
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2024-05-14 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-088290)
Du lysat de myéline est injecté sous la peau du dos, suivi de deux injections de toxine, pour déclencher une maladie auto-immune du système nerveux central qui paralyse le train arrière. 1 680 souris vont être utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré à sévère, toutes tuées pour prélèvement d’organes, après un génotypage par tatouage des pattes et section de l’extrémité de la queue entre le septième et le dixième jour de vie. D’autres subissent une chirurgie stéréotaxique de moins de vingt minutes pour recevoir un composé inflammatoire dans le cerveau, l’ensemble visant à comprendre le rôle des astrocytes et des cellules des vaisseaux dans la sclérose en plaques. Le porteur qualifie la paralysie du train arrière de non douloureuse, annonce un suivi quotidien du score de J0 à J45 et une mise à mort dès le point limite atteint, sans dire à quel degré de paralysie ce seuil est fixé.
Résumé produit par un modèle de langage à partir du seul texte du laboratoire, selon une méthode arrêtée par l’OXA. Publié sans relecture individuelle préalable, sous la responsabilité de l’association, et corrigé au fil des relectures.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
Décrire les objectifs du projet.
Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).
Dans quel but fait-on ça ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
La sclérose en plaques est une maladie inflammatoire du Système Nerveux Central (SNC) d’origine autoimmune associée à une demyélinisation et une perte axonale, responsable d’une neurodégérescence chez les patients. Aujourd’hui, 2,3 millions de personnes dans le monde sont affectés par cette maladie qui touchent principalement les sujets jeunes de moins de 50 ans. La cause de la sclérose en plaques reste inconnue et il n’existe pas de traitement curatif contre cette maladie. De plus, il est important de noter que les options thérapeutiques actuelles disponibles pour prévenir les formes sévères de la sclérose en plaques sont principalement des immunothérapies (par exemple le Natalizumab (Tysabri®)) dont le mécanisme d’action conciste à bloquer l’activité et/ou l’infiltration des cellules inflammatoires dans le parenchyme cérébral. Malheureusement, l’utilisation de ces therapies est limitée du fait de leur effets indésirables associés notamment une diminution de l’efficacité du système immunitaire et une toxicité hépatique et rénale. Ce projet a pour objectif de mieux comprendre la physiopathologie de la sclérose en plaques, ce qui est primordial pour identifier de nouvelles cibles thérapeutiques. Plus précisément nous nous attacherons à mieux comprendre le rôle de l’unité gliovasculaire, c’est à dire des cellules endothéliales et des astrocytes dans le SNC en contexte neuro-inflammatoire aigu et chronique. A plus long terme nous souhaitons identifier de possibles stratégies thérapeutiques ciblées au niveau de l’unité gliovasculaire jusqu’à présent peu explorées et exploitées pour fournir des alternatives originales et sûres aux traitements actuels que représentent les immunothérapies dans la prise en charge des rechutes et de la progression de la sclérose en plaques.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).
Est-ce « inutile » ou « nécessaire » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Mieux comprendre comment les cellules endothéliales et les astrocytes se comportent au cours de la sclérose en plaques. Ces cellules composent une barrière (la barrière hémato-encéphalique) qui sépare le sang circulant du cerveau mais en contexte de sclérose en plaques, leur comportement est modifié et elles ne jouent plus leur rôle de barrière. Cela va favoriser le passage de cellules immunitaires dans le cerveau depuis le sang et va également rendre ces cellules immunitaires plus agressives au cours du développement de la maladie. Nous allons plus précisément analyser les interactions entre les astrocytes, les cellules endothéliales et les cellules immunitaires à différents endroits (au niveau du vaisseau sanguin, dans l’espace entre le vaisseau et les astrocytes et dans le tissu cérébral lui-même). Nous allons analyser l’activation, la migration et la prolifération des cellules endothéliales, des astrocytes et des cellules immunitaires et leur production de composants délétères dans la sclérose en plaques. L’objectif à long terme est d’Identifier de nouvelles cibles thérapeutiques personnalisées pour les patients atteints de sclérose en plaques. En effet la sclérose en plaques est une maladie hétérogène avec des formes variées probablement dues à des mécanismes multiples.
