
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2022-07-01 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-768441)
2 000 souris et 2 000 rats vont être utilisés, tous tués à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance sévère. Ils reçoivent des injections intradermiques de collagène pour déclencher une polyarthrite, avec gonflements articulaires, difficultés locomotrices et perte de poids pouvant atteindre 15 %. Le projet teste des molécules candidates présélectionnées in vitro contre la polyarthrite rhumatoïde. Le porteur affirme qu’un modèle animal est « nécessaire » car les modèles cellulaires ne reproduiraient pas tous les processus in vivo de l’atteinte articulaire.
Résumé produit par un modèle de langage à partir du seul texte du laboratoire, selon une méthode arrêtée par l’OXA. Publié sans relecture individuelle préalable, sous la responsabilité de l’association, et corrigé au fil des relectures.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
Décrire les objectifs du projet.
Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).
Dans quel but fait-on ça ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
L’objectif est de tester l’efficacité thérapeutique ou prophylactique de composés chimiques ou biologiques dans un modèle d’arthrite rhumatoïde. Cette maladie des articulations évolue par poussées inflammatoires de durée et d’intensité variables pour gagner progressivement de nouvelles articulations. Elle provoque des gonflements et des douleurs notamment au niveau des mains, des poignets, des genoux et des petites articulations des pieds. Avec le temps, les épaules, les coudes, la nuque, les mâchoires, les hanches et les chevilles peuvent être touchés. Dans 20 à 30% des cas, l’inflammation provoque la dégradation progressive du cartilage et de l’os des articulations touchées, et entraîne leur déformation. En l’absence de traitement et sous ses formes les plus graves, la maladie peut être responsable de handicaps au bout d’une dizaine d’années. Il existe à l’heure actuelle des traitements permettant de contrôler l’inflammation et l’évolution de la maladie sur le long terme (Méthotrexate, Léflunomide, Hydroxychloroquine, Azathioprine, Sulfalazine, anti-TNF, anti-IL-6). Ces médicaments présentent des effets secondaires sérieux comme la réduction des défenses immunitaires contre certaines infections. De plus, 30% des patients ne répondent pas aux traitements, et les malades rechutent rapidement dès l’interruption du traitement. Afin de caractériser de nouveaux candidats médicaments, un modèle animal de polyarthrite rhumatoïde est nécessaire pour recréer les phases d’inflammation et de destruction du cartilage et de l’os, car les modèles cellulaires in vitro ne récapitulent pas tous les processus mis en place in vivo lors de l’atteinte de l’articulation, avec l’implication de différents types cellulaires au cours du temps. Ce projet visera à évaluer de nouveaux composés chimiques ou biologiques. Ceux-ci seront pré-sélectionnés in vitro sur des critères d’efficacité, et in vivo sur des paramètres pharmacocinétiques, afin de limiter le nombre de produits à tester dans le modèle animal de la pathologie. Ils seront testés en mode préventif pour mesurer leur capacité à empêcher l’apparition des symptômes, ou en mode thérapeutique pour déterminer leur efficacité sur la progression de la maladie et l’atteinte osseuse.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).
Est-ce « inutile » ou « nécessaire » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Ce projet permettra de tester de nouvelles molécules candidates pour une utilisation en préventif ou en curatif sur l’arthrite rhumatoïde. A terme, cela permettra l’introduction en clinique de nouvelles stratégies thérapeutiques ou prophylactiques pour cette maladie.
Nuisances prévues, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Un examen publié en 2018 a établi que les résumés allemands et britanniques décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).
Le droit d'accès aux documents · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Eventuels traitements préventifs à partir du Jour -3 avant induction, ou thérapeutique dès l’apparition des signes cliniques, avec le composé biologique ou chimique à tester sous différentes voies d’administration (IP – ID – SC – PO – IM) – IM et ID sous anesthésie gazeuse avec buprénorphine (anesthésie environ 1h, traitements au maximum 3 fois par jour). Jour 0 : Injection sous cutanée de Buprénorphine à 0.1 mg/kg pour les souris, 0.05mg/kg pour les rats (acte de 5 minutes) Anesthésie Isoflurane et tonte et désinfection de la zone d’injection à la base de la queue Administration intradermale du collagène de type II (protéine préparée en adjuvant complet de Freund) (anesthésie environ 1 heure). Jour 18 : Anesthésie Isoflurane et tonte et désinfection de la zone d’injection à la base de la queue Administration intradermale très lente du collagène de type II (protéine préparée en adjuvant incomplet de Freund) (anesthésie environ 1 heure). Pesée des animaux : tous les 2/3 jours puis tous les jours dès l’induction (prend environ 5 minutes par animal). Scoring clinique tous les jours après induction. Mesure de l’épaisseur des pattes au minimum 2 fois par semaine, au maximum 1 fois par jour (prend environ 10 minutes). Analyses : Une scanographie optionnelle sous anesthésie Isoflurane pour visualiser l’atteinte des articulations au niveau des pattes. Celle-ci impliquera un transport des animaux sur un second site (anesthésie environ 2h) Prélèvements sanguins et urinaires optionnels durant l’étude si besoin de mesurer le taux de produit circulant ou autres biomarqueurs (sous anesthésie, environ 1h, maximum 1 prélèvement par jour, dans le respect des volumes de prélèvement recommandés). Fin d’étude Anesthésie des animaux sous Isoflurane (1h maximum) Prélèvement éventuel de sang par voie intracardiaque ou jugulaire (pour dosage de composé et autres paramètres sanguins/plasmatiques) Euthanasie des animaux Prélèvement des pattes (et tout autre tissu si besoin) pour analyse histologique et scanographie ex vivo
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Un nouvel examen, publié en 2024, a mesuré que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces mesures portent sur l'Allemagne et le Royaume-Uni. L'examen de 2018 classait la France parmi les pays les moins bons pour l'identification, l'accessibilité et la qualité de ses résumés, sans les noter rubrique par rubrique (Taylor et al., 2018). Les résumés français suivent aujourd'hui le modèle européen commun.
