
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2022-10-31 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-519269)
3 162 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré à sévère. Elles subissent des neurochirurgies et une lésion de la moelle épinière provoquant une paralysie des membres inférieurs, avec un risque de douleurs de type allodynie et d’infection urinaire, ainsi que des injections répétées dans l’œil. La mise à mort permet de récupérer les structures nerveuses. Le porteur affirme que le modèle murin est « non remplaçable » et présente la souris comme le standard international de la recherche sur la régénération du système nerveux.
Résumé produit par un modèle de langage à partir du seul texte du laboratoire, selon une méthode arrêtée par l’OXA. Publié sans relecture individuelle préalable, sous la responsabilité de l’association, et corrigé au fil des relectures.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
Décrire les objectifs du projet.
Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).
Dans quel but fait-on ça ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les lésions de la moelle épinière représentent entre 250 000 et 500 000 patients par an dans le monde. Ce sont souvent de jeunes patients puisque d’après les données de l’Organisation Mondial pour la santé, ces atteintes surviennent chez des personnes âgées entre 20 et 29 ans. Plus de 90 pour 100 de cas sont dus à des blessures traumatiques comme les accidents de la route, la violence ou les chutes. Cependant la proportion des lésions non traumatiques comme les cancers progresse d’année en année. Les patients souffrant de lésions de la moelle restent handicapés de façon permanente puisque les neurones du système nerveux central (SNC- cerveau, moelle épinière) n’ont pas la capacité de repousse. A ce jour il n’y a pas de traitement afin de réparer le SNC. La compréhension des mécanismes moléculaires des lésions du système nerveux représente donc un défi majeur en biologie dans le but de développer des stratégies thérapeutiques innovantes. Le but de ce projet d’identifier l’effet de nouvelles molécules sur la repousse axonale dans le SNC afin de permettre la reconstruction des circuits neuronales et le retour fonctionnel. Ces molécules ont été sélectionnées suite à des tests dans les cultures de neurones. Le but de ce projet est de tester les molécules les plus prometteuses in vivo chez la souris.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).
Est-ce « inutile » ou « nécessaire » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les bénéfices du projet sont extrêmement importants d’un point de vue aussi bien fondamentale qu’appliqué. En effet, nos travaux vont définir des molécules clés pour permettre la neuroprotection et la régénération du système nerveux centrale. Notre projet caractérisera en détail des molécules importantes pour la régénération du système nerveux central. Non seulement nous allons identifier et valider de nouvelles cibles qui permettront de faire régénérer les nerfs, mais nous allons aussi mettre en évidence la formation de nouveaux circuits après une lésion. Ces données seront essentielles dans une optique translationnelle. En effet, nos résultats permettront de mettre en évidence de nouvelles cibles qui peuvent être exploités pour le développement de thérapies innovantes dans le domaine des lésions de la moelle mais aussi en cas d’atteintes traumatiques du cerveau.
Nuisances prévues, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Un examen publié en 2018 a établi que les résumés allemands et britanniques décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).
Le droit d'accès aux documents · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les souris subissent des neurochirurgies pour une durée de 40minutes, anesthésie inclue. Les souris peuvent subir une ou plusieurs neurochirurgies. Les souris sont soumises à un traitement pharmacologique pendant 2 à 6 semaines, tous les 2 jours. Le geste dure 1 minute. Les animaux subiront des désagréments liés à l’anesthésie et à la plaie d’implique les injections ou les neurochirurgies qui se caractérisent essentiellement par une douleur modérée. Les souris participeront également à des tests de comportement pour évaluer le retour moteur et sensitif. Ces tests ne sont pas douloureux. Elles seront testées sur une durée de 6 semaines à une fréquence d’une à deux fois par semaine. Les souris seront acclimatées à la salle de comportement pour 1h avant de commencer le test qui dure au maximum 15min.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Un nouvel examen, publié en 2024, a mesuré que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces mesures portent sur l'Allemagne et le Royaume-Uni. L'examen de 2018 classait la France parmi les pays les moins bons pour l'identification, l'accessibilité et la qualité de ses résumés, sans les noter rubrique par rubrique (Taylor et al., 2018). Les résumés français suivent aujourd'hui le modèle européen commun.
