
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2022-02-08 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-040281)
35 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Une inflammation intestinale leur est induite par du DSS, avec gavage, test de perméabilité après huit heures de jeûne et prélèvement de sang derrière l’oeil sous anesthésie avant mise à mort par dislocation cervicale. Le porteur indique que le DSS peut provoquer une perte de poids, une altération des selles et la présence de sang, tout en tablant sur des effets « faibles » aux faibles doses employées. Il s’agit d’une étude pilote visant à caler le modèle avant de tester des stratégies nutritionnelles, l’espèce étant retenue faute d’accès aux biopsies humaines.
Résumé produit par un modèle de langage à partir du seul texte du laboratoire, selon une méthode arrêtée par l’OXA. Publié sans relecture individuelle préalable, sous la responsabilité de l’association, et corrigé au fil des relectures.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
Décrire les objectifs du projet.
Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).
Dans quel but fait-on ça ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
L’inflammation est un mécanisme physiopathologique pouvant altérer de manière importante l’intégrité intestinale. L’inflammation aiguë responsable des maladies inflammatoires intestinales (maladie de Crohn, rectocolite hémorragique) se distingue de l’inflammation chronique qui est associée à de nombreuses pathologies chroniques comme l’obésité, le syndrome métabolique, le diabète de type II, les maladies cardiovasculaires et la sarcopénie du sujet âgé. Le développement de l’inflammation intestinale est associé à des altérations majeures des fonctions digestives : augmentation de la perméabilité, anomalies de la couche de mucus protectrice, modifications histologiques significatives comme la profondeur des cryptes, altération de la motricité intestinale, perturbations de l’absorption des nutriments ainsi que des changements importants du microbiote intestinal. La consommation de lipides particuliers induisant des changements bénéfiques du profil et métabolisme lipidiques pourrait contribuer à réduire l’incidence ou les symptômes liés à l’inflammation intestinale et à l’altération de la barrière intestinale. Avant de commencer ces études testant de telles statégies nutritionneles de prévention, il est indispensable de réaliser une première étude pilote pour développer un modèle d’inflammation intestinale chronique induite par ajout de DSS (Dextran Sulfate Sodium) à l’eau de boisson chez la souris. Ce modèle est simple, rapide et reproductible cependant de nombreux facteurs peuvent affecter la susceptibilité au DSS et modifier les résultats. Il est donc nécessaire de caractériser le modèle d’inflammation en tenant compte de la source et du lot de DSS, de la souche de souris, de la dose et de la durée du traitement. Une dose excessive de DSS ou administrée pendant une durée trop longue induirait une réponse inflammatoire aigüe, plus typique de la rectocolite hémorragique ou de la maladie de Crohn. L’objectif est d’induire une inflammation chronique avec des doses inférieures à celles classiquement utilisées pour induire une colite chez la souris. D’après la littérature, la dose 0 ,5% – 1,0% DSS pendant sept à dix jours pourrait induire une inflammation suffisante pour mimer l’inflammation intestinale chronique induite lors d’un régime riche en gras et en sucres. Cependant, l’impact relatif de ces doses et durées sur des paramètres importants scientifiquement comme la perméabilité intestinale et la production de cytokines plasmatiques reste mal décrit.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).
Est-ce « inutile » ou « nécessaire » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
L’intestin joue plusieurs fonctions essentielles à l’intégrité de l’organisme et au maintien d’une santé optimale. L’inflammation est un mécanisme physiopathologique pouvant altérer de manière importante l’intégrité intestinale comme dans la maladie de Crohn, la rectocolite hémorragique ou les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI). Le taux de MICI dans le monde est passé d’environ 4 millions en 1990 à environ 7 millions en 2017. Le développement d’un modèle d’inflammation intestinale modérée induit par le DSS chez la souris permettra d’étudier ultérieurement différentes stratégies nutritionnelles pour limiter cette inflammation soit de façon préventive soit de façon corrective.
Nuisances prévues, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Un examen publié en 2018 a établi que les résumés allemands et britanniques décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).
Le droit d'accès aux documents · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Toutes les souris seront gavées oralement une seule fois au cours du test de perméabilité intestinale. Après un jeûne réduit à 4h sur litière propre, les souris recevront une injection sous-cutanée de solution saline pour favoriser la production d’urine et seront gavées oralement avec une solution de lactulose, mannitol, sucralose puis placées individuellement dans une cage vide. L’urine sera collectée directement dans la cage à l’aide d’une pipette tout au long des 4h suivant le gavage. A la fin du test, les souris seront regroupées dans les cages comme précédemment. La durée totale de l’intervention (jeûne compris) sera de 8h. Le dernier jour de l’étude, toutes les souris auront une anesthésie locale au niveau de l’œil par une goutte de tétracaïne 1min avant anesthésie générale par inhalation isoflurane 3% suivie d’un prélèvement de sang en rétroorbital (500µl) avant leur mise à mort par dislocation cervicale.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Un nouvel examen, publié en 2024, a mesuré que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces mesures portent sur l'Allemagne et le Royaume-Uni. L'examen de 2018 classait la France parmi les pays les moins bons pour l'identification, l'accessibilité et la qualité de ses résumés, sans les noter rubrique par rubrique (Taylor et al., 2018). Les résumés français suivent aujourd'hui le modèle européen commun.
