
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2023-03-31 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-222950)
16 420 rongeurs, souris et rats, vont être utilisés, tous tués à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger pour 1 960 d’entre eux et sévère pour 14 460. Une injection unique déclenche une insuffisance hépatique aiguë, notamment par intoxication au paracétamol, avec baisse d’activité, de prise alimentaire et de température, poils ébouriffés et signes de douleur, pour évaluer des molécules. Le porteur reconnaît ces atteintes et une mise à mort pour analyse des organes. Il indique n’utiliser des modèles cellulaires que pour une première sélection, remplaçant « partiellement » les animaux.
Résumé produit par un modèle de langage à partir du seul texte du laboratoire, selon une méthode arrêtée par l’OXA. Publié sans relecture individuelle préalable, sous la responsabilité de l’association, et corrigé au fil des relectures.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
Décrire les objectifs du projet.
Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).
Dans quel but fait-on ça ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
L’insuffisance hépatique aigue est définie par l’altération globale des fonctions hépatiques en un court laps de temps qui va de quelques jours à quelques semaines et qui survient sur un foie sain auparavant. La gravité de l’hépatite est définie par l’évaluation de la fonction globale du foie représentée par le taux de prothrombine. La prothrombine est une protéine synthétisée par le foie, en cas d’anomalie au niveau de cet organe, le taux de prothrombine baisse, entrainant un défaut de coagulation et donc de possibles hémorragies au niveau des organes. On parle d’hépatite aigue sévère lorsque le taux de prothrombine est inférieur à 50%. Les signes cliniques de l’hépatite aigue sévère sont assez limités au début et ne sont souvent constatés qu’une fois la maladie installée. Ces signes sont : un ictère (jaunisse), de la fatigue et des saignements. L’hépatite aigue sévère entraine en plus une inflammation systémique (de tout l’organisme) qui peut engendrer un dysfonctionnement de plusieurs organes. Le cœur et les reins peuvent être atteints avec une baisse de la fonction artérielle et des problèmes rénaux pouvant nécessiter une dialyse. L’hépatite aigue sévère est communément appelée ALF pour Acute Liver failure dans le monde scientifique. C’est cet acronyme qui sera utilisé tout au long de ce dossier pour parler de la maladie. Notre projet vise à établir un modèle qui puisse reproduire une hépatite aigue sévère (ALF), avec pour but ultime d’évaluer la capacité de molécules innovantes à atténuer la gravité de cet évènement et à protéger l’organisme des défaillances multiples.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).
Est-ce « inutile » ou « nécessaire » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
En France, l’hépatotoxicité des médicaments, bien que rare, est estimée à 14 cas pour 100 000 habitants par an, dont 12% feront l’objet d’une hospitalisation et 6% en décèderont. C’est également la première cause de retrait des médicaments du marché. Les anti-convulsivants, les anti-infectieux et les anti-inflammatoires sont les familles les plus concernées. Parmi les médicaments responsables d’hépatites, le paracétamol constitue désormais la première cause d’insuffisance hépatique aigue dans les pays développés. Il existe 2 situations de toxicité de la molécule : -Le surdosage par dose massive (supérieur à 10 g en 1 prise). -La « mésaventure » au paracétamol, par toxicité à dose thérapeutiques pendant plusieurs jours, dans un contexte de prise excessive et chronique d’alcool. L’intoxication au paracétamol constitue la première cause de mortalité par suicide en Angleterre et la première cause d’hépatite fulminante. C’est également plus de 50% des hépatites aigues aux Etats-Unis. Enfin dans les pays d’Asie, la cause la plus répandue d’hépatite fulminante est l’hépatite E, bien que des données récentes indiquent que leshépatites induites aux médicaments sont en fortes progression notamment en Chine avec l’utilisation des remèdes produits à base d’herbes médicinales. L’hépatite aigue fulminante conduit au décès dans plus de 80% des cas en l’absence de traitement. C’est à partir de ce stade que la greffe de foie est envisagée. Ce projet vise donc à trouver une solution alternative à la greffe par l’administration de molécules permettant d’empêcher d’en arriver à ce stade, et de faire régresser la maladie ou de la stopper.
Nuisances prévues, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Un examen publié en 2018 a établi que les résumés allemands et britanniques décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).
