
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2022-09-19 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-601297)
3 140 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré à sévère, 3 120 individus étant classés en sévère. Elles subissent des chirurgies stéréotaxiques pour implanter virus et cellules de glioblastome, une résection tumorale, des cycles d’injections de témozolomide et de tamoxifène, ainsi que deux irradiations et des prélèvements sanguins réguliers. Le porteur indique que la tumeur cérébrale, la chirurgie et les traitements peuvent provoquer douleurs, perte de poids, désorientation et déséquilibre, la mise à mort intervenant à l’atteinte d’un point limite. Il reconnaît disposer de co-cultures et d’organoïdes mais les juge « simplistes » et affirme qu’un modèle in vivo est « nécessaire » pour le microenvironnement tumoral.
Résumé produit par un modèle de langage à partir du seul texte du laboratoire, selon une méthode arrêtée par l’OXA. Publié sans relecture individuelle préalable, sous la responsabilité de l’association, et corrigé au fil des relectures.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
Décrire les objectifs du projet.
Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).
Dans quel but fait-on ça ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Le glioblastome (GB) est la tumeur cérébrale la plus commune et agressive chez l’adulte. Les patients atteints de GB subissent généralement une résection chirurgicale pour éliminer autant que possible la tumeur cérébrale. Après la chirurgie, dans le but d’éliminer les cellules cancéreuses restantes, une radiothérapie et une chimiothérapie sont administrées aux patients. Malheureusement, ce traitement standard actuel n’empêche pas la tumeur de récidiver. Même après élimination de la majorité de la masse tumorale, quelques cellules restantes se multiplient et se régénèrent dans une autre partie du cerveau où la chirurgie n’est plus possible. Le métabolisme cellulaire, qui permet de fournir de l’énergie aux cellules, a un impact significatif dans la progression du cancer, ainsi que dans la résistance thérapeutique des tumeurs. Cibler le métabolisme représente donc une stratégie pour éliminer les cellules cancéreuses. Notre objectif est de comprendre les échanges métaboliques entre les cellules du GB et les cellules du micro-environnement. En utilisant des modèles animaux dont certains types cellulaires (neurones, cellules immunitaires) sont dépourvus de gènes impliqués dans le métabolisme, nous étudierons l’impact du métabolisme des cellules du micro-environnement dans la croissance et l’invasion tumorale. Nous appliquerons également le protocole standard utilisé pour les patients atteints de GB (résection, rayonnements ionisants et chimiothérapie) pour évaluer le bénéfice de combiner le traitement actuel avec l’inhibition du métabolisme dans le micro-environnement tumoral.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).
Est-ce « inutile » ou « nécessaire » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Notre étude permettra i) de mieux comprendre le rôle du métabolisme dans le micro-environnement tumoral et son impact sur la progression tumorale et l’invasion ; ii) de caractériser les échanges métaboliques entre les cellules du glioblastome et leur micro-environnement ; iii) d’identifier de nouvelles cibles thérapeutiques. Ainsi, notre étude pourra offrir la possibilité de mettre en place, couplée au traitement actuel standard utilisé pour traiter le glioblastome, de nouvelles stratégies thérapeutiques en ciblant le métabolisme des cellules tumorales, mais également celui des cellules du micro-environnement, afin de freiner la progression tumorale et l’invasion des tumeurs de glioblastome dans des zones où la chirurgie n’est plus possible, et par conséquent d’améliorer la survie des patients.
Nuisances prévues, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Un examen publié en 2018 a établi que les résumés allemands et britanniques décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).
