Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent. Les documents qui décrivent en détail les projets et les établissements, dossiers de demande d'autorisation et rapports d'inspection, s'obtiennent sur demande, et l'administration y occulte des passages, parfois au-delà de ce que les juridictions admettent.
Ce que décrit ce projet, résumé par l'OXA

180 lapins vont être utilisés, tous tués à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger à modéré. Ils reçoivent des instillations répétées de collyre, une partie subissant en plus une chirurgie oculaire ou une injection intraoculaire sous anesthésie, dont un modèle de retrait de l’épithélium cornéen. Le porteur affirme, sur la foi d’études préliminaires chez le rat, que le collyre est « très bien toléré » et n’attend pas de nuisances. Il conclut qu’aucun modèle in vitro ne détermine la pharmacocinétique et que le lapin reste « l’espèce de choix » pour l’œil, les globes étant énucléés après la mise à mort.

Résumé produit par un modèle de langage à partir du seul texte du laboratoire, selon une méthode arrêtée par l’OXA. Publié sans relecture individuelle préalable, sous la responsabilité de l’association, et corrigé au fil des relectures.

NTS-FR-352082v1
Types de recherche
· Recherche appliquée · Troubles sensoriels ·
Mots-clés
Pharmacocinétique oculaire, Spironolactone, Maladies oculaires
Lapins : 180

Objectifs et bénéfices escomptés du projet, selon le laboratoire

Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.

Décrire les objectifs du projet.

Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).

Dans quel but fait-on ça ? · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

Le récepteur minéralocorticoïde (MR) est classiquement exprimé dans le rein où il est impliqué dans la régulation des canaux/pompes ioniques via la liaison à l’aldostérone contribuant à la réabsorption du sodium et le maintien de la pression artérielle, mais est aussi exprimé dans le cœur, les vaisseaux, le tissus adipeux, etc. Une activation chronique excessive du MR est liée à l’inflammation, le stress oxydant et la fibrose. Le MR est également exprimé dans l’œil où son activation est pathologique et l’antagonisme pharmacologique du MR a montré des effets bénéfiques. Des études in vitro ont montré que l’aldostérone augmente la prolifération et la formation de tubules des cellules endothéliales des capillaires rétiniens, ce qui a été réduit par la spironolactone, l’un des antagonistes pharmacologiques du MR. La signalisation de la voie minéralocorticoïde a également été impliqué dans la choriorétinopathie séreuse centrale (CSCR) dans laquelle l’antagonisme du MR a montré une résolution rapide du décollement de la rétine et la vasodilatation choroïdienne. Nous avons récemment montré que l’antagonisme du MR est bénéfique dans la dégénérescence maculaire liée à l’âge de type néovasculaire. Dans un modèle expérimental de néovascularisation choroïdienne induite par le laser, il a été montré que le MR jour un rôle fondamental dans l’angiogenèse choroïdienne. La spironolactone a réduit l’inflammation précoce et induit des effets anti-angiogéniques. Le MR est également exprimé dans l’épithélium cornéen et néovaisseaux cornéens (données non publiées). Dans un modèle de souris knock-out pour le MR dans les cellules endothéliales vasculaires,

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).

Est-ce « inutile » ou « nécessaire » ? · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

Nous avons montré que l’antagonisme pharmacologique du récepteur minéralocorticoïde a des effets bénéfiques dans l’œil. La spironolactone est un antagoniste très puissant du MR mais peu spécifique ce qu’entraine des effets indésirables lorsqu’elle est administrée par voie orale, la seule voie d’administration utilisée à ce jour. C’est pour cela que nous avons développé des formulations oculaires de spironolactone afin de pouvoir traiter des maladies oculaires des segments postérieur et antérieur de l’œil. Des prérequis sont cependant nécessaires avant la mise sur le marché d’un médicament. Les études de pharamcocinétique (PK) sont nécessaires et permettent de décrire le comportement et le devenir du produit dans l’organisme. L’objectif de cette étude est d’étudier les différents paramètres de la PK et la cinétique de libération de la spironolactone et ses métabolites dans l’œil ce qui permettra d’étudier sa distribution dans les tissus et milieux oculaires et connaître la concentration efficace du traitement dans les tissus cibles afin d’adapter les posologies. A l’issu de cette étude, nous aurons plus de connaissances sur le comportement de la libération de la spironolactone et espérons pouvoir ainsi avancer vers la mise dans le marché d’un nouveau traitement pour des affections oculaires.

Nuisances prévues, selon le laboratoire

Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Un examen publié en 2018 a établi que les résumés allemands et britanniques décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).

Le droit d'accès aux documents · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

Les instillations des collyres se font sur animal vigile, avec contention physique manuelle ou dans une serviette. 3 fois à 6 fois par jour pendant une journée sur 72 animaux. Puis, dans un deuxième temps et suivant les résultats de l’étude préliminaire, les animaux, au total de 20, recevront les instillations des collyres 3 ou 6 fois par jour pendant 3 ou 5 jours. Les animaux (au total de 36) ont une chirurgie oculaire sous anesthésie générale qui dure 15 minutes une seule fois puis ont des instillations de collyres 3 fois à 6 fois par jour pendant une journée. Une injection intraoculaire est réalisée sous anesthésie générale et dure environ 10 secondes pour l’injection, une seule fois, sur 52 animaux.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Un nouvel examen, publié en 2024, a mesuré que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces mesures portent sur l'Allemagne et le Royaume-Uni. L'examen de 2018 classait la France parmi les pays les moins bons pour l'identification, l'accessibilité et la qualité de ses résumés, sans les noter rubrique par rubrique (Taylor et al., 2018). Les résumés français suivent aujourd'hui le modèle européen commun.

