
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2022-08-11 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-089479)
144 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Réparties entre quatre variants du SARS-CoV-2, elles reçoivent deux injections de virus inactivés et subissent des prélèvements de sang à la queue faits au scalpel, pour évaluer une méthode d’inactivation virale mise au point au laboratoire. Le porteur indique que les souris perdant plus de 20 % de leur poids seront mises à mort, les autres l’étant pour récupérer le sérum. Il affirme qu’aucune alternative in vitro ne permet d’induire une réponse immunitaire complète.
Résumé produit par un modèle de langage à partir du seul texte du laboratoire, selon une méthode arrêtée par l’OXA. Publié sans relecture individuelle préalable, sous la responsabilité de l’association, et corrigé au fil des relectures.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
Décrire les objectifs du projet.
Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).
Dans quel but fait-on ça ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Notre étude s’inscrit dans une démarche de recherche de nouveaux vaccins pour lutter contre la pandémie de COVID19. Elle cherche à évaluer chez la souris l’efficacité de la réponse immunitaire vis-à-vis de virus SARS-CoV-2 inactivés et rendus inoffensifs par une nouvelle méthode développée dans notre laboratoire. Les vaccins actuels contre le SARS-CoV-2 visent tous à préparer le système immunitaire à se défendre, en utilisant un élément de l’enveloppe du virus : la protéine virale « Spike ». Le systéme immunitaire identifie cette protéine « Spike » comme un antigène, puis réagit en fabriquant des anticorps. Cette réponse immunitaire permet au corps de se préparer à lutter contre le virus. Parmi les stratégies vaccinales, on retrouve des stratégies classuques (virus iactivés, protéines « Spike » seules ou présentées par des vecteurs viraux, comme le vaccin Astra Zeneca) et plus modernes (vaccin ARNm, vaccin ADN). Les virus inactivés peuvent être produits rapidement dans un contexte épidémique. Ils engendrent peu de problèmes de tolérance (exemlpe du Sinovac, Chine). Notre laboratoire a établi qu’un traitement chimique nouveau, basé sur un détergent, permet de détruire des virus SARS-CoV-2 et de les rendre inoffensifs. Après ce traitement, les virus apparaissent comme des particules cassées, avec une membrane déchirée, mais qui contient toujours les protéines virales majeures : « Spike », « Membrane » et « Enveloppe ». L’innocuité chez la souris et l’efficacité de cette nouvelle méthode dite de ‘fractionnement’ viral ont été démontrées auparavant avec le virus de la grippe, induisant une production importante d’anticorps après injection. Cette nouvelle méthode présente de gros avantages : rapidité, facilité de mise en œuvre et application à tous les variants du SARS-CoV-2. Notre objectif est de développer de nouvelles applications de cette formulation adaptée à la prévention de la COVID19. Dans ce cadre, l’étude de l’efficacité de cette formulation nécessite une approche in vivo, chez un modèle murin très bien caractérisé pour identifier la réponse immunitaire après l’injection des coronavirus inactivés par notre détergent. Nous souhaitons vérifier que cette nouvelle méthode générant des SARS-CoV-2 inactivés mais potentiellement immunogènes permettra d’améliorer l’intensité et la qualité de la réponse immunitaire induite chez la souris. Nous réaliserons ces essais sur les quatre variants les plus importants du SARS-CoV-2.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).
Est-ce « inutile » ou « nécessaire » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Dans le cas du SARS-CoV-2, le développement de vaccins repose aujourd’hui principalement sur la reconnaissance de la protéine « Spike » par le système immunitaire. Cette stratégie a montré ses limites avec l’apparition de variants viraux présentant des mutations sur la protéine « Spike », qui permettent aux variants viraux de s’échapper en partie de la réponse immunitaire. Deux autres protéines membranaires, E (enveloppe) et M (glycoprotéine membranaire), elles aussi immunogènes, sont présentées par le coronavirus. Notre méthode permet de produire des particules virales inoffensives (non infectieuses) enrichies des protéines Spikes et des protéines membranaires « Enveloppe » et « Membrane », lesquelles présentent très peu de mutations chez les variants du coronavirus. Cette stratégie apparaît plus pertinente pour contrôler précocement l’infection virale en multipliant les cibles protéiques immunogènes, dans le cadre de la lutte urgente à mettre en place contre la COVID19.
