
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 04/05/2026
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-721679)
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Lors d’accidents graves touchant le ventre ou les jambes, un ballonnet peut être placé en urgence à l’intérieur de l’aorte pour arrêter un saignement important et sauver des vies. Ce ballonnet bloque temporairement le passage du sang, ce qui empêche les tissus de recevoir l’oxygène et les nutriments dont ils ont besoin. Si cette interruption dure trop longtemps, cela peut causer de graves dommages aux organes. Quand le ballonnet est retiré et que le sang recommence à circuler, certains tissus fragiles peuvent être endommagés par ce retour soudain du sang riche en oxygène. Ce phénomène, appelé « lésion de reperfusion », provoque la mort des cellules et peut entraîner une défaillance des organes. Aujourd’hui, il n’existe pas de traitement capable de protéger efficacement plusieurs organes contre ces lésions. Ce projet vise à mieux comprendre comment les cellules meurent après le retrait du ballonnet, et à tester un nouveau traitement à base de petites molécules naturelles (nommées peptides cardioprotecteurs) développé en laboratoire, qui a déjà montré des résultats prometteurs pour protéger le cœur lors d’attaques cardiaques.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
A ce jour, il n’existe aucun traitement pharmacologique disponible pour traiter les lésions de reperfusion des organes abdominaux soumis à une séquence d’ischémie/reperfusion après la mise en place d’un système REBOA. A moyen terme, ce projet preuve-de-concept pourra apporter des bénéfices dans la pratique courante chirurgicale utilisant le clampage aortique abdominal ou des artères spécifiques pour les interventions sur les organes isolés. A long terme, ce projet innovant aura un impact considérable en santé humaine en diminuant la mortalité des patients présentant des traumatismes abdominaux pelviens causés par les accidents de la route ou chez les militaires mais également sur les coûts sociétaux associés directs (hospitalisation, rééducation) et indirects (arrêts maladie).
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
1256 souris seront soumises à : 1 injection sur animal vigile de produits anesthésiants puis 1 injection de produits anesthésiants après sédation + 2 injections de sérum physiologique + 1 chirurgie sous anesthésie générale (durée entre 30 min et 2h) + 1 injection (de substances pharmacologiques ou sérum physiologique) + 1 prélèvement de sang total et des organes (15 min)
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les animaux subiront une intervention sans réveil avec anesthésie générale tout au long.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Tous les animaux à l’issue de l’expérimentation seront mis à mort et les organes prélevés seront analysés afin de comprendre les mécanismes activés par le traitement protecteur.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Il n’y a pas d’alternative non-animale disponible pour ce projet car il est basé sur une étude multi-organes. D’une part, la protection par les molécules thérapeutiques doit se mesurer sur différents types de cellules, fonctionnelles, de soutien et vasculaires qui interagissent de manière complexe, ce qui est impossible à reproduire in vitro. D’autre part, l’injection des molécules doit se faire strictement par voie sanguine (IV) afin de mimer le cas clinique.
2. Réduction
Nous avons utilisé un outil informatique pour calculer le nombre d’animaux nécessaire pour avoir des résultats significatifs. Pour tenter de limiter le nombre d’animaux, l’analyse des résultats se fera au fur et à mesure des expérimentations. Cela permettra d’arrêter les inclusions dès la limite de significativité atteinte. Une autre mesure prise est l’analyse de plusieurs organes pour un même animal.
3. Raffinement
Les animaux subiront une anesthésie générale avec contrôle de l’analgésie pour une prise en charge optimale de la douleur. Le protocole a été optimisé de manière à ce qu’il soit le moins invasif : 1 seule injection sera pratiquée sur l’animal vigile, le reste sera effectué sur animal sédaté. Le contrôle de l’analgésie se fera par l’expérimentateur en pinçant les pattes antérieures et postérieures pendant toute la procédure pour vérifier l’absence de sensibilité. L’intubation (ventilation mécanique) sera opérée dès la sédation complète ainsi que l’hydratation sur une table chauffée permettant ainsi de préserver les constantes physiologiques cardiorespiratoires et maintenir l’animal en vie.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
L’espèce Mus musculus a été choisie pour développer les modèles d’étude de l’équipe. Les raisons sont: – L’Homme et la souris possèdent 99% de gènes identiques donc le choix de la souris est très avantageux pour une étude qui permet d’étudier les effets d’un futur médicament – Des études montrent que presque tous les gènes associés à des maladies humaines sont retrouvés chez les rongeurs. – La souche de souris choisie est celle qui est reconnue internationalement et qui sera utilisée pour les études règlementaires pré-cliniques futures (toxicité, pharmacologie…) ; -Les résultats antérieurs obtenus par l’équipe montrent que ce modèle est proche de l’Homme (contrairement au rat). Les expériences pourront donc être réalisées sur les animaux âgés de 9 et 13 semaines correspondant à la population adulte humaine.