
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2022-06-17 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-235010)
1 350 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger à modéré. Une partie subit une splénectomie sous anesthésie, toutes reçoivent une greffe de cellules tumorales et des prélèvements sanguins hebdomadaires, avant traitement par des molécules anticancéreuses et imagerie sous anesthésie. Le projet teste l’efficacité de traitements anti-tumoraux sur des souris aux tumeurs humaines greffées, avec des bénéfices situés à long terme. Le porteur affirme que ce modèle demeure « indispensable » et juge la modélisation cellulaire ou informatique « trop imparfaite ».
Résumé produit par un modèle de langage à partir du seul texte du laboratoire, selon une méthode arrêtée par l’OXA. Publié sans relecture individuelle préalable, sous la responsabilité de l’association, et corrigé au fil des relectures.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
Décrire les objectifs du projet.
Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).
Dans quel but fait-on ça ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Obtenir une réponse objective pour de nouveaux traitements (petites molécules, anticorps monoclonaux…) anti-tumoraux dans le cadre d’un organisme complet, prenant ainsi en compte l’ensemble des acteurs biologiques qui pourraient y concourir.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).
Est-ce « inutile » ou « nécessaire » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Il s’agit pour nous d’évaluer l’efficacité de nouveaux traitements dirigés contre le cancer. Les molécules testées auront préalablement été selectionnées sur un ensemble d’expériences réalisées sur des cellules en laboratoire. Il s’agira donc de confirmer l’efficacité de ces traitements dans le cadre d’un être vivant complet (murin ou humanisé). Les benefices à long terme seront de pouvoir mettre sur le marché de nouveaux traitements et d’aider dans la lutte contre le cancer. L’analyse de l’importance de la réponse immunitaire fait que ces futurs traitements pourront s’intégrer dans des programmes adaptés à chaque patient.
Nuisances prévues, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Un examen publié en 2018 a établi que les résumés allemands et britanniques décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).
Le droit d'accès aux documents · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les animaux inclus dans la procédure « SCID-Hu-PBL-Tumeur » subiront une splénectomie (1 fois: anesthésie profonde, retrait et ablation de la rate, suture et reveil). Cela représente donc 600 animaux. L’abaltion de la rate correspond au temps 0 de l’experimentation. L’opération dure 1 heure entre l’injection de la solution anesthésiante et le réveil suite à l’injection de l’antidote. Des prélèvements sanguins sont prévus sur animaux vigiles (1 prélèvement sanguin / semaine sur les 4-5 semaines expérimentales). Tous les animaux quelque soit la procédure seront suivis pour les paramètres sanguins soit les 1450 animaux. Les animaux seront traités avec des molcules anti-cancereuses (1 fois par semaine,pendant 4 semaines maximum, pour la moitié des animaux soit 725 sur les 5 années). Injection de cellules tumorales sous-cutannées: 1 fois (30 secondes) pour tous les animaux soit 1450. Injection en intra-péritonéale de cellules immunitaires: une seule fois, 30 sec, 600 annimaux. Anesthésie Gazeuse: 5 min maiximum par animal, 3 fois par semaine, pendant 4 /5 semaines experimentales, pour les 1450 animaux prévus sur les 5 années.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Un nouvel examen, publié en 2024, a mesuré que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces mesures portent sur l'Allemagne et le Royaume-Uni. L'examen de 2018 classait la France parmi les pays les moins bons pour l'identification, l'accessibilité et la qualité de ses résumés, sans les noter rubrique par rubrique (Taylor et al., 2018). Les résumés français suivent aujourd'hui le modèle européen commun.
Les animaux souffrent-ils ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Splenectomie: douleur à la piqure, animal grogi au reveil; Prélèvement sanguin sur animal vigile: stress à la préhension, légère douleur à la piqure ; Injection de cellules: stress de la préhesion, douleur à la piqure; Injection de traitement : stress de la préhension, douleur à la piqure; Anesthésie gazeuse: stress au dépot des animaux dans la boite et jusqu’au moment de l’induction
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.