Les animaux souffrent-ils ? · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

Dans les études préliminaires réalisées au laboratoire, l’instillation du collyre dans les yeux de rats pendant 7 jours n’a pas entrainé des signes cliniques d’inflammation ou de rougeurs de la surface oculaire dont la cornée et la conjonctive et des études en ex-vivo de la cornée ont montré une absence de marqueurs de l’inflammation et de stress oxydant montrant que le collyre est très bien toléré par l’œil de rat. On peut donc s’attendre à ce que le collyre n’entraîne pas de nuisances et effets indésirables sur les animaux. Concernant le modèle de dés épithélialisation cornéenne, les animaux recevront un antidouleur pendant 3 jours. Il n’y a pas de risque de perforation de la cornée. Seul l’épithélium cornéen est retiré à l’aide d’un scarificateur qui est un objet non tranchant. Il s’agit d’un modèle qui a été mis au point par le laboratoire de recherche. Pour l’injection intravitréenne, la tolérance a été évaluée dans les yeux de rats qui n’ont développé aucun signe d’inflammation et irritation. L’injection en elle-même peut cependant entraîner une hémorragie au point de l’injection ou si elle touche d’autres tissus dont le cristallin. La tolérance des nanosphères n’a pas encore été étudiée dans les yeux de rats mais des études antérieures ont montré que les excipients de la formulation n’entraînent pas ou très peu d’effets indésirables. Les doses sont faibles étant donné que les formulations sont administrées localement. La quantité de produit qui traverse les barrières oculaires et se retrouve dans le sang est négligeable.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.

Peut-on parler d'éthique en expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

A l’issue des 3 procédures, tous les animaux sont euthanasiés, les yeux seront énucléés puis les milieux et tissus oculaires seront prélevés et congelés pour des études analytiques par HGPLC-MS afin de quantifier la libération de spironolactone et ses métabolites dans l’œil.

Application de la règle des "3R", selon le laboratoire

Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.

1. Remplacement

Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.

Comment avancer vers la fin de l'expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

Actuellement, aucun modèle in vitro ne permet de déterminer les propriétés pharmacocinétiques des molécules. Dans ce projet, le lapin sera utilisé pour nos études de PK car reste l’espèce de choix pour l’évaluation des composés ophtalmiques aux vues des caractéristiques anatomiques de l’œil qui possèdent des similarités avec celle de l’Homme, de la facilité à le manipuler et de sa fiabilité pour l’évaluation de la cinétique oculaire. Dans cette étude, il est impératif de passer par l’animal avant de procéder à des tests cliniques chez l’homme.

2. Réduction

Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.

Qui est concerné ? · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

Au total, un maximum de 180 lapins seront utilisés dans ce projet. Une étude de la littérature ainsi qu’une estimation grâce à l’algorithme fourni par le logiciel statistique ont été réalisées pour s’assurer de la faisabilité du projet ainsi que pour estimer le nombre d’animaux nécessaire. Une analyse a priori a été réalisée afin de calculer la taille des échantillons. Un test d’hypothèse a été réalisé et le seuil de significativité a été fixé à 0,05. La taille d’effet permettant de montrer l’importance de l’ampleur de l’effet a été calculée en prenant en compte les variables d’autres études et expériences précédentes dans la littérature. En fixant une puissance à 0.80, le logiciel nous a permis de calculer un nombre d’animaux égal à 5 par groupe avec une puissance réelle de 0.87. De plus, une étude préliminaire sera réalisée afin de s’assurer que les formulations libèrent le principe actif dans le temps avant de commencer les vraies études de PK.

3. Raffinement

Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.

La réglementation est-elle « très stricte » ? · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

Les lapins seront placés dans des cages individuelles avec enrichissement du milieu jouets en caoutchouc, buchettes de bois à ronger, cubes de foin) afin que ces derniers soient dans un environnement qui leur soit le plus adapté possible. Ils seront suivis quotidiennement pendant les périodes d’évaluation, ainsi que pendant les phases «de repos » afin de s’assurer de leur bien-être et de pouvoir apporter rapidement des soins le cas échéant. Les animaux sont observés quotidiennement afin de vérifier leur état de santé générale et la tolérance locale du traitement. Les animaux auront une anesthésie générale et une administration d’anesthésique locale dans l’oeil au cours des interventions. Les animaux recevront également un anti-douleur (oioïde) 2 fois par jour pendant 3-5 jours. Prostration des animaux dans leur cage, difficulté à ouvrir les yeux, yeux rouges, très fort larmoiement sont des indices d’intolérance oculaire et de gène physique : dans ce cas, la procédure est arrêtée, l’animal est exclus de l’étude et gardé en vie jusqu’à la fin du protocole. Si les troubles du comportement persistent plus de 2 jours sans amélioration, l’animal est mis àmort.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.

Spécisme et expérimentation animale · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

Dans cette étude, le lapin sera utilisé. Ce modèle animal a été utilisé car il reste l’espèce de choix pour l’évaluation des composés ophtalmiques aux vues des caractéristiques anatomiques de l’œil qui possèdent des similarités avec celle de l’Homme notamment en termes de turn-over de l’humeur aqueuse et de volume vitréen, de la facilité à le manipuler et de sa fiabilité pour l’évaluation de la cinétique oculaire. Pour l’étude de la pharmacocinétique de formulations sous forme de collyre pour le segment antérieur, des lapins albinos Néo-Zélandais seront utilisés et pour le segment postérieur, des lapins pigmentés Fauve de Bourgogne seront utilisés. Les lapins jeunes âgés de 3 mois environ (jeune adulte) seront utilisés pour les expériences. L’âge choisie est en accord avec ce qui est fait dans la littérature pour des études de pharmacocinétique.