
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2022-03-29 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-900952)
13 cochons vont être utilisés dans des procédures menées sous anesthésie, les animaux étant tués avant tout réveil. Sur chaque animal, plusieurs saignements sont provoqués par incisions et sections d’artères pour tester des scellants hémostatiques, l’intervention durant de trois à quatre heures pour le premier animal. Le porteur vise le choix d’une solution destinée au marquage CE et énumère des complications possibles comme hémorragie, arythmie ou nécrose des tissus. Il affirme que « seule l’expérimentation animale permet d’évaluer » l’arrêt d’un saignement et retient le cochon pour sa proximité anatomique avec l’humain.
Résumé produit par un modèle de langage à partir du seul texte du laboratoire, selon une méthode arrêtée par l’OXA. Publié sans relecture individuelle préalable, sous la responsabilité de l’association, et corrigé au fil des relectures.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
Décrire les objectifs du projet.
Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).
Dans quel but fait-on ça ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Avec la normalisation de la pratique chirurgicale et l’accroissement de la prise en charge des opérations en France et dans le monde, le nombre d’interventions chirurgicales est en constante augmentation. Ceci accroît considérablement les risques hémorragiques liés à la pratique chirurgicale (notamment section de tissus et de vaisseaux). Ainsi, le développement de solutions hémostatiques permettant l’arrêt du saignement est primordial afin de permettre au chirurgien de stopper les hémorragies per- et éventuellement post-opératoires. Bien qu’il existe de nombreuses solutions sur le marché, aucune aujourd’hui n’est réellement satisfaisante. L’arrêt d’un saignement est un mécanisme complexe dont seule l’expérimentation animale permet d’évaluer l’efficacité. Ainsi ,après avoir développé un panel de cinq solutions pouvant répondre à cette problématique et effectué des tests in vitro permettant d’en éloigner deux, nous sommes forts de trois scellants pouvant potentiellement permettre l’arrêt d’un saignement. Ainsi, l’objectif de cette étude est l’évaluation préliminaires de nos composés par leur capacité à créer l’hémostase, et leur comparaison à des produits déjà présents sur le marché. Le tout afin de situer leur efficacité vis-à-vis des solutions existantes, mais également de diriger un choix vers un scellant final qui sera ensuite amené jusqu’au marquage CE.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).
Est-ce « inutile » ou « nécessaire » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
A terme, les résultats de ce projet permettront de finaliser le choix d’une solution parmi les trois scellants développés, ainsi que de comprendre leur positionnement en termes d’efficacité et de temps d’arrêt du saignement par rapport à des hémostatiques, scellants et colles déjà présents sur le marché. Sans cette évaluation, il ne sera pas possible de choisir avec certitude une solution et continuer avec celle-ci jusqu’au marquage CE.
Nuisances prévues, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Un examen publié en 2018 a établi que les résumés allemands et britanniques décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).
Le droit d'accès aux documents · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Sous anesthésie générale, quatre types de saignements (S1, S2, S3, S4 soit 4 sites différents) seront créés sur un même animal. Pour les saignements S1 et S2, 5 incisions distinctes et équivalentes seront réalisées par sites, à des distances raisonnables pour appliquer les 3 solutions (H1; H2; H3) et les 2 références pour un temps d’intervention d’environ 10min par site. Pour les saignements S3 et S4, un site par produit (solution ou référence) sera sélectionné pour un temps d’intervention d’environ 10min par site. Les quatre types de saignements créés sont les suivants : -S1: saignement sous cutané – S2 : saignement musculaire diffus – S3 : saignement actif – S4 : application des produits en complément de sutures. Dans ce cas précis, les 3 soutions et 1 seule référence seront testés, sur 4 différentes artères. Le temps d’arrêt du saignement sera mesuré pour chaque saignement et chaque produit. Il sera défini par la durée entre l’application du produit et l’obtention de l’arrêt du saignement (en sec). Une fois les solutions appliquées, une évaluation macroscopique sera réalisée et l’hémostase sera confirmée visuellement. L’homogénéité des films obtenus sur les tissus sera notée ainsi que l’apparition de fuite. Les inflammations et éventuelles nécroses seront notées. Pour S3 et S4, et principalement S4, une échographie sera réalisée afin de mettre en évidence la présence de thrombose ou de fuite de produit dans les vaisseaux. Le temps d’intervention par saignement crée est évalué au maximum à 10 minutes. La durée totale d’intervention sur ce porc est estimée de 3H à 4H. Pour les douze porcs suivants, le cas échéant: un site, un type de saignement et une solution seront utilisés par animal. La procédure reste identique avec un temps d’intervention par site estimé à 10min, mais des coupes histologiques seront prélevées afin d’être étudiées.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Un nouvel examen, publié en 2024, a mesuré que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces mesures portent sur l'Allemagne et le Royaume-Uni. L'examen de 2018 classait la France parmi les pays les moins bons pour l'identification, l'accessibilité et la qualité de ses résumés, sans les noter rubrique par rubrique (Taylor et al., 2018). Les résumés français suivent aujourd'hui le modèle européen commun.
