
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 29/04/2022
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-906461)
48 rats vont être utilisés, tous tués à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger. Soumis à un régime obésogène, ils reçoivent un gavage quotidien d’extrait végétal pendant trois mois, avec prélèvements sanguins répétés et tests de tolérance au glucose, avant d’être tués pour prélever leurs organes. Le projet vise à tester un complément alimentaire destiné aux animaux de compagnie, le rat servant d’étape avant l’espèce cible, le chien. Le porteur affirme qu’aucune méthode in silico ou in vitro ne peut remplacer le rat, qui permet en outre de prélever des organes non accessibles chez le chien.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Notre étude cherche à montrer qu’un extrait végétal standardisé pourrait avoir des effets bénéfiques sur la santé notamment dans le cadre de troubles métaboliques liés à l’obésité. Ce projet s’inscrit dans le cadre de la thématique de notre unité de recherche dont un des objectifs est d’améliorer le bien-être des animaux de compagnie par des approches nutritionnelles basées sur l’usage des extraits botaniques. De nombreuses études ont révélé le rôle central de la dysbiose intestinale dans l’initiation et l’entretien du syndrome métabolique. Le premier objectif de ce projet sera d’explorer l’action prébiotique potentielle (modification de la diversité microbienne intestinale) d’un extrait végétal standardisé (versus son traceur de référence, un composant majeur de cet extrait). Il aura également pour but d’étudier l’impact de cet extrait végétal standardisé et de son traceur de référence sur le profil métabolique chez des rats exposés à un régime obésogène (hyperlipidique) par leur suivi clinique et biologique. Le deuxième volet de ce projet sera consacré à explorer les effets de l’extrait végétal standardisé (versus son traceur de référence, un composant majeur de cet extrait) sur l’expression et l’activité des facteurs susceptibles de participer aux dérèglements métaboliques, oxydants et inflammatoires.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Les protocoles mis en œuvre dans le cadre de ce projet devraient permettre de déterminer si l’extrait végétal standardisé testé (comparativement à son traceur) est apte à prévenir l’inflammation et les perturbations métaboliques associées à l’obésité. Notre hypothèse principale est que l’action synergique des composants majeurs (acides phénoliques, flavonoïdes, anthocyanes) de l’extrait végétal standardisé étudié augmente la diversité microbienne, renforce la barrière épithéliale intestinale et améliore le profil métabolique en prévenant l’accumulation notamment de la graisse viscérale. Par ailleurs, une des stratégies visant à limiter ou réduire le processus inflammatoire associé au surpoids/obésité est également l’utilisation de probiotiques ayant la capacité de supprimer la production de facteurs pro-inflammatoires ou favoriser la synthèse de métabolites anti-inflammatoires. Les composants de l’extrait étudié pourraient avoir une action synergique et/ou additive conférant une action anti-inflammatoire et régulatrice des métabolismes lipidiques et glucidiques plus efficace en impliquant notamment un rôle des sirtuines 1 et 3.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
5 interventions : 40 rats suivront un régime obésogène (hyperlipidique) et 48 rats auront des prélèvements sanguins, 4 fois sur une période de 3 mois ; auront des recueils de selles (4 fois) ; seront gavés oralement quotidiennement pendant 3 mois; feront des tests de tolérances au glucose (1 fois par mois pendant 3 mois) et seront euthanasiés.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
L’exposition des rats au régime obésogène peut induire des troubles métaboliques, les traitements du projet viseront à les prévenir/réduire. Les protocoles peuvent induire du stress, l’habituation des rats aux protocoles tels que le gavage ou encore le test de tolérance au glucose visera à atténuer ces effets indésirables.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Tous les animaux sont mis à mort en fin de procédure pour prélèvement d’organes.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Le remplacement des rats n’est pas possible pour répondre aux questions du projet en raison de l’absence de méthodes alternatives (in-silico et in-vitro). Les rats sont utilisés afin de valider les effets de l’extrait végétal étudié avant de passer sur l’espèce cible : le chien ; pour limiter le nombre d’expérimentations sur celui-ci. L’utilisation du rat nous permet aussi d’étudier des organes, non prélevables chez le chien.
2. Réduction
Nous utilisons 8 rats par groupes afin d’avoir un nombre suffisant pour pouvoir réaliser des tests statistiques pertinents et anticiper les différences interindividuelles pour répondre aux objectifs de l’étude. Le nombre de prélèvement étant répété sur chaque rat, cela permet de réduire leur nombre au minimum et d’avoir des données suffisantes pour répondre aux questions posées par une utilisation optimisée de ces dernières sur chaque animal.
3. Raffinement
L’exposition des rats au régime hyperlipidique peut induire des troubles métaboliques, les traitements du projet viseront à les prévenir/réduire. L’hébergement respecte les recommandations en vigueurs chez les animaux de l’étude. L’enrichissement du milieu de vie est régulièrement amélioré (mise à disposition de carrés de coton, des tunnels, des morceaux de bois, du Sizzle dry Kraft pour occuper chaque individu dans la cage). Un suivi régulier des animaux est assuré par le personnel animalier (observation quotidienne de l’état général et du comportement, pesées hebdomadaires). Les protocoles expérimentaux sont optimisés pour chaque procédure afin d’obtenir le maximum d’informations et ainsi une meilleure analyse des résultats obtenus. Nous utisons des points limites adaptés et des critères d’arrêt de souffrance détaillés à chaque procédure.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Les rats sont acclimatés à l’âge de 9 semaines avant de commencer l’étude à 12 semaines (cycle de 12h jour/nuit). Cela permet d’éviter des résultats faussés par le stress induit lors du changement d’environnement. L’exposition des rats Wistar à un régime obésogène (hyperlipidique) permettra d’étudier la capacité de l’extrait végétal standardisé étudié à prévenir le développement de troubles métaboliques associés à l’obésité. Les effets de cet extrait végétal ne peuvent être étudiés de manière pertinente sur des modèles in silico et in vitro. Nous utilisons le rat en prémice de l’espèce cible (chien) afin de compléter notre étude pour valider les effets de notre extrait végétal standardisé tout en poussant les analyses sur des organes spécifiques afin d’approfondir notre exploration (comme l’étude de la perméabilité et la réactivité intestinale qui requiert l’analyse de l’intestin en chambre de Ussing et en chambres d’organes isolés), non prélevables chez le chien.