un modèle animal privilégié pour la recherche préclinique. Elle offre la possibilité d’une analyse comparative et critique des résultats obtenus avec ceux de la littérature, renforçant ainsi la fiabilité des conclusions et leur applicabilité potentielle chez l’Homme. Les animaux utilisés seront adultes le jour de l’induction de l’inflammation (entre 8 et 14 semaines). Nous induirons ce modèle sur des adultes afin de pouvoir comparer ce groupe contrôle aux animaux de l’étude chez qui l’AVC sera induit.