
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2022-09-08 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-605128)
80 brebis vont être utilisées dans une chirurgie unique d’environ sept heures menée sous anesthésie, les animaux étant tués avant tout réveil. Un infarctus puis un choc cardiogénique leur sont provoqués pour étudier l’assistance circulatoire par ECLS, le cœur étant prélevé en fin d’intervention. Le porteur indique que la procédure peut entraîner hémorragies, troubles du rythme et arrêt cardiaque, et rapporte une mortalité péri-opératoire de l’ordre de 25 % dans ce type de modèle. Il conclut que le recours aux animaux est « incontournable » et « ne peut être remplacé ».
Résumé produit par un modèle de langage à partir du seul texte du laboratoire, selon une méthode arrêtée par l’OXA. Publié sans relecture individuelle préalable, sous la responsabilité de l’association, et corrigé au fil des relectures.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
Décrire les objectifs du projet.
Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).
Dans quel but fait-on ça ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Lors d’un infarctus du myocarde, le cœur perd en partie sa fonction contractile et peut devenir incapable de faire circuler le sang dans l’organisme. On parle de choc cardiogénique. En cas de choc sévère, des machines de circulation extracorporelle (ExtraCorporeal Life Support=ECLS) sont utilisées. Elles permettent d’assurer la circulation sanguine en attendant une récupération cardiaque. Cependant l’ECLS augmente le travail que doit fournir le cœur pour éjecter. Il existe un conflit entre l’ECLS et l’éjection résiduelle du cœur défaillant. Ainsi, l’ECLS permet de faire circuler le sang et d’assurer la survie immédiate du patient mais au prix d’une majoration du travail myocardique. On observe sous ECLS, une dilatation du cœur avec un étirement des parois et des cellules. Cette dilatation et l’augmentation du travail cardiaque vont augmenter la taille de la zone nécrosée et de l’infarctus. Le patient survit mais avec un infarctus plus grand. Or plus la zone nécrosée est importante et plus le patient deviendra insuffisant cardiaque chronique. Cette évolution, d’un infarctus aigu vers une maladie chronique, semble liée à des phénomènes de remodelage ventriculaire. Il intègre des modifications des fonctions cellulaires et des tissus, de l’inflammation et de la mort cellulaire. L’enjeu est donc de réduire au maximum la nécrose lors d’un infarctus. Pour limiter le travail du coeur sous ECLS, des techniques ont été développées. Il s’agit, entre autres, du ballon de contre- pulsion intra-aortique ou de la pompe micro-axiale. Des machines d’assistances pulsatiles sont également en cours d’étude. Les effets hémodynamiques, tissulaires et cellulaires et les conséquences de l’ECLS restent cependant mal connus. Les objectifs sont donc de décrire l’impact et les stratégies complémentaires de l’ECLS sur : l’hémodynamique et les performances énergétiques du myocarde défaillant, la taille de l’infarctus et les voies de signalisation cellulaires impliquées dans le remodelage ventriculaire.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).
Est-ce « inutile » ou « nécessaire » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
A court terme les bénéfices attendus sont : une diminution des syndromes de bas débit (faible circulation sanguine, une récupération plus rapide de l’état clinique des patients avec une réduction des durées d’hospitalisation. A long terme les bénéfices suivants sont attendus : une réduction des modifications structurelles du cœur (remodelage) et une réduction du taux d’insuffisance cardiaque chronique.
Nuisances prévues, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Un examen publié en 2018 a établi que les résumés allemands et britanniques décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).
Le droit d'accès aux documents · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
L’ensemble des animaux du projet (80) sont inclus dans une unique procédure sans réveil. Cette procédure correspond à une seule intervention chirurgicale. Celle-ci permet des réaliser les tests ayant pour objectif de pallier aux effets indésirables de l’utilisation d’ECLS. Ces tests durent environ 7 heures pendant lesquelles l’animal reste anesthésié, cette procédure permet de répondre aux objectifs du projet. Pour ce projet, les animaux sont donc sous anesthésie générale lors de la procédure sans réveil, et ceci concerne l’ensemble des animaux inclus.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Un nouvel examen, publié en 2024, a mesuré que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces mesures portent sur l'Allemagne et le Royaume-Uni. L'examen de 2018 classait la France parmi les pays les moins bons pour l'identification, l'accessibilité et la qualité de ses résumés, sans les noter rubrique par rubrique (Taylor et al., 2018). Les résumés français suivent aujourd'hui le modèle européen commun.
Les animaux souffrent-ils ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les effets indésirables potentiels peuvent être : un hématome au point de ponction, une dissection des vaisseaux (lors de la pose des cathéters), un hématome de paroi, une dissection des vaisseaux, des troubles du rythme cardiaque et un arrêt cardiaque (lors de la coronarographie et de la réalisation de l’infarctus), une hémorragie (lors de la sternotomie). Ces événements sont surveillés et des actions sont mises en place lors de l’intervention qui est réalisée sous anesthésie générale et sans réveil pour l’animal.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.
Peut-on parler d'éthique en expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
L’ensemble des animaux sera sacrifié pour permettre la réalisation d’analyses de tissus et de l’activation des voies de remodelage ventriculaire. Il s’agit d’une expérimentation sans réveil pour l’animal.
Application de la règle des "3R", selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
1. Remplacement
Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.
