
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2022-12-06 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-789247)
60 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Elles reçoivent une injection intrapéritonéale de BrdU, puis sont tuées 24 heures plus tard pour prélever la moelle osseuse de leurs fémurs et tibias, afin d’étudier le rôle de la protéine HSF1 dans la formation des globules rouges. Le porteur indique avoir d’abord travaillé sur le poisson zèbre et des cellules humaines de sang de cordon, mais affirme que ces modèles ne permettent pas de tester son hypothèse au niveau de la moelle osseuse. La retombée annoncée reste fondamentale, définir HSF1 comme molécule clé de l’érythropoïèse.
Résumé produit par un modèle de langage à partir du seul texte du laboratoire, selon une méthode arrêtée par l’OXA. Publié sans relecture individuelle préalable, sous la responsabilité de l’association, et corrigé au fil des relectures.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
Décrire les objectifs du projet.
Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).
Dans quel but fait-on ça ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
L’érythropoïèse est le processus de formation de globules rouges. C’est un phénomène permanent et débute lorsqu’une cellule souche pluripotente (donnant naissance à n’importe quelle cellule sanguine) s’engage en progéniteurs érythroïde qui, par des phénomènes de prolifération et de maturation, donnera naissance à des érythrocytes. La proportion de progéniteurs érythroïdes dans la moelle osseuse est faible (-d’1 % des cellules). On estime la production moyenne de globules rouges à 10 milliards de cellules par heure. Il existe une remarquable expansion du compartiment érythroïde ainsi qu’une fine régulation de l’érythropoïèse au niveau cellulaire et moléculaire. Notre équipe a montré que les protéines de choc thermiques (HSP) sont impliquées dans l’érythropoïèse. Nos résultats préliminaires chez le poisson-zèbre montrent que la protéine HSF1 (Heat Shock Factor 1), contrôlant l’expression des HSPs, est également nécessaire à l’érythropoïèse, et de façon partiellement indépendante des HSPs. Nous avons observé une forte diminution du nombre de globules rouges dans les poissons dans lesquels l’expression d’HSF1 est inhibée. Ce phénomène s’accompagne d’une diminution de la maturation des précurseurs érythrocytaires, suggérant un blocage de l’érythropoïèse. Des travaux récents ont montré que de nombreux gènes n’appartenant pas à la famille des HSP sont régulés par HSF1 et jouent un rôle fondamental dans le cycle et la différenciation cellulaire. Notre hypothèse est que des gènes essentiels à l’érythropoïèse seraient également régulés par HSF1. Pour vérifier notre hypothèse, nous avons besoin, dans des souris déficientes en HSF1 (Hsf1-/-), de mesurer les quantités d’érythrocytes dans le sang d’une part, et d’autre part de tester la capacité des précurseurs érythrocytaires de la moelle à former des globules rouges. La formulation sanguine de nos animaux de phénotypes sauvages (WT) et déficients pour HSF1 (Hsf1-/-), sera analysée grâce à un prélèvement sanguin (veine caudale). Après anesthésie, la mise à mort permettra de récupérer leurs fémurs et tibias afin d’en extraire la moelle osseuse dans le but de déterminer : Sa capacité à réaliser l’érythropoïèse via un phénotypage par cytométrie en flux afin d’analyser la composition cellulaire relative à la voie de différenciation érythrocytaire (progéniteurs et précurseurs). Le niveau d’expression d’HSF1. L’état du cycle cellulaire des cellules en cours de différenciation érythroïde via injection intrapéritonéale de BrdU
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).
Est-ce « inutile » ou « nécessaire » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Nos résultats chez le poisson-zèbre montrent une forte diminution du nombre de globules rouges dans les poissons délétés en HSF1. Ce phénomène s’accompagne d’une diminution de la maturation des précurseurs érythrocytaires, suggérant un blocage de l’érythropoïèse. La confirmation de ces résultats dans un modèle murin in vivo permettrait de définir HSF1 comme une molécule clé de la régulation de l’érythropoïèse.
Nuisances prévues, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Un examen publié en 2018 a établi que les résumés allemands et britanniques décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).
Le droit d'accès aux documents · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les animaux vigiles recevront une injection par voie intrapéritonéale de BrdU (bromodésoxyuridine) (injection unique ; 3-4 secondes). 24h après injection, les animaux seront anesthésiés puis euthanasiés, la moelle osseuse sera extraite des fémurs et des tibias prélevés et l’analyse du cycle cellulaire réalisée par cytométrie en flux sur la base du phénotypage érythroïde précédemment mis au point.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Un nouvel examen, publié en 2024, a mesuré que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces mesures portent sur l'Allemagne et le Royaume-Uni. L'examen de 2018 classait la France parmi les pays les moins bons pour l'identification, l'accessibilité et la qualité de ses résumés, sans les noter rubrique par rubrique (Taylor et al., 2018). Les résumés français suivent aujourd'hui le modèle européen commun.
