Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.
En bref (résumé court généré par IA)

Inoculées avec le VIH ou les virus des hépatites B, C et D, 3 600 souris subissent des injections de plasmides, des prélèvements sanguins répétés et des prélèvements vaginaux quotidiens pendant au moins cinq jours, parfois plusieurs semaines. Toutes sont tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger pour 200 d’entre elles et modéré pour les 3 400 autres. Les animaux sont des souris immunodéficientes greffées de cellules humaines, dont certaines portent un foie humanisé, que le porteur met à disposition des laboratoires pharmaceutiques et biotechnologiques pour tester leurs candidats médicaments. Sur l’effectif, il indique qu’aucune approche statistique n’a été réalisée et que l’estimation repose sur les études des années antérieures, en anticipant une croissance annuelle « en accord avec le plan commercial ».

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

Le Virus de l’Immunodéficience Humaine (VIH) est une cause majeure de mortalité dans le monde, et aucun traitement curatif n’est actuellement disponible pour les patients. Par ce projet, nous souhaitons mettre à disposition des laboratoires académiques, biotechnologiques et pharmaceutiques un modèle d’étude spécifique de l’espèce humaine permettant d’étudier l’impact du virus et des traitements sur le système immunitaire humain, et ainsi d’améliorer la connaissance de ce pathogène, d’évaluer l’efficacité prophylactique (vaccinale ou non) et thérapeutique de candidats médicaments et d’analyser les phénomènes de résistance aux traitements. Bien qu’un vaccin et des traitements anti-viraux existent contre le virus de l’hépatite B (VHB) et de l’hépatite C (VHC), plus de 250 millions de personnes dans le monde vivent avec une infection chronique, ce qui les exposent à un risque grave de cirrhose voire de cancer. La recherche de nouveaux traitements pour ces maladies est donc essentielle. Par ce projet, nous souhaitons développer un modèle d’étude de l’hépatite B et de l’hépatite C ainsi que de la co-infection avec les virus de l’hépatite B et D, en inoculant le virus à des souris, en particulier des souches possédant un foie humanisé. Ce modèle sera utilisé, non seulement pour la compréhension de cette pathologie, mais aussi pour le développement de candidats médicaments. Dans ces projets, nous utiliserons des souris immunodéficientes, immunocompétentes ou avec un système immunitaire et/ou un foie humanisé. Ces modèles permettront non seulement d’évaluer l’effet du candidat thérapeutique mais également d’analyser sa toxicité.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Les lymphocytes T humains constitue un atout pour suivre les mécanismes d’infection, de persistance virale et de destruction progressive des cellules immunitaires. Cela permet d’analyser les étapes précoces de l’infection, l’établissement du réservoir viral et la dynamique de la réponse immunitaire humaine. L’utilisation de souris au foie humanisé ouvre des perspectives comparables pour l’étude des infections chroniques par les virus de l’hépatite B et C. Ces modèles reproduisent fidèlement les principales caractéristiques physiopathologiques d’une infection hépatique humaine grâce à la présence d’hépatocytes humains infectés, constituant une plateforme adaptée à l’évaluation des réponses antivirales et des mécanismes de pathogénicité. Ils fournissent un outil indispensable pour mieux comprendre les mécanismes de persistance virale, l’inflammation chronique et la progression vers des complications graves telles que la cirrhose ou le carcinome hépatocellulaire. Ce projet met à disposition une gamme de modèles précliniques de haute valeur translationnelle offrant la possibilité d’étudier l’impact des virus sur les populations immunitaires humaines et de tester dans des conditions proches de la clinique l’efficacité et la tolérance de candidats médicaments. Cela permet de réduire le fossé entre les résultats obtenus en laboratoire et leur transposition à l’homme, en apportant des données prédictives plus robustes pour guider le développement clinique. L’intérêt est d’ouvrir la voie à la validation accélérée de nouvelles stratégies thérapeutiques, qu’il s’agisse d’antiviraux innovants, de combinaisons thérapeutiques visant à éliminer les réservoirs viraux, ou d’approches vaccinales de nouvelle génération. Ils constituent un outil précieux pour identifier et comprendre les mécanismes d’échappement immunitaire, facilitant le développement de traitements capables d’améliorer durablement la prise en charge des patients. Le VIH et les hépatites virales chroniques sont responsables de millions de cas et de décès chaque année, et représentent un fardeau économique et social. En fournissant des modèles précliniques fiables et transposables, il contribue à accélérer l’arrivée de nouvelles solutions thérapeutiques et préventives pour réduire la morbi-mortalité associée à ces infections et améliorer la qualité de vie des patients à l’échelle internationale.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