Peut-on parler d'éthique en expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Nous sommes dans l’obligation éthique et scientifique de sacrifier les animaux à l’issue de chaque protocle car nous allons pratiquer des prélèvement d’organes vitaux pour l’analyse post-mortem.
Application de la règle des "3R", selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
1. Remplacement
Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.
Comment avancer vers la fin de l'expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
L’ensemble du projet correspond à une phase finale d’études in-vitro préalable. Le modèle nous permettra ainsi de réaliser un suivi précis tant au niveau de l’évolution de la masse tumorale (par Imagerie du petit animal) que du système immunitaire. L’approche in-vivo nous apportera tous les éléments indispensables à la mise en place de futrus protocoles thérapeutiques sur des masses tumorales humaines (création d’une véritable « niche » et du microenvironnement tumoral) que l’on ne peut obtenir que par xeno/-greffe. L’ensemble des observations nous permettra alors de confirmer et d’approfondir les résultats obtenus in-vitro, et de proposer des traitements pour de futurs essais cliniques chez l’homme. Dans la mesure où la modélisation experimentale cellulaire ou informatisée est trop imparfaite, ce type de modèle demeure indispensable à l’évaluation de ces futurs traitements.
2. Réduction
Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Grâce à notre experience et aux conseils scientifiques des experts, nous n’avons pas besoin de mettre au point le protocole qui sont bien établis. L’ensemble des animaux ne servira uniquement que pour l’étude de l’effet des traitements. Néanmoins, dans un souci de conservation de la fiabilité des résultats et pour ainsi éviter d’avoir à refaire les experiences, nous réaliserons des groupes d’étude suffisament solides d’un pooint de vue statistique. AInsi, pour des modèles simples de regression tumorale sur animaux immunocompétants des groupes de 30 animaux pourraient etre envisagés, et sur les modèles humanisés des groupes de 25 souris seront suffisantes.
3. Raffinement
Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.
La réglementation est-elle « très stricte » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Nous avons cherché à optimiser l’expermientation en metant en place une méthodologie d’étude courte et efficace: suivi de tumeur sur un temps limité (4 semaines maximum), tout en minimisant les douleurs ou la detresse. Nous avons ainsi choisi des modèles de souris dont nous connaissons les comportement et la capacité de prise de greffe, qui sont élevées sur place (reduction du transport, condition d’élevage de haute qualité). Les animaux plus jeunes, seront manipulés regulierement et ainsi entrainés en vue d’une reduction du stress. Par ailleurs, l’ensemble des procédures seront strictement limités aux points limites experimentales (taille des tumeurs, poids des animaux, comportement locomoteur). En cours d’experimentation, nous avons choisi de faire les greffes tumorales uniquement sous-cutanées (au flanc arriere) de manière à ne gener en rien la vie de l’animal (locomotion, alimentation), le suivi sera ainsi facilité par mesure manuelle externe sur animal vigile (mesure au pied à coulisse), ou grâce à un systèmle d’imagerie par bioluminescence (l’animal sera alors sous anesthésie dans l’appareil à +37°C et aura préalablement reçu une injection de luciférase). Aucune mesure invasive ne sera ainsi faite.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.
Spécisme et expérimentation animale · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Nous utilisons des souris SCID ou NSG (modèles immunodéprimés) pour permettre la xénogreffe humaine, s’agissant de créer une chimère à la fois tumorale et immunitaire humaine. Et des souris BalB/c ou C57/Bl6 pour les modèles de cancers murins. Les souris sont des petits rongeurs qui permettent de réaliser des groupes cohérents et limités pour l’étude efficace des effets des traitements thérapeutiques testées en faibles quantités. C’est le modèle de choix pour les études précliniques des médicaments anti-cancéreux. Par ailleurs le campus dispose d’outils de mesure performants spécialement adaptés à la souris (Imagerie du petit animal). Les souris entreront en phases experimenale à partir de 6 semaines. Elles sont sevrées et sexées. Elle sont suffisament robustes pour suporter les traitements, et suffisament grandes pour les injections et le developement des cellules tumorales.