
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2022-09-12 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-629552)
720 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue pour prélever leur cerveau, dans des procédures impliquant des niveaux de souffrance modérés à sévères. Elles subissent une chirurgie ou des séances de stress répété allant jusqu’à une heure par jour pendant 21 jours, suivies de tests comportementaux dont le porteur ne précise pas la nature, pour évaluer le rôle d’une protéine dans la dépression. Le porteur indique que les symptômes anxiodépressifs et la sensibilité mécanique induits ne seront pas soulagés parce qu’ils sont l’objet de l’étude. Il affirme qu’aucune méthode sans animaux ne peut reproduire ce modèle intégré et conclut au recours à la souris.
Résumé produit par un modèle de langage à partir du seul texte du laboratoire, selon une méthode arrêtée par l’OXA. Publié sans relecture individuelle préalable, sous la responsabilité de l’association, et corrigé au fil des relectures.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
Décrire les objectifs du projet.
Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).
Dans quel but fait-on ça ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Affectant approximativement entre 8% et 20% de la population mondiale, la dépression est l’un des plus grands enjeux de ce siècle en matière de santé publique. Récemment, plusieurs études chez l’Homme et chez l’animal ont suggéré que la protéine MKP1 pourrait jouer un rôle dans la dépression. Grâce à ce projet, nous pourrons évaluer l’implication de cette protéine dans le développement de la dépression dans les deux sexes dans différents modèles de dépression et déterminer si cette protéine pourrait être une cible thérapeutique intéressante pour de futurs traitements personnalisés des troubles dépressifs.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).
Est-ce « inutile » ou « nécessaire » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Le but de ce projet est double : 1) étudier l’implication de la protéine MKP1 dans l’établissement de la dépression dans 3 modèles de dépression d’étiologies différentes et 2) comparer le rôle de cette protéine chez les mâles et les femelles, qui ne sont pas égaux face au développement de symptômes dépressifs. A l’issue de ce projet, nous serons en mesure de déterminer si MKP1 est impliqué dans le développement de la dépression quel que soit les facteurs conduisant à cette pathologie. De plus, nous pourrons déterminer si MKP1 est un mécanisme commun dans le développement de la dépression à la fois chez les mâles et les femelles. Cette avancée pourrait permettre de révéler de nouvelles cibles thérapeutiques de la dépression, potentiellement différentes chez le mâle et la femelle et selon l’origine des symptômes dépressifs.
Nuisances prévues, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Un examen publié en 2018 a établi que les résumés allemands et britanniques décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).
Le droit d'accès aux documents · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les animaux seront uniquement soumis à l’induction du modèle et aux différents tests comportementaux. Un groupe d’animaux subira une procédure chirurgicale de 15min + 4 tests comportementaux (répartis sur 2 semaines), un autre groupe subira 1h de stress par jour sur 21 jours + 5 tests comportementaux (3 de 5 min, 1 de 6 min et 1 de 24h) et un dernier groupe subira 10 min de stress par jour sur 5 jours + 3 tests comportementaux ( 2 de 5 min chacun, 1 de 10 min).
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Un nouvel examen, publié en 2024, a mesuré que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces mesures portent sur l'Allemagne et le Royaume-Uni. L'examen de 2018 classait la France parmi les pays les moins bons pour l'identification, l'accessibilité et la qualité de ses résumés, sans les noter rubrique par rubrique (Taylor et al., 2018). Les résumés français suivent aujourd'hui le modèle européen commun.
Les animaux souffrent-ils ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les animaux peuvent développer des symptômes anxiodépressifs que nous ne pouvons pas soulager puisqu’il s’agit de l’objet de l’étude. À la suite de la procédure chirurgicale, les animaux présenteront une sensibilité mécanique qui ne peut être soulagée puisqu’il s’agit de l’objet de l’étude, ainsi qu’une légère difficulté de déplacement qui disparaitra en 48-72h.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.
Peut-on parler d'éthique en expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
A l’issue de chaque procédure, les animaux sont mis à mort, afin de prélever leur cerveau pour effectuer les analyses moléculaires d’intérêt.
Application de la règle des "3R", selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
1. Remplacement
Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.
Comment avancer vers la fin de l'expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Au vu de notre thématique d’étude, il nous est malheureusement impossible de remplacer notre modèle in vivo par un modèle in vitro ou in sillico. En effet, aucune méthode alternative in vitro n’est disponible à ce jour pour répondre à la problématique posée. Le stress et la douleur chronique chez l’animal, comme modèles de pathologie psychiatrique humaine, est un processus intégré et repose sur l’observation du comportement de l’animal vigile.
2. Réduction
Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les expériences seront réalisées avec la volonté de réduire autant que possible le nombre d’animaux par modèle et condition expérimentale, mais toujours dans l’optique d’obtenir le maximum d’information scientifique par test. Pour cela, nous réalisons plusieurs types d’études sur la même cohorte d’animaux. Les expériences seront également réalisées par petit groupes d’animaux afin qu’elles puissent être stoppées dès l’obtention de résultats statistiquement fiables et robustes. Ainsi, le nombre d’animaux indiqué par groupe ne correspond pas au nombre total d’animaux réellement utilisés mais à un nombre maximum.
3. Raffinement
Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.
La réglementation est-elle « très stricte » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les animaux sont hébergés en cage collective afin de respecter leurs besoins sociaux. Les chirurgies sont effectuées sous anesthésie générale et analgésie (sans que l’animal ne ressente de la douleur). En post-chirurgie, les animaux seront quotidiennement surveillés afin de contrôler leur bien-être et de mettre en place une analgésie si besoin. A chaque étape de l’étude, nous avons établi des points limites nous permettant de soustraire l’animal à la souffrance. Si de nouvelles approches bénéfiques pour le bien-être de l’animal venaient à être mises au point après le début de ce projet, une concertation avec la Structure chargée du bien-être animal de l’institut pourra être réalisée afin d’intégrer ces nouvelles pratiques dans nos procédures.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.
Spécisme et expérimentation animale · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les modèles utilisés ne sont caractérisés que chez la souris, c’est pourquoi nous utilisons cette espèce. Etant donné que l’étude de comportements nécessite des systèmes neurobiologiques totalement matures, des animaux adultes seront utilisés (critères: début des procédures à au moins 7 semaines, poids supérieur à 20g pour les mâles et 15g pour les femelles). En se référant aux précédentes expériences réalisées au laboratoire, nous ne réaliserons pas ces modèles sur des souris âgées de plus de 6 mois.