L’administration de composés de recherche destinés au traitement des pathologies pourra être réalisée selon différentes voies. Une anesthésie gazeuse sera appliquée en fonction de la voie choisie. Les volumes administrés seront proportionnels au poids de l’animal avec un maximum défini. La durée sera généralement de 10-15 secondes. Le nombre est défini selon le protocole d’étude et dépendra de la fréquence. Ceci sera évalué par le vétérinaire. Des prélèvements sanguins seront réalisés sur souris avec ou sans anesthésie en fonction de la voie choisie. Les volumes maximaux de prélèvements seront proportionnels au poids de l’animal avec une limite fixée sur une période glissante de 14 jours. Une réhydratation avec du sérum physiologique sera réalisée si nécessaire. La répartition des prélèvements figurera dans le protocole de l’étude et sera contrôlée par un vétérinaire. Chaque prélèvement durera quelques secondes. Pour les analyses nécessitant un volume plus important, un prélèvement terminal, sans réveil de l’animal, sous anesthésie gazeuse sera réalisé. Des prélèvements vaginaux pourront aussi être pratiqués quotidiennement pendant au moins cinq jours, voire plusieurs semaines pour caractériser le cycle œstral. Des prélèvements d’urines et de fèces pourront être pratiqués par contention et massage du ventre. Les animaux recevront des injections de solution saline isotonique contenant des plasmides, pour favoriser le développement de populations immunitaires humaines d’intérêt, une ou deux fois selon la durée de l’étude. Ces injections, administrées uniquement aux souris de plus de 18 g, dureront entre 10 et 15 secondes. Les injections pourront être répétées selon le protocole et dureront quelques secondes. Les administrations effectuées pour induire les modèles infectieux seront réalisées par injections qui pourront être répétées selon le protocole et dureront quelques secondes. À l’issue des études, les animaux devant être euthanasiés le seront selon les méthodes réglementaires. Toutes les interventions seront réalisées sous un suivi clinique rigoureux afin de minimiser douleur et stress des animaux. Un jeûne de nourriture pourra être effectué sans dépasser 12 heures par semaine avec un maximum de 6h consécutives. L’eau ne sera jamais retirée des cages.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

-Identification par puce électronique classique ou thermopuce : stress, gêne, douleur dans les heures suivants l’injection. – Injection(s) de solution saline isotonique contenant des plasmides : hématome, troubles cardio-respiratoires, altération marquée de l’état général, pendant les minutes suivants l’injection. -Prise de température rectale : stress transitoire, inconfort ou légère douleur à l’insertion du thermomètre, risque minimal de blessure rectale. – Prélèvements vaginaux : irritation locale, inflammation ou stress temporaire. – Administration de traitements ou de composés : effets potentiellement toxiques des composés à visées thérapeutiques, hématome, douleur, lésion au site d’administration (notamment si administrations répétées). – Infection par le VIH ou les virus des hépatites B, C et D : peuvent induire une perte de poids et une détérioration de l’état général. – Prélèvements sanguins : hématome, anémie, douleur, lésion au site de prélèvement (notamment si prélèvement répétés). – Anesthésie : risque d’hypothermie et de sécheresse oculaire. – Prélèvement d’urine et de fèces : stress, gêne. Des nuisances peuvent également être induites par le stress dû aux contentions. La douleur peut se manifester, entres autres, par une perte de poids, une hypo- ou une hyperactivité, une prostration ou des difficultés à se déplacer.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Les animaux en fin de projet, ayant atteints les point limites ou sur demande du vétérinaire seront euthanasiés. Ils ne recouvreront pas leur état de santé et de bien-être général.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

Les tests in vitro seront envisagés si ceux-ci sont appropriés. Néanmoins, il n’est actuellement pas possible de recréer in vitro un environnement complexe comme le système immunitaire, et de mimer son interaction avec les virus, tout en objectivant les effets que pourra avoir un traitement sur un patient humain. Les études précliniques reposant sur des souris humanisées (qu’il s’agisse de modèles à système immunitaire humanisé, de modèles à foie humanisé ou de modèles double humanisés combinant foie et système immunitaire humains) constituent une approche scientifiquement robuste et indispensable pour le développement de thérapies innovantes contre les virus tels que le VIH, le VHB, le VHD et le VHC.

