
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2023-06-01 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-663248)
3 196 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance pouvant aller jusqu’à sévère. Elles sont infectées par le paludisme au moyen d’une injection de globules rouges parasités, reçoivent des composés à tester, puis subissent des prélèvements de sang à la queue. Le porteur indique que l’infection peut provoquer une hypothermie, puis, en cas de paludisme cérébral, une ataxie, une paralysie partielle et un coma irréversible, les animaux atteints étant mis à mort. Il conclut que la souris reste le modèle de routine faute de modèles humanisés moins coûteux.
Résumé produit par un modèle de langage à partir du seul texte du laboratoire, selon une méthode arrêtée par l’OXA. Publié sans relecture individuelle préalable, sous la responsabilité de l’association, et corrigé au fil des relectures.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
Décrire les objectifs du projet.
Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).
Dans quel but fait-on ça ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Notre projet vise à mettre au point une molécule antipaludique par voie orale pour le traitement du paludisme. L’objectif est de sélectionner un candidat pour la phase pré-clinique parmi des composés développés par notre laboratoire en collaboration avec des équipes de chimie médicinale. Les composés testés in vivo seront sélectionnés parmi les composés très actifs in vitro contre le parasite du paludisme et montrant une faible toxicité contre les cellules de mammifères. Nous évaluerons en premier lieu l’efficacité de ces molécules contre Plasmodium in vivo chez la souris. En effet, une molécule qui est active in vitro peut être moins efficace in vivo car éliminée rapidement par l’organisme ou générer des effets secondaires. La dose nécessaire ainsi que le nombre d’administration pour obtenir une guérison complète seront déterminés. Dans un second temps, les paramètres pharmacocinétiques du ou des meilleurs candidats in vivo seront évalués chez la souris saine et infectée afin de sélectionner le candidat correspondant le mieux aux critères définis par l’organisation mondiale de la santé.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).
Est-ce « inutile » ou « nécessaire » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Le paludisme (malaria) est une maladie parasitaire qui touche une centaine de pays en voie de développement et 40% de la population mondiale vit dans des zones à risque. Les estimations les plus récentes font état de plus de 200 millions de cas cliniques dans le monde. La maladie a causé 627 000 morts en 2020 dont 90% en Afrique sub-saharienne. Elle touche, en particulier, les enfants de moins de 5 ans et les femmes enceintes. L’arsenal thérapeutique actuellement disponible pour lutter contre le paludisme étant insuffisant et de plus menacé par l’augmentation de la résistance des parasites aux derniers antipaludiques, il est urgent de trouver de nouvelles thérapies efficaces afin de tendre vers l’élimination de la maladie. Les efforts doivent privilégier des mécanismes d’action nouveaux et innovants par rapport aux molécules existantes afin de retarder au maximum l’apparition de résistances. C’est le cœur de notre projet, qui vise à développer de nouveaux composés à activité antipaludique en se focalisant sur des molécules visant des métabolismes parasitaires non encore ciblés par les médicaments actuels. Le projet devrait permettre la sélection d’un candidat à un développement clinique. L’obtention d’un antipaludique original permettra d’une part de lutter efficacement contre le paludisme et de sauver la vie de milliers d’enfants chaque année mais contribuera aussi, en diminuant le nombre de cas, à améliorer la qualité de vie (diminution des épisodes fébriles, des séquelles notamment neurologique, des jours d’école ou de travail perdus, …) des habitants des pays touchés.
Nuisances prévues, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Un examen publié en 2018 a établi que les résumés allemands et britanniques décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).
Le droit d'accès aux documents · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Prélèvement de sang sur les souris donneuses après euthanasie des souris. Pour les tests d’activité antipaludique : – Infection par injection de globules rouges parasités. Les animaux sont vigiles, injection unique. La procédure prend moins d’une minute. – Administration d’un composé ou du véhicule. Les animaux sont vigiles. Administration unique ou une fois par jour pendant 4 jours. L’administration du composé prend moins d’une minute. – Prélèvement d’une goutte de sang au bout de la queue : 1 fois par jour pendant plusieurs jours. Les animaux sont vigiles. Chaque prélèvement prend 5 secondes. Pharmacocinétique/pharmacodynamie : – Infection par injection de globules rouges parasités. Les animaux sont vigiles, injection unique. La procédure prend moins d’une minute. – Prélèvement d’une goutte de sang au bout de la queue : 1 fois avant le début de l’expérience et 1 fois avant le prélèvement de la totalité du sang. Les animaux sont vigiles. Le prélèvement d’une goutte de sang prend 5 secondes – Traitement : administration du composé ou du véhicule. Les animaux sont vigiles. Administration unique. L’administration du composé prend moins d’une minute. – Prélèvement de la totalité du sang. Les animaux sont sous anesthésie profonde. Le prélèvement prend moins d’une minute.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Un nouvel examen, publié en 2024, a mesuré que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces mesures portent sur l'Allemagne et le Royaume-Uni. L'examen de 2018 classait la France parmi les pays les moins bons pour l'identification, l'accessibilité et la qualité de ses résumés, sans les noter rubrique par rubrique (Taylor et al., 2018). Les résumés français suivent aujourd'hui le modèle européen commun.
