Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

Les lymphocytes T génétiquement modifiés (cellules CAR-T) représentent une nouvelle méthode de traitement de certains cancers du sang, qui utilise le système immunitaire du patient pour lutter contre les cellules cancéreuses. En modifiant ces cellules, on les rend capables de reconnaître et de détruire les cellules tumorales, tout en les aidant à se multiplier et à devenir plus efficaces. Ces traitements peuvent entraîner une rémission complète chez plus de 80 % des patients. Cependant, des rechutes surviennent encore souvent, car les cellules cancéreuses deviennent moins bien reconnues par les cellules CAR-T ou ces dernières s’épuisent avec le temps. Pour renforcer l’efficacité de cette thérapie sur le long terme, de nouvelles approches sont explorées. Parmi elles, les epichaperomes, des protéines présentes dans les cellules cancéreuses, attirent l’attention. Elles aident les cellules cancéreuses à survivre et créent un environnement qui freine les défenses immunitaires du corps. Des molécules capables de bloquer ces epichaperomes (« molécules bloqueuses »), sont actuellement testées. Chez un patient atteint de leucémie myéloïde aiguë, ce traitement avec une molécule bloqueuse a permis une rémission complète depuis plus d’un an. Il semble aussi renforcer la réponse immunitaire en facilitant la reconnaissance des cellules cancéreuses par le système immunitaire et en réduisant certains freins immunitaires. Ces résultats suggèrent qu’en combinant les cellules CAR-T avec cette molécule bloqueuse, on pourrait améliorer leur efficacité, en prolongeant leur action et en stimulant d’autres cellules immunitaires du patient. Le but de ce projet est donc d’évaluer l’effet de la moélcule sur la réponse immunitaire, à travers deux axes : Tester si cette molécule peut renforcer une réponse à la vaccination (effet « adjuvant »). Étudier si elle peut améliorer l’action des cellules CAR-T dans un modèle de leucémie aiguë lymphoblastique B.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Ce projet vise à approfondir la compréhension des mécanismes par lesquels les inhibiteurs d’épichaperome, modulent les réponses des lymphocytes T. L’accent est mis sur leur impact sur les cellules CAR-T, dans la perspective d’une application clinique. L’objectif ultime est d’évaluer la pertinence d’une approche thérapeutique combinée, associant cellules CAR-T et inhibiteurs d’épichaperome, en vue d’essais cliniques chez l’homme.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Injection en intraperitoneal sur souris vigile (1 injection tous les 3 jours moins de 10 s par injection). Injection en intra-veineuse sur souris vigile maintenue en boite de contention (1 à 3 injections selon les groupes de souris), moins de 10 secondes par injection. Prélevements sanguins en submandibulaire sur souris anesthésiée avec un volume n’excédant pas 75 µl tous les 10 jours et un maximum de 3 prélèvements au total par souris, durée de prélèvement moins de 5 secondes. 1 prélèvement de moelle osseuse sur souris anesthésiée, 10 secondes par prélèvement. Les animaux seront imagés sous anesthésie générale gazeuse avec injection en intra péritonéale d’une molécule luminescente (durée totale 15minutes).

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Les prélèvements sanguins et les injections sont susceptibles d’induire une très légère douleur mais qui ne devraient pas induire de nuisances ou effets indésirables particuliers compte tenu des mesures préventives prises et des précautions apportées à leur mise en oeuvre. Il en va de même pour les prélèvements de moelle osseuse, qui peuvent entraîner une douleur — prise en charge grâce à des mesures préventives et des soins post-procédure — ainsi qu’un risque d’infection à surveiller mais qui est quasiment nul par le respect strict des règles d’asepsie. Pour le modéle LAL-B : Les souris contrôles vont développer la leucémie et l’avancée de la maladie va conduire à une restriction des mouvements des souris notamment des pattes arrières, une perte d’appétit et de poids. Une réaction de greffon contre l’hôte plusieurs semaines après l’injection des cellules CAR-T peut également se produire chez les souris, faisant partie des points limites de la procédure expérimentale.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

