
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2023-09-19 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-636315)
840 oiseaux de sept espèces, dont 120 poules, vont être utilisés dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger, puis réutilisés pour d’autres tâches. Chaque animal reçoit une injection de produit de contraste au manganèse par contention, exécute une tâche comportementale d’une heure, puis subit une IRM sous anesthésie générale d’environ deux heures après transport vers une seconde animalerie. Le porteur reconnaît le stress de la contention et du transport ainsi que la toxicité possible du manganèse, dont il dit avoir peu de recul au-delà d’un mois. Il compare les capacités cognitives des perroquets à celles des primates et décrit ces sept espèces comme « indispensables ».
Résumé produit par un modèle de langage à partir du seul texte du laboratoire, selon une méthode arrêtée par l’OXA. Publié sans relecture individuelle préalable, sous la responsabilité de l’association, et corrigé au fil des relectures.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
Décrire les objectifs du projet.
Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).
Dans quel but fait-on ça ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Notre projet de recherche s’intéresse à l’évolution du cerveau et de la cognition chez les vertébrés. Une espèce de perroquet, la calopsitte élégante (Nymphicus hollandicus) a des capacités cognitives de haut niveau similaires à celles des primates (ex : résolution de problèmes, utilisation d’outils), bien que son cerveau soit organisé de façon très différente. Un point commun dans l’organisation du cerveau des perroquets et des primates est la taille très importante de leur pallium, la partie du cerveau qui est le siège de la cognition chez les oiseaux et les mammifères. Pour autant, l’organisation du pallium et le rôle de ses différentes régions dans les fonctions cognitives de haut niveau demeurent peu connus chez les perroquets. Pour commencer l’étude du rôle des différentes régions du pallium dans ces fonctions, nous réaliserons des expériences d’IRM fonctionnelle, permettant de visualiser l’activation neuronale lors de différentes tâches de comportement. Nous comparerons nos résultats chez les calopsittes en réalisant les mêmes expériences avec d’autres espèces d’oiseaux: deux espèces de Psittaciformes (la perruche ondulée Melopsittacus undulatus et la conure à joues vertes Pyrrhura molinae), une espèce de Passeriformes (diamant mandarin Taeniopygia guttata), et d’autres espèces d’oiseaux couramment utilisées dans les études de neuroanatomie mais possédant des cerveaux plus petits (caille japonaise Coturnix japonica, poulet Gallus gallus, pigeon Columba livia), afin de déterminer quelles parties du pallium sont particulièrement importantes chez les calopsittes -et expliquent potentiellement leurs capacités cognitives exceptionnelles-. Ce protocole expérimental sera réalisé dans deux animaleries différentes (deux établissements utilisateurs différents).
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).
Est-ce « inutile » ou « nécessaire » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Malgré de nombreuses études démontrant les capacités cognitives exceptionnelles des perroquets, leur neuroanatomie fonctionnelle demeure méconnue. Afin d’expliquer ces capacités cognitives, une étude fonctionnelle comparative avec des espèces d’oiseaux ne possédant pas ces mêmes capacités s’impose. L’idée est de déceler les points communs et différences entre les cerveaux de perroquets -capables de comportements très complexes – et les cerveaux d’autres espèces d’oiseaux qui ne sont pas capables de ces comportements. Ainsi, on pourra identifier les régions cérébrales responsables de ces capacités cognitives exceptionnelles. Notre étude comparée permettra de mieux comprendre comment les cerveaux de primates et de perroquets, dont les morphologies diffèrent considérablement, peuvent posséder des capacités cognitives similaires.
Nuisances prévues, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Un examen publié en 2018 a établi que les résumés allemands et britanniques décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).
Le droit d'accès aux documents · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Contention puis injection d’un produit de contraste (moins de 15 minutes, réalisées dans l’animalerie 1), tâche de comportement (session d’1 heure, réalisée dans l’animalerie 1) et, à distance, imagerie par résonnance magnétique (IRM) sous anesthésie générale durant environ 2 heures (réalisée dans l’animalerie 2, dans l’établissement utilisateur où se situe l’IRM). Chaque animal subit la procédure une fois.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Un nouvel examen, publié en 2024, a mesuré que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces mesures portent sur l'Allemagne et le Royaume-Uni. L'examen de 2018 classait la France parmi les pays les moins bons pour l'identification, l'accessibilité et la qualité de ses résumés, sans les noter rubrique par rubrique (Taylor et al., 2018). Les résumés français suivent aujourd'hui le modèle européen commun.
Les animaux souffrent-ils ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les nuisances attendues sont liées au stress de la contention pour l’injection de manganèse, au stress du transport et à l’anesthésie, ainsi que la potentielle toxicité du manganèse sur le long terme (peu de recul sur les effets d’une injection de manganèse au-delà d’un mois) et la douleur liée à son injection.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.
Peut-on parler d'éthique en expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Ce projet étant constitué uniquement d’une procédure de classe légère, les animaux seront réutilisés pour des tâches de comportement.
Application de la règle des "3R", selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
1. Remplacement
Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.