Les animaux souffrent-ils ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les effets indésirables possibles relatifs à l’utilisation de BrdU sur modèle murin sont les suivants : o Diarrhée o Léthargie o Agression o Perte de poids o Lésions inflammatoire cutanées o Réduction de la croissance du pelage o Atteinte hématologique (anémie, leucopénie, thrombopénie) Ces effets peuvent être observés dans le cas d’une exposition longue à la molécule (6 semaines pour une administration via l’eau de boisson ou 1 semaine par injection intrapéritonéale quotidienne). Dans notre cas de figure, nous n’excèderons pas 24h post injection ce qui, selon nous, limitera l’apparition de tels effets. Sachant cela, nous porterons toutefois une attention particulière à ces paramètres durant les 12 à 24h suivant l’injection de BrdU afin de garantir au maximum un qualité de vie optimale de nos animaux.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.
Peut-on parler d'éthique en expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
A l’issue de la procédure expérimentale, nous projetons de prélever et d’utiliser les moelles osseuses issues des tibias et fémurs des animaux de type sauvages (Wild Type ; WT) et déficients pour le facteur HSF1 (Hsf1-/-). Ce mode d’analyse sera réalisé ex-vivo par cytométrie en flux afin d’analyser la composition cellulaire relative à la voie de différenciation érythrocytaire de nos souris.
Application de la règle des "3R", selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
1. Remplacement
Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.
Comment avancer vers la fin de l'expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Nos résultats préliminaires obtenus dans le modèle de poisson zèbre nous a permis à la fois de remplacer l’utilisation de petits mammifères tels que les souris (Mus musculus ; A1) et d’en réduire le nombre au regard des différents axes restant à être investigués. Toutefois, ce model ne nous permet pas de tester notre hypothèse de régulation de gènes essentiels à l’érythropoïèse par HSF1 car 1) il nous permet seulement de travailler sur l’érythropoïèse embryonnaire et 2) l’étude des gènes régulés ne peut se faire qu’au niveau du poisson entier, et non pas au niveau de la moelle osseuse (site de l’érythropoïèse).
2. Réduction
Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
En plus du modèle poisson zèbre, nous avons obtenu un ensemble de données grâce à l’utilisation de cellules souches et cellules progénitrices érythroïdes humaines à partir de sang de cordon ombilical. La réalisation de telles expériences sur ce matériel cellulaire nous a permis d’affiner nos axes de recherche, d’affiner notre investigation relative aux voies de signalisation intracellulaire d’intérêts ainsi que nos cibles géniques. Ceci ayant pour répercution la réduction, in fine, du nombre d’expérience à réaliser sur le modèle murin (Mus musculus) et par extension la réduction du nombre d’animaux à utiliser afin de confirmer nos résultats. Nous estimons à 60 le nombre total d’animaux qui seront utilisés dans le cadre de la phase expérimentale (30 Wild Type ; WT (phénotype sauvage) / 30 Hsf1-/- (déficientes pour le facteur HSF1) toutes expérimentations comprises). Ce nombre d’animaux correspond au nombre minimal permettant d’obtenir des résultats significatifs avec le test statistique utilisé ainsi que les mises au point (principalement sur des souris de phénotype sauvage).
3. Raffinement
Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.
La réglementation est-elle « très stricte » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Dans le but de réduire, supprimer/soulager la douleur/détresse de nos animaux dans le cadre de nos expériences nécessitant une intervention (injection intrapéritonéale) sur animaux vigiles, nous avons basé notre méthodologie sur des travaux optimisés, revus et publiés dans la littérature scientifique. Pour l’ensemble de nos animaux (injectés ou non), ces derniers seront minutieusement observés lors de chaque intervention des expérimentateurs (injection, pesées). Des mesures seront prises pour améliorer le bien-être des animaux. L’hébergement se fera en groupe pour favoriser la socialisation des animaux. La nourriture et l’eau de boisson seront fournies ad libitum. Un enrichissement structural du milieu sera également mis en place. Un contenant sera placé dans chaque cage permettant aux souris de se cacher et de développer leur répertoire comportemental (exploration, enfouissement…).
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.
Spécisme et expérimentation animale · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
L’érythropoïèse murine est bien caractérisée et est proche de celle de l’homme. Les souris déficientes en HSF1 sont disponibles et viables. Nous utiliserons des souris de 10 semaines correspondant à un stade de développement adulte de l’animal.