En raison des prélèvements d’organes en fin de procédure tous les animaux seront mis à mort.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

Nous avons déjà étudié l’effet de la molécule d’intérêt sur le phénotype et la fonctionnalité des lymphocytes T activés ainsi que des cellules CAR-T in vitro, en démontrant sa capacité à renforcer leur cytotoxicité vis-à-vis des cellules tumorales. Cette validation in vitro nous a permis de confirmer son impact positif sur la fonctionnalité des lymphocytes T et des cellules CAR-T. Toutefois, afin de nous rapprocher de conditions physiologiques plus complexes que celles offertes par les modèles in vitro, il est indispensable de poursuivre cette évaluation dans un modèle in vivo. Une telle approche est incontournable avant toute application clinique cheez l’homme. Le choix du modèle murin s’impose en raison de la connaissance approfondie de son système immunitaire, de la disponibilité d’outils analytiques sophistiqués pour étudier les réponses immunitaires, ainsi que de sa proximité phylogénétique avec l’humain, qui permet d’envisager plus aisément la transposition des stratégies thérapeutiques évaluées vers la clinique.

2. Réduction

3R / Réduction :

Le nombre de souris a été réduit au minimum grâce à l’expérience acquise d’autres protocoles expérimentaux dans lesquels la réponse antitumorale des CAR-T cells chez des souris greffées de cellules leucémiques a été évaluée. Le nombre minimum de souris utilisées prend en compte les variabilités des mesures par bioluminescence du signal tumoral chez les souris (pouvant varier selon l’âge, le sexe, le délai de prise de greffe tumorale) et des réponses immunologiques observées durant ces protocoles. Les résultats obtenus seront analysés statistiquement.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

L’ensemble des expériences sera réalisé dans une animalerie agréée, statut SPF, où les conditions d’hébergement sont contrôlées quotidiennement. Les souris seront élevées en communauté dans des cages enrichies avec un abri de cellulose et des fibres de coton. Pour les animaux présentant des difficultés de locomotion, la nourriture et l’eau seront apportés directement dans la cage sous forme de gel. L’ensemble des procédures sera réalisé sous anesthésie gazeuse. Toutes les interventions sur les souris seront réalisées sous hotte à flux laminaire pour éviter tout risque d’infection. Afin de répondre au principe de raffinement les prélèvements de sang seront effectués en sub-mandibulaire sous anesthésie générale. Les volumes de sang prélevés aux différentes étapes seront limités à 2 gouttes. Une analgésie par injection en sous-cutané (au niveau du genou) d’un analgésique sera mis en place 5 minutes avant le prélèvement de la moelle osseuse pour renforcer l’analgésie locale, ainsi qu’un traitement préventif par un analgésique administré en IP. Un maximum de 2 prélèvements par souris sera autorisé (1 prélèvement par fémur). En cas de douleur des souris (évaluation physique et comportementale) un anti douleur adapté sera injecté en sous-cutané, toutes les 6 à 12 heures durant 24 à 48 heures.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

Dans le domaine de l’immunologie, le modèle murin apporte des outils uniques pour la caractérisation phénotypique et fonctionnelle des populations lymphocytaires et le suivi des réponses immunitaires. Le choix de la souris repose sur la connaissance du système immunitaire de cette espèce, sur l’abondance des outils d’analyse des réponses immunitaires à disposition et par sa proximité phylogénétique avec l’homme qui permet d’envisager la transposition en clinique des stratégies évaluées. L’utilisation d’animaux immunodéprimés nous permet de n’observer que les effets des cellules CAR-T sur la leucémie. Les mécanismes immunologiques observés dépendront donc des cellules injectées et non des cellules murines. Les animaux seront âgés entre 8 et 12 semaines (adultes) au début des protocoles, car il faut que le système immunitaire soit totalement mature. Le poids des souris varient entre 20 et 30g.