
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2022-06-15 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-230391)
80 000 dindes vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger. Chaque dindonneau reçoit le virus vaccinal par voie orale et intramusculaire, puis est tué par électronarcose pour le prélèvement de sa rate, celle-ci servant à amplifier le virus qui compose le vaccin contre l’entérite hémorragique de la dinde. Le porteur présente une production annuelle d’environ 275 millions de doses et décrit des actes « peu invasifs ». Il affirme que ce vaccin vivant ne peut pas être produit in vitro, le virus n’étant selon lui pas adapté à la réplication en culture.
Résumé produit par un modèle de langage à partir du seul texte du laboratoire, selon une méthode arrêtée par l’OXA. Publié sans relecture individuelle préalable, sous la responsabilité de l’association, et corrigé au fil des relectures.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
Décrire les objectifs du projet.
Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).
Dans quel but fait-on ça ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Le Projet a pour objectif d’amplifier / multiplier un adénovirus atténué vaccinal, celui de l’entérite hémorragique de la dinde (Turkey Hemorrhagic Enteritis Virus (THEV)) et de la maladie de la rate marbrée du faisan. Le vaccin fabriqué à partir de l’amplification de ce virus atténué (qui est le principe actif du vaccin) est largement utilisé depuis l’obtention de son Autorisation de Mise sur le Marché : il présente un impact sanitaire et économique très important. Ce vaccin vivant atténué est utilisé par voie orale, par distribution dans l’eau de boisson aux dindonneaux et aux faisandeaux. Il s’agit d’un renouvellement de Projet en cours relatif à la production d’un vaccin vétérinaire aviaire (Projet #6632).
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).
Est-ce « inutile » ou « nécessaire » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
La dinde est une espèce animale élevée à grande échelle partout dans le monde, et qui fournit une source protéique de qualité à un coût modéré. Comme dans les autres élevages aviaires, la vaccination est essentielle à la gestion sanitaire des colonies. Le Projet concerne l’amplification / la multiplication d’un virus atténué vaccinal, celui de l’entérite hémorragique de la dinde / turkey hemorrhagic enteritis virus (THEV) et de la maladie de la rate marbrée du faisan, dont le virus sauvage présente un impact sanitaire et économique très important : il s’agit d’un adénovirus aviaire du groupe II qui est très résistant et donc très présent dans l’environnement. Le virus sauvage présente en conséquence une menace importante pour les élevages non vaccinés, avec une mortalité variable mais généralement très élevée. L’ensemble des lots de principe actif produits permet de produire annuellement environ 5 lots de vaccin, chaque lot étant constitué de 55.000 flacons de 1.000 doses, soit 55.000.000 doses par lot, pour administration orale par l’eau de boisson). Le vaccin est aussi utilisé, dans une moindre mesure, chez les faisans qui sont affectés par une expression clinique différente (maladie de la rate marbrée). Depuis la précédente Autorisation de Projet, le vaccin HEV inactivé a été retiré du marché, ce qui a permis de réduire le volume de virus vaccinal à produire, donc de diminuer le nombre de dindes utilisées pour son amplification. En effet, les vaccins inactivés requièrent une charge antigénique beaucoup plus importante par dose.
Nuisances prévues, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Un examen publié en 2018 a établi que les résumés allemands et britanniques décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).
Le droit d'accès aux documents · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
– Une prise de sang unique de 6 ml (EOPS) ou 8 ml (pseudo-EOPS) est réalisée à la veine alaire sur 20 ou 30 animaux, à des fins d’analyse sérologique (vérification du statut sanitaire). Le volume défini dépend du poids des animaux et permet de conserver une partie du sérum pour une éventuelles contre-expertise. – Une administration du virus vaccinal par voie orale (0,25 ml) et par voie intra-musculaire (0,25 ml), au même temps (avec une seule contention)
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Un nouvel examen, publié en 2024, a mesuré que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces mesures portent sur l'Allemagne et le Royaume-Uni. L'examen de 2018 classait la France parmi les pays les moins bons pour l'identification, l'accessibilité et la qualité de ses résumés, sans les noter rubrique par rubrique (Taylor et al., 2018). Les résumés français suivent aujourd'hui le modèle européen commun.
