
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2023-02-06 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-559064)
76 souris vont être utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré, 12 d’entre elles réutilisées ensuite pour la reproduction et les autres tuées. Des femelles gestantes reçoivent des composés déclenchant une inflammation, par gavage ou injection, puis passent une IRM sous sédation avant que leur descendance ne soit euthanasiée pour examen du cerveau. Le porteur cherche à reproduire un phénotype « de type autistique » chez les souriceaux et décrit les troubles obtenus comme légers. Il affirme qu’aucune approche in vitro ne peut mimer l’interaction entre le foetus et la mère et retient la souris pour sa placentation proche de l’humaine.
Résumé produit par un modèle de langage à partir du seul texte du laboratoire, selon une méthode arrêtée par l’OXA. Publié sans relecture individuelle préalable, sous la responsabilité de l’association, et corrigé au fil des relectures.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
Décrire les objectifs du projet.
Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).
Dans quel but fait-on ça ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les facteurs environnementaux, comme le stress maternel, les carences nutritionnelles et les infections pré- ou périnatales, sont désormais reconnus comme des agents facilitant l’apparition de maladies neurologiques. De nombreuses études épidémiologiques ont confirmé que les infections pendant la grossesse (virus, bactéries, parasites protozoaires) sont corrélées avec le risque accru de développer des troubles neurodéveloppementaux (schizophrénie, épilepsie, troubles du spectre autistique) ainsi que des maladies neurodégénératives. Dans le cerveau, les cellules microgliales sont particulièrement sensibles aux infections. Elles nettoient des agents pathogènes, aident à assembler les connexions neuronales et régulent de nombreux processus. Le dysfonctionnement microglial a été associé à certains troubles neurodéveloppementaux (spectre autistique et schizophrénie). Le premier objectif de cette étude est de vérifier si l’élimination transitoire de la microglie (sans présence d’une infection avec toute la complexité des mécanismes moléculaires associés) peut causer, elle-même, des troubles neurodéveloppementaux à l’âge adulte. Un aspect majeur lié aux infections pendant la grossesse est l’inflammation : 12 % des grossesses à terme ont des infections intra-utérines, qui exposent les mères à un niveau élevé d’inflammation tout au long de la grossesse. Les infections intra-utérines, donnent souvent naissance à des bébés avec une connectivité cérébrale anormale qui devient évidente à l’âge adulte. Le deuxième objectif de notre étude est de vérifier si l’inflammation, sans présence d’une infection, peut, elle-même, modifier le câblage cérébral précoce et causer des troubles neurodéveloppementaux à l’âge adulte. Les rongeurs sont de bons modèles animaux pour imiter cette condition pathologique car ils partagent certaines caractéristiques particulières de la grossesse humaine. Nous proposons d’étudier la connectivité cérébrale structurelle et fonctionnelle avec des enregistrements IRM et IRMf chez des souris ayant subi soit une déplétion de la microglie soit une inflammation transitoire avant la naissance, pour mieux comprendre les mécanismes de base à l’origine de trouble cognitifs, indépendamment du type d’infection pendant la grossesse. Ces modèles murins ont déjà été étudiés et n’ont pas montrés de signes cliniques important au niveau du comportement, uniquement des troubles légers de sociabilité, ne nécessitant pas d’études comportementales spécifiques.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).
Est-ce « inutile » ou « nécessaire » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Mieux comprendre comment les infections causées par différents agents pathogènes pendant la grossesse, sont corrélées avec le risque accru de développer des troubles neurodéveloppementaux est crucial pour un diagnostic précoce chez les bébés, qui, à l’avenir, permettra d’identifier les nourrissons qui ont effectivement besoin d’une intervention précoce, afin de profiter de la période de plasticité cérébrale la plus élevée pour empêcher l’installation de la pathologie. De plus, les résultats de nos études précliniques ouvriront la possibilité de traiter ces enfants pendant la période fœtale, en bloquant l’inflammation, avec un impact tangible sur le chemin clinique. L’identification des paramètres diagnostiques associés à un risque élevé de développer des dysfonctionnements neurologiques chez le nouveau-né apportera une contribution facilement traduisible en clinique néonatale, permettant l’établissement de nouveaux biomarqueurs pour ces cas. L’établissement de nouveaux biomarqueurs est crucial pour favoriser les études sur de nouveaux médicaments visant à résoudre les anomalies cérébrales. Nous analyserons la connectivité cérébrale fonctionnelle, qui s’est avérée extrêmement efficace pour suivre les changements cérébraux, même subtils, chez des jeunes souris qui ont reçu des traitements mimant certains aspects spécifiques des conséquences des infections. Cela nous permettra de séparer et d’évaluer l’importance des différents mécanismes impliqués dans la réponse physiologique aux infections. De plus, comme les enregistrements IRM sont aussi réalisables chez l’homme, la traduction clinique de cette étude sera aisée.
Nuisances prévues, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Un examen publié en 2018 a établi que les résumés allemands et britanniques décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).
