Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent. Les documents qui décrivent en détail les projets et les établissements, dossiers de demande d'autorisation et rapports d'inspection, s'obtiennent sur demande, et l'administration y occulte des passages, parfois au-delà de ce que les juridictions admettent.
Ce que décrit ce projet, résumé par l'OXA

26 850 souris et rats vont être utilisés, tous tués à l’issue, dans des procédures impliquant des niveaux de souffrance modéré à sévère. Une tumeur leur est greffée sous la peau, dans la mamelle, la plèvre, le rein ou le foie, avec pour des milliers d’entre eux une chirurgie du foie ou la pose d’un cathéter, puis des administrations de composés une à deux fois par jour pendant six à huit semaines. Le porteur évoque une possible nécrose locale et des points limites déclenchant la mise à mort. Il présente ce criblage de candidats-médicaments comme reposant sur des modèles « indispensables », et la mise à mort finale comme elle-même « indispensable » aux prélèvements.

Résumé produit par un modèle de langage à partir du seul texte du laboratoire, selon une méthode arrêtée par l’OXA. Publié sans relecture individuelle préalable, sous la responsabilité de l’association, et corrigé au fil des relectures.

NTS-FR-207690v1
Types de recherche
· Cancers · Recherche appliquée ·
Mots-clés
Cancer, Développement de médicament, Oncologie
Souris : 24600
Rats : 2250

Objectifs et bénéfices escomptés du projet, selon le laboratoire

Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.

Décrire les objectifs du projet.

Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).

Dans quel but fait-on ça ? · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

Le cancer est l’une des causes majeures de mortalité dans le monde, à l’origine de 10 millions de décès en 2020, avec 19 millions de nouveaux cas cette même année. D’après les projections, le nombre de nouveaux cas de cancer dans le monde devrait atteindre 29,5 millions pour l’année 2040. Aussi, le nombre de décès dans le monde devrait lui atteindre 16,4 millions pour l’année 2040. Les expérimentations décrites dans ce projet ont pour objectif d’identifier et d’évaluer des molécules entrainant la régression ou le ralentissement de l’évolution de tumeurs cancéreuses sur des modèles animaux et qui permettront à terme de mettre à disposition aux patients des traitements pour soigner le cancer.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).

Est-ce « inutile » ou « nécessaire » ? · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

Un cancer est dû à une accumulation de mutations génétiques et/ou d’altérations épigénétiques au niveau de gènes jouant un rôle crucial dans le maintien de l’intégrité cellulaire. Ces phénomènes oncologiques conduisent les cellules à acquérir des capacités de prolifération accrue, de résistance à la mort cellulaire programmée, d’invasion des tissus et de formation de métastases. Le cancer n’est pas une maladie unique, mais un ensemble de maladies et représente la deuxième cause de mortalité dans le monde. Les modèles animaux utilisés dans ce projet vont nous permettre de mieux comprendre certaines voies de signalisation cellulaire impliquées dans la croissance tumorale et de sélectionner des nouvelles cibles thérapeutiques pour le traitement de certains cancers.

Nuisances prévues, selon le laboratoire

Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Un examen publié en 2018 a établi que les résumés allemands et britanniques décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).

Le droit d'accès aux documents · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

