
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2024-03-28 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-886483)
840 souris et 630 rats vont être utilisés, tous tués à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Ils subissent des gestes techniques répétés jusqu’à deux fois par jour pendant six à huit semaines, gavages, injections dans le péritoine, sous la peau et dans la veine caudale, prélèvements au sinus rétro-orbital, à la veine submandibulaire, à l’aorte abdominale et par ponction intracardiaque, avec les incidents que le porteur énumère lui-même, fausse route, perçage de l’œsophage, injection dans le cæcum ou la vessie, hémorragie nasopharyngée, lésion de la cornée. Ces séances ne produisent aucune connaissance et répondent à l’exigence réglementaire de formation continue du personnel d’une société de recherche préclinique. Le porteur indique que les premières séances d’apprentissage peuvent se faire sur des animaux morts, puis conclut que l’animal vivant est « indispensable » pour ressentir les différences anatomiques, la force et les réactions de celui qui est manipulé.
Résumé produit par un modèle de langage à partir du seul texte du laboratoire, selon une méthode arrêtée par l’OXA. Publié sans relecture individuelle préalable, sous la responsabilité de l’association, et corrigé au fil des relectures.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
Décrire les objectifs du projet.
Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
L’utilisation des animaux de laboratoire dans les procédures faiblement invasives et invasives est strictement encadrée par la loi. La bonne pratique d’expérimentation nécessite une bonne connaissance de la biologie des espèces utilisées et aussi la connaissance théorique et pratique des méthodes d’exploration sur le modèle animal. L’objectif de ce projet est de fournir des connaissances indispensables et d’enseigner les bonnes pratiques d’expérimentation animale. Dans notre société, chaque technicien doit maitriser les techniques d’administration et de prélèvement utilisées, chez le rat et la souris. L’objectif de ce projet est de répondre à l’exigence règlementaire concernant la formation continue et le maintien des compétences du personnel. Ce projet vise à améliorer les pratiques expérimentales, à assurer la qualité scientifique et le bien-être des animaux.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Ce projet a pour bénéfice le maintien et l’amélioration continue du bien-être des animaux utilisés dans nos projets de recherche préclinique, grâce au maintien et au raffinement des compétences du personnel sur les gestes techniques de type administration et prélèvement, chez le rat et la souris. L’apprentissage et le maintien des compétences dans de telles conditions donne l’assurance de fournir des résultats fiables et dont la qualité et l’exactitude ne peuvent être remis en cause. L’entraînement permet d’acquérir une maîtrise des gestes permettant de réduire le temps d’anesthésie générale, ceci limite le stress chez l’animal.
Nuisances prévues, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Cruelty Free International a établi en 2018 que les résumés allemands et britanniques, les seuls examinés à ce jour, décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les gestes techniques traités dans ce projet se pratiquent sur rats et /ou souris, vigiles ou anesthésiés, avec une solution physiologique ou neutre n’engendrant pas d’effet indésirable. • Les administrations par voie orale, intrapéritonéale ou sous-cutanée sont réalisées sur animaux vigiles, une à deux fois par jour, pendant 6 à 8 semaines, au maximum. Cette technique concerne les rats et les souris et nécessite environ 10 sec de contention. • Les administrations par voie intraveineuse sont réalisées sur animaux vigiles ou anesthésiés, en contention dans un tube, après désinfection de l’organe caudale, une à deux fois par semaine, pendant 3 à 4 semaines, au maximum. Cette technique concerne les rats et les souris et nécessite environ 30 sec de contention. • Les prélèvements au sinus rétro orbital ou à la veine submandibulaire sont réalisés sur animaux anesthésiés, en respectant les limites de volume, de nombre (trois maximum) et de temps de récupération ; soit 7,5% du volume sanguin circulant maximum une fois par semaine ou 10% du volume sanguin circulant maximum une fois toutes les deux semaines ou 15% du volume sanguin circulant maximum une fois toutes les quatre semaines ou 20% du volume sanguin circulant pour un prélèvement terminal. Cette technique concerne les rats et les souris et nécessite environ 20 sec de contention. • Les prélèvements sanguins à l’aorte abdominale sont réalisés uniquement chez le rat sous anesthésie générale, avec une couverture analgésique de type buprénorphine. Ce geste technique dure environ 1 minute. • Les prélèvements par ponction intracardiaque sont réalisés chez le rat et la souris sous anesthésie générale et nécessite environ 20 sec de contention.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Cruelty Free Europe a mesuré en 2024 que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces deux pays sont les seuls dont les résumés ont été examinés. Les résumés français relèvent du même modèle européen, et leur qualité n'a jamais été mesurée.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les nuisances décrites ci-dessous représentent des cas extrêmes et rares qui sont évités par la réalisation d’un bon tutorat et d’un apprentissage progressif. • Administrations par voie orale : fausse-route, perçage de l’œsophage • Administrations par voie intrapéritonéale : passage dans la vessie, injection dans le caecum • Administrations par voie intraveineuse : lésions cutanées possibles en cas d‘injection en dehors de la veine. • Prélèvements sanguins au sinus rétro orbitaire ou à la veine submandibulaire : hémorragie dans les voies naso/oropharyngée si réalisés à trop grande profondeur, lésion de la cornée en cas de frottement avec la pipette. Afin de limiter le nombre d’animaux inclus, ils pourront être utilisés à plusieurs reprises, au maximum 2 gestes par jour pendant 6 à 8 semaines sous réserve de ne pas présenter d’altération de leur bien-être. Ces manipulations répétées peuvent engendrer un stress chez les animaux.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Tous les animaux sont mis à mort à l’issue des procédures.
