
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2023-07-21 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-568499)
696 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Elles reçoivent une greffe de cellules cancéreuses au flanc puis sept à vingt-huit injections dans la tumeur sur trois semaines, la tumeur pouvant croître jusqu’à un volume limite de 2 000 mm3 avec perte de poids et diarrhée possibles, avant la mise à mort et l’analyse. L’objectif est d’évaluer une cible thérapeutique censée renforcer l’immunothérapie du cancer colorectal. Le porteur affirme que ni les modèles mathématiques ni les systèmes in vitro ne reproduisent l’environnement d’une tumeur, et présente l’animal comme « indispensable ».
Résumé produit par un modèle de langage à partir du seul texte du laboratoire, selon une méthode arrêtée par l’OXA. Publié sans relecture individuelle préalable, sous la responsabilité de l’association, et corrigé au fil des relectures.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
Décrire les objectifs du projet.
Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).
Dans quel but fait-on ça ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
L’immunothérapie a suscité un grand intérêt ces dernières années dans le traitement du cancer. La majorité des patients atteints de cancer colorectal ne tirent qu’un bénéfice limité d’un traitement par l’immunothérapie. L’identification de nouvelles pistes ou cibles pour augmenter la population qui répond à la thérapie et améliorer le potentiel de guérison sont deux objectifs urgents et importants pour optimiser l’efficacité antitumorale. L’objectif de cette recherche est d’évaluer le rôle d’une cible thérapeutique potentielle sur la croissance des tumeurs colorectales et sur des traitements par immunothérapie en combinaison avec une chimiothérapie classique ou d’autres éléments qui peuvent augmenter l’efficacité des traitements du cancer colorectal.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).
Est-ce « inutile » ou « nécessaire » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
L’immunothérapie représente une approche révolutionnaire dans le traitement du cancer. Le bénéfice principal de ce projet est l’identification de nouvelles cibles thérapeutiques optimisant l’efficacité de l’immunothérapie sur le cancer colorectal. Ce projet permet aussi de répondre à des questions fondamentales pour mieux comprendre l’interaction immunitaire entre des cellules cancéreuses et des cellulaires immunitaires.
Nuisances prévues, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Un examen publié en 2018 a établi que les résumés allemands et britanniques décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).
Le droit d'accès aux documents · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Procédure 1 : L’injection des cellules sur animaux par voie sous-cutanée au niveau du flanc de la souris sera effectuée une fois en quelques secondes pour chaque expérience. L’injection des médicaments par voie intra-tumorale de la souris sera effectuée entre 2 à 9 fois par semaine en quelques secondes selon des traitements pour maximum 3 semaines. Une souris subit entre 7 à 28 injections pendant toute l’expérience (durée totale entre 1 à 4 minutes). Un suivi de croissance tumorale sera effectué tous les 2-3 jours au pied à coulisse en quelque secondes pour maximum 3 semaines. Au total, une souris sera mesurée au maximum 9 fois (durée totale : moins de 1 minute). Les souris seront pesées 2 fois par semaine en quelque secondes pour maximum 3 semaines. Au total, une souris sera pesée au maximum 6 fois (durée totale : moins de 1 minute).
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Un nouvel examen, publié en 2024, a mesuré que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces mesures portent sur l'Allemagne et le Royaume-Uni. L'examen de 2018 classait la France parmi les pays les moins bons pour l'identification, l'accessibilité et la qualité de ses résumés, sans les noter rubrique par rubrique (Taylor et al., 2018). Les résumés français suivent aujourd'hui le modèle européen commun.
Les animaux souffrent-ils ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les souris vont développer des cancers colorectaux sous cutanés et vont recevoir des traitements par des injections par voie sous-cutanée au niveau du flanc. Ces procédures peuvent provoquer une perte de poids, une baisse d’activité, un pelage ébouriffé et de la diarrhée, etc. Les injections sous-cutanées peuvent induire un certain stress.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.
Peut-on parler d'éthique en expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
A l’issue de chaque procédure, les animaux seront mis à mort et des analyses post-mort seront fait sur des tumeurs ou des organes d’intérêt.
Application de la règle des "3R", selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
1. Remplacement
Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.
Comment avancer vers la fin de l'expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Des études réalisées in vitro ont permis de choisir la lignée cellulaire tumorale et un médicalement chimio-thérapeutique efficient pour les manipulations in vivo. Cependant, ni les modélisations mathématiques, ni les systèmes in vitro ne permettent de reproduire l’environnement physiologique auquel est soumis un cancer in vivo. L’emploi du modèle animal est indispensable afin d’évaluer l’influence d’une cible thérapeutique potentielle sur la croissance des tumeurs ou des traitements en présence d’un système immunitaire ainsi que d’un microenvironnement complet.
2. Réduction
Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Nous pratiquerons le minimum d’expériences sur le nombre minimal d’animaux pour chaque expérience, qui permettent à la fois d’être assuré de la reproductibilité des phénomènes observés et d’avoir la puissance statistique nécessaire en tenant compte de la variabilité expérimentale du modèle employé. Nous allons effectuer des tests statistiques pour analyser la croissance tumorale. Après chaque expérience, un logiciel spécial sera utilisé pour calculer la taille de l’échantillon d’après les données obtenues pour optimiser le nombre de souris à la puissance statistique nécessaire.
3. Raffinement
Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.
La réglementation est-elle « très stricte » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Une expérience pilote sera lancée d’abord pour maitriser les techniques et décider le nombre de cellules à injecter à chaque souris en fonction des conditions de l’animalerie de l’institut. Pour réduire le stress et l’angoisse des souris, de l’enrichissement sera ajouté dans chaque cage d’hébergement (coton et maison en carton). Une surveillance sera effectuée 1 à 2 fois par jour par les membres de ce projet ou le cas échéant par le personnel qualifié de l’animalerie afin de détecter le plus rapidement possible tout signe de souffrance de l’animal. La prise de greffe sera surveillée par des observations, des mesures de tumeur avec un pied à coulisse et des pesées régulières (tous les 2/3 jours). Lorsque la tumeur atteindra un volume estimé de 100mm3, la souris subira une injection de véhicule (PBS) ou des médicaments par injection intra-tumorale pour au maximum 3 semaines. Pour limiter au maximum la douleur et la souffrance associée au sepsis sévère et notamment lors de la fin de vie, Les souris seront mises à mort : 1) lorsque la tumeur atteindra la taille limite éthique (2000mm3) selon la formule volume = (Longueur x largeur^2)/2. 2) si la perte de poids dépasse 20% ou si les points limites sont >ou=6. Le poids de la tumeur sera calculé en fonction du volume : poids en kg = volume en m^3 x densité du tissu (1,04 pour colon) x 1000. La perte de poids sera calculée en prenant en compte le poids de la tumeur selon la formule : perte de poids relative = 1 – (poids actuel de la souris – poids de tumeur)/(poids de la souris avant le traitement). Les tumeurs ou certains organes peuvent être prélevés pour des analyses plus avancées.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.
Spécisme et expérimentation animale · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
La forte similitude des systèmes immunitaires humains et murins, la disponibilité des lignées cellulaire du cancer colorectal murin, des souches congéniques et transgéniques parfaitement définies faisant la souris un modèle de référence pour étudier des tumeurs consanguines ou des tumeurs se développent dans des animaux avec même contenu génétique et immunocompétents. Les souris seront utilisées à l’âge adulte (6 à 12 semaines après la naissance) possédant un système immunitaire mature.