
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2023-09-12 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-884792)
305 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger. Chaque souris reçoit deux injections dans l’abdomen, une prémédication puis un mélange anesthésique qui l’endort de cinq à quarante-cinq minutes, l’exercice étant répété une semaine plus tard, non pour produire des connaissances mais pour former des étudiants au maniement et à l’injection. Le porteur décrit comme seule nuisance le stress de la contention et une légère douleur au point d’injection. Il affirme qu’aucune méthode de remplacement ne permet une formation technique appropriée sur l’animal vigile, et justifie l’usage de la souris par le programme pédagogique national.
Résumé produit par un modèle de langage à partir du seul texte du laboratoire, selon une méthode arrêtée par l’OXA. Publié sans relecture individuelle préalable, sous la responsabilité de l’association, et corrigé au fil des relectures.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
Décrire les objectifs du projet.
Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).
Dans quel but fait-on ça ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Cette séance de travaux pratiques (TP) chez la souris est destinée à des étudiants dont la formation peut conduire à des métiers en lien avec le domaine de l’expérimentation animale. Dans ce contexte, les étudiants doivent acquérir un savoir-faire pour participer aux essais chez l’animal vigile et être en mesure de réaliser entre autres les traitements et les observations cliniques des animaux afin de pouvoir candidater sur les postes proposés par les organismes publics ou privés de recherche et par les industriels. D’autre part, cet enseignement pratique participe à une meilleure orientation de nos étudiants par la découverte concrète des exigences et responsabilités liées à l’utilisation de l’animal. Les objectifs pédagogiques de ces travaux pratiques sont de plusieurs ordres : – D’un point de vue pharmacologique : mettre en évidence l’interaction entre un neuroleptique et un mélange anesthésique – D’un point de vue éthique (raffinement) : mettre en évidence l’importance d’utiliser une molécule en prémédication (ici le neuroleptique) avant de réaliser une anesthésie, sensibiliser les étudiants à cette notion ainsi qu’à l’utilisation de l’animal en expérimentation. – D’un point de vue expérimental chez l’animal : former les étudiants à la préhension / contention de la souris vigile et à la réalisation d’une injection intrapéritonéale (IP) chez la souris ; apprendre à observer le comportement des animaux traités avec le neuroleptique comparativement aux animaux témoins après administration de l’anesthésique ; savoir recueillir des données expérimentales de façon exhaustive afin de répondre à l’objectif de l’étude (sensibilisation à la nécessité de préparer une étude afin d’en tirer les résultats attendus sans avoir besoin de les reproduire).
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).
Est-ce « inutile » ou « nécessaire » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Ce projet a pour but d’apprendre aux étudiants de notre formation à réaliser des expérimentations in vivo de pharmacologie. En effet, notre formation prépare à un diplôme, qui est réglementé au niveau national et dont le contenu des enseignements est défini selon un programme pédagogique national. Les étudiants doivent acquérir 5 compétences durant leur formation, et notamment la compétence « mener des études à l’échelle du vivant ». En deuxième année, la validation de cette compétence implique de savoir « expérimenter dans le cadre d’études pré-cliniques en évaluant l’effet de xénobiotiques en pharmacologie notamment sur animal de laboratoire ». Ainsi ce TP s’inscrit parfaitement dans ce cadre et les bénéfices attendus pour les étudiants sont les suivants : – apprentissage de la manipulation des souris vigiles : pesée, identification, préhension, contention et injection intrapéritonéale – apprentissage du déroulé d’une étude en pharmacologie in vivo : constitution des lots d’animaux, identification des animaux, recueil de données et traçabilité, choix des paramètres à étudier afin de réaliser un suivi exhaustif des animaux, analyse et interprétation des résultats – mise en pratique des éléments vus en cours théoriques sur l’éthique en expérimentation animale, notamment mise en évidence des règles de bien-être animal au cours du TP. L’enseignant s’assure tout au long du TP du respect de l’éthique et interroge régulièrement les étudiants sur les éléments indispensables au respect des règles de bien-être animal dans ce TP.
Nuisances prévues, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Un examen publié en 2018 a établi que les résumés allemands et britanniques décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).
Le droit d'accès aux documents · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les animaux seront soumis à deux injections intrapéritonéales séparées de 30 minutes : – Injection 1: prémédication avec un neuroleptique ou son véhicule (sérum physiologique) – Injection 2: mélange anesthésique. Chaque injection ne dure que quelques secondes. Le mélange anesthésique aux doses choisies induira la narcose chez environ 50% des individus du lot témoin et chez 100% des souris ayant reçu la prémédication. La narcose durera entre 5 et 45 min environ en fonction des animaux et des lots (les souris traitées avec le neuroleptique dormiront plus longtemps que les témoins). Ce protocole sera répété une deuxième fois dans les mêmes conditions une semaine après pour chaque souris.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Un nouvel examen, publié en 2024, a mesuré que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces mesures portent sur l'Allemagne et le Royaume-Uni. L'examen de 2018 classait la France parmi les pays les moins bons pour l'identification, l'accessibilité et la qualité de ses résumés, sans les noter rubrique par rubrique (Taylor et al., 2018). Les résumés français suivent aujourd'hui le modèle européen commun.