Les animaux souffrent-ils ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Potentielles complications per-opératoires: Bradycardie, Hypotension, Arythmie, Hémorragie non contrôlée, Hypothermie, Défaut d’adhérence aux tissus, réaction inflammatoire, réaction allergique et nécrose des tissus.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.
Peut-on parler d'éthique en expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Concernant la phase de faisabilité, c’est çà dire le premier porc sur lequel plusieurs sites d’intervention pour plusieurs produits seront étudiés avec prélèvement de coupes histologiques , à la fin de la procédure on procèdera à la Mise à mort de l’animal. Concernant la phase sélective, sur les 12 animaux au maximum utilisés, on procèdera également à la mise à mort à la fin de la procédure afin de prélever les coupes Histologiques. La mise à mort est réalisé sous anesthésie générale par injection d’un agent euthanasiant, puis les animaux sont mis au congélateur avant d’être enlèver par un écariseur agréé
Application de la règle des "3R", selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
1. Remplacement
Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.
Comment avancer vers la fin de l'expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Des essais préliminaires in vitro sur l’effet hémostatique de ces solutions en utilisant des animaux morts (souris) ont été réalisés au préalable de ce projet. Les résultats de ces tests ont permi de faire un premier choix parmi les 5 solutions hémostatiques et n’en retenir que 3 à tester. Ainsi 2 solutions ont été éliminées afin de minimiser le nombre d’animal et les essais à réaliser sur le même animal. De plus, en parallèle de ce projet, des tests in vitro sur du sang total de donneurs humains sont prévus afin d’éviter l’utilisation de nombreux animaux.
2. Réduction
Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Après des essais in vitro permettant de sélection 3 solutions, l’objectif est ici de vérifier le comportement hémostatique de ces 3 solutions retenues dans ce projet, afin d’en sélectionner 1 ou 2 comme DM appartenant à la catégorie de gel hémostatique non spécifique sur la cascade de coagulation. Pour cela, 2 produits commercialisés comme agent hémostatique, 1 spécifique sur la coagulation et 1 non spécifique, seront utilisés comme témoins. Ces 5 produits devront être testés sur 4 types de saignement représentatifs (sous cutané, musculaire diffus, actif, en complément d’anastomose). Pour le premier lot correspondant à une étude de faisabilité, les 2 variables étudiées étant de nature dichotomique (succès ou échec), la non nécessité de répétabilité et la taille de l’animal, nous permettront d’utiliser un nombre minimum de porc soit un premier lot de 1 seul animal. Pour le deuxième lot correspondant à une étude sélective, 1 porc par site et par produit, le nombre minimum d’animal de 12 porcs a été défini selon des tests statistiques à variable dichotomique. Nous avons défini que pour l’analyse statistique, nous prendrions en compte que 2 solutions (solutions « succès ») au maximum parmi les 3 et qu’un seul produit témoin était suffisant pour comparaison. De plus, nous avons considéré que les 4 types de saignement au maximum suffisaient à démontrer le pouvoir hémostatique de notre ou nos solutions et que l’analyse de la répétabilité pourra être réalisée sur le même animal qui sera ensuite euthanasié
3. Raffinement
Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.
La réglementation est-elle « très stricte » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Ceci passe par la gestion des principales complications per-opératoires par la réduction ou l’ajout en perfusion ou directement par voie intraveineuse de solutions médicamenteuses. Seront traîtées des complications telles que la bradycardie, l’hypotension, l’arythmie ou encore une hémorrhagie (contrôlée ou non). En plus de ces gestions des complications, le bien être des animaux avant opération est supervisé par une acclimatation au laboratoire d’environ 4 jours, des contrôles vétérinaire avant le départ de l’éleveur puis au laboratoire,et les porcs seront stabulés seuls pour éviter tout stress. Enfin, l’intervention se fera sous anesthésie générale afin de limiter la douleur.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.
Spécisme et expérimentation animale · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Le porc est un animal de choix car le porc possède certaines caractéristiques physiologiques, anatomiques et génétiques proches de celles de l’être humain. C’est en particulier le cas de ses fonctions cardiaques, pulmonaires et rénales, qui sont bien plus proches des nôtres que ne le sont celles de la souris. Les chirurgiens l’utilisent notamment depuis longtemps pour s’entraîner à la pose de cathéters, s’exercer aux procédures endoscopiques ou à soigner des traumatismes complexes. Le développement de ces techniques a conduit à utiliser le porc comme modèle préclinique, pour tester notamment les dispositifs implantables tels que les pacemakers. La taille des organes du porc, similaire à celle des organes humains, ou le fait que la distribution du sang par son artère coronaire soit très similaire à celle de l’Homme, rendent aussi son utilisation très pertinente dans le cadre de la transplantation d’organes. Utilisation d’animaux adultes (45-50kg, âge: 16 semaines) afin de se rapprocher au plus de l’utilisation finale du dispositif médical (DM), soit principalement chez l’humain adulte.