Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

Les maladies inflammatoires chronique ont aujourd’hui une incidence en constante augmentation notamment dans les pays industrialisés. Ces maladies peuvent être localisées à un organe comme la rectocolite hémorragique, ou bien toucher tout l’organisme : c’est le cas de la dermatite atopique (DA). La DA est une inflammation qui touche 2 millions de personnes et entraîne de nombreux inconvénients tel que des démangeaisons intenses, des rougeurs et des troubles du sommeil. Cette inflammation est déclenchée par une altération de la barrière cutanée menant à l’activation du système immunitaire. Les traitements actuels utilisés visent à réduire l’inflammation et les démangeaisons par 1) l’application de crème et 2) l’utilisation d’immunomodulateurs ayant pour objectif d’inhiber le système immunitaire. Ces molécules ne sont pas spécifiques et sont associées à de nombreux effets secondaires tel que des brulures, bouffées de chaleur ainsi qu’une immunodépression rendant les patients très fragiles aux infections. Les nouvelles stratégies d’immunothérapie cherchent à améliorer l’effet anti-inflammatoire des traitements en limitant les effets secondaires. De nouvelles cibles ont été identifiés comme jouant un rôle dans la modulation de l’inflammation. Nous aimerions tester différentes molécules capables d’activer une de ces cibles et analyser les effets engendrés par cette activation dans différents modèles animaux de dermatite atopique.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Les traitements utilisés contre la dermatite atopique font appel à des traitements locaux de type crème corticoïdes limitant les rougeurs ainsi que les démangeaisons. Puis, lorsque les patients ne répondent plus aux corticoïdes ils peuvent être mis sous immunomodulateurs. Ces traitements entrainent néanmoins de nombreux effets secondaires tels que des sensations de brulures ainsi qu’un risque accru de lymphomes ou de cancers cutanées. De plus, il a été démontré que dans 50% des cas une inefficacité ou une tolérance aux traitements est observé chez ces patients. Il est donc primordial de mettre en place de nouvelles stratégies thérapeutiques. Nous avons développé de nouvelles molécules ciblant le système immunitaire. Ces molécules ont pour avantage de ne pas induire d’inhibition du système immunitaire, rendant le patient totalement apte à répondre à tout type d’attaque extérieure. Chez l’animal nous espérons pouvoir activer la phase de récupération dans ces différents modèles avec notamment une diminution des signes cliniques. Si ces études in vivo sont bénéfiques pour l’animal nous envisageons de pouvoir débuter un essai clinique chez l’humain afin de traiter les patients n’ayant plus de possibilité thérapeutique et de leur proposer une nouvelle voie thérapeutique.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Les animaux seront soumis à plusieurs gestes d’administrations. L’administration des traitements se fera à hauteur de 3 fois par semaine sur une durée de 3 semaines. L’administration des agents inducteurs se fera sur animaux anesthésiés 2 à 5 fois par semaines pendant 3 à 4 semaines. Des prélèvements sanguins au niveau de la veine mandibulaire pourront être effectués sur animaux vigile (1 fois par semaine maximum tout au long du protocole). Pour finir certains animaux seront rasés par utilisation de crème épilatoire après anesthésie de l’animal lors de l’induction du modèle.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Modèles de sclérodermie : Les animaux subiront des injections quotidienne (5 jours sur 7) d’inducteurs pour un maxium de 3 semaines, ceci engendrera du stress répéter ainsi qu’une légère douleur lors de l’injection. De plus, l’apparition des premières signes cliniques dès la première semaine ainsi qu’une perte de poids contrôlé, engendrera de la douleur chez l’animal. Modèles de dermatite atopique : Les souris seront rasées puis subiront une application cutanée d’inducteur 3 fois par semaine pendant 3 semaines. Ce geste n’engendrera pas de douleur mais un léger stresse chez l’animal. L’apparition des premiers signes cliniques provoquera de la douleur chez l’animal.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

A la fin de chaque procédure, les animaux seront mis à mort et des organes d’intérêts pourront être prélevés pour compléter les analyses

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

Le meilleur moyen pour étudier le rôle d’une molécule sur une réponse immune qui est complexe et qui fait intervenir de nombreux acteurs cellulaires est in vivo et ce en utilisant des animaux. En effet, nos molécules d’intérêt pouvant être exprimées par de nombreux types cellulaires et jouant un rôle sur de nombreux acteurs de l’immunité, il n’est pas possible de reconstituer un modèle de dommage tissulaire et d’étudier l’homéostasie d’un tissu dans des modèles in vitro.

2. Réduction

3R / Réduction :

Le nombre d’animaux sera réduit autant que possible. En effet les différents axes définis plus haut ainsi que les 5 études pilotes permettront de réduire l’utilisation de l’animal puisque l’étude principale ne sera exécutée que sur l’étude pilote ayant validé le plus de critères de la pathologie et le moins de nuisances sur l’animal. En amont nous avons étudié par un test statistique le nombre d’animaux nécessaire afin d’observer une différence significative dans nos expériences. Basé sur un test de distribution normale d’échantillons nous avons déterminé un nombre d’animaux de n=22 animaux/groupe nécessaire.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Les animaux auront une phase d’acclimatation de plusieurs jours et ne seront pas manipulés afin de limiter leur stress. En amont de l’expérience le protocole sera entièrement planifié afin d’éviter du stress à l’animal et les points limites seront définis afin d’anticiper toute souffrance. Les animaux montrant des signes de douleurs lors de l’expérience recevront de l’analgésique 3 fois par jour puis dans l’eau de biberon pour la nuit. Les animaux ne seront pas maintenus au-delà des délais décrits pour chaque modèle, limitant leur utilisation si cela n’est pas nécessaire. L’animal sera maintenu en groupe, avec des frisottis pour se camoufler ainsi que des dômes ou des tunnels. Si un animal montre de l’agressivité il sera isolé afin de préserver les autres animaux et mis dans une cage avec des enrichissements de type : dôme ou tunnel, frisottis, coton

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

Afin d’étudier le rôle des différentes cibles in vivo dans des modèles expérimentaux d’inflammations induit par des molécules chimiques, nous utiliserons différentes lignées chez la souris décrite pour déclencher ce type d’inflammation. Les souris utilisées auront entre 6 et 10 semaines car l’inflammation générée par les molécules chimiques utilisées dans les différents modèles est homogène dans cette tranche d’âge contrairement à des âges précoces ou avancés où les défenses immunitaires sont différentes et peuvent induire une hétérogénéité de réponse inflammatoire.