Comment avancer vers la fin de l'expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Notre étude nécessite de créer un infarctus conduisant à un choc cardiogénique pour évaluer l’impact d’une assistance de type ECLS, pulsée ou non, et d’une décharge ventriculaire mécanique. Ces machines sont indispensables pour assurer la survie d’un patient en choc cardiogénique mais ont un effet potentiellement délétère sur le coeur et peuvent précipiter le patient vers l’insuffisance cardiaque chronique. Pour étudier les effets de l’ECLS, des décharges et les phénomènes de remodelage ventriculaire, le cœur est prélevé en fin d’expérimentation. C’est l’unique moyen pour réaliser des analyses tissulaires et cellulaires et évaluer les activations des voies de remodelage des tissus. L’utilisation de modèles mathématiques ou l’expérimentation sur un cœur isolé n’est pas réalisable pour plusieurs raisons : les connaissances actuelles en la matière ne sont pas encore étendues et cohérentes, ce qui ne permet pas une modélisation mathématiques ; nos approches se caractérisent par une exploration fonctionnelle et moléculaire dans un modèle de choc cardiogénique ; la réalisation de ce type d’étude avec un tel niveau de complexité n’a été jusqu’à présent pas été réalisée de manière aussi approfondie. Afin d’atteindre les objectifs scientifiques du projet, l’utilisation d’animaux est incontournable et ne peut être remplacée.
2. Réduction
Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Afin de réduire le nombre d’animaux utilisés dans cette étude et dans le but d’obtenir le plus grand bénéfice, nous avons calculé que 80 brebis sur une durée de 5 ans seraient nécessaires pour atteindre les objectifs scientifiques. Il s’agit du nombre minimal d’animaux nécessaire à l’obtention de données de qualité exploitable et permettant une analyse statistique fiable. Si les objectifs expérimentaux peuvent être atteints par l’utilisation d’un nombre réduit d’animaux, ou si l’obtention de résultats via l’utilisation d’animaux reste irréalisable, alors plus aucun animal supplémentaire ne sera utilisé. Il a été observé par d’autres laboratoires, ainsi que par notre équipe une mortalité péri-opératoire de l’ordre de 25% dans ce type de modèle animal de choc cardiogénique. Des points réguliers avec l’équipe porjet seront réalisés régulièrement au cours des cinq ans en vue d’optimiser la qualité de l’expérimentation. Les prélèvements de tissus seront conservés pour permettre des analyses immédiates mais également futures par la création d’une banque de tissus et de plasma permettant de travailler sur plusieurs années sans utiliser d’autres animaux.
3. Raffinement
Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.
La réglementation est-elle « très stricte » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Pour réduire les nuisances sur le bien-être, toutes les mesures sont mises en place, tout au long du projet. Les animaux sont transportés dans les conditions adaptées à l’espèce, dans un véhicule autorisé par les instances de contrôle et par du personnel formé plusieurs jours avant l’expérimentation. Cela permet une acclimatation des animaux à leur nouvel environnement et réduire le stress du déplacement. Les animaux sont hébergés dans des locaux agréés. Des méthodes de raffinement sont mises en place afin d’améliorer leur condition d’hébergement : les brebis sont hébergées en groupe social (les brebis étant des animaux grégaires), sur paille avec à leur disposition de la pierre à sel. Un personnel formé leur apporte les soins nécessaires quotidiennement. Le jour de l’intervention, les animaux reçoivent une prémédication à base de sédatif permettant d’être complètement détendu pour le transfert au bloc opératoire. Le protocole expérimental est réalisé sous anesthésie générale incluant une tranquillisation (prémédication), une inconscience (sédation) et une analgésie adaptée. Durant l’ensemble de la procédure, l’animal est surveillé (fréquence cardiaque, tension artérielle, fréquence respiratoire). En cas d’augmentation de ces paramètres (sans raison cardiaque), l’anesthésie pourra être approfondie afin de maintenir une anesthésie profonde et une absence de souffrance. L’électrocardiogramme, la pression artérielle, et la saturation en oxygène seront suivis tout au long de l’anesthésie. Des molécules de réanimation et des anti-arythmiques seront utilisées si nécessaire notamment en cas de survenue de troubles du rythme. Un défibrillateur sera installé afin de réduire au maximum le temps de délivrance du choc électrique externe en cas de fibrillation ventriculaire si elle survient. Des critères d’arrêt sont définis : en cas d’arrêt cardiaque persistant après 20min malgré la mise en place de l’assistance circulatoire, l’animal ne sera plus réanimé et l’assistance sera éteinte. L’animal ne sera jamais réveillé lors de l’expérimentation et la mise à mort sera réalisée sous anesthésie générale.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.
Spécisme et expérimentation animale · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Bien que des modèles d’infarctus chez le petit mammifère existent, les cœurs de plus grands mammifères ont des caractéristiques électrophysiologiques et géométriques plus proche de celles du cœur humain. Les méthodes cliniques d’imagerie cardiaque conventionnelle (IRM) peuvent être directement appliquées de par leurs similitudes avec le cœur humain. L’application de ces techniques représente donc une étape importante vers une application en clinique. L’espèce Ovins a été choisi car : – le modèle d’infarctus dans cette espèce est bien décrit et caractérisé – le personnel menant la procédure possède une grande expertise avec cette espèce – le réseau coronarien de la brebis est proche de celui de l’homme (circulation coronarienne de type terminale sans ou avec peu d’anastomose permettant de créer un infarctus sans que de petits vaisseaux assurent la perfusion du tissu) Age adulte (entre 1 et 3 ans) afin d’expérimenter avec des cavités cardiaques et un réseau vasculaire dont les dimensions sont comparables à l’homme. Cet aspect est essentiel notamment pour la mise en place des canules artérielles et veineuses pour l’ECLS et les décharges mécaniques.