Les gestes techniques réalisés sur animaux se pratiquent sur rats et souris, vigiles ou anesthésiés. -Sur animaux vigiles : • Identification individuelle (punch à l’oreille, anneaux au feutre à la queue, tatouage à la patte). Tous les animaux sont concernés. • Administration de composés par voies orale, intrapéritonéale, sous-cutanée, intraveineuse. Tous les animaux sont concernés. Les administrations par voies orale, péritonéale et sous-cutanée peuvent être réalisées une à deux fois par jour, pendant 6 à 8 semaines. Les administrations par voie intraveineuse peuvent être réalisées une à deux fois par semaine, pendant 6-8 semaines. • Mesure du volume tumoral réalisé une à deux fois par semaine pendant 8 semaines au maximum sur un animal maintenu en contention. Cet acte concerne 6000 souris et 1000 rats. -Sur animaux anesthésiés: • Administration par voie sous-cutanée des cellules à greffer. Acte réalisé une fois. Cet acte concerne 4000 souris et 1000 rats. • Administration en intramammaire des cellules à greffer. Acte réalisé une fois. Cet acte concerne 2000 souris. • Administration en intrapleurale des cellules à greffer. Acte réalisé une fois. Cet acte concerne 2300 souris. • Administration en intrapleurale de composés à tester. Acte pouvant être réalisé plusieurs fois par semaine. • Prélèvements sanguins intermédiaires au maximum une fois par semaine par animal ou terminaux. Ils sont réalisés en respectant les recommandations en termes de volumes et temps de récupération. Tous les animaux de ce projet sont concernés. • Mises à mort par une méthode règlementaire ou une méthode validée par un comité d’éthique. Tous les animaux de ce projet sont concernés. • Chirurgie avec pose de cathéter à la veine jugulaire (acte unique). Un protocole d’analgésie pré- et post-opératoire s’applique dans ces cas. Cet acte concerne 350 rats de ce projet. • Chirurgie avec résection partielle du foie (acte unique). Un protocole d’analgésie pré- et post-opératoire s’applique dans ces cas. Cet acte concerne 5000 souris de ce projet. • Chirurgie avec administration de cellules tumorales dans la capsule rénale (acte unique). Un protocole d’analgésie pré- et post-opératoire s’applique dans ces cas. Cet acte concerne 2000 souris de ce projet. • Chirurgie avec administration de cellules tumorales dans le foie sain (acte unique). Un protocole d’analgésie pré- et post-opératoire s’applique dans ces cas. Cet acte concerne 2000 souris de ce projet.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Un nouvel examen, publié en 2024, a mesuré que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces mesures portent sur l'Allemagne et le Royaume-Uni. L'examen de 2018 classait la France parmi les pays les moins bons pour l'identification, l'accessibilité et la qualité de ses résumés, sans les noter rubrique par rubrique (Taylor et al., 2018). Les résumés français suivent aujourd'hui le modèle européen commun.

Les animaux souffrent-ils ? · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

En amont des tests chez l’animal, les composés sélectionnés sont évalués sur des tests in vitro, permettant d’éliminer les molécules inactives ou pouvant entraîner des nuisances ou effets indésirables sur les animaux. Ceci permet de réduire le nombre d’animaux nécessaire pour nos recherches. Dans le cadre des procédures de pharmacocinétiques, les composés sélectionnés sont d’abord testés en administration unique. Les procédures suivantes permettent d’établir les meilleures modalités d’administration aux animaux en termes de dose, durée et fréquence. Ces procédures sont autant de précautions pour écarter les composés qui provoqueraient des effets indésirables. Dans certains modèles de greffes, il est possible d’observer une nécrose locale qui est prise en charge dans le cadre du suivi des animaux et des soins associés. Certaines procédures nécessitent la réalisation d’une chirurgie avec ouverture de la paroi abdominale. Elles n’engendrent pas d’effets indésirables autres que ceux liés aux modèles eux-mêmes et sont réalisées sous anesthésie et en recourant à des analgésiques. L’ensemble des procédures décrites dans ce projet utilisent des gestes techniques bien caractérisés s’appuyant sur des publications scientifiques. Elles sont réalisées par des personnes expérimentées dont le maintien des compétences est suivi précisément. Malgré cet ensemble de précautions préliminaires, la survenue de signes cliniques ne peut être totalement écartée. Dans ces cas, le traitement est suspendu ou adapté, des points limites sont définis pour chaque procédure afin de mettre en place des actions correctives pour préserver le bien-être des animaux.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.

Peut-on parler d'éthique en expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

La mise à mort des animaux à l’issue des procédures est indispensable afin de pouvoir prélever le sang et les organes et réaliser les analyses permettant de répondre aux objectifs du projet.

Application de la règle des "3R", selon le laboratoire

Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.

1. Remplacement

Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.