Le droit d'accès aux documents · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
– Les animaux seront soumis à des chirurgies stéréotaxiques pour implanter des virus. Les chirurgies stéréotaxiques sont des procédures qui durent environ 25 minutes et seront réalisées une fois. – Les animaux seront soumis à des chirurgies stéréotaxiques pour implanter des cellules de glioblastome. Les chirurgies stéréotaxiques sont des procédures qui durent environ 25 minutes et seront réalisées une fois. – Les animaux seront soumis à une résection tumorale. Cette chirurgie dure 30 minutes et sera réalisé une fois. – Les souris seront soumises à des injections intrapéritonéales de Témozolomide chaque jour pendant 5 jours, après 2 jours de repos un nouveau cycle de 5 jours de traitement sera réalisé. Les cycles de traitement seront répétés sur une durée de 28 jours. L’injection dure moins d’1 minute par souris. – Les souris seront soumises à des injections intrapéritonéales de Tamoxifène chaque jour pendant 5 jours. L’injection dure moins d’1 minute par souris. – Les souris seront soumises à des rayonnements ionisants 2 fois à 4 jours d’intervalle. Cela dure 5 minutes par souris. – Les souris seront soumises à des prises de sang chaque 15 jours. Cela dure 5 minutes par souris.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Un nouvel examen, publié en 2024, a mesuré que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces mesures portent sur l'Allemagne et le Royaume-Uni. L'examen de 2018 classait la France parmi les pays les moins bons pour l'identification, l'accessibilité et la qualité de ses résumés, sans les noter rubrique par rubrique (Taylor et al., 2018). Les résumés français suivent aujourd'hui le modèle européen commun.
Les animaux souffrent-ils ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
L’irradiation et le Témozolomide peuvent induire des symptômes ressemblant à l’anxiété, des troubles de la mémoire spatiale et d’apprentissage chez la souris. Une perte de poids peut être observé après irradiations. Une perte de la pigmentation peut également être observé après l’irradiation, les poils des souris C57BL/6 peuvent devenir gris après l’irradiation. Une irritation au point d’injection peut être observé après le traitement de TMZ par IP. Les souris seront exposées à des douleurs post chirurgie à l’issue des stéréotaxies (injection des cellules de glioblastome, résection tumorale et injection des virus). Le développement de tumeurs cérébrales, l’injection du virus ainsi que la résection peuvent générer des souffrances se manifestant par des pertes d’appétit donc de poids, des signes neurologiques invalidants (désorientation, déséquilibre).
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.
Peut-on parler d'éthique en expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Suite à la génération des mignées de souris KO, les animaux seront utilisés pour l’implantation de cellules de glioblastome pour analyser leur survie et la tumorigenèse. Tous les animaux seront mis à mort dès l’atteinte d’un point limite.
Application de la règle des "3R", selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
1. Remplacement
Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.
Comment avancer vers la fin de l'expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Nous avons isolé des cellules de glioblastome de type souche à partir de tumeurs de différents patients. Nous avons obtenu des données robustes en utilisant ces modèles in vitro pour supporter l’hypothèse que le lactate a un rôle clé dans la prolifération et l’invasion des cellules de glioblastome. Nous souhaitons maintenant connaître son rôle dans le micro environnement. Nous avons établi des cultures de neurones corticaux de souris et nous les avons mises en co-culture avec des cellules de glioblastome isolées de patients, pour étudier le rôle des neurones dans la prolifération et l’invasion des cellules de glioblastome. Ce modèle de co-culture nous a permis de voir que les neurones favorisaient la prolifération cellulaire et l’invasion des cellules de glioblastome. Cependant, ce modèle est très simpliste et ne reflète pas la complexité du cerveau et de son micro environnement. Bien que des modèles d’organoïdes soient développés, ces modèles ne sont également pas parfaits. En effet, les composants immunitaires dans les cultures organoïdes qui ne peuvent être maintenus que pendant une courte période. Le manque de cellules endothéliales et de système vasculaire tumoral est également un problème majeur qui limite l’utilité des organoïdes des tumeurs cérébrales, car le système microvasculaire est un composant majeur de l’environnement tumoral, ce qui peut affecter la croissance des cellules tumorales et l’effet immunitaire antitumoral. Il est donc nécessaire que nous passions maintenant à un modèle in vivo, pour étudier le rôle du lactate dans le micro environnement tumoral du glioblastome.
2. Réduction
Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Une manip pilote avec un petit groupe d’animaux est tout d’abord réalisé pour définir les meilleures conditions d’implantation (coordonnées stéréotaxiques) pour l’injection des virus. Nous avons mis en place des stratégies pour réduire le nombre de souris en utilisant le même groupe de souris pour obtenir plusieurs résultats. Par exemple, l’imagerie bioluminescente est une méthode non invasive qui nous permet suivre la progression de la tumeur dans le temps tandis que les mêmes souris peuvent être maintenues pour générer les courbes de survie ou bien pour les analyses immunohistochimiques. Le même groupe de souris sera utilisé pour évaluer la survie et pour les prélèvements sanguins pour analyser les métabolites présents dans le sang.