Les animaux souffrent-ils ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
L’induction d’une inflammation par le traitement au DSS peut induire après quelques jours et en fonction de la dose administrée une perte de poids significative, une altération de la consistence des selles et la présence de trace de sang dans les selles. Ces modifications physiologiques peuvent donc être responsables d’une douleur ou d’un stress de l’animal provoquant alors des comportements anormaux. Au regard des faibles doses de DSS utilisées, inférieures ou égales à 1%, les effets devraient être faibles et limités aux derniers jours du protocole.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.
Peut-on parler d'éthique en expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Toutes les souris seront mises à mort à la fin des procédures. En effet, nous devons collecter du sang pour mesurer les marqueurs sanguins de l’inflammation tels que les cytokines. Nous devons aussi prélever les organes inflammés comme le côlon, l’intestin grêle pour mesurer leur poids et leur taille et étudier leur histologie. On ne peut donc pas obtenir ces mesures sans la mise à mort des souris.
Application de la règle des "3R", selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
1. Remplacement
Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.
Comment avancer vers la fin de l'expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Il est trop invasif d’étudier les désordres intestinaux inflammatoires humains à travers des biopsies, des coloscopies qui ne sont pas autorisées dans le cadre de la recherche. Il est donc important d’étudier les inflammations intestinales dans un contexte où l’ensemble du système organique peut être étudié et les données obtenues de ces études transposables à l’homme. La physiologie des souris, en particulier l’inflammation intestinale et systémique est similaire aux humains. Le développement d’un modèle d’inflammation intestinale modérée induit au DSS chez la souris devrait permettre d’accroitre nos connaissances sur l’inflammation et de mettre en place par la suite des stratégies nutritionnelles pour la diminuer ou la prévenir.
2. Réduction
Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Il est désormais clairement établi que le sexe joue un rôle non négligeable dans divers facteurs physiologiques, métaboliques et comportementaux chez la souris. Les données de la littérature ont montré que les souris mâles sont plus prédisposées à développer une inflammation intestinale et des altérations dues au DSS que les souris femelles. L’étude pilote se fera uniquement sur des souris mâles afin de maximiser les chances d’observer une inflammation modérée. Des calculs de puissance avec Rstudio ont été réalisé avec l’objectif de réduire la quantité d’animaux. La puissance a été défini à 0,8, le niveau de significativité à 0,05 et la taille de l’effet à 0,6 (un effet important au niveau du traitement au DSS est attendu). La Après avoir défini le nombre de groupes étudiés, Rstudio détermine le nombre nécessaire de souris par groupe pour avoir des résultats significativement élevés. Pour cette étude pilote avec le traitement au DSS, 7 souris par groupe sont requises selon les calculs d’analyse de puissance (5 groupes, 7 souris par groupe = un total de 35 souris).
3. Raffinement
Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.
La réglementation est-elle « très stricte » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les souris seront mises en cage par groupes de 3 ou 4 afin d’éviter le stress lié à l’isolement. Pendant toute la durée des traitements, les animaux auront un accès à volonté à l’eau et à la nourriture sauf lors du test de perméabilité intestinale. Pour le prélèvement de sang en rétroorbital, les souris auront une anesthésie locale au niveau de l’oeil suivie d’une anesthésie générale. Durant le protocole, les souris feront l’objet d’une surveillance quotidienne pour déceler un potentiel mal-être. L’aspect du pelage, le comportement, la perte de poids comparé au poids initial, la consistence des selles et la présence de trace de sang dans les selles seront évalués et récoltés sur une feuille d’observation. Les différents gestes expérimentaux réalisés dans ce projet n’ont jamais démontré de souffrance, d’angoisse ou de douleur chez la souris nécessitant une prise en charge spécifique. Au cours du test de perméabilité intestinale, les gavages peuvent irriter l’oesophage des animaux. Pour minimiser cet effet potentiel, une sonde de gavage coudée au bout arrondi sera utilisée par un personnel expérimenté qui vérifiera l’état de la canule et le comportement de l’animal.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.
Spécisme et expérimentation animale · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les travaux effectués dans ce domaine (dans la communauté scientifique en générale mais également au sein du laboratoire) sont majoritairement réalisés chez la souris permettant ainsi la discussion et la comparaison des résultats entre eux. De plus, la régulation du métabolisme lipidique chez la souris est proche de celle de l’Homme. Pour les etudes sur l’inflammation induite au DSS, les souches de souris les plus utilisées sont les souris C57BL/6J et BALB /c. Cependant, les souris BALB /c sont plus résistantes au DSS que les souris C57BL/6J, donc l’utilisation de souris BALB /c nécessiterait d’utiliser des doses plus fortes de DSS et/ou sur des temps plus longs. Ainsi, la souris C57BL/6J est le modèle le plus pertinent pour ce projet. De plus, elle est reconnue comme souche de référence pour les études métaboliques. Les souris seront commandées à 10 semaines de vie et le protocole débutera à 11 semaines de vie après une semaine d’acclimatation. Ce protocole doit être réalisé sur des animaux jeunes adultes pour que les effets des traitements ne soient pas liés à la croissance ou au vieillissement des animaux. Suite à cette étude pilote, les effets préventifs d’un traitement de 4 semaines avec des lipides polaires sur l’inflammation intestinale seront étudiés sur des souris agées de 6 semaines. C’est pourquoi, nous réalisons l’étude pilote avec des souris agées de 10 semaines.