Les animaux souffrent-ils ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Ce projet implique des injections répétitives dans l’oeil. Le risque de ces expériences est d’induire une inflammation de l’oeil. Les animaux vont subir plusieurs injections en intra-péritonéales pour induire une anesthésie et pour les traitements pharmacologiques. Les animaux subissent une lésion de la moelle épinière induisant la paralysie des membres inférieurs chez la souris pouvant éventuellement induire à un risque d’infection urinaire. Cette lésion peut également induire un risque de douleurs (type allodynie).
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.
Peut-on parler d'éthique en expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Tous les animaux seront euthanasiés en fin de procédure afin de récupérer les structures d’intérêt. De ce fait, les animaux ne peuvent pas être réutiliser.
Application de la règle des "3R", selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
1. Remplacement
Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.
Comment avancer vers la fin de l'expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Pour atteindre nos objectifs, les modèles murins sont essentiels et non remplaçables car i) les paradigmes de lésion chez la souris sont les mêmes que chez l’humain, ii) un très grand nombre de lignées de souris transgéniques sont déjà disponibles pour nos recherches, iii) les mécanismes de croissance nécessitent l’intervention de différents acteurs (neurones, cellules gliales, environnement de la lésion…) et ne peuvent être mimés efficacement dans un système unicellulaire ou modélisé. Le modèle murin est le standard international reconnu pour la recherche sur la régénération du système nerveux central. iv) les moélcules testés in vivo chez la souris ont été préalablement caracterisées dans des cultures de neurones.
2. Réduction
Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Plusieurs mesures sont appliquées pour permettre la réduction du nombre d’animaux utilisés dans ce projet : -les études préliminaires des molécules sur des cultures primaires de neurones -La validation systématique de toutes nos préparations de virus pour s’assurer de leur efficacité avant les expériences -L’entrainement de toutes les personnes qui pratiquent les expériences pour ne pas perdre d’animaux dû à de mauvaises chirurgies. -L’utilisation de tests statistiques optimaux pour avoir le nombre d’animaux le plus restreint tout en gardant une valeur biologique et statistique suffisante. Seules les molécules montrant un effet seront utilisées chez les animaux.
3. Raffinement
Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.
La réglementation est-elle « très stricte » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
L’ensemble des animaux qui auront subi une intervention chirurgicale seront observés quotidiennement et seront pesés aux moins deux fois par semaine. Une échelle de cotation de souffrance basée sur les signes indicatifs de gêne ou de douleur sera utilisée afin d’évaluer l’état général de chaque animal et de définir le point limite permettant ainsi de prendre le plus rapidement possible les mesures nécessaires pour préserver le bien-être de l’animal. Pour l’ensemble des procédures, le poids des souris sera vérifié quotidiennement pendant une semaine à la suite des chirurgies. Les animaux auront de l’eau gélifiée dans leur cage ainsi que leur nourriture. Nous serons attentifs à leur comportement : pour l’entretien du poil en cas de doutes, nous en discuterons avec le vétérinaire réfèrent. Néanmoins, nous serons particulièrement vigilants au bien être des souris : elles recevront un analgésique 24h avant les interventions chirurgicales et ce pendant 48h.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.
Spécisme et expérimentation animale · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
La régénération du système nerveux est un phénomène multifactoriel qui s’intègre dans la formation d’un circuit neuronal. La modélisation de ce processus dans un système unicellulaire (telle que la culture cellulaire) ne permet ni d’identifier correctement les voies moléculaires ni de tester efficacement les capacités de régénération. La souris représente le modèle in-vivo standard dans la communauté scientifique grâce à une grande similitude avec l’homme. Ceci n’est pas possible avec d’autres modèles telles que le poisson zèbre dont le système nerveux central régénère spontanément ou la drosophile dont le système nerveux est trop éloigné de celui des mammifères. La souris permet l’utilisation de toutes les chirurgies nécessaires pour les paradigmes scientifiques que nous utilisons. La souris permet aussi l’utilisation de tests de comportement pour analyser le retour fonctionnel. Enfin, tous les modèles transgéniques nécessaires à notre projet sont disponibles chez la souris ce qui n’est pas le cas pour d’autres modèles tels que le rat. Pour l’ensemble des expériences proposées nous utiliserons des souris dont le système nerveux est considéré comme mature (plus de 4 semaines). En effet le système nerveux en cours de développement présente de grande capacité de régénérescence, ce qui est perdu dans le système nerveux mature. Nous voulons étudier les mécanismes de régénérescence et de plasticité axonale dans le système nerveux central adulte pour être le plus proche possible des lésions traumatiques chez l’homme.