
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2022-04-25 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-603187)
120 souris rayées africaines vont être utilisées, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger, pour étudier leurs vocalisations ultrasonores. La seule procédure décrite est la pose d’une puce RFID sous anesthésie, les animaux étant ensuite réutilisés dans d’autres expériences du laboratoire. Le porteur indique qu’une complication d’anesthésie ou une gêne liée à la puce peut survenir, et qu’un animal en mauvais état serait sorti des essais puis mis à mort. Il présente cette espèce sauvage, issue d’individus capturés en 2016, comme un modèle de communication rapproché de l’homme et de troubles comme l’autisme.
Résumé produit par un modèle de langage à partir du seul texte du laboratoire, selon une méthode arrêtée par l’OXA. Publié sans relecture individuelle préalable, sous la responsabilité de l’association, et corrigé au fil des relectures.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
Décrire les objectifs du projet.
Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).
Dans quel but fait-on ça ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Le projet a pour but l’étude de la communication sociale ultrasonore chez la souris rayée africaine. Les souris représentent le modèle de laboratoire le plus important pour l’exploration des mécanismes de la communication humaine et les troubles associés car 1) leurs vocalisations sont innées, ce qui font des souris un modèle pertinent pour étudier les bases génétiques de la communication vocale, 2) c’est un modèle animal qui peut être manipulé génétiquement en laboratoire. Plus précisément, les souris sont utilisées pour mieux comprendre les circuits sous-jacents à la production et au traitement normaux de la voix, et on pense que ces recherches peuvent faire la lumière sur la base génétique des troubles de la communication, comme par exemple les troubles du spectre autistique. Toutefois, une question cruciale doit être abordée pour accroître l’utilité de ces études : quel rôle réel joue les vocalisations ultrasonores des souris dans leur communication sociale ? En effet, on ne comprend pas encore comment les vocalisations des souris signalent différentes informations dans différents contextes sociaux. En raison de la difficulté d’attribuer les vocalisations à leurs émetteurs, la simple contribution vocale de chaque individu lors des interactions sociales n’a pas encore été correctement examinée. Il est donc essentiel de développer une approche combinée d’analyses acoustiques et d’analyses comportementales pour accélérer la compréhension des mécanismes évolutifs, génétiques et neuronaux qui sous-tendent la communication vocale et les troubles de la parole et du langage.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).
Est-ce « inutile » ou « nécessaire » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Le projet a pour but une meilleure compréhension de la communication ultrasonore à l ‘échelle familiale dans un premier temps, et populationnelle dans un second temps. Grâce à des analyses de comportements en conditions contrôlées (système « Live Mouse Tracker ») couplées à celles des vocalisations, la communication sociale ultrasonore spontanée au sein du réseau social familial sera caractérisée chez la souris rayée africaine R. pumilio. L ‘acquisition de ces connaissances fines en laboratoire ménera à une étude sur le terrain en conditions sauvages en collaboration avec le directeur de la station de recherche qui offre l ‘accès à une population suivie depuis plus de deux décénnies et dont les territoires sont identifiés. Ce travail permettra d’acquérir des connaissances sur la communication au sein de systèmes sociaux complexes (soins biparentaux et élevage coopératif inter générationnel) avec des interactions plurielles, où les indivdus qui interagissent diffèrent à plusieurs niveaux (âge, sexe, statut hiérarchique, statut reproducteur…). Nous pourrons évaluer l’impact de la captivité sur le repertoire vocal et les comportements sociaux associés. Dans une autre mesure, ce projet va aussi permettre une comparaison du système de communication vocale d’un modèle animal dit de ‘laboratoire’ (Mus musculus) depuis de nombreuses générations avec celui de la souris rayée (modèle « sauvage »).
Nuisances prévues, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Un examen publié en 2018 a établi que les résumés allemands et britanniques décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).
Le droit d'accès aux documents · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les animaux seront soumis à un puçage avec une puce RFID.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Un nouvel examen, publié en 2024, a mesuré que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces mesures portent sur l'Allemagne et le Royaume-Uni. L'examen de 2018 classait la France parmi les pays les moins bons pour l'identification, l'accessibilité et la qualité de ses résumés, sans les noter rubrique par rubrique (Taylor et al., 2018). Les résumés français suivent aujourd'hui le modèle européen commun.
Les animaux souffrent-ils ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les animaux étant soumis à un puçage sous anesthésie, des complications dues à l’anesthésie peuvent survenir. L’observation et les expérimentations ayant lieu dans un environnement nouveau (le système Live Mouse Tracker), une habituation sera nécessaire pour éviter un trop haut niveau de stress. Enfin l’injection d’une puce peut entraîner une gêne chez les animaux.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.
Peut-on parler d'éthique en expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les animaux seront réutilisés dans le cadre d’expérimentations au laboratoire ENES.
Application de la règle des "3R", selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
1. Remplacement
Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.
Comment avancer vers la fin de l'expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
L’objectif du projet étant de travailler sur la communication de la souris rayée africaine, l’utilisation d’animaux vivants est nécessaire pour travailler sur des interactions entre individus et sur leurs vocalisations lors de ces interactions.
2. Réduction
Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Nous avons choisi un nombre d’animaux permettant d’obtenir un effectif décent pour réaliser des statistiques, et qui permettra aussi de conserver une diversité génétique au sein de notre population afin d’éviter la consanguinité et les problèmes qui peuvent y être liés. Le nombre d’animaux est réduit en utilisant un maximum les individus, que nous allons tester sur plusieurs expérimentations.
3. Raffinement
Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.
La réglementation est-elle « très stricte » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les animaux seront surveillés continuellement à l’aide de caméras de surveillance. A la suite du puçage, la surveillance sera accrue avec des visites plus fréquentes (plusieurs fois par jour). Si un animal présente des signes tels que l’isolement dans un coin de cage, une perte de poids, un hérissement des poils ou des blessures (dues à des agressions inter-individuelles ou auto-infligées), il sera sorti des expérimentations temporairement (si amélioration de l’état) ou définitivement et il sera alors mis à mort suivant les procédures approuvées.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.
Spécisme et expérimentation animale · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
L’objectif est de travailler sur une espèce de mammifère présentant un système social complexe. La souris rayée africaine est un modèle qui correspond. De plus, les individus descendent d’une population d’individus capturés en 2016 : on peut encore s’attendre à avoir une communication et un comportement « sauvage », ou du moins peu altéré par le maintient en captivité. L’étude en laboratoire sera suivie par une expérimentation sur le terrrain, ce qui explique aussi le choix d’une espèce sauvage telle que la souris rayée africaine (Rhabdomys pumilio). Les animaux seront utilisés à partir du moment où ils sont sevrés (soit entre 21 et 28 jours), permettant ainsi d’avoir une des animaux autonomes lors des expérimentations. Différents stades seront ensuite étudiés : jeune récemment sevré, adulte nullipare, adulte primipare.