
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2024-05-22 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-736796)
Chaque souris subit, sous anesthésie, une incision de la peau et des tissus au-dessus de la trachée, puis une injection d’une molécule qui déclenche une fibrose pulmonaire, la plaie étant refermée par un ou deux points de suture. 480 souris, dont des porteuses d’une inactivation d’une copie du gène Parn, vont être utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Le porteur indique un risque de mortalité lié à la fibrose du septième au quatorzième jour après l’injection, une gêne respiratoire et une perte de poids possibles, atteintes qu’il déclare pourtant en souffrance modérée. Toutes sont tuées pour prélever les poumons, après un lavage bronchoalvéolaire par cathéter introduit dans la trachée.
Résumé produit par un modèle de langage à partir du seul texte du laboratoire, selon une méthode arrêtée par l’OXA. Publié sans relecture individuelle préalable, sous la responsabilité de l’association, et corrigé au fil des relectures.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
Décrire les objectifs du projet.
Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).
Dans quel but fait-on ça ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
La fibrose pulmonaire idiopathique (FPI) est une maladie pulmonaire fréquente et grave. Environ 10% des cas de FPI sont associés à des cas familiaux. En dehors de la transplantation pulmonaire, aucun traitement permettant de guérir cette maladie n’est disponible pour les patients. La FPI résulte d’un dysfonctionnement de cellules pulmonaires : les pneumocytes de type 2 (P2), qui résulte notamment d’expositions environnementales, et d’anomalies génétiques favorisantes, le vieillissement constituant un facteur favorisant majeur. On détecte dans près de 30% des formes familiales une lésion génétique pathogène (délétère) sur un gène contrôlant la stabilité de l’extrémité des chromosomes. Parmi celles-ci, les anomalies dans le gène « poly(A)-specific ribonuclease » (PARN) sont parmi les anomalies les plus fréquemment rencontrées. Les phénomènes biologiques reliant ces anomalies génétiques de PARN et le développement de la fibrose demeurent inconnus. Les modèles de souris de fibrose pulmonaire sont la référence actuelle pour l’étude de la physiopathologie (mécanismes à l’origine d’une maladie) de la fibrogenèse (formation de la fibrose) pulmonaire. Le développement d’un modèle sur la souris de fibrose pulmonaire associée au défaut génétique de Parn est justifié par i) l’accès très limité aux prélèvements pulmonaires de patients atteints de ce défaut génétique ; ii) les limites de l’utilisation de modèle in vitro (culture cellulaire) pour l’étude de la fibrogenèse pulmonaire. L’objectif de ce travail est de caractériser l’impact du défaut génétique de Parn sur la fibrogenèse pulmonaire.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).
Est-ce « inutile » ou « nécessaire » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
La fibrose pulmonaire idiopathique est une maladie progressive et fatale impliquant des interactions entre différents systèmes biologiques. Cette étude a pour objectif d’étudier le rôle du défaut autosomique dominant (la transmission d’une copie du gène muté est suffisante pour transmettre la maladie) de Parn dans des modèles sur la souris de fibrose pulmonaire. Atteindre cet objectif exige l’étude du rôle de Parn dans un organisme animal vivant respectant la complexité de la biologie pulmonaire qui implique de nombreux types cellulaires et médiateurs. Cette étude, réalisée d’une façon fiable et appropriée dans nos modèles murins, assurera une meilleure connaissance de la physiopathologie de la fibrogenèse pulmonaire chez l’Homme. Ceci est un préalable indispensable au développement de nouvelles thérapies ciblées et curatives pour nos patients.
Nuisances prévues, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Un examen publié en 2018 a établi que les résumés allemands et britanniques décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).
Le droit d'accès aux documents · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Nous utilisons dans ce projet des souris contrôles, des souris transgéniques avec un défaut génétique inactivant l’une des deux copies du gène Parn. En début de procédure, les souris recevront, sous anesthésie générale, une injection unique d’une molécule induisant la fibrose pulmonaire. Cette molécule sera injectée directement au niveau de la trachée chez les souris endormies, après dissection de la peau et des tissus sous cutanés : la visualisation directe de la trachée permet une meilleure chance de succès de la procédure. Après injection, la lésion sera suturée par un ou deux points de suture (la totalité de la procédure de l’incision de la peau à la suture durera de 5 à 7 minutes) : la souris recevra un antalgique au cours de la procédure, et qui pourra être répétée. A l’issue de la procédure, les souris seront euthanasiées à des temps différents après anesthésie profonde, après quoi un prélèvement de sang sera réalisé ainsi qu’un lavage bronchoalvéolaire (une petite incision au niveau de la trachée est réalisée pour permettre de placer un cathéter souple, une injection unique de sérum Physiologique est effectuée délicatement, et ré-aspirée) et le recueil des poumons sur l’animal euthanasié.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Un nouvel examen, publié en 2024, a mesuré que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces mesures portent sur l'Allemagne et le Royaume-Uni. L'examen de 2018 classait la France parmi les pays les moins bons pour l'identification, l'accessibilité et la qualité de ses résumés, sans les noter rubrique par rubrique (Taylor et al., 2018). Les résumés français suivent aujourd'hui le modèle européen commun.
Les animaux souffrent-ils ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
L’induction de la fibrose pulmonaire chez les souris peut déclencher des difficultés respiratoires et une possible altération de l’état général avec perte de poids. Dans les modèles de fibrose induite par deux molécules différentes, il existe un risque de mortalité liée au développement de la fibrose à partir du 7ème jour, et jusqu’au 14ème jour après injection. Une fréquence respiratoire anormalement élevée ainsi qu’une gêne respiratoire sont des conséquences possibles de la fibrose . Un risque d’irritation au niveau de la cicatrice, suite à l’intervention chirurgicale au niveau de la trachée, est également possible et constitue un point de surveillance en post-opératoire.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.
Peut-on parler d'éthique en expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
L’ensemble des animaux seront euthanasiés en fin de procédure en suivant une méthode réglementaire. L’euthanasie de l’animal est nécessaire pour le prélèvement des poumons. Ces prélèvements sont nécessaires pour l’analyse des tissus afin d’étudier et de mieux comprendre les mécanismes immunitaires impliqués dans la fibrose pulmonaire.
Application de la règle des "3R", selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
1. Remplacement
Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.
Comment avancer vers la fin de l'expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
A ce jour, il n’existe pas de méthodes alternatives pour modéliser la réponse d’un organe entier dans le cas du développement de la fibrose pulmonaire. En outre, la bonne compréhension des mécanismes cellulaires au sein des poumons est strictement dépendante de l’étude du recrutement des cellules issues d’autres tissus/organes via la circulation sanguine notamment. Ces affirmations se basent sur des discussions avec des confrères, des conférences en pneumologie/immunologie et une recherche bibliographique approfondie effectuée sur la période 2000-2023. Il faut noter que des méthodes alternatives comme les organoïdes (culture cellulaire en laboratoire) sont déjà utilisées dans notre projet mais ne nous permettent pas encore de répondre à l’ensemble de nos questions notamment parce que ce modèle n’intègre qu’un nombre restreint de sous-types cellulaires pulmonaires et ne peuvent pas reproduire le dynamisme du recrutement des cellules extrapulmonaires (c’est à dire l’arrivée de cellules non pulmonaires dans le poumon).
2. Réduction
Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Le nombre a été défini afin d’utiliser le minimum d