Application de la règle des "3R", selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
1. Remplacement
Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Avant toute manipulation des animaux, le personnel concerné procède à la lecture des procédures descriptives des techniques pour lesquelles il doit être formé, s’appuie sur les descriptions présentes dans la littérature scientifique et suit des démonstrations réalisées par le personnel compétent pour le geste technique en question. Si nécessaire, les premières séances d’apprentissage et d’entraînement sont réalisées sur des animaux morts. Il existe peu de solution de remplacement permettant la formation et le maintien des compétences du personnel. L’utilisation de l’animal vivant est indispensable pour ressentir les différences anatomiques inter individu, la force et les réactions de celui-ci.
2. Réduction
Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Nous utilisons en priorité des animaux surnuméraires des études, des animaux issus de nos élevages non entrés en expérimentation plutôt que des animaux achetés à cette fin, chez des fournisseurs agréés. Afin de réduire le nombre d’animaux inclus, les gestes techniques décrits ci-dessous sont réalisés plusieurs fois sur les mêmes animaux dans le respect des limites maximales recommandées par le GIRCOR et des temps de récupération adaptés entre chaque geste. • Administrations par voie orale et intrapéritonéales: maximum 2 par jour pendant 8 semaines • Administrations par voie intraveineuse : maximum 2 par semaine pendant 8 semaines • Prélèvements sanguins : maximum 1 par semaine pendant 4 semaines
3. Raffinement
Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Nous incluons exclusivement des animaux en bon état général, hébergés dans des conditions respectant le bien-être animal, sous atmosphère contrôlée (température, hygrométrie, fond sonore…), avec l’enrichissement du milieu adéquat (fibre pour nidification, rouleau carton…) et en groupe sociaux harmonieux. Une phase d’acclimatation de 5 jours minimum est appliquée avant toutes manipulations des animaux. La majorité des gestes techniques sont réalisés sous anesthésie gazeuse afin de limiter la douleur et le stress liés à la réalisation de ces gestes. Certains types de prélèvements sanguins sont réalisés sous couverture analgésique. L’état clinique des animaux est évalué quotidiennement par les personnes impliquées dans ces formations ou maintien des compétences (tuteurs, soignant, etc.). Un carnet de santé, traçant précisément tous les gestes réalisés, le cas échéant les signes cliniques observés ainsi que les soins apportés, est mis en place. L’atteinte des points limites conduit à la mise en place de complément au bien-être ou à la mise à mort des animaux concernés. La taille des aiguilles et des cathéters et sondes est adaptée à la taille de l’animal afin d’éviter toute douleur inutile.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
La souris et le rat sont les espèces utilisées pour mener à bien nos programmes de recherche précliniques. A ce jour, de par leurs similarités physiologiques avec l’homme, ces deux espèces de rongeurs sont les plus adaptées pour évaluer les propriétés pharmacologiques de molécules d’intérêt et d’en connaître les risques de toxicité avant les premiers essais chez l’homme. Les animaux utilisés seront des animaux adultes car les études réalisées au sein de notre établissement le sont sur des individus adultes.