
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2023-01-20 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-864106)
260 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Elles suivent un entraînement forcé sur tapis roulant et sur échelle, des tests moteurs et un test de reconnaissance d’objet, puis une suspension du train arrière jusqu’à trois semaines simulant la microgravité, avec des injections intrapéritonéales, avant le prélèvement de tissus. Le porteur indique que la suspension provoque un stress et une perte de poids modérée les premières 48 heures. Il justifie l’usage animal par l’absence de modèle cellulaire des effets « corps entier » de l’impesanteur, pour une recherche à finalité spatiale et clinique.
Résumé produit par un modèle de langage à partir du seul texte du laboratoire, selon une méthode arrêtée par l’OXA. Publié sans relecture individuelle préalable, sous la responsabilité de l’association, et corrigé au fil des relectures.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
Décrire les objectifs du projet.
Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).
Dans quel but fait-on ça ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Ce projet a pour objectif de développer des méthodes de prévention des effets néfastes de l’inactivité physique et de la microgravité sur la santé. Celui-ci s’intègre donc à la fois dans la recherche spatiale (astronautes) mais également dans la recherche clinique (alitement, immobilisation, opération, sédentarité…). Pour répondre à ces objectifs, 7 équipes de recherche de spécialités différentes travailleront enssemble pour évaluer l’effet des méthodes de prévention sur l’ensemble de l’organisme et plus particulièrement l’appareil locomoteur qui est fortement impacté. L’expérimentation proposée sur le modèle rongeur devra permettre de mettre en place des recommandations pour une étude clinique humaine future, et proposer des hypothèses de travail pour des recherches cliniques en lien avec la sédentarité. Ces travaux se centreront autour de trois axes principaux : 1- Évaluer l’intérêt d’une préparation physique spécifique avant un vol spatial. 2- Evaluer un assortiment de moyens de prévention du déconditionnement de l’appareil locomoteur pendant la phase d’immobilisation. 3- Evaluer l’étendue de la récupération dans les différents organes de l’appareil locomoteur induite par les moyens de prévention proposés. L’ensemble de ce projet expérimental vise donc à la fois des études scientifiques fondamentales centrées sur les différents environnements (microgravité et remise en charge), mais également l’évaluation de contremesures pour préparer les défis spatiaux de demain. Enfin, bien que ces expérimentations soient réalisées dans le cadre d’étude du domaine spatial, leurs résultats auront un impact important dans le domaine clinique sur Terre, que ce soit en rapport à l’alitement prolongé, la sédentarité, les maladies chroniques, ou le vieillissement, ainsi que sur les moyens de prévention.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).
Est-ce « inutile » ou « nécessaire » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les bénéfices de ce projet permettront à la fois d’accroitre les connaissances scientifiques en lien avec l’appareil locomoteur et la microgravité/inactivité, mais également d’évaluer des mesures concrètes pour en atténuer les effets néfastes en se basant sur de nombreux travaux antérieurs. En effet, l’inactivité est, dans l’espace mais également sur Terre dans le domaine clinique, un réèl probème en matière de santé. Ces expérimentations sont de fait à la fois une étape importante pour réaliser les objectifs de demain dans l’exploration spatiale, mais également un axe de recherche primordiale en matière de santé humaine. Ces résultats pourraient donner lieu à des recommandations importantes lors d’immobilisation, de blessure, d’alitement prolongé dans le domaine clinique, ou encore au cours du vieillissement.
Nuisances prévues, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Un examen publié en 2018 a établi que les résumés allemands et britanniques décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).
Le droit d'accès aux documents · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les animaux suivront un programme d’entrainement sportif sur tapis roulant (au maximum 9 fois 30 minutes pendant 3 semaines). Cet entraînement sera qualibré de manière individuelle. Les animaux suivront un programme d’entrainement sportif sur échelle d’escalade (au maximum 9 fois 30 minutes pendant 3 semaines). Cet entraînement sera qualibré de manière individuelle à l’aide d’un test de force d’agripement et un test de retournement réalisé une fois préalablement. Les animaux réaliseront également une évaluation de coordination motrice (3 fois 5 min), une évaluation de composition corporelle (3 passages de moins de 2 minutes), et un test comportemental de reconnaissance d’objet (1 passage; 15minutes). Enfin, une partie des animaux seront suspendus selon le modèle de suspension du train arrière (7 jours ou 3 semaines) et 3 injections intra-péritonéales (5 secondes par injection) seront réalisées au cours des 3 derniers jours de suspensions respectant les volumes préconisés (200 microlitres).