Les animaux souffrent-ils ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
– Aucune complication ou réaction secondaire n’est observé à la suite de la prise de sang pour contrôle sérologique et de l’administration du virus vaccinal. – La contention des dindonneaux pour administration est de très courte durée et est réalisée par le personnel également en charge des soins quotidiens. Le niveau d’agitation et de stress est donc très limité. – Selon les principes de production des vaccins, le virus vaccinal administré provient exclusivement d’une ‘‘banque’’ de souches virales caractérisées, dont l’efficacité et l’innocuité ont été démontrées par les études précliniques et cliniques décrites dans le dossier d’Autorisation de Mise sur le Marché. L’effet immunogène lié à la multiplication du virus après administration permet d’éviter tout recours à un adjuvant et donc tout risque d’irritation et de réaction inflammatoire locale ou générale potentiellement liés au recours de telles substances. En conséquence, aucun signe d’inconfort, de douleur ou clinique n’est observé suite à l’administration du virus vaccinal. L’électronarcose est une étape très courte qui permet d’initier l’euthanasie avec un minimum de stress et une absence totale de douleur. Toute la suite de l’utilisation (prélèvement aseptique d’organe) est réalisée ‘’post-mortem’’.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.
Peut-on parler d'éthique en expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Tous les animaux sont euthanasiés juste avant le prélèvement aseptique de la rate.
Application de la règle des "3R", selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
1. Remplacement
Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.
Comment avancer vers la fin de l'expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Le remplacement du vaccin vivant THEV amplifié in vivo sur l’espèce cible n’est actuellement pas possible. Seul ce vaccin bénéficie actuellement d’une Autorisation de Mise sur le Marché par les autorités de santé publique. Dans l’état actuel des connaissances, le virus vaccinal utilisé n’est pas du tout adapté à la réplication in vitro et une telle production se traduirait par un risque considérable de perte d’efficacité du vaccin.
2. Réduction
Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Outre les composantes d’efficacité, le retrait récent du marché du vaccin THEV inactivé (virus tué) et son remplacement par le vaccin vivant ont permis de réduire la masse virale antigénique requise en production, donc une réduction notable et définitive du nombre d’animaux utilisés pour la réplication in vivo. Le Projet permet de produire le besoin annuel actuel d’environ 275 millions de doses de vaccins par voie orale.
3. Raffinement
Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.
La réglementation est-elle « très stricte » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
En matière de soins et d’hébergement, les animaux sont maintenus en stabulation libre au sol et sur litière, et les mêmes techniciens sont en charge des soins quotidiens et des procédures. Ce qui contribue à minimiser le stress d’approche et de préhension des animaux. Les seuls actes techniques appliqués aux animaux sont très peu invasifs / douloureux et de courte durée : prise de sang de contrôle sérologique sur un échantillon d’animaux et vaccination de la totalité des animaux. La technique d’euthanasie non invasive mise au point et utilisée permet une mise à mort minimisant le stress et évitant toute souffrance animale. Le processus d’électronarcose permet une perte de conscience immédiate suivie rapidement par un arrêt cardiaque avec une efficacité de 100%.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.
Spécisme et expérimentation animale · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Le but du projet est la production d’un vaccin contre l’entérite hémorragique virale de la dinde (THEV). Le virus vaccinal utilisé pour le vaccin est multiplié sur l’hôte naturel principal du virus : la dinde, ce qui est mentionné dans l’Autorisation de Mise sur le Marché du vaccin. Utilisation des dindonneaux âgés de 39 à 45 jours (l’âge est défini dans le cahier des charges du client et dans l’Autorisation de Mise sur le Marché du vaccin).