
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2023-05-17 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-676669)
1 700 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant des niveaux de souffrance léger et modéré. Issues d’un modèle de trouble obsessionnel-compulsif au toilettage poussé jusqu’à la lésion cutanée, elles sont isolées dans des cages automatisées pour apprendre des tâches jusqu’à quatre mois, reçoivent une injection de LSD et subissent pour certaines une chirurgie de deux à trois heures, pour cartographier les régions cérébrales activées par la molécule. Le porteur indique que le LSD provoque des mouvements rapides de la tête et que de rares souris peuvent montrer une souffrance prolongée. Sur le remplacement, il affirme que la neuromodulation « ne peut être remplacée » par une approche ex vivo.
Résumé produit par un modèle de langage à partir du seul texte du laboratoire, selon une méthode arrêtée par l’OXA. Publié sans relecture individuelle préalable, sous la responsabilité de l’association, et corrigé au fil des relectures.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
Décrire les objectifs du projet.
Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).
Dans quel but fait-on ça ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Ce projet, qui vise à enrichir les connaissances sur les mécanismes d’action de l’acide lysergique diéthylamide (LSD) grâce à un ensemble d’expériences chez la souris, comporte trois axes: 1) Caractériser l’ensemble des régions cérébrales mis en jeu lors de l’administration de l’acide lysergique diéthylamide (LSD), grâce à des approches immunohistochimiques et de clarification du cerveau. 2) Étudier l’effet de l’acide lysergique diéthylamide (LSD) sur le comportement des animaux. 3) Étudier plus en détail et à long-terme les modifications d’activités au niveau du cortex orbitofrontal, en lien avec la tâche d’apprentissage et l’administration de l’acide lysergique diéthylamide (LSD).
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).
Est-ce « inutile » ou « nécessaire » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Ce projet vise à enrichir les connaissances sur les mécanismes généraux d’action de l’acide lysergique diéthylamide (LSD) grâce à un ensemble d’expériences chez la souris. Notre objectif est de cartographier les modifications d’activités cérébrales induites par l’acide lysergique diéthylamide (LSD) et pouvant sous-tendre ses effets thérapeutiques en psychiatrie.
Nuisances prévues, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Un examen publié en 2018 a établi que les résumés allemands et britanniques décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).
Le droit d'accès aux documents · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Dans le cadre de ce projet, nous prévoyons d’étudier un modèle murin de trouble obsessionnel-compulsif (TOC) qui ont la particularité d’engager des actions de toilettage de manière compulsive. Ce phénotype peut conduire à des lésions cutanées au niveau de la face et du corps, qui est observable à partir de l’âge de 3 mois, seulement chez certains individus. Les souris seront isolées et placer dans des cages opérantes automatisées dans laquelle elles apprendront des tâches comportementales. Ces systèmes de cages fournissent un environnement enrichi pour les animaux où ils peuvent entreprendre des tâches comportementales à leur propre rythme. Les souris resteront dans ces boîtes en fonction du temps nécessaire à l’animal pour obtenir de bonnes performances dans la tâche, pour une période pouvant aller jusqu’à 4 mois. De plus, tout animal présentant des symptômes de stress élevé ou un manque de motivation lors de la tâche comportementale sera exclu du protocole et laissé en stabulation sous observation. Dans le cadre du projet proposé, les animaux vigiles recevront une dose faible ou élevée de l’acide lysergique diéthylamide (LSD). Nous retiendrons et manipulerons les animaux de manière douce et appropriée pour une injection rapide et réussie. Nous vérifierons également la zone injectée avant de remettre l’animal dans sa cage. L’ensemble de la procédure ne dure que quelques secondes. Nous prévoyons de ne faire qu’une seule injection par animal. Cependant, en raison de son métabolisme rapide, il pourrait être nécessaire d’administrer des doses répétées pour obtenir les mêmes effets que ceux observés chez l’homme. Les animaux qui atteindront un bon niveau de performance dans la tâche envisagée auront une seule intervention chirurgicale. L’opération dure généralement 2-3 heures pendant lesquelles les animaux sont anesthésiés et sous analgésie appropriée. Comme des prélèvements et des analyses post-mortem sont nécessaires, nous devons euthanasier tous les animaux impliqués dans notre projet.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Un nouvel examen, publié en 2024, a mesuré que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces mesures portent sur l'Allemagne et le Royaume-Uni. L'examen de 2018 classait la France parmi les pays les moins bons pour l'identification, l'accessibilité et la qualité de ses résumés, sans les noter rubrique par rubrique (Taylor et al., 2018). Les résumés français suivent aujourd'hui le modèle européen commun.