Nuisances prévues, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Un examen publié en 2018 a établi que les résumés allemands et britanniques décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).
Le droit d'accès aux documents · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Toutes les souris seront génotypées entre J7 et J10 après la naissance. Pour cela, chaque animal est tatoué au niveau des pattes avec un numéro d’identification unique puis l’apex de la queue est prélevé pour réaliser le génotypage de l’animal. La durée pour réaliser le prélévement de l’apex sous contention est de quelques secondes et la durée pour réaliser le tatouage sous contention est de moins de 20 secondes. Les animaux avec les génotypes d’intérêt sont ensuite selectionnés pour réaliser les expérimentations. Toutes les souris subiront 1 série de 5 injections intrapéritonéales (1 par jour pendant 5 jours) pour induire le knockout. Chaque injection dure moins de 30 secondes. Pour le modèle de sclérose en plaques chez les souris: les animaux subiront deux injections sous cutanée de lysat de myéline en haut et en bas du dos associées à 2 injections intra-péritonéales de toxine (la première 2h après les injections de myeline, et la seconde 24h après). Les deux injections de myeline combinées durent moins de 30 secondes et les injections intra-péritonéales de toxine moins de 10 secondes chacune. Pour le modèle d’injection stéréotaxique chez la souris: les animaux subiront une injection sous cutanée d’analgésique avant la chirurgie (la chirurgie stéréotaxique dure moins de 20 min par animal). Suite à la chirurgie, les souris recevront trois injection d’anti inflammatoire en sous cutané. Chaque injection sous cutanée dure moins de 10 secondes.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Un nouvel examen, publié en 2024, a mesuré que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces mesures portent sur l'Allemagne et le Royaume-Uni. L'examen de 2018 classait la France parmi les pays les moins bons pour l'identification, l'accessibilité et la qualité de ses résumés, sans les noter rubrique par rubrique (Taylor et al., 2018). Les résumés français suivent aujourd'hui le modèle européen commun.
Les animaux souffrent-ils ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Injections intra-péritonéale pour induire le knockout: administrations répétées pendant 5 jours consécutifs pouvant induire un stress lié à la contention ainsi qu’une douleur légère lors des injections. Induction de l’encéphalomyélite expérimentale autoimmune: 2 Injections sous cutanées non douloureuses (en haut et en bas du dos) associées à 2 injections intra-péritonéales pouvant induire une douleur légère lors de l’injection. Les souris étant habituées pendant deux semaines avant l’induction, le stress est minimal pour les animaux (l’absence de stress chez les animaux est essentiel pour avoir une réponse uniforme et cohérente à l’induction de la maladie). La paralysie du train arrière est non douloureuse mais peut s’accompagner d’un stress chez l’animal qui doit être surveillé quotidiennement. Injection stéréotaxique: injection sous cutanée non douloureuse d’un analgésique avant la chirurgie pouvant entrainer un stress chez l’animal lié à la contention. Cependant les animaux sont habitués avant la chirurgie notamment à la contention pour minimiser ce stress. Les animaux reçoivent ensuite 3 injections sous cutanées d’anti inflammatoire en post-opératoire pour empêcher l’apparition de douleur associée à l’acte chirurgical. Là encore cela nécessite la contention des animaux.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.
Peut-on parler d'éthique en expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Toutes les souris seront mises à mort afin d’effectuer le prélèvement d’organes.
Application de la règle des "3R", selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
1. Remplacement
Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.
Comment avancer vers la fin de l'expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
La sclérose en plaques est une maladie complexe faisant intervenir de nombreux types cellulaires dans le cerveau (cellules endothéliales, astrocytes, péricytes, neurones, oligodendrocytes) et dans le sang (cellules immunitaires comme les lymphocytes). L’étude de l’ensemble de ces cellules et plus encore leurs interactions ne peut pas à l’heure actuelle être réalisées uniquement avec des tests in vitro de culture cellulaire. Le recours à un être vivant, mammifère, présentant des caractéristiques partagées avec l’homme est donc nécessaire et les rongeurs représentent un modèle de choix pour réaliser une analyse in vivo complémentaire des autres expériences.