2. Réduction

3R / Réduction :

Un total de 3600 souris seront utilisées, couvrant une période de 5 ans et permettant de réaliser 72 études précliniques de 5 à 10 souris par groupe avec l’utilisation d’un groupe contrôle positif et contrôle négatif et au moins 3 doses du candidat médicament testé. Aucune approche statistique n’a été réalisée pour le nombre total d’études ou pour le nombre total d’animaux dans le projet. L’estimation du nombre d’animaux est réalisée sur base du nombre d’études effectuées les années antérieures et anticipant une croissance chaque année, en accord avec le plan commercial. Le nombre d’animaux utilisés dans chaque étude sera réduit au maximum par des analyses rétrospectives systématiques.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

En début d’étude et tout en respectant la réglementation en vigueur, les souris seront hébergées par groupes sociaux, préférentiellement stables, de 2 à 5 individus. Des compléments alimentaires pourront être administrés suivant l’état de santé des animaux. La cage contiendra à minima une couche de litière permettant aux souris de creuser, de se cacher et de réaliser un nid, élément essentiel à leur bien-être. En outre, des enrichissements de qualité seront fournis dans chacune des cages : morceaux de bois, tunnel en carton, kraft et/ou boules de cotons. À leur entrée dans l’animalerie, les souris bénéficieront d’une période d’acclimatation de minimum 4 jours. Les souris pourront recevoir des puces électroniques permettant de mesure la température corporelle afin d’éviter une prise rectale plus impactante. Lors d’un changement de zone au sein de l’animalerie, les souris bénéficieront d’une période d’acclimatation d’une nuit au minimum. Pour limiter la douleur, la souffrance et l’angoisse, une échelle de scores cliniques (pelage, mobilité, état général, activité, comportement, etc…) sera appliquée dès le premier geste invasif ou dès qu’un signe d’altération sera observé lors de la surveillance quotidienne. Des traitements antalgiques préventifs et curatifs seront mis en œuvre dès que nécessaire, sous avis vétérinaire, administrée avant toute procédure potentiellement douloureuse (par exemple : intervention chirurgicale, implantation de certains dispositifs ou cathéters, manipulations invasives des tissus, injection répétées). Le vétérinaire aura pleine autorité pour euthanasier un animal ou mettre en œuvre un traitement anti-douleur. Concernant les prélèvements sanguins, le volume maximal est défini pour un prélèvement unique, au-delà il s’agira d’un prélèvement terminal sous anesthésie. Les fréquences sont limitées et une réhydratation est prévue. Les points limites déclenchant l’euthanasie incluent : atteinte sévère de l’état général, douleur non contrôlée ou tout score clinique dépassant les seuils définis, perte de poids dépassant les seuils définis.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

Les souches immunodéficientes, hautement permissives à la greffe de cellules humaines, permettent la reconstitution d’un système immunitaire fonctionnel ou d’un tissu hépatique humain, selon le type de modèle développé. Elles offrent la possibilité de mettre en place des modèles prédictifs adaptés à l’étude des infections virales humaines, qu’elles ciblent le système immunitaire (VIH) ou le foie (VHB, VHC, VHD). Concernant le VIH, la souris humanisée représente une alternative éthique et scientifiquement pertinente à l’utilisation de primates non humains, qui ne peuvent être infectés que par le VIS. Pour le VHB, les modèles de souris à foie humanisé se sont révélés efficaces pour évaluer l’activité thérapeutique de candidats médicaments. Ces approches garantissent une transposition plus fiable des résultats précliniques vers l’homme et soutiennent le développement de traitements innovants. Selon les besoins des études, des animaux immunocompétents pourront être utilisés, historiquement utilisés dans ces modèles infectieux. Pour les souris non humanisées, les animaux seront inclus aux études à partir de l’âge minimum de 6 semaines, animaux matures d’un point de vue physiologique. Pour les souris humanisées, les animaux seront inclus aux études à partir de l’âge minimum de 8 semaines.