Les animaux souffrent-ils ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Étant donné que l’objectif principal de ce projet est d’étudier les effets de l’acide lysergique diéthylamide (LSD) sur le comportement et l’activité cérébrale de souris, nous utilisons le modèle murin de trouble obsessionnel-compulsif (TOC) qui ont la particularité d’engager des actions de toilettage de manière compulsive. Ce phénotype peut conduire à des lésions cutanées au niveau de la face et du corps, qui est observable à partir de l’âge de 3 mois, seulement chez certains individus. Les souris seront isolées pour être entraînées à des tâches comportementales. Cependant, elles seront logées dans des boîtes opérantes homecage automatisées, qui constituent un environnement enrichi. Dans le cadre du projet proposé, les animaux recevront une dose faible ou élevée de l’acide lysergique diéthylamide (LSD), qui induit transitoirement (quelques minutes) chez les souris des mouvements rapides de la tête d’un côté à l’autre. Rarement, les animaux peuvent montrer des signes de souffrance prolongée malgré les injections d’analgésiques. Tout animal présentant de tels symptômes sera exclu du protocole et euthanasié.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.
Peut-on parler d'éthique en expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Comme des prélèvements et des analyses post-mortem sont nécessaires, nous devons euthanasier tous les animaux impliqués dans notre projet.
Application de la règle des "3R", selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
1. Remplacement
Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.
Comment avancer vers la fin de l'expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les méthodes utilisées nécessitent l’utilisation de modèle murin, notamment pour la neuromodulation qui ne peut être remplacé par une autre approche ex vivo pour répondre aux objectifs du projet.
2. Réduction
Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
En réalisant des tâches comportementales ciblées utilisant des boites opérantes automatisées, nous pouvons récolter des milliers d’essais par animaux en une période courte, sans intervention de l’expérimentateur. Cette méthodologie permet de diminuer la variance comportementale par animal, obtenir des résultats très constants entre animaux et ainsi de réduire le nombre d’animaux à utiliser. Les tests statistiques que nous utiliserons nous permettront d’obtenir des résultats fiables avec un nombre réduit d’animaux. Sur la base des calculs de puissance et de notre expertise, pour obtenir des résultats fiables dans le cadre de ce projet de 5 ans, nous devrons élever 1700 animaux.
3. Raffinement
Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.
La réglementation est-elle « très stricte » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Dans le cadre du projet proposé, pour chaque mesure expérimentale, des points limites sont établis pour éviter la souffrance et garantir le bien-être de l’animal. En plus, si les animaux, n’atteignent pas de point limites définis, ils seront tous conservés jusqu’à 240 jours au maximum. Les animaux soumis aux procédures comportementales vivront dans des boîtes automatisées qui nous permettent de mieux répondre aux critères des 3R en minimisant l’inconfort des animaux et en réduisant le nombre d’animaux nécessaires pour chaque expérience puisque nous pouvons obtenir des résultats plus fiables par animal. Ces systèmes de cages fournissent un environnement enrichi pour les animaux où ils peuvent entreprendre des tâches comportementales à leur propre rythme. Les souris resteront dans ces boîtes en fonction du temps nécessaire à l’animal pour obtenir de bonnes performances dans la tâche, pour une période pouvant aller jusqu’à 4 mois. De plus, tout animal présentant des symptômes de stress élevé ou un manque de motivation lors de la tâche comportementale sera exclu du protocole et laissé en stabulation sous observation. En plus de cela, anesthésie et analgésie seront administrées à tous les animaux soumis à des procédures chirurgicales afin de minimiser leur douleur. Nous retiendrons et manipulerons les animaux de manière douce et appropriée pour injections rapides et réussies. Nous vérifierons également la zone injectée avant de remettre l’animal dans sa cage. L’ensemble de la procédure ne dure que quelques secondes.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.
Spécisme et expérimentation animale · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Nous disposons de souris qui présentent des comportements compulsifs. En effet, les comportements répétitifs sont la marque de certains troubles neuropsychiatriques apparentés, ce qui offre une occasion unique d’explorer le mécanisme neurobiologique qui sous-tend leur régulation. Dans ces pathologies, l’incapacité de réguler l’expression des comportements appris a souvent des conséquences comportementales délétères. Nous proposons d’utiliser ces conditions pathologiques chez ce modèle rongeur pour mieux comprendre la neurophysiologie des comportements répétitifs et leur rôle dans l’adaptation comportementale. Pour notre étude nous utilisons un modèle murin de troubles obsessionnels compulsifs qui a nécessité des techniques de génie génétique. La pertinence de ce modèle n’a pas d’équivalent dans d’autres espèces. Les animaux utilisés seront de jeunes adultes entre 12 et 36 semaines (3 à 6 mois). L’utilisation d’animaux relativement jeunes est justifiée puisque ce modèle murin présente des lésions cutanées (perte de poils, croûte, plaies) suite au toilettage compulsif, plus fréquemment après 6 mois. Cependant, indépendamment de l’âge, tout animal présentant des lésions cutanées sera exclu du protocole et traité.