
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2024-05-21 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-596961)
Choisies parce que leur système immunitaire ne fonctionne pas complètement et utilisées avant six semaines, avant sa maturité, 100 souris reçoivent un virus de chauve-souris australienne par injection dans le cerveau, dans l’abdomen ou par inhalation d’une goutte. Quatre-vingt-seize d’entre elles relèvent de procédures impliquant un niveau de souffrance sévère, et toutes sont tuées à la fin du protocole. Le porteur attend pour le groupe injecté dans le crâne des tremblements, une paralysie, une perte d’équilibre et « probablement la mort des animaux », et fixe comme point limite tout signe neurologique, coté 2 d’emblée. Il écrit par ailleurs que les injections n’induiront « pas plus qu’une gêne mineure de courte durée ».
Résumé produit par un modèle de langage à partir du seul texte du laboratoire, selon une méthode arrêtée par l’OXA. Publié sans relecture individuelle préalable, sous la responsabilité de l’association, et corrigé au fil des relectures.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
Décrire les objectifs du projet.
Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).
Dans quel but fait-on ça ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les virus de la famille des henipavirus représentent un risque important pour la santé humaine et sont classés dans la liste des virus dangereux prioritaires de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Seul deux virus de cette famille sont connus comme étant très dangereux pour l’homme ; il s’agit des virus Nipah et Hendra, responsables d’infections touchant les systèmes nerveux (cerveau) et pulmonaires et qui sont souvent mortelles (75-100% de mortalité). Ces virus sont portés dans la nature par les grandes chauves-souris frugivores d’Asie, chez qui ils n’engendrent à priori pas de maladie. Il n’existe à l’heure actuelle ni vaccin, ni traitement, ces virus sont donc classés au plus haut niveau de sécurité biologique. De ce fait, les recherches menées sur ces virus sont donc de grande importance comme le souligne l’OMS, mais limitées et extrêmement onéreuses de par la nécessité d’utiliser de laboratoire de très haute sécurité. En 2012, un autre virus a été identifié chez des chauves–souris frugivores en Australie sans être responsable de maladie chez l’homme (le virus Cedar), les analyses ultérieures ont montré des différences importantes avec Nipah et Hendra qui explique son innocuité. Ainsi l’absence dans les cellules de plusieurs mécanismes de contrôles de la réponse immunitaire fait de ce virus un modèle intéressant pour étudier Nipah et Hendra sans toutefois présenter un risque biologique élevé pour la population. Ce virus a démontré une réplication extrêmement limitée chez plusieurs espèces (cobayes, souris, hamster, furet) associée à une absence de symptômes ce qui justifie son utilisation dans des conditions de confinement limité. Nous proposons ici d’étudier ce virus chez la souris déficiente pour une partie de son système immunitaire afin de pouvoir disposer d’un modèle de niveau de sécurité biologique modéré permettant l’étude des henipavirus. Ce modèle nous permettra d’analyser les cibles cellulaires du virus et comprendre son interaction avec l’organisme. Nous pourrons l’utiliser par la suite comme modèle pour l’évaluation de médicament en validant des preuves de concept. Il s’agira ici d’une initiative pionnière car aucun modèle de ce type n’existe à l’heure actuelle. Notre objectif principal est donc la caractérisation de ce nouveau virus et de ces effets chez l’animal afin de développer de nouveaux traitements contre les henipavirus.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).
Est-ce « inutile » ou « nécessaire » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Ce projet permettra tout d’abord de comprendre les cibles cellulaires de ce virus dans ce modèle de souris. De plus, nous pourrons étudier la réponse immunitaire de la souris à ce virus et la comparer à celle que nous avons caractérisée contre les virus plus dangereux de la même famille. Nous pourrons ainsi mieux comprendre comment ces virus échappent le contrôle par la réponse immunitaire humaine. De plus, ce projet permettra d’établir un modèle utilisable pour évaluer médicaments et vaccins dans des animaleries conventionnelles avant d’avoir recours à des animaleries de haute sécurité.
Nuisances prévues, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Un examen publié en 2018 a établi que les résumés allemands et britanniques décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).