Le droit d'accès aux documents · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Au cours des procédures décrites dans ce dossier nous procèderons à une injection unique d’une durée de 15 secondes par animal pour induire la pathologie, précédées, pour les procédures d’évaluation de candidats médicaments, d’un pré-traitement oral ou donné par injection, tous deux d’une durée de 15 secondes, administré de façon quotidienne. Ces administrations de médicaments pourront avoir lieu 1 ou 2 fois par jour sur une durée de 7 jours maximum avant l’installation de la maladie. Pour les procédures concernant le paracétamol, les inductions de l’hépatite se feront par injection unique d’une durée de 15 secondes. De même, les animaux pourrront se voir administrés un pré-traitement avec les composés à étudier, dans les mêmes proportions et conditions que celles citées ci-dessus. L’administration du paracétamol sera précédé d’une mise à jeûn qui pourra aller de 12 à 16h. Dans le cas des souris, celles-ci ne subbiront qu’un prélèvement unique et terminal sous anesthésie générale. Pour les rats, un prélèvement intermédiaire pourra être envisagé afin de caractériser le modèle au niveau des paramètres inflammatoires, ces derniers évoluant plus en amont dans le développement de la pathologie. Le prélèvement sanguin terminal se fera également sous anesthésie générale et précédera la mise à mort.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Un nouvel examen, publié en 2024, a mesuré que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces mesures portent sur l'Allemagne et le Royaume-Uni. L'examen de 2018 classait la France parmi les pays les moins bons pour l'identification, l'accessibilité et la qualité de ses résumés, sans les noter rubrique par rubrique (Taylor et al., 2018). Les résumés français suivent aujourd'hui le modèle européen commun.
Les animaux souffrent-ils ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Lors des procédures décrites dans ce projet, les animaux subiront des injections en intra-péritonéales ou intra-veineuses, à la suite desquelles, on s’attend à constater une diminution de l’activité, une diminution de la prise alimentaire, une diminution de la température corporelle ainsi que des signes de douleurs ou d’inconfort tels que fourrures ébourriffées, larmoiements.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.
Peut-on parler d'éthique en expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
L’évaluation histologique, biochimique et transcriptomique des organes tels que le foie, le cerveau et le rein ainsi qu’une évaluation des taux plasmatiques de marqueurs inflammatoires et hépatiques nécessitent la mise à mort des animaux.
Application de la règle des "3R", selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
1. Remplacement
Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.
Comment avancer vers la fin de l'expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Une première phase de sélection des meilleurs composés est effectuée sur des modèles acellulaires ou cellulaires, contribuant ainsi à l’utilisation de méthodes alternatives visant à remplacer partiellement l’utilisation des animaux.
2. Réduction
Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Dans ce projet et afin de répondre à la règle des 3 R, nous avons estimé le nombre d’animaux nécessaires pour chaque procédure pour avoir une réponse statistiquement analysable afin de réduire au maximum le nombre d’animaux nécessaires dans les expériences. Le nombre initial d’animaux inclus dans chaque groupe expérimental permettra de tenir compte de l’hétérogénéité de la réponse au stimulus, et permettra de disposer d’un nombre de données autorisant une analyse robuste des effets observés.
3. Raffinement
Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.
La réglementation est-elle « très stricte » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les procédures utilisées se feront dans le cadre adapté d’un hébergement agréé avec des personnes habilitées, respectant au maximum le bien-être des animaux avec un enrichissement du milieu (morceaux de bois à ronger, filaments de papier kraft pour faire un nid), en limitant la souffrance par le respect des méthodes anesthésiques et analgésiques afin de raffiner au maximum les procédures. Afin de prévenir des souffrances non nécessaires, une grille de scoring permettant de quantifier la douleur perçue par l’animal sera établie et des points limites seront définis, au-delà desquels les animaux seront retirés de l’étude et mis à mort de façon éthique. Compte tenu du fait que la pathologie implique un emballement du système immunitaire et une défaillance multi -organes, il nous est impossible de remplacer cette expérimentation par des expériences in vitro.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.
Spécisme et expérimentation animale · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Pour l’évaluation de composés chimiques précieux, la souris demande 10 fois moins de produit que le rat, cependant les volumes d’échantillons produits sont limités avec la souris c’est pourquoi l’étude sur rats est intéressante afin d’obtenir plus d’informations scientifiques à partir d’un seul animal. Concernant les procédures utilisant une substance toxique pour le foie associée à un agent inflammatoire, les souris comme les rats pourront être utilisés car ils sont tous deux de bons répondants d’après la littérature. Concernant les procédures utilisant le paracétamol comme inducteur de la pathologie, seules les souris mâles seront utilisées. Les rats ont la capacité de métaboliser le paracétamol, cela a pour conséquence un stress oxydatif moindre et une difficulté à induire l’hépatite fulminante. Les souris femelles ont quant à elle, plus de difficulté à développer une nécrose hépatique. De jeunes adultes offrent une une meilleure homogénéité et une meilleure réponse aux inductions de la pathologie, leur système immunitaire étant mâture. Nous utiliserons des souris pesant 25g au moment de la manipulation et des rats d’environ 300g à l’arrivée.