Les animaux souffrent-ils ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
La contention et la manipulation des souris entrainent du stress, les injections en intrapéritonéale engendrent une légère douleur au site d’injection.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.
Peut-on parler d'éthique en expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Chaque souris sera utilisée pour deux séances de TP espacées d’une semaine. Cette réutilisation des animaux pour deux TP a été validée par notre vétérinaire référent à la condition que les souris ne soient pas réutilisées après ces TP. Ainsi, à la fin des séances, les souris seront mises à mort.
Application de la règle des "3R", selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
1. Remplacement
Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.
Comment avancer vers la fin de l'expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Dans la formation de nos étudiants, le programme pédagogique national prévoit, en pharmacologie, l’évaluation in vivo des effets de molécules de référence par la mise en œuvre de protocoles expérimentaux. Il n’existe à l’heure actuelle aucune méthode de remplacement permettant une formation appropriée de nos étudiants sur le plan technique (manipulation de l’animal vigile, administration des substances chez l’animal vigile…). De plus nous dispensons également au sein de l’établissement une formation à l’expérimentation animale niveau praticien et ce TP participe à cette formation.
2. Réduction
Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Pour chaque TP, 2 souris par étudiant seront uilisées. Chaque étudiant prendra en charge les traitements et le suivi d’un animal par lot expérimental pour évaluer les effets d’une prémédication sur la narcose induite par le mélange anesthésique. Afin de réduire le nombre d’animaux utilisés chaque souris participera à deux séances de TP espacées d’une semaine (12-14 étudiants par séance). De plus, afin de pouvoir analyser les résultats correctement sans augmenter le nombre d’animaux par séance les étudiants travailleront sur les données regroupées de toute la promotion, ce qui permettra de mettre en évidence les effets d’un neuroleptique sans augmenter le nombre d’animaux par étudiant. Il y a 52 étudiants maximum par promotion, répartis en 4 groupes de 13 étudiants en moyenne, 2 groupes auront le TP la semaine 1 et les 2 autres groupes la semaine 2. Deux souris seront nécessaires par étudiant lors d’un TP, chaque souris servant à deux séances de TP. Par an, deux souris serviront aux démonstrations (utilisées dans 2 séances de TP) et 5 souris supplémentaires seront prévues en cas de soucis d’intégration d’une souris dans le protocole. Ainsi (2*13*2)+4+5=61 souris par an et 305 souris sur 5 ans. Ce chiffre sera revu à la baisse si la promotion comprend moins d’étudiants. Afin de garantir une formation de qualité aux étudiants, il n’est pas possible de diminuer plus le nombre d’animaux.
3. Raffinement
Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.
La réglementation est-elle « très stricte » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les animaux seront hébergés en groupe socialement harmonieux en présence de deux éléments d’enrichissement (papier absorbant et une petite maison ou tunnel soit en polycarbonate soit en carton). Les point limites spécifiques du projet seront appliqués : tout animal présentant des signes de stress ou de maladie tels que : poil hérissé, stéréotypie, comportement agressif ou absence de prise de poids telle qu’attendue à l’âge de ces animaux, ne sera pas inclus dans le TP et seront pris en charge selon les recommandations du vétérinaire référent. Préalablement au TP, les animaux auront été manipulés régulièrement afin de diminuer leur stress lors de l’injection IP et une récompense (de type vers séchés, mélange de fruits légumes et graines, mini-gouttes de yaourt, billes de céréales…) leur sera donnée afin d’augmenter leur familiarité. De même, une récompense leur sera donnée après chaque acte (pesée/marquage, puis après chaque IP). Afin de diminuer leur stress, la répartition des souris dans leur cage d’hébergement sera conservée à l’issue du TP. Les étudiants sont sensibilisés au bien-être des animaux lors de cours théoriques mais également en TP. Ainsi ils seront invités à parler doucement et à limiter les bruits afin de ne pas stresser les animaux. Chaque souris sera placée sur un tapis afin de la protéger du froid et sous une lampe chauffante pour éviter toute hypothermie après injection des molécules. La prémedication peut prolonger la narcose induite par le mélange anesthésique sur une durée plus ou moins longue suivant les individus. Pour s’assurer que les souris soient réveillées lors de leur retour dans leur hébergement, les animaux recevant le neuroleptique seront traités avant les témoins.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.
Spécisme et expérimentation animale · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
La souris est une des principales espèces utilisées en recherche et notamment en pharmacologie. Il est donc nécessaire que nos étudiants soient formés à la manipulation et à l’observation de celle-ci. Les souris seront utilisées au stade adulte (environ 25 à 35 grammes) correspondant au stade d’utilisation classique de ces animaux lors des essais de pharmacologie précliniques.