Comment avancer vers la fin de l'expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Dans le cadre de notre projet, les espèces animales utilisées ne peuvent être remplacées. Notre étude nécessite un échantillonnage d’espèces suffisamment large, tant sur le plan du nombre absolu d’espèces utilisées que sur d’autres critères (distance phylogénétique entre les espèces, taille du cerveau pour les études neuroanatomiques) pour pouvoir tirer des conclusions robustes à la fin de notre étude. En comparant la neuroanatomie fonctionnelle de ces espèces lors de la réalisation de tâches identiques, nous pourrons mettre en lumière les différences démarquant les perroquets des autres espèces. De ce fait, il est pertinent et nécessaire d’utiliser ces sept espèces d’oiseaux.
2. Réduction
Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Pour ces expérimentations, le nombre d’animaux utilisés sera limité aux besoins statistiques de nos analyses, et nous privilégierons des tests statistiques qui permettront de limiter le nombre d’individus nécessaires. Des études IRM précédemment publiées chez les mammifères, oiseaux et amphibiens nous permettent de déterminer le nombre d’individus nécessaires.
3. Raffinement
Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.
La réglementation est-elle « très stricte » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Dès la réception des animaux, leur bien-être sera particulièrement observé par des zootechniciens compétents. Une communication entre le personnel de zootechnie et les expérimentateurs permettra un suivi adéquat des animaux. Nous n’attendons pas de souffrance lors de nos tests mais dans chaque cas, nous suivrons les signes visibles d’un animal souffrant et procèderons si nécessaire à une interruption de l’expérience, à une analgésie (meloxicam (Metacam inj ND) 0,2 mg/kg/24h voie IM bréchet) ou à une euthanasie. Pour cela nous utilisons une grille d’évaluation des points limites qui prend en compte des comportements ou signes visibles tels que la présence de difficultés à se percher, à maintenir une posture, ou à produire des vocalisations, la présence de difficultés à réagir à l’expérimentateur (comportements apathiques), la baisse de la prise alimentaire entrainant une perte de poids ou encore l’auto-picage (auto-arrachage de plumes). Enfin, la présence de lésions visibles (plaies, fracture) sera également surveillée. De nombreux nids et perchoirs seront ajoutées à l’hébergement pour fournir de l’enrichissement. Les animaux sont hébergés en groupe (avec un baguage individuel pour distinguer chaque animal), mais pendant l’apprentissage des tâches comportementales, les animaux sont isolés dans une partie close de leur volière où se situe le dispositif expérimental. Cet isolement est de courte durée (quelques minutes) et se fait dans l’enceinte même de la volière d’hébergement. Lors du transport des animaux vers la plateforme d’imagerie, ce transport s’effectuera dans une cage recouverte d’un tissu et munie de chaufferettes permettant de maintenir les animaux à une température adéquate et dans l’obscurité. De plus, ce transport sera de courte durée.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.
Spécisme et expérimentation animale · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Pour identifier quelles parties du cerveau de la calopsitte élégante sous-tendent ses remarquables capacités cognitives, une étude neuroanatomique comparée du cerveau entre cette espèce et d’autres oiseaux est indispensable. Nous avons prévu de comparer l’anatomie fonctionnelle de la calopsitte à six espèces représentatives des différents groupes phylogénétiques chez les oiseaux : deux autres espèces de Psittaciformes (la perruche ondulée Melopsittacus undulatus et la conure à joues vertes Pyrrhura molinae), une espèce de Passeriforme (diamant mandarin Taeniopygia guttata), une espèce de Columbiforme (pigeon Columba livia), et deux espèces de Galliformes (caille japonaise Coturnix japonica, poulet Gallus gallus). Le diamant mandarin, le pigeon, la caille et le poulet ne possèdent pas des capacités cognitives de haut niveau, et nous pensons qu’ils ne seront pas capables de réaliser la tâche d’ouverture de boite, nécessitant des capacités de résolution de problème. Ainsi, nous pourrons comparer l’activité du cerveau d’oiseaux capables de réaliser cette tâche, et d’oiseaux qui n’en sont pas capables. Parmi les Psittaciformes, la perruche ondulée est la seule espèce pour laquelle un atlas du cerveau a été publié. Elle servira de référence pour décrire l’organisation neuroanatomique des Psittaciformes tandis que la conure, qui a un cerveau de taille similaire à celui de la calopsitte, ne possède pas les mêmes comportements et nous servira de point de comparaison chez les Psittaciformes, afin de vérifier que les régions du cerveau de la calopsitte identifiées comme étant impliquées dans les fonctions cognitives de haut niveau sont bien les mêmes chez les autres Psittaciformes. Nous travaillerons sur des adultes (âge des animaux : conures à joues vertes : entre 10 et 15 mois, calopsitte : entre 10 et 18 mois, perruche ondulée : entre 4 et 9 mois, diamant mandarin : entre 6 et 8 mois, pigeon : entre 5 et 7 mois, poulet : entre 5 et 9 mois, caille : entre 6 et 7 semaines) car il nous est nécessaire d’étudier un cerveau pleinement développé. De plus, c’est à l’âge adulte que le répertoire des comportements est mature.