Nuisances prévues, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Un examen publié en 2018 a établi que les résumés allemands et britanniques décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).
Le droit d'accès aux documents · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Dans le cadre du projet, les types et durée d’intervention auxquels seront soumis les animaux sont : – Juste avant inoculation (J0) : prélèvement de 10µl de sang (45 secondes y compris contention); – Injections (J0 et J21) de 100µl de suspension virale (5 à 6 secondes, y compris contention). Le nombre total d’animaux s’élèvera à 144 au maximum soit 36 souris par virus inactivé testé (Wuhan, Beta, Delta et Omicron). En fin d’expérimentation, une anesthésie sera utilisée afin de permettre une sédation complète de l’animal avant prélèvement sanguin puis mise à mort par du personnel formé (2-3 minutes de l’injection d’anesthésique à la mort de l’animal)
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Un nouvel examen, publié en 2024, a mesuré que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces mesures portent sur l'Allemagne et le Royaume-Uni. L'examen de 2018 classait la France parmi les pays les moins bons pour l'identification, l'accessibilité et la qualité de ses résumés, sans les noter rubrique par rubrique (Taylor et al., 2018). Les résumés français suivent aujourd'hui le modèle européen commun.
Les animaux souffrent-ils ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les nuisances attendues peuvent concerner : – Les injections réalisées au niveau du péritoine, qui induisent une douleur légère au moment de l’injection et/ou un léger inconfort très limité dans le temps. – Le prélèvement de sang à la queue réalisé le même jour sur les animaux ce qui induit une douleur de très courte durée au moment de l’incision avec la lame de scalpel. – L’injection de virus inactivés (immunogène) devrait induire chez la souris une réponse immunitaire pouvant conduire à un léger inconfort (limité dans le temps) résultant de la stimulation du système immunitaire, à une éventuelle diminution de l’activité de l’animal ainsi qu’à une légère perte de poids les premiers jours post-injection.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.
Peut-on parler d'éthique en expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Tout animal inclus dans la procédure sera euthanansié soit parce qu’il aura atteint l’un des points limites de l’étude, soit pour récupération du sang en vue de l’analyse de la réponse immunitaire dans le sérum.
Application de la règle des "3R", selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
1. Remplacement
Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.
Comment avancer vers la fin de l'expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
L’objectif du projet est d’induire une réponse immunitaire, principalement une réponse en anticorps neutralisant. L’utilisation de modèle in vitro ne permet pas d’induire une réponse immunitaire complète. Aucune alternative à l’utilisation des animaux n’est possible pour ce projet. Nous utiliserons un modèle de souris C57/Bl6, communément utilisé pour l’évaluation de composés immuno- thérapeutiques et de la réponse immunitaire suite à l’injection de virus inactivés. Des études in vitro ont été réalisées en amont et le seront en aval de cette étude afin de limiter au strict minimum les étapes sur animal vivant.
2. Réduction
Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Le nombre de souris a été déterminé en utilisant des outils statistiques adaptés permettant de démontrer ou non une différence significative entre le groupe de souris traité et le groupe de souris contrôle. Nous obtenons un nombre de 6 souris par groupe pour cette étude. Un total de 12 souris est donc nécessaire pour chaque type d’étude.
3. Raffinement
Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.
La réglementation est-elle « très stricte » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Durant ce projet, les souris seront suivies quotidiennement et une grille de scoring permettra de déterminer si un analgésique est nécessaire pour assurer le bien-être animal. De plus une euthanasie sera programmée dès que l’un des point limite sera atteint. Les points limites principalement retenus sont : – Perte de poids supérieure à 20% du poids initial – Réaction inflammatoire sévère et irréversible au point d’injection – Diminution d’activité prolongée ou difficultés à se nourrir ou à boire
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.
Spécisme et expérimentation animale · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
L’espèce choisie pour cette étude est la souris car elle est l’espèce qui est la mieux définie génétiquement et pour laquelle les données scientifiques de référence sont nombreuses. Les animaux nécessaires à cette étude devront être des adultes de 8 à 10 semaines afin de garantir un système immunitaire mature.