
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2022-05-20 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-689677)
456 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance sévère. Porteuses d’une myopathie qui provoque atrophie musculaire, paralysie des membres et mort vers sept à huit semaines sans traitement, elles reçoivent des injections hebdomadaires et des tests d’agrippement, avant une chirurgie terminale sous anesthésie sans réveil. Le projet compare deux formes d’un composé déjà en essai clinique, pour réduire sa toxicité pour le foie en ciblant le muscle. Le porteur affirme que suivre à la fois l’effet musculaire et l’absorption par le foie impose un « organisme vivant entier ».
Résumé produit par un modèle de langage à partir du seul texte du laboratoire, selon une méthode arrêtée par l’OXA. Publié sans relecture individuelle préalable, sous la responsabilité de l’association, et corrigé au fil des relectures.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
Décrire les objectifs du projet.
Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).
Dans quel but fait-on ça ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les myopathies centronucléaires, sont des myopathies congénitales très sévères caractérisées par une faiblesse musculaire, une forte atrophie et des anomalies de la structure des fibres musculaires. La myopathie centronucléaire liée à l’X (XL-MTM), due à des mutations de la myotubularine, MTM1, est la plus commune et la plus sévère des formes de myopathies centronucléaires, caractérisée par une hypotonie néonatale sévère et un décès précoce. Il a été précédemment montré qu’un niveau trop élevé d’une certaine protéine dans le muscle semblait jouer un rôle majeur dans la survenue de cette myopathie et que la sous-expression de cette protéine dans un modèle murin reproduisant les caractéristiques de la maladie, pouvait l’améliorer. L’équipe a également montré qu’il est aussi possible de traiter des souris malades quand elles sont déjà affectées. Nous avons actuellement un composé en essai clinique pour réduire l’expression de la protéine impliquée. Pour concevoir l’essai clinique, les études sur la souris ont été essentielles afin d’effectuer une modélisation PK/PD (pharmacocinétique et pharmacodynamique) et de choisir les doses et la fréquence d’administration appropriées en clinique. Cependant, pour des raisons de sécurité, nous voulons éviter de donner une dose trop élevée du composé et risquer d’induire une toxicité. Par exemple, il est connu que certains patients atteints de XL-MTM ont une maladie du foie sous-jacente. L’objectif de ce projet est de soutenir l’efficacité et l’innocuité de notre composé en clinique via une approche permettant d’augmenter son efficacité tout en réduisant sa toxicité, et ce, en le conjuguant à une molécule qui cible certains récepteurs préférentiellement exprimés dans le muscle. Cette approche éviterait que le composé soit fortement exprimé dans les tissus non ciblés, tel que le foie, et permettrait d’utiliser des doses réduites du composé conjugué en clinique pour atteindre le même effet thérapeutique qu’une dose plus élevée du composé sans conjugaison. Nous souhaitons donc tester ce composé conjugué dans le modèle murin XL-MTM et comparer son efficacité et sa sécurité à notre composé non conjugué.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).
Est-ce « inutile » ou « nécessaire » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Nous avons actuellement un composé en essai clinique pour réduire notre protéine cible, dynamine 2. Pour concevoir l’essai clinique, les études sur la souris ont été essentielles. Pour des raisons de sécurité, nous voulons éviter de donner une dose trop élevée du composé et risquer d’induire une toxicité. Il est connu que certains patients de notre étude ont une maladie du foie sous-jacente. Notre composé étant injecté par voie systémique, il peut atteindre d’autres tissus que le muscle, notamment le foie. L’objectif de ce projet et son bénéfice sont donc de soutenir l’efficacité et l’innocuité de notre composé en clinique. En améliorant son ciblage musculaire, on peut utiliser une dose moindre pour un effet thérapeutique équivalent ou supérieur et ainsi augmenter la puissance et la sécurité du composé.
Nuisances prévues, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Un examen publié en 2018 a établi que les résumés allemands et britanniques décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).
Le droit d'accès aux documents · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Des injections ainsi qu’une évaluation de leur phénotype (évaluation de la gravité de la maladie) seront effectué 1 fois par semaine pendant 3 semaines (soit 3 injections) sur tous les animaux des procédures expérimentales (soit 240 animaux au total). Les injections durent 1 à 2 minutes par souris. L’évaluation du phénotype est constituée d’une évaluation plus visuelle qui dure moins de 2-3 minutes et d’un test d’agrippement qui dure maximum 1 minute et qui est répété 3 fois avec 5 minutes de repos entre chaque test. A la fin de ces 3 semaines, à 5 semaines d’âge, les dernières procédures seront effectuées sous anesthésie générale sans réveil : chirurgie et mesure de la contraction d’un muscle du membre postérieur et prélèvement sanguin par ponction intracardiaque. Cette chirurgie (anesthésie, dissection, mesure de la contraction du muscle et la ponction intracardiaque) dure au total 1 heure par souris.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Un nouvel examen, publié en 2024, a mesuré que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces mesures portent sur l'Allemagne et le Royaume-Uni. L'examen de 2018 classait la France parmi les pays les moins bons pour l'identification, l'accessibilité et la qualité de ses résumés, sans les noter rubrique par rubrique (Taylor et al., 2018). Les résumés français suivent aujourd'hui le modèle européen commun.
