
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2022-05-16 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-143366)
12 lapins vont être utilisés, tués à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger, avec des prises de sang à l’oreille jusqu’à quinze millilitres par semaine. Leur sang sert à nourrir artificiellement des moustiques femelles pour étudier la transmission d’arbovirus. Le porteur décrit les lapins comme des « fournisseurs de sang » intégrés une fois leur poids suffisant. Il indique que des alternatives à leur mise à mort sont à l’étude.
Résumé produit par un modèle de langage à partir du seul texte du laboratoire, selon une méthode arrêtée par l’OXA. Publié sans relecture individuelle préalable, sous la responsabilité de l’association, et corrigé au fil des relectures.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
Décrire les objectifs du projet.
Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).
Dans quel but fait-on ça ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Dans les écosystèmes naturels, les moustiques femelles zoo-anthropophiles prélèvent le sang de vertébrés (oiseaux, mammifères, humains) avec lesquels elles cohabitent. Le sang leur fournit les substances nutritives indispensables à la maturation de leurs œufs. Ces sources de sang peuvent être porteurs d’arbovirus (Dengue, Chikungunya, Fièvre jaune, West Nile, etc….) qui seront alors transmis à l’insecte. Après passage de la barrière du tube digestif, l’arbovirus se propage et se multiplie dans tout le corps de la femelle de moustique. Si les glandes salivaires sont infectées, la femelle pourra transmettre le virus lors de ses prochains repas de sang. L’issue de l’infection dépendra de de nombreux facteurs intervenant dans les interactions virus/vecteurs. Pour étudier, comprendre et contrôler ces maladies à transmission vectorielle, nous devons mimer au mieux les conditions naturelles d’infection des populations de moustiques.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).
Est-ce « inutile » ou « nécessaire » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Ce projet contribuera à mimer l’infection des moustiques en leur offrant un repas « artificiel » se présentant sous la forme d’une capsule contenant des globules rouges de lapin et une suspension virale, le tout maintenu à 37°C. Ce système nous affranchira d’utiliser des animaux que nous aurions dû infecter par injection intradermique avec une certaine dose (à définir) de particules virales. Les moustiques sont alors présentés à l’animal infecté (ayant atteint son pic de virémie ; temps et niveau à définir) pour assurer l’infection du moustique. A court terme, ce système d’infection « artificiel » permettra davantage de flexibilité dans nos évaluation : titres viraux, temps de contact, coinfections… À long terme, il nous permettra de maintenir une reproductibilité de nos expériences, ce qui facilitera les comparaisons selon les combinaisons virus-moustique.
Nuisances prévues, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Un examen publié en 2018 a établi que les résumés allemands et britanniques décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).
Le droit d'accès aux documents · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les lapins seront soumis à une prise de sang artériel auriculaire au maximum une fois par semaine et non systématique. Ce geste ne nécessite pas d’anesthésie.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Un nouvel examen, publié en 2024, a mesuré que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces mesures portent sur l'Allemagne et le Royaume-Uni. L'examen de 2018 classait la France parmi les pays les moins bons pour l'identification, l'accessibilité et la qualité de ses résumés, sans les noter rubrique par rubrique (Taylor et al., 2018). Les résumés français suivent aujourd'hui le modèle européen commun.
Les animaux souffrent-ils ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Le prélèvement est effectué à l’oreille. Le lapin est maintenu en contention dans un sac souple, équipé de scratchs, afin de l’adapter à sa taille, sans risque de blessure. Les lapins font au minimum 3 kg et sont pesés avant chaque prélèvement pour vérifier qu’ils n’ont pas perdu de poids. Leur comportement dans la cage est observé avant la préhension. Les lapins ne seront prélevés qu’une fois par semaine et le volume de sang ne dépassera pas 15 mL maximum.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.
Peut-on parler d'éthique en expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
En fin de procédure les animaux sont mis à mort. Ils ne peuvent pas a priori être utilisés à d’autres fins de recherche mais des alternatives à la mise à mort sont en cours d’étude.
Application de la règle des "3R", selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
1. Remplacement
Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.
Comment avancer vers la fin de l'expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Le système d’infection artificielle sur membrane nous permet de contrôler tous les paramètres du repas sanguin pris par la femelle moustique (choix du/des virus, charge virale). La prise d’un repas de sang, indispensable à la femelle moustique pour pondre, est la voie d’entrée naturelle du virus dans l’insecte.
2. Réduction
Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Le nombre de lapins nécessaires a été décidé en fonction de nos besoins en globules rouges en limitant le nombre de prélèvements à une prise de sang/lapin /semaine en période d’activité́ maximale.
3. Raffinement
Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.
La réglementation est-elle « très stricte » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Après le prélèvement, une réhydratation cutanée avec le sérum physiologique NaCl 0,9% est réalisée. Le lapin est surveillé jusqu’ à arrêt du saignement au point de prélèvement avant d’être ramené dans sa cage. L’expérimentateur vérifie les bonnes conditions d’hébergement, enrichissement et alimentation. La constatation du moindre problème de santé (blessure, amaigrissement, prostration) est signalé au zootechnicien ainsi qu’au veterinaire responsable du Bien-Être Animal. Le recours à un appareillage de gorgement artificiel témoigne de la prise en considération du principe de remplacement et raffinement en évitant l’infection d’animaux vivants par des virus et leur exposition à des moustiques hématophages. Nous utilisons alternativement un des 4 lapins comme source de sang frais, à partir duquel on prépare la suspension de globules rouges soigneusement « lavés ». Cela évite que ces lapins ne développent une anémie. Les valeurs des constantes sanguines sont, ce faisant, maintenues à des valeurs physiologiques témoignant des processus de reconstitution de leur moelle hématopoïétique. En moyenne, un lapin est prélevé deux fois par mois. Un registre (cahier de laboratoire) est conservé dans le laboratoire principal de notre unité sur lequel sont notés pour chaque lapin : la date du prélèvement, le poids de l’animal, le volume de sang prélevé́ et le nom de l’expérimentateur. Cette traçabilité nous permet de gérer la répartition des prélèvements et diminuer les nuisances infligées par lapin.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.
Spécisme et expérimentation animale · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Le choix du lapin se justifie par la possibilité́ d’hébergement à l’animalerie de notre institution et par son volume total de sang (150-250 mL pour un lapin de plus de trois kilogrammes) suffisant pour nos besoins (2 à 16 mL) sans nuire à la santé de l’animal. Les lapins sont commandés chez le fournisseur à l’âge de 85-90 jours (2,7-3 kg). Après adaptation à leur nouvel environnement, ils sont intégrés comme fournisseur de sang quand leur poids atteint 3 kg.