Les animaux souffrent-ils ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Léger stress lors de la contention pour l’infection et l’administration du composé. Un prélèvement de sang sur animaux vigile sera effectué au bout de la queue après l’infection de la souris; possibilité de développer les signes cliniques suivants à partir de 50% de parasitémie :poil hérissé, isolement, dos courbé, urine rouge, hypothermie. En cas de neuropaludisme ou paludisme cérébral, les souris montrent les signes cliniques suivants : ataxie, puis paralysie partielle puis coma irréversible. La parasitémie reste faible. Si des signes de toxicité apparaissent le traitement est suspendu et les souris sont euthanasiées si besoin.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.
Peut-on parler d'éthique en expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les animaux seront tous euthanasiés. Pour les tests d’activité, les animaux non guéris par les composés sont euthanasiés pour éviter les souffrances liées à l’infection. Les animaux guéris ne peuvent être réutilisés d’une part parce qu’il ont subit une procédure sévère et d’autre part car ils ont développé une immunité contre le parasite. Pour les tests de pharmacocinétiques, les animaux sont euthanasiés pour récupérés le sang et les organes.
Application de la règle des "3R", selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
1. Remplacement
Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.
Comment avancer vers la fin de l'expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Afin de minimiser le recours au test sur les animaux, nous avons adopté une stratégie de criblage en entonnoir. Une première phase (la plus importante) se situe en amont de la partie expérimentation chez l’animal. Toutes les nouvelles molécules sont testées in vitro à la fois sur des globules rouges parasités par Plasmodium falciparum (le Plasmodium humain le plus dangereux) pour leur activité antipaludique contre le parasite et sur des cellules de mammifères pour leur activité toxique. Ceci permet de déterminer l’index de sélectivité de chaque molécule. Cet index de sélectivité doit être d’au moins 10 (10 fois plus actif contre P. falciparum que contre des cellules humaines) pour envisager d’être testées dans un modèle du paludisme in vivo chez la souris. Cette première phase très sélective permet de réduire considérablement le nombre de molécules à tester chez l’animal. Les molécules testées in vivo chez la souris impaludée seront choisies parmi les molécules présentant une bonne activité antipaludique, une faible toxicité ainsi qu’une bonne stabilité.
2. Réduction
Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Afin de minimiser le nombre d’animaux utilisés, nous avons choisi d’effectuer un criblage en entonnoir, ce qui permet de diminuer le nombre de molécules testées à chaque étape et donc de diminuer le nombre d’animaux utilisés. Le nombre d’animaux par lot a été déterminé en fonction des expériences. Une simulation statistique a été réalisée afin d’évaluer le nombre minimum de souris par groupe nécessaire pour observer des effets significatifs. Elle est basée sur les expériences précédemment réalisées au laboratoire ou publiées dans la littérature. Plusieurs molécules seront testées dans la même expérience afin d’utiliser un seul lot contrôle pour plusieurs molécules. Pour la pharmacocinétique, si la méthode de dosage de la molécule qui sera testée permet une quantification dans un faible volume sanguin, nous réduirons le nombre de souris de moitié. L’utilisation de souris exclusivement femelles pendant toutes les premières étapes permet de diminuer le nombre de souris nécessaires de moitié puisque nous regardons l’effet de la drogue sur le parasite et non sur l’animal. Nous testons ensuite l’incidence du sexe uniquement avec la ou les meilleures molécules.
3. Raffinement
Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.
La réglementation est-elle « très stricte » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Avant l’expérimentation, les souris sont manipulées régulièrement pour les habituer à être manipulées et éviter un stress lors de l’expérience. Les souris sont hébergées dans des cages avec des igloos et des copeaux pour améliorer leur bien-être. Les animaux sont surveillés pendant toute la durée de l’expérimentation qui dure un mois pour les tests antipaludiques. Dans le cas d’apparition de premiers signes de neuropaludisme (ataxie, paralysie partielle) avant la fin du test (jour 5) des granulés mouillés de nourriture peuvent être ajoutés dans la cage pour être sûr que ces animaux auront accès à la nourriture. En cas de signes cliniques sévères, les animaux sont euthanasiés.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.
Spécisme et expérimentation animale · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
La recherche de nouveaux antipaludiques est principalement dirigée contre le plasmodium humain P. falciparum. Les seuls modèles animaux permettant l’étude de ce parasite sont les singes Aotus ou Rhesus splénectomisés ou la souris humanisée, deux modèles animaux compliqués et coûteux. L’étude in vivo de l’activité antipaludique de composés est donc réalisée en routine chez le modèle souris contre des plasmodium murins. En effet, le cycle de vie ainsi que la morphologie et le métabolisme des différents stades de développement de tous les parasites du paludisme chez les mammifères sont comparables. Les plasmodium murins sont non-pathogènes pour l’homme et ne sont transmissibles entre rongeurs qu’exclusivement par piqûre d’une espèce spécifique de moustique du genre Anopheles, absent en France métropolitaine. Les souris seront âgées de plus de 5 semaines. A cet âge le système immunitaire de la souris est bien en place et permet d’obtenir des réponses aux médicaments reproductibles. De plus l’infection par Plasmodium est aussi très reproductible.