2. Réduction
Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Le nombre d’animaux a été calculé à l’aide d’un logiciel qui nous permet de limiter au maximum le nombre d’animaux nécessaire pour obtenir des différences significatives entre les groupes comparés (concernant le score de paralysie dans le modèle de sclérose en plaques chez la souris notamment). Le nombre de souris par groupe et par analyse, calculé par le logiciel, est de 10. Il faut noter cependant que nous ne pourrons pas faire toutes les analyses sur une seule souris. Pour le modèle de sclérose en plaques chez la souris, il faudra 3 lots de 10 souris par groupe pour 3 temps soit 90 souris totales par groupe. Pour le modèle d’injection dans le cerveau d’un composé inflammatoire, il faudra 3 lots de 10 souris pour 3 temps soit 30 souris total pour chaque groupe. Ce chiffre est conforté par notre propre expérience et par celle de la communauté scientifique s’intéressant à la sclérose en plaques, 10 animaux par lot et par analyse sont nécessaires pour obtenir des résultats exploitables statistiquement aussi bien pour les mesures de la paralysie et les analyses histologiques et moléculaires. Pour réduire le nombre d’animaux, aucune expérience déjà publiée ne sera reproduite. Les manipulations seront réalisées par du personnel technique entrainé de façon à réduire la variabilité des résultats donc le nombre d’animaux nécessaires.
3. Raffinement
Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.
La réglementation est-elle « très stricte » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
L’hébergement des souris sera réalisé dans des conditions qui limiteront le stress et l’inconfort (animalerie agrée, personnels formés, cage de 3 à 6 animaux maximum en portoir ventilé avec libre accès à l’eau et à la nourriture ainsi qu’un environnement enrichi avec igloo cartonné et serpentins de papier à dérouler). La souffrance des animaux sera réduite par l’usage d’anesthésiques et d’antalgiques adaptés pour la réalisation des gestes douloureux. D’autre part, les animaux seront surveillés quotidiennement par le zootechnicien, le responsable du bien-être animal ou l’expérimentateur. Dès le début des expérimentations, une fiche bien-être est ouverte. Y sont gradés l’apparence, la perte de poids, les signes cliniques et le comportement. Les animaux sont surveillés quotidiennement par l’expérimentateur ou le zootechnicien (Y compris le week-end). Si ce n’est pas l’expérimentateur, lui-même qui détecte un signe de souffrance ou de mal être, il sera immédiatement alerté. En fonction du score, la cage est identifiée avec une carte « à surveiller » et surveillée plus fréquemment (2-3 fois par jour) ou bien si le score est plus élevé, les souris reçoivent un traitement antalgique avec mise à disposition de nourriture humide associé au nettoyage/re-fermeture des plaies (si nécessaire) et à des visites plus fréquentes de l’expérimentateur (toutes les deux heures). Lorsque le score atteint le point limite, l’animal est mis à mort immédiatement par le zootechnicien/l’expérimentateur. Pour les animaux avec la sclérose en plaques, un scoring quotidien sera réalisé entre J0 et J45. Dès que les animaux montreront les premiers signes de paralysie, l’expérimentateur mettra à leur disposition des croquettes mouillées sur le sol de la cage. La déshydratation sera évaluée quotidiennement par pincement de la peau du cou et de l’hydrogel sera utilisé comme source d’eau dès les premiers signes de déshydratation.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.
Spécisme et expérimentation animale · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Pour l’étude de la sclérose en plaques, la souris est le modèle animal de choix en terme de susceptibilité à l’induction mais également pour le développement de symptômes très proches de ceux observés chez l’homme. Cela permettra, à terme, d’extrapoler les résultats, obtenus lors de notre étude pré-clinique chez la souris, à l’homme. La souris est un modèle de mammifère à sang chaud dont l’organisation structurale des vaisseaux du cerveau présente de nombreuses similitudes avec l’organisation des vaisseaux du cerveau chez l’homme. La souris est à ce jour la seule espèce de mammifère pour laquelle il est possible, en routine, de modifier le génome afin de créer des modèles d’études de maladies humaines. Les souriceaux seront génotypés à J7-J10 après la naissance. Des souris adultes âgées de 8 semaines (début du protocole) à 5 mois (fin du protocole) seront ensuite utilisées pour les expérimentations. Notre objectif n’est pas d’étudier des processus développementaux mais des processus physiopathologiques.