3. Raffinement
Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.
La réglementation est-elle « très stricte » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les animaux sont hébergés en cages collectives, garnies de litières leur permettant de reproduire un comportement naturel de fouissage et d’un enrichissement constitué d’un nid végétal et de tubes de cartons, pour leur permettre d’explorer, de jouer et de ronger. Ces cages offrent aux animaux un espace important pour se redresser. Les chirugies (implantation des cellules, virus et résection) se déroulent sur animaux anesthésiés. Les animaux sont placés sur tapis chauffant pour éviter l’hypothermie. Des analgésiques sont donnés avant la chirurgie. L’incision de la peau de la tête se fait suite à une anesthésie locale. Les animaux ont du gel ophtalmique avant la chirurgie afin de réduire la sécheresse oculaire. Une injection de saline est réalisée pour éviter une déshydratation de l’animal. En cas de perte de poids par rapport au poids initial, du nursing sera mis place. Postopération (résection), un analgésique est administré 2 fois par jours pendant les 72h suivant l’opération. Du geldiet est déposé dans le fond de la cage pour prévenir de la perte de poids. Pour le suivi de la croissance tumorale, les souris seront anesthésiées pour mesurer la bioluminescence. Du gel ophtalmique est déposé sur leurs yeux pour éviter un dessèchement de la cornée. Les souris sont réchauffées grâce à une plaque chauffante à 37°C placée dans l’imageur. Lors de la session d’IR, du gel ophtalmique est déposé sur leurs yeux pour éviter un dessèchement de la cornée. Une injection de saline est réalisée en sous-cutané pour éviter une déshydratation de l’animal. Du geldiet est mis dans le fond de la cage pour palier au possible perte de poids suite aux IR. Une irritation au point d’injection peut être observé après les injections IP (TMZ, Tamoxifène) répétées. Les souris sont massées au niveau du point d’injection. Suite à la prise de sang, une injection de saline est réalisée. Les animaux sont surveillés quotidiennement pour détecter l’apparition d’éventuels effets secondaires. Des points limites sont définis.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.
Spécisme et expérimentation animale · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Des souris immuno compétentes recevront des cellules de types souches de glioblastome d’origine murine. Ce modèle nous permet d’étudier le rôle du micro-environnement dans le développement tumoral. Des souris immunodéprimées recevront des cellules de types souches de glioblastome d’origine humaine. Ces souris permettent d’implanter des cellules humaines sans que le système immunitaire ne rejette la greffe. Le laboratoire a une grande expérience d’implantation de cellules de glioblastome dans ces modèles et nous avons l’habitude du développement du glioblastome dans ces souris. Les tumeurs se développent de manière très reproductible dans ces modèles, gage d’utilisation de moins d’animaux pour nos expériences. De plus, ces modèles sont idéaux d’un point de vue préclinique, car nous reproduisons grâce aux cellules de type souche des caractéristiques complexes observées chez les patients humains. Nous utiliserons des souris de 7 à 9 semaines pour les injections de cellules tumorales pour avoir une croissance tumorale optimale. En effet, les expériences peuvent s’étaler sur plusieurs mois, donc l’implantation dans de jeunes animaux permet de s’affranchir de l’affaiblissement d’individus plus âgés. Les KO seront induits 2 semaines avant l’implantation des cellules de glioblastome, nous utiliserons donc des souris de 5 à 7 semaines pour l’injection de tamoxifène. Les KO Mct2 dans les neurones seront induits 2 semaines avant l’implantation des cellules de glioblastome, nous utiliserons des souris de 5 à 7 semaines pour l’implantation des virus. Le délai de 2 semaines entre ces 2 procédures (injection de tamoxifène ou de virus) et l’implantation des cellules de glioblastome, a été choisi pour permettre de laisser le temps au KO de se faire dans les cellules, et aux souris de récupérer de ces procédures avant la chirurgie.