
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2023-09-21 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-980535)
410 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures menées pour partie sous anesthésie sans réveil et pour partie à un niveau de souffrance modéré. Elles reçoivent des injections de toxine diphtérique provoquant une chute des plaquettes et des saignements, puis certaines subissent une incision du foie déclenchant une hémorragie massive sous anesthésie profonde, pour mesurer le pouvoir hémostatique de concentrés de plaquettes. Le porteur décrit un modèle de choc hémorragique destiné à évaluer différentes préparations de plaquettes transfusées. Il affirme que l’efficacité de ces concentrés ne peut être évaluée qu' »in vivo » et non uniquement in vitro.
Résumé produit par un modèle de langage à partir du seul texte du laboratoire, selon une méthode arrêtée par l’OXA. Publié sans relecture individuelle préalable, sous la responsabilité de l’association, et corrigé au fil des relectures.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
Décrire les objectifs du projet.
Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).
Dans quel but fait-on ça ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
La survenue d’un choc hémorragique provoquée par la perte massive et brutale de sang est une urgence vitale qui doit être prise en charge dans les plus brefs délais. La transfusion sanguine reste encore à ce jour le traitement principal dans la prise en charge d’un patient en choc hémorragique lié à une chirurgie ou à un traumatisme. Les caractéristiques intrinsèques des concentrés plaquettaires, telles que leur durée de conservation ou leurs préparations, sont autant de facteurs qui inflencent le rendement et l’efficacité de la transfusion. Nous proposons d’étudier les capacités hémostatiques (c’est à dire leur capacité à arrêter une hémorragie), des concentrés plaquettaires dans un modèle de choc hémorragique. Différents types de concentrés plaquettaires seront administrés et leur pouvoir hémostatique seront évalués.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).
Est-ce « inutile » ou « nécessaire » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Ce projet permet de mesurer l’éfficacité des différentes préparations de concentrés de plaquettes sanguines dans la prévention du choc hémorragique mortel. A ce jour chez l’homme, le temps entre le don de plaquettes par un donneur et la transfusion à un malade est au maximum de 7 jours. De plus elles ne peuvent pas être conservées à 4°C ce qui limiterait la prolifération bactérienne mais sont conservées à température ambiante. Ce délai très court et les conditions restreintes de conservation impactent la mise en œuvre de la transfusion qui doit être réalisée des la survenue du choc.
Nuisances prévues, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Un examen publié en 2018 a établi que les résumés allemands et britanniques décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).
Le droit d'accès aux documents · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Des animaux vigiles subiront des injections en i.p. quotidiennement pendant 4 jours (durée de l’injection inf à 1 minute) Aucun prélèvement ne sera fait sur animal vigile. Des prélèvements sanguins de faible quantité seront faits à la queue (durée du prélèvement inf à une minute), Certains animaux seront profondément anesthésiées avant un prélèvement sanguin qui est unique car terminal (durée du prélèvement inférieur à 3 minutes). Les animaux seront profondément anesthésiés et seront transfusés avant de subir une incision calibrée au niveau du foie entrainant un saignement massif (durée de l’intervention : 20 minutes)
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Un nouvel examen, publié en 2024, a mesuré que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces mesures portent sur l'Allemagne et le Royaume-Uni. L'examen de 2018 classait la France parmi les pays les moins bons pour l'identification, l'accessibilité et la qualité de ses résumés, sans les noter rubrique par rubrique (Taylor et al., 2018). Les résumés français suivent aujourd'hui le modèle européen commun.
Les animaux souffrent-ils ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les injections répétées de toxine diphtérique entraînent une thrombopénie profonde qui peut être associée à des saignements.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.
Peut-on parler d'éthique en expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les animaux sont tous mis à mort à la fin de chaque procédure : la procédure décrivant le prélèvement sanguin pour préparer les plaquettes à transfuser est une procédure sans réveil (car prélèvement sanguin unique et terminal), la procédure décrivant le modèle hémorragique est faite également sur souris anesthésiée profondément et mise à mort à la fin de la procédure car la souris a subi un choc hémorragique.
Application de la règle des "3R", selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
1. Remplacement
Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.
Comment avancer vers la fin de l'expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
L’hémorragie met en jeu le vaisseau, les conditions hémodynamiques de la circulation sanguine et le sang. Ces conditions multifactorielles nécessitent l’évaluation de l’éfficacité des concentrés plaquettaires in vivo et ne peuvent pas être évaluées uniquement in vitro même si certains tests sur les fonctions plaquettaires peuvent être évalués in vitro au préalble afin de minimiser le nombre d’animaux.
2. Réduction
Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Afin de réduire le nombre de souris nécessaires au développement du modèle de choc hémorragique les conditions de la lésion hépatique seront établies sur des souris décédées. Les plaquettes transfusées sont fluorescentes afin de mettre à profit ces expériences pour la déterminer des mécanismes cellulaires mis en jeux dans l’arrêt du saignement. Pour les procédures le nombre d’animaux nécessaires par condition est établi à 10. Enfin, les résultats seront analysés grâce à des tests statistiques adaptés permettant d’évaluer le pouvoir de coagulation de concentrés de plaquette sanguines sur un modèle de choc hémorragique chez le souris.
3. Raffinement
Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.
La réglementation est-elle « très stricte » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Toutes les procédures sont réalisées sous anesthésie profonde sans réveil. Un soin particulier sera apporté afin de diminuer la douleur et le stress de tous les animaux utilisés dans ce projet : – Hébergement dans des cages munies de particules de bois et enrichie avec 3 carrés de cellulose + 3 bâtons de coton + de la frisure afin de permettre aux animaux de réaliser un nid conformément à leurs besoins comportementaux – Pendant toutes les expérimentations, les animaux sont surveillés par du personnel entrainé. Les points limites ont été établis afin de pouvoir soustraire l’animal à toute souffrance.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.
Spécisme et expérimentation animale · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Nous avons choisi la souris car nous avons une bonne connaissance de la biologie des plaquettes de cet animal. Sa petite taille permet la transfusion d’une quantité modérée de plaquettes. De plus la disponibilité de nombreux modèles génétiquement modifiés permettra d’étendre ce projet vers la compréhension des mécanismes hémostatiques de la transfusion plaquettaire. La quantité de plaquettes sanguine des souris augmentent avec l’âge. Les animaux seront utilisés à l’âge adulte entre 7 et 20 semaines, période où la numération plaquettaire est stable.