Le droit d'accès aux documents · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Dans les procédures 1 et 2, les animaux seront soumis à des injections dans le cerveau (32 souris, 1 minute / animal), dans l’abdomen (32 souris, 30 secondes / animal) ou l’inhalation d’une goutte de virus (32 souris, 30 secondes / animal). Dans la procédure 1, une prise de sang sera réalisée en piquant avec une aiguille en dessous de la mâchoire (48 animaux, 30 secondes / animal). De plus 4 animaux seront injectés avec une solution saline inerte (PBS) comme controle. Dans tous les cas, les actes d’injections seront réalisés sous anesthésie ainsi que les prélèvements sanguins sous mandibulaires et intracardiaques terminaux. Les injections réalisées auront peu d’impact sur la santé des animaux et il n’est pas attendu plus qu’une gêne mineure de courte durée.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Un nouvel examen, publié en 2024, a mesuré que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces mesures portent sur l'Allemagne et le Royaume-Uni. L'examen de 2018 classait la France parmi les pays les moins bons pour l'identification, l'accessibilité et la qualité de ses résumés, sans les noter rubrique par rubrique (Taylor et al., 2018). Les résumés français suivent aujourd'hui le modèle européen commun.
Les animaux souffrent-ils ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Il est attendu selon les groupes l’apparition potentielle de paralysie, de tremblements, de vertige ou de symptômes respiratoires. Dans les cas des animaux IFNAR KO il est attendu, au minimum pour le groupe « injection intracraniale », l’apparition de symptômes neurologiques sévère tels que tremblements, paralysie et perte d’équilibre et probablement la mort des animaux. Dans les cas des infections intranasal ou intrapéritonéal, il est également possible qu’une atteinte neurologique sévère soit possible mais également des difficultés respiratoires mineures (atteintes pulmonaires) et une éventuelle perte de poids modérée. Dans tous les cas, il n’est pas attendu que les différentes injections induisent plus qu’une gêne mineure de courte durée. L’administration intranasale indura une gêne très légère et de très courte durée (inférieure à une minute). Le prélèvement de sang intermédiaire à J3 sera réalisé sous anesthésie gazeuse par piqure sous-mandibulaire avec une lancette et récolte de la goutte de sang avec un capillaire, cette étape n’induira pas de gène étant réalisé sous anesthésie.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.
Peut-on parler d'éthique en expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les animaux étant infectés par un virus, l’ensemble des animaux sera euthanasié à la fin du protocole.
Application de la règle des "3R", selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
1. Remplacement
Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.
Comment avancer vers la fin de l'expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Il existe de nombreux modèles de culture in vitro ou ex vivo complexes dérivés de la culture cellulaire ou de l’animal pour cultiver les virus. Ces méthodes tendent à recréer artificiellement les interactions cellulaires que nous pouvons retrouver dans un organisme mais ne permettent pas de se focaliser sur un organe ou un organisme vivant entier (système immunitaire, flux sanguin, voies lymphatiques, ). Ces tests ne permettent pas de répondre à des questions globales, tels que la dissémination dans l’organisme, la mise en place de la pathologie ou bien encore les différentes réponses immunitaires. Ainsi l’étude de la physiopathologie d’un virus passe donc encore obligatoirement par l’utilisation d’un modèle animal.
2. Réduction
Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Nous utiliserons 8 animaux par groupe pour les protocoles infectieux (mâles et femelles) afin de garantir une fiabilité de nos résultats (notamment la comparaison avec des tests statistiques). Nous réaliserons les expériences de façon séquentielle, tout d’abord une première expérience exploratoire dans des souris au système immunitaire déficient et si cette expérience ne donne pas de résultats exploitables (pas de réplication du virus) alors l’ensemble du projet est arrêté.
3. Raffinement
Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.
La réglementation est-elle « très stricte » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Le personnel participant à cette étude aura été formé en interne à l’observation des signes de la maladie et à la cotation dans les grilles de score. Ces grilles contiennent différents aspects à quantifier (0, +1 ou +2) selon la gravité des symptômes observés. La grille évalue l’apparence, la perte de poids et la présence de syndrome neurologique. Pour l’apparence, un aspect normal sera coté 0, le poil ébouriffé, une expression faciale modéré, des mouvements réduits seront coté 1. Un dos vouté, une expression faciale sévère, ou l’absence de mouvement sera coté 2. Une perte de poids
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.
Spécisme et expérimentation animale · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Nous cherchons ici à caractériser le modèle de souris dont le système immunitaire ne fonctionne pas complétement en comparaison de souris normales. Nous utiliserons des souris car ces petits mammifères sont tous très similaires (grande lien de parenté) et de nombreux outils sont disponibles pour les étudier. Nous utiliserons des animaux jeunes de moins de 6 semaines, dont le système immunitaire n’est pas complètement mature, afin de se mettre dans des conditions les plus favorables pour le développement de l’infection virale, ce qui nous permettra la mise en place d’un modèle de petit animal d’étude de la pathogénèse virale.