Les animaux souffrent-ils ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Dans ce modèle d’arthrite rhumatoïde, nous nous attendons à observer des signes d’inflammation (rougeur, gonflement) au niveau de certaines articulations des animaux, en particulier les tarses. Nous nous attendons aussi à des pertes de poids du fait de l’inflammation, pouvant atteindre 15%. Par ailleurs, les animaux pourraient présenter des difficultés locomotrices. Des stratégies de limitation de ces nuisances seront mises en place : nourriture et eau gélifiées au fond de la cage, pesées quotidiennes, réhydratation sous cutanée si nécessaire (en cas de perte de poids de plus de 10%), scoring de douleur quotidien des animaux et administration d’un traitement antalgique si nécessaire, points limites adaptés au modèle (voir détails plus bas).
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.
Peut-on parler d'éthique en expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Après les deux procédures, les animaux seront mis à mort afin de pouvoir procéder à la récupération des organes, de membres et de grands volumes de sang.
Application de la règle des "3R", selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
1. Remplacement
Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.
Comment avancer vers la fin de l'expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Toutes les molécules chimiques ou biologiques qui seront évaluées dans ce projet auront été si possible au préalable sélectionnées dans des tests in vitro afin de s’assurer de leur efficacité, de leur spécificité et de leur absence de toxicité. Elles auront aussi si possible été sélectionnées in vivo chez le rongeur sur leurs propriétés pharmacocinétiques (vérification de la compatibilité avec une efficacité dans la maladie visée). L’ensemble de ces données est souvent insuffisant pour prédire l’efficacité in vivo des molécules, car recréer in vitro une pathologie complexe est difficile, notamment lorsque différents types cellules et/ou tissus sont impliqués. L’efficacité réelle des meilleures molécules devra donc être vérifiée chez le rongeur en choisissant le modèle animal se rapprochant le plus de la pathologie telle que décrite chez l’homme.
2. Réduction
Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Chez la souris et le rat, dans ce modèle, un nombre minimum de 8 animaux adultes par groupe est nécessaire pour observer une réduction significative de 50% d’un seul paramètre d’intérêt (score d’inflammation des tarses). Ce nombre pourra monter jusqu’à 12 pour une réduction significative sur plusieurs autres paramètres suite à un traitement préventif ou curatif (analyse histologique ou imagerie, dosages cytokiniques).
3. Raffinement
Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.
La réglementation est-elle « très stricte » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les animaux seront pesés au minimum 2 fois par semaine avant induction de la maladie et une fois par jour à partir de l’induction de la maladie. • Entre 10 et 15% du poids au J0 du protocole : les animaux seront réhydratés en sous-cutané avec du Ringer Lactate, 0.5mL, une fois par jour. • Entre 15 et 20% du poids au J0 du protocole : les animaux seront réhydratés avec du Ringer Lactate, 0.5mL, deux fois par jour. Un gel nutritif ou de l’eau gélifiée et de la nourriture seront systématiquement placés au fond de la cage à partir de l’induction. En cas de suspicion de toxicité du composé chimique ou biologique administré, les traitements seront interrompus. Une grille de scoring de douleur et d’état général est mise en place pour évaluer la nécessité d’administrer un traitement antalgique et l’atteinte des points limites. Cette grille et les points limites sont listés dans la procédure. Les expérimentateurs sont formés pour reconnaître ces signes. Les personnes en charge du bien-être et du soin des animaux veillent au respect des points limites. Un système d’alerte est mis en place pour statuer sur la mise à mort de l’animal. Si l’un des signes cliniques liés aux points limites est observé, l’animal est mis en observation. Si les signes persistent, une décision de suivi ou d’euthanasie devra être prise. Le fait de ne pas sacrifier l’animal qui a atteint le point limite doit être argumenté et justifié auprès de la structure chargée du bien-être animal. Des points limites supplémentaires seront ajoutés en cas de détection d’effets non prévus de l’induction d’arthrite rhumatoïde et/ou en cas de mise en place de méthodes plus raffinées d’évaluation de la souffrance des animaux. Un enrichissement supplémentaire de nidification sera ajouté pour améliorer le confort des animaux.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.
Spécisme et expérimentation animale · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
La souris mâle DBA/1J et le rat Lewis ou Wistar femelle seront privilégiés pour le modèle d’arthrite rhumatoïde car le modèle est bien décrit et documenté dans la littérature avec ces souches et sexes en particulier. Seuls des animaux sevrés seront utilisés (jeunes adultes et adultes, 6 semaines minimum).