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Un nouvel examen, publié en 2024, a mesuré que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces mesures portent sur l'Allemagne et le Royaume-Uni. L'examen de 2018 classait la France parmi les pays les moins bons pour l'identification, l'accessibilité et la qualité de ses résumés, sans les noter rubrique par rubrique (Taylor et al., 2018). Les résumés français suivent aujourd'hui le modèle européen commun.
Les animaux souffrent-ils ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
La nuisance à laquelle vont être soumis les animaux durant l’expérimentation sera lié à l’inactivité induite par le modèle de suspension du train arrière. En effet, celui-ci peut induire du stress et durant les premières 48h une perte de poids modérée et des bouchons externes des voies uro-génitales. Cette perte de poids s’arrête ensuite. Les animaux seront aussi stréssés lors des tests de force et de l’entrainement sur tapis roulant. Les animaux auront 3 injections intra-péritonéales respectant les volumes recommandés, et induisant une douleur légère de courte durée.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.
Peut-on parler d'éthique en expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
A la fin des expérimentations, les animaux sont euthanasiés pour permettre les différents prélèvements de tissus pour analyses.
Application de la règle des "3R", selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
1. Remplacement
Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.
Comment avancer vers la fin de l'expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Dans le cadre de ces expérimentations très spécifiques, il n’existe pas d’alternative à l’utilisation d’animaux étant donné l’absence de modèle cellulaire permettant de mimer les effets corps entier de l’impesanteur sur l’ensemble des tissus d’interêt ainsi que les effets des méthodes de prévention. De plus, ces expériementations ne peuvent pas être directement réalisées chez l’homme. L’utilisation d’animaux est donc ici une étape obligatoire mais également extrêmement enrichissante du point de vue scientifique de part les résultats très précieux qu’elle génère.
2. Réduction
Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Ces expérimentations ont été adaptées pour diminuer au maximum le nombre d’animaux utilisés au moyens de deux axes de réductions. Le premier axe consiste à centraliser les procédures de 7 équipes de recherches lors d’une unique expérimentation animale, réduisant ainsi par 7 le nombre de souris qui aurait été classiquement employées. Le deuxième axe consiste à réduire le nombre d’animaux par groupe au moyen d’analyses statistiques réalisées préalablement en vue des effets attendus (logiciel Gpower).
3. Raffinement
Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.
La réglementation est-elle « très stricte » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Du point de vue du raffinement, les procédures engagées durant l’expérimentation n’entraînent pas de douleurs spécifiques. Pour l’activité physiques et les tests sportifs réalisés sur tapis roulant, les animaux y sont préalablement habitués progressivement pour réduire le stress induit. L’animal est libre de cesser de courir lorsqu’il le souhaite. Pour les différentes supplémentations de molécules naturelles, celles-ci sont associées à la nourriture. Les procédures de suspension du train arrières ont été validées et optimisées, et des soins quotidiens sont réalisés pour prévenir toute complication. La température d’élevage sera de 24 à 25 degrés pour éviter le refroidissement des animaux. De plus, les souris seront suspendues par deux pour éviter l’isolement social. Chaque procédure possède également des points limites et critères d’arret stricts. Nous assureront un suivi quotidien des animaux et mesureront le poids des souris tous les 3 jours. Enfin, pour permettre les prélèvements finaux des différents tissus d’intérêt les animaux sont anesthésiés par voie gazeuse avant d’être mis à mort.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.
Spécisme et expérimentation animale · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
La souris Mus musculus a été privilégiée pour plusieurs raisons. Même si il existe des différences subtiles, les espèces murines rat et souris se rapprochent de l’humain en ce qui concerne le système musculosquelettique. Les souris sont par exemple utilisées lors des missions dans l’espace « Bions » pour étudier les effets de la microgravité réèlle. De très nombreuses études ont employé ce modèle et témoignent de sa fiabilité. Les animaux seront utilisés entre 3 et 7 mois en fonction de leurs groupes. Cette tranche d’âge permet de travailler avec des animaux adultes mais non vieillissant, ce qui nous est indispensable vis à vis des différentes analyses (exemple : analyses osseuses) réalisées par la suite.