Le droit d'accès aux documents · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les souris gestantes reçoivent des médicaments induisant une inflammation, soit sous forme de complément alimentaire, soit par injection (moins d’1mn). La principale source de stress pour les souris pendant ces injections est due à la nécessité de les manipuler et de les tenir pendant l’injection. Les souris seront ensuite scannées par IRM pendant maximum 3 heures et maximum 2 fois (la deuxième séance seulement en cas de mauvais qualité des données de la première séance). L’imagerie IRM nécessite que la souris soit immobile sous sédation. Comparée à l’anesthésie, la sédation est beaucoup plus douce en termes de temps de récupération. Cependant, nous laisserons les souris se reposer pendant au moins deux semaines, dans leur cage, après la séance d’IRM. L’étude nécessite des examens du cerveau ex vivo. Les animaux sont donc euthanasiés en fin d’étude. Cette procédure est réalisée sous anesthésie profonde et dure environ 20 minutes.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Un nouvel examen, publié en 2024, a mesuré que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces mesures portent sur l'Allemagne et le Royaume-Uni. L'examen de 2018 classait la France parmi les pays les moins bons pour l'identification, l'accessibilité et la qualité de ses résumés, sans les noter rubrique par rubrique (Taylor et al., 2018). Les résumés français suivent aujourd'hui le modèle européen commun.
Les animaux souffrent-ils ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Le modèle de souris basé sur notre traitement cause un phénotype de type autistique, léger, dans les descendants, comme l’hyperactivité et des déficits d’interactions sociales. Le modèle de souris est un modèle qui mime « une des causes potentielles du spectre autistique », à savoir les troubles du développement des neurones liés à l’état inflammatoire de la mère, lié ou non à une infection pendant la gestation. Le spectre autistique est très large en terme de phénotype chez l’humain et essentiellement diagnostiqué par des tests psychologiques, chez le très jeune enfant. Modifier l’état inflammatoire pendant la gestation chez la souris permettrait d’obtenir des souriceaux avec potentiellement des troubles du développement. Ce modèle murin est déjà décrit comme ne présentant que de légers troubles moteurs et sociétaux, n’empêchant en rien la vie en groupe. Ni souffrance ni perte de poids ne sont attendus. Les effets indésirables prévisibles sont liés à la sédation de longue durée, entrainant potentiellement un ralentissement de la respiration, laquelle est monitorée durant toute la session d’IRM. La pose du cathéter se fait sous antalgique et anesthésique et ne devrait pas causer d’inconfort. Cependant, une lésion cutanée peut perdurer au point d’implantation après l’imagerie. La température des animaux peut également chuter en fin de session IRM et les animaux peuvent être isolés en cage chauffée, le temps de récupérer et au maximum jusqu’à 24h.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.
Peut-on parler d'éthique en expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les souris gestantes utilisées pour générer les souris imitant les malformations prématurées, après l’accouchement, seront utilisées pour produire d’autres souris nécessaires à d’autres projets de recherche dans l’établissement de recherche. En l’absence de besoin, elles seront euthanasiées. Toutes les souris subissant les enregistrements IRM fonctionnelle seront euthanasiées pour récupérer leur cerveau.
Application de la règle des "3R", selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
1. Remplacement
Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.
Comment avancer vers la fin de l'expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Afin d’étudier l’effet de l’infection, ou la réponse inflammatoire, pendant la période de gestation, il est nécessaire d’utiliser des animaux. Cette recherche examine l’interaction entre l’embryon/le fœtus et la femelle gestante suite à une réponse inflammatoire ; aucune approche in vitro ou in silico ne pourrait mimer cette condition physiopathologique. Aux fins de l’étude, il est également essentiel de mener des expériences sur des animaux qui ont une placentation de type humain. Cette caractéristique du modèle animal sélectionné nous permettra d’étendre les résultats obtenus dans cette recherche à l’homme. La souris constitue donc l’espèce animale au développement neurologique le plus utile à l’étude décrite.
2. Réduction
Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Le nombre d’animaux nécessaires à cette étude a été calculé avec des statistiques basées sur des études antérieures. Pour induire le phénotype désiré en prénatal, il faudra utiliser un certain nombre de souris pour former les couples : ces souris, une fois devenues inutiles pour ce projet, seront mises à la disposition d’autres études nécessitant de tels animaux dans l’établissement. Nous réduirons davantage le nombre de souris nécessaires en imageant deux fois la même souris en cas de problème lors de l’acquisition de données IRM, au lieu d’utiliser une autre souris.
3. Raffinement
Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.
La réglementation est-elle « très stricte » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les embryons de souris connaîtront soit un état inflammatoire, soit l’épuisement des cellules cérébrales anti-inflammatoires pendant un temps limité. Il est connu que cela ne cause aucune douleur. Les séances d’IRM seront sous sédation, avec un protocole déjà testé et publié par des équipes de recherche du monde entier. Avec la sédation, nous évitons le stress causé par la configuration contrainte du berceau d’IRM, tout en utilisant peu d’anesthésiques. Dans les cages, aucune restriction d’eau ou de nourriture n’est requise et des enrichissements, tels que des tubes en plastique et des roulettes pour courir seront fournis. Une inspection quotidienne plus précise que l’inspection habituellement faite en regardant les souris à l’intérieur de la cage, sera immédiatement commencée en cas de blessure, de maladie ou des signes de douleur. Dans ce cas, un score de santé a été défini, avec des points limites qui, s’ils sont atteints pour une souris, déclencheront automatiquement l’euthanasie. Seul le personnel formé à la manipulation des animaux réalisera les expériences et les souris seront inspectées par un vétérinaire en cas de besoin.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.
Spécisme et expérimentation animale · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Pour les besoins de l’étude, il est essentiel de mener des expériences sur des animaux qui ont une placentation très proche celle de la femme. La présence d’une placentation « humaine » chez l’animal modèle sélectionné nous permettra d’étendre les résultats obtenus dans cette recherche, selon une approche translationnelle, à l’homme également. La souris constitue donc l’espèce animale au développement neurologique convenant le plus à l’étude décrite. Nous voulons évaluer l’effet de l’inflammation aiguë prénatale après le développement des animaux (souris de plus de 2 mois de ce fait).