Les animaux souffrent-ils ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
La première nuisance attendue sur les animaux est l’effet du phénotype dommageable de la lignée choisie. En effet, les souris, dès l’âge de 3 semaines, développent les premiers signes d’une atrophie musculaire. Cette atrophie se caractérise par une non prise puis une perte de poids, une faiblesse musculaire de plus en plus importante conduisant à la paralysie des membres inférieurs, une difficulté à s’alimenter et à s’hydrater. Sans traitement, ces critères durent et s’amplifient jusqu’à la mort des souris vers 7-8 semaines. Les traitements mis en place dans nos procédures ont pour but de limiter la perte de poids voire de permettre une reprise de croissance, d’empêcher la paralysie des membres et prolonger la durée de vie des animaux. La seconde nuisance potentielle attendue sur les animaux est due aux injections qui peuvent induire des signes d’inflammation, induration, infection, occlusion intestinale (perte de poids et gonflement ventral).
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.
Peut-on parler d'éthique en expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les animaux de la procédure maintien de la lignée sont maintenus en vie pour les procédures suivantes. Lors des procédures qui suivent : Etude pilote et Dose réponse, les animaux seront mis à mort par dislocation cervicale sous anesthésie générale, après mesure de la contraction musculaire in situ et prélèvement sanguin par ponction cardiaque (le tout fait sous anesthésie générale).
Application de la règle des "3R", selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
1. Remplacement
Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.
Comment avancer vers la fin de l'expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Nous savons que notre composé, étant injecté systémiquement, est fortement retenu dans le foie des animaux. Or certains patients présentent une maladie du foie sous-jacente. Avec le conjugué que nous souhaitons tester nous espérons d’une part pouvoir limiter son action aux muscles et d’autre part diminuer la dose sans diminuer l’efficacité. Pour attester cela, nous devons pouvoir regarder, après l’injection de nos composés, dans un même animal, l’efficacité sur les muscles et le niveau d’absorption par le foie. Ceci ne peut être étudié que sur un organisme vivant entier, d’où l’utilisation des souris.
2. Réduction
Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les lots ont été établis en utilisant une méthode statistique adpatée à l’évaluation de l’atrophie musculaire et de l’effet des composés testés sur cette atrophie. Il a été déterminé que le nombre optimal de souris par groupe sera de 15 souris pour atteindre une différence statistiquement significative lorsqu’un phénotype apparait entre les souris contrôles et les souris génétiquement modifiées. Afin de limiter le nombre de groupes expérimentaux utilisés nous avons diminué le nombre de groupes expérimentaux en ne reproduisant pas les groupes expérimentaux déjà testés dans les études précédentes sachant que les résultats obtenus sont stables et homogènes. Avant de lancer notre étude complète nous réaliserons également une étude pilote pour vérifier la faisabilité de notre projet. En effet, si l’injection de notre composé conjugué ne s’avère pas plus efficace et moins « toxique » que notre composé non conjugué actuellement en clinique, alors l’étude complète ne sera pas effectuée.
3. Raffinement
Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.
La réglementation est-elle « très stricte » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Une surveillance quotidienne permettra de repérer précocement les signes de souffrance / douleur / stress. Dès l’apparition de ces signes un suivi sera effectué via une fiche scoring pour définir les points limites permettant de prendre les mesures appropriées en fonction du niveau observé, limitant ainsi la souffrance de l’animal. Afin d’améliorer le bien-être animal tout au long de la vie de l’animal, de la nourriture adaptée à ce modèle de souris sera utilisée (eg. de la nourriture et de l’eau en gel ainsi que quelques croquettes seront placées dans la cage pour les souris malades à la place des croquettes sur la grille).
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.
Spécisme et expérimentation animale · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Nous souhaitons suivre à la fois l’efficacité du traitement et les effets secondaires sur les autres organes que les organes cibles, notamment le foie, nous devons donc utiliser un organisme vivant entier. Le modèle de la maladie que nous étudions : myopathie myotubulaire liée à l’X, est disponible chez le chien et la souris. L’utilisation du modèle canin pour une étude pilote/préclinique n’étant pas la plus adéquate (disponibilité de la lignée, nombre nécessaire, durée de vie des animaux, long processus de reproduction…) nous proposons de réaliser ces techniques sur une lignée de souris MTM1 KO disponible dans nos laboratoires. Les animaux seront étudiés à partir de l’âge de 3 semaines (âge d’apparition des symptômes et début du traitement) jusqu’à l’âge de 5 semaines pour pouvoir analyser l’effet « immédiat » du traitement sur les souris.