Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

Certains virus de la famille des henipavirus représentent un risque important pour la santé humaine et sont classés dans la liste des virus prioritaires de l’Organisation Mondiale de la Santé. Deux henipavirus dangereux pour l’homme, les virus Nipah et Hendra, sont responsables d’infections du cerveau et des poumons fatales dans 75% des cas. Ces virus sont naturellement portés par une famille de chauves-souris frugivores, chez qui ils n’engendrent à priori pas de pathologie spécifique. Il n’existe à l’heure actuelle ni vaccin, ni traitement, ces virus sont donc classés de niveau 4, nécessitant leur manipulation dans un laboratoire de très haute sécurité (niveau 4 maximale). De ce fait, les recherches menées sur ces virus sont donc limitées et extrêmement onéreuses. En 2012, le virus Cedar a été identifié chez des chauves–souris frugivores d’Australie, les analyses ont montré l’appartenance de ce virus aux henipavirus mais l’absence d’un gène, responsables de la virulence, marque une différence importante avec Nipah et Hendra. Ce virus a démontré une réplication très limitée chez plusieurs espèces (cobayes, souris, hamster), associée à une absence de symptômes justifiant son utilisation dans des conditions de confinement moins élevées (niveau 2). Une très forte réponse immunitaire a été observée chez le hamster et la souris en réponse à l’infection et est responsable du contrôle de la réplication de ce virus et de l’absence de symptômes. Ce projet de recherche vise à comprendre la réponse immunitaire et son rôle dans le contrôle de l’infection par le virus Cedar. Les résultats obtenus par ce projet permettront de mieux comprendre les infections à henipavirus et développer un modèle animal pour tester de nouveaux traitements antiviraux.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Ce projet permettra tout d’abord de comprendre la réponse immunitaire, plus particulièrement le rôle des défenses antivirales et des cellules immunitaires, dans le contrôle de l‘infection par le virus Cedar. Les résultats obtenus dans ces souris, nous permettront de comparer la réponse immunitaire contrel le virus Cedar, à celle que nous avons caractérisé avec le virus Nipah par le passé . Nous pourrons ainsi mieux comprendre le contrôle de la réponse immunitaire car celui-ci fonctionne parfaitement chez le virus Nipah mais est absent chez le virus Cedar. De plus, ce projet permettra d’établir un modèle de souris plus facilement réalisable pour les henipavirus qui permettra de réaliser des essais de traitements dans des animaleries conventionnelles avant d’avoir recours à des animaleries de haute sécurité.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Les animaux seront infectés par le dépot de 2 gouttes de virus sur les narines ou une injection dans l’abdomen. Les traitements se feront par des injections dans l’abdomen (7 injections ), et/ou dans la veine de la queue (11 injections). Dans tous les cas, les injections seront réaliseés sous anesthésie et ne dépasseont pas 20 secondes. Globalement, chacun des gestes sera réalisé sous anesthésie gazeuse (20 secondes) à l’exception de l’infection des souriceaux, un maximum de 12 anesthésies sera réalisé sur la durée du protocole.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Certains types de souris pourront être plus sensible au virus et pourront développer une maladie avec des symptomes tels que la perte d’équilibre. Les injections induiront une gêne mineure de très courte durée au niveau du site d’injection. Si l’infection se developpe activement, il sera possible d’observer une prostration, des tremblements, une perte d’équilibre voir une paralysie.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Les animaux étant infectés par un virus, l’ensemble des animaux sera euthanasié à la fin du protocole.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

L’obtention de données en culture de cellules, nous incite à mettre en place un étude chez la souris qui permettra de confirmer ou d’infirmer les hypothèses de recherche issues de ces données en culture de cellules. En effet, ces méthodes tendent à recréer artificiellement les interactions cellulaires que nous pouvons retrouver dans un organisme mais ne permettent pas de se focaliser sur la réponse d’un organe et encore moins d’un organisme vivant entier (système immunitaire, flux sanguin). Ces tests ne permettent pas de répondre à des questions globales, tels que la dissémination dans l’organisme, la mise en place de la maladie ou bien encore les réponses immunitaires (anticorps,…). Ainsi l’étude de la réponse immunitaire mise en place suite à l’infection par un virus, ici Cedar passe obligatoirement par l’utilisation d’un modèle animal.

2. Réduction

3R / Réduction :

Nous utiliserons 6 animaux par groupe (mâles et femelles) afin de garantir une fiabilité de nos résultats dans les courbes de survie et des groupes de 3 animaux pour les différents points (J3 et J6) pour comparer les différence de quantité de virus entre les âges. Nous réaliserons les expériences de façon séquentielle, tout d’abord une première expérience exploratoire en souris au systeme immunitaire peu efficace et si cette expérience ne donne pas de résultats exploitables (pas de réplication virale) alors l’ensemble du projet est arrêté. Les données récoltées seront analysées à l’aide de tests statistiques pour valider les résultats.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Le personnel participant à cette étude aura été formé en interne à l’observation des symtomes et à remplir une grille d’évaluation, des points limites d’expérimentation seront fixés et marqueront l’arret definitif du protocolepour les animaux concernés. Les animaux seront anesthésiés deux fois durant le protocole : une fois par anesthésie gazeuse pour l’inoculation virale et une fois toujours par anesthésie gazeuse pour l’euthanasie. Nous n’effectuerons pas d’identification invasive des animaux mais réaliserons un marquage non invasif d’identification. Afin de maintenir le statut sanitaire des animaux, ceux-ci seront manipulés sous hotte stérile lors des expérimentations et des changes et seront maintenus en portoir ventilé dans l’animalerie . Nous suivrons les animaux tous les jours afin de mesurer l’évolution de leurs états cliniques et si le cas le nécessite (augmentation du score clinique) nous effectuerons une deuxième visite journalière. Nous effectuerons l’ensemble des infections pour les animùaux adultes sous anesthésie gazeuse.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

Nous cherchons ici à utiliser un modèle de petit mammifère bien caractérisé dont de nombreux outils d’étude sont disponibles afin de caractériser la maladie induite par le virus. L’existence de modèles de souris dont certains gène ne fonctionnent pas constitue un réel avantage pour la recherche scientifique en permettant une compréhension approfondie du rôle du système immunitaire. Nous utiliserons des animaux jeunes adultes de 4 semaines dont le système immunitaire n’est pas complètement mature, afin de se mettre dans des conditions le plus favorables pour l’infection virale, qui nous permettra une mise en place d’un modèle de petit animal d’étude de la réplication virale. Dans certains cas nous utiliserons de jeunes souris de 6 à 9 jours car leurs systèmes immunitaires immatures les rendent plus sensibles à l’infection.