Comment avancer vers la fin de l'expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

Le processus de sélection des composés est réalisé sur des tests cellulaires et acellulaires permettant d’évaluer l’efficacité des composés et de comprendre leur mécanisme d’action. Pour évaluer l’activité des composés in vivo, il est indispensable de recourir ensuite à l’utilisation de modèles animaux intégrant au mieux la physiopathologie humaine (interactions intercellulaires, inter-organes, inflammation…). Tous les modèles utilisés sont bien décrits dans la littérature scientifique et ont été validés avec des composés qui ont montré leur efficacité chez l’homme dans des études cliniques. Ces modèles vivo sont indispensables pour prendre en compte la complexité de la carcinogénèse humaine.

2. Réduction

Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.

Qui est concerné ? · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

La sélection des composés est faite en utilisant des tests cellulaires ou non cellulaires in vitro. Seules les molécules présentant une activité sur les tests in-vitro et ayant des caractéristiques pharmacocinétiques adéquates seront testées sur les animaux. Ce système permet de réduire considérablement le nombre de molécules testées chez l’animal et donc le nombre d’animaux utilisés. Pour les procédures de pharmacocinétique, en règle générale, 9 à 15 animaux par composés testés sont inclus en étude et permettent de réaliser des mesures cinétiques suffisamment complètes. Pour les procédures de pharmacologie, seuls les modèles animaux, bien décrits et validés par la communauté scientifique sont réalisés. En règle générale, 8 à 12 animaux sont utilisés par groupe (1 groupe par composé à tester incluant le véhicule du composé). Une analyse de variance à 1 ou 2 facteur(s) suivie d’un test de Dunnett ou de Bonferronni comparant le véhicule avec le composé à tester permet de mesurer si l’effet du composé est significatif. Les études peuvent être répétées une deuxième fois pour évaluer la reproductibilité de l’effet observé avec un composé.

3. Raffinement

Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.

La réglementation est-elle « très stricte » ? · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

Toutes les dispositions nécessaires en matière d’hébergement, d’enrichissement, d’observation et de soins aux animaux sont prises afin d’assurer les meilleures conditions de vie aux animaux. Ils sont observés tous les jours et un examen clinique détaillé est réalisé au minimum deux fois par semaine. Les conditions de chaque procédure expérimentale sont étudiées individuellement par la Structure Chargée du Bien-Être Animal (SBEA) qui émet ses recommandations en matière de prévention de la douleur, souffrance et détresse des animaux. De même, les soins péri-opératoires sont discutés et encadrés par la SBEA avec le conseil du vétérinaire référent. Les animaux immunodéficients sont hébergés et manipulés dans des conditions permettant de respecter leur statut sanitaire particulier, ainsi ils n’expriment pas de phénotype dommageable. Les animaux affaiblis sont maintenus dans des conditions aménagées facilitant l’accès à l’alimentation et à l’eau de boisson (par exemple ajout d’aliment gélifiée).

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.

Spécisme et expérimentation animale · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

En pharmacocinétique, la souris et le rat sont les espèces standards dans les premières phases de recherche et développement de nouveaux candidats médicaments. Le rat est choisi pour les molécules les plus intéressantes, afin de commencer la comparaison pharmacocinétique inter espèce, ainsi que de préparer les études de toxicologie futures. En pharmacologie, la souris est l’espèce recommandée et largement utilisée pour les premières étapes de la recherche contre le cancer. Elle permet de réduire les quantités de composés nécessaires à l’évaluation de leur efficacité. Le rat est choisi en seconde intention pour tester les molécules les plus prometteuses et pouvant montrer un profil pharmacocinétique différent comparé à la souris. L’immunodéficience permet de pouvoir greffer des lignées cellulaires humaines et créer des tumeurs se rapprochant de celles observées chez l’homme. Les études pharmacocinétique, de tolérance et d’hépatectomie partielle sont réalisées sur des animaux d’âge adulte qui permettent une bonne évaluation de l’exposition et tolérance des composés. Les études de greffes sont réalisées avec des animaux juvéniles (3 à 8 semaines). Cet âge permet de greffer les cellules sur des animaux dont l’immunité est la moins développée possible et ainsi de favoriser la prise tumorale.