
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2022-10-27 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-513538)
1 056 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger à sévère. Elles sont infectées par la bactérie Pseudomonas aeruginosa, sous forme pulmonaire ou généralisée, les groupes non traités étant maintenus jusqu’à 48 heures avec les signes de l’infection avant la mise à mort. Le projet teste des anticorps contre des bactéries résistantes aux antibiotiques, débouchés cliniques annoncés au conditionnel. Le porteur affirme que les tests in vitro ne rendent pas compte d’un « système immunitaire entier » et que le passage in vivo est requis.
Résumé produit par un modèle de langage à partir du seul texte du laboratoire, selon une méthode arrêtée par l’OXA. Publié sans relecture individuelle préalable, sous la responsabilité de l’association, et corrigé au fil des relectures.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
Décrire les objectifs du projet.
Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).
Dans quel but fait-on ça ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
La résistance des bactéries aux antibiotiques est un problème majeur de santé publique. On estime à plus d’1 million le nombre de décès dus à ces bactéries multirésistantes par an dans le monde. Parmi ces germes, Pseudomonas aeruginosa est un pathogène qui affecte particulièrement les patients hospitalisés. Cette bactérie est fréquemment responsable d’infections pulmonaires, de la peau, et parfois généralisée. L’augmentation du nombre de ces germes multirésistants fait craindre l’apparition et le développement de germes resistants à tous les traitements, alors qu’aucune nouvelle classe d’antibiotiques n’a été découverte depuis plus de 20 ans. Le développement de nouveaux médicaments est donc nécessaire et urgent. Il a récemment été montré que certaines souris vaccinées contre une protéine de P. aeruginosa produite en laboratoire étaient protégées vis-à-vis d’une infection à cette bactérie. De plus, il a été publié que les anticorps produits par cette vaccination pouvaient à eux seuls protéger les souris d’une infection létale à P. aeruginosa. Ces anticorps pourraient donc être utilisés comme thérapie contre des bactéries P. aeruginosa résistantes aux antibiotiques. Nous avons pour cela sélectionné et produit 2 anticorps. Le but du projet est de tester l’efficacité de ces anticorps dans un modèle murin d’infection à P. aeruginosa. Cette efficacité sera testée sur des animaux infectés par des bactéries sensibles et résistantes aux antibiotiques. Dans l’hypothèse où l’efficacité d’au moins 1 de ces anticorps est confirmée, la dose minimale efficace sera établie et des analyses complémentaires aideront à définir le mécanisme d’action de ces anticorps et à présager d’une efficacité semblable chez l’Homme. L’efficacité de ces anticorps pourra être évaluée en thérapeutique ainsi qu’en préventif. Ces 2 approches étant pertinentes dans un contexte de limitation de la mortalité due aux bactéries multirésistantes en soins intensifs. Si les résultats sont positifs, cette étude d’efficacité pourra rapidement ouvrir la voie vers des essais cliniques chez l’Homme.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).
Est-ce « inutile » ou « nécessaire » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
L’objectif du projet est d’évaluer chez la souris l’efficacité d’anticorps dans le traitement ou la prévention d’une infection à P. aeruginosa résistante aux antibiotiques. Le projet permettra ainsi de déterminer sous quelle forme, à quelle dose, selon quel mode d’administration (thérapeutique et/ou préventif), contre quel type d’infection (pulmonaire et/ou généralisée) et contre quelles bactéries (résistantes à 1 ou plusieurs classes d’antibiotiques), ces anticorps pourraient être employés chez l’Homme. Les résultats de différentes analyses menées à l’issue du projet aideront également à définir le mécanisme d’action de ces anticorps et à présager d’une efficacité semblable chez l’Homme. Ces démonstrations d’efficacité chez la souris seront requises pour pouvoir effectuer les tests pré-cliniques réglementaires préalables à la réalisation des essais cliniques chez l’Homme. Si l’absence de toxicité et l’efficacité de nos anticorps sont confirmées lors des essais cliniques, nos anticorps pourraient être utilisés pour traiter ou prévenir la survenue d’infections à P. aeruginosa dont certaines sont multirésistantes aux antibiotiques et affectent fréquemment les patients hospitalisés en soins intensifs. Enfin, la démonstration d’efficacité de nos anticorps chez la souris servira également de preuve de concept validant le choix de leur cible, la technologie associée à leur développement ainsi que l’approche des anticorps pour traiter ou prévenir les infections bactériennes résistantes aux antibiotiques ; ce qui représentera une avancée majeure dans la lutte contre l’antibiorésistance. Notre plateforme de développement d’anticorps pourra alors être rapidement dédiée au développement de nouveaux anticorps dirigés contre d’autres bactéries multirésistantes.
Nuisances prévues, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Un examen publié en 2018 a établi que les résumés allemands et britanniques décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).
Le droit d'accès aux documents · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Des souris seront vaccinées au travers de 4 injections réalisées à 2 semaines d’intervalle l’une de l’autre sur animaux vigiles. Le sang des souris sera prélevé sous anesthésie générale. Des souris seront ensuite infectées par injection bactérienne. Les différents types de traitements seront administrés aux souris par injection. Induction de l’anesthésie générale : 10 min/souris (maximum 2 anesthésies par souris) ; Prélèvement sanguin : 2 min/souris ; Administration par injection : 1 min/souris (maximum 4 injections par souris).
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Un nouvel examen, publié en 2024, a mesuré que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces mesures portent sur l'Allemagne et le Royaume-Uni. L'examen de 2018 classait la France parmi les pays les moins bons pour l'identification, l'accessibilité et la qualité de ses résumés, sans les noter rubrique par rubrique (Taylor et al., 2018). Les résumés français suivent aujourd'hui le modèle européen commun.
Les animaux souffrent-ils ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les souris subissent un stress léger dû aux contentions et une douleur légère due aux administrations par injections (maximum 4 injections).12h suite à l’inoculation bactérienne, les souris peuvent présenter des signes infectieux pendant maximum 96h, tels que prostration, fièvre, poils ébouriffés, dos voussé, inactivité et mouvements respiratoires rapides.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.
Peut-on parler d'éthique en expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Toutes les souris infectées seront gardés en vie jusqu’à 96h pour les souris des groupes traités, et jusqu’à maximum 48h pour les souris des groupes non traités. Toutes les souris seront mises à mort afin de récupérer le sang et les organes pour analyses post-mortem.
Application de la règle des "3R", selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
1. Remplacement
Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.
Comment avancer vers la fin de l'expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
L’objectif du projet est de déterminer si les anticorps d’intérêt sont capables de neutraliser une infection à la bactérie Pseudomonas aeruginosa afin de pouvoir, le cas échéant, les utiliser à des fins thérapeutiques ou préventives chez l’Homme. Un certain nombre d’animaux a été remplacé par des expériences in vitro permettant de standardiser et d’optimiser les protocoles expérimentaux à appliquer chez l’animal. Dans le cas présent, deux anticorps d’intérêt particulier ont pu être sélectionnés in vitro. Cependant, ces tests ne rendent pas compte de la complexité d’un organisme vivant, et en particulier ne prennent pas en compte l’existence d’un système immunitaire entier. La fixation de nos anticorps à la surface de la bactérie est en effet la première étape d’un processus immunologique complexe menant à l’élimination par le système immunitaire du pathogène. Il fait intervenir de nombreuses cellules immunitaires ainsi que des médiateurs de l’immunité dont l’équilibre et l’action dans le temps sont consubstantiels de l’efficacité de la réponse immunitaire initiée par nos anticorps. Ces interactions et équilibres fins sont impossibles à ce jour à reproduire in vitro, d’autant plus que l’analyse de la maladie et de l’efficacité́ des anticorps se fondent sur l’étude de plusieurs tissus/organes (rate, ganglions lymphatiques) et des cellules immunitaires. La seule interprétation de résultats in vitro ne permettrait donc en aucun cas de conclure quant à la validité du traitement. C’est pour cette raison, qu’après un long processus de sélection in vitro, nous devons tester nos deux anticorps candidats in vivo.
2. Réduction
Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Il a préalablement été démontré que traiter des souris n’ayant jamais été infectées par la bactérie Pseudomonas aeruginosa avec le sérum de souris immunisées leur permettait de surmonter une infection généralisée à P. aeruginosa. Notre approche expérimentale vise à inclure tous les contrôles pertinents afin de valider définitivement chaque étape. Par ailleurs, notre stratégie consiste à tester séquentiellement, par ordre décroissant de pertinence, différentes options concernant la voie d’inoculation, la voie d’administration des anticorps, l’approche thérapeutique ou préventive, ou encore le type d’anticorps. Lorsqu’une option est validée, nous passons à la procédure suivante. En procédant de la sorte, nous limitons au maximum le nombre de conditions testées et donc le nombre d’animaux utilisés dans le cadre de cette étude. Des prélèvements de sang et d’organes seront également réalisés à l’issue de chaque expérience et conservés en cas de besoin, afin de ne pas avoir à reproduire ces expériences. Enfin, le nombre de souris nécessaire pour chaque expérience a été établi en tenant compte de la variabilité inter-individuelle dans la réponse à l’infection et au traitement et afin d’atteindre une puissance statistique suffisante. Le nombre de souris permettra de réaliser des tests statistiques nécessaires à l’interprétation des expériences.
3. Raffinement
Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.
La réglementation est-elle « très stricte » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les souris seront hébergées à 6 par cage et elles évolueront dans un environnement enrichi. Le prélèvement sanguin réalisé notamment chez les souris immunisées se fera par ponction intracardiaque (procédure terminale) après anesthésie générale. L’inoculation de bactéries (P. aeruginosa), d’anticorps ou de fragments d’anticorps aux souris par voie orotrachéale se fera après anesthésie générale pour réduire leur stress, leur éviter de ressentir une quelconque douleur et faciliter la réalisation de la procédure par l’expérimentateur. Toutes les souris bénéficieront d’une surveillance accrue à partir de 12h après leur infection, durée à partir de laquelle les premiers signes cliniques de l’infection devraient apparaitre. L’apparence physique, le comportement, la dyspnée et la température corporelle de toutes les souris seront évalués toutes les 2h de 7h à 19h et un score leur sera attribué. Si le score d’une souris atteint la valeur limite fixée, celle-ci sera mise à mort. Afin d’éviter la mort spontanée, les points limites seront avancés le soir. Une étude rétrospective sera réalisée afin de mieux déterminer les futurs points limites lors de prochaines procédures ayant le même modèle infectieux.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.
Spécisme et expérimentation animale · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Des souris ont déjà été utilisées pour démontrer l’efficacité d’un sérum (d’anticorps) provenant de souris vaccinées contre P. aeruginosa. Il s’agit d’un modèle approprié à l’étude de la réponse immunitaire et validé par la communauté scientifique. Les souris utilisées seront âgées de 6 semaines. Elles seront réceptionnées à l’âge de 5 semaines puis seront stabulées pendant 1 semaine d’acclimatation. A ce stade, les souris sont sevrées et disposent d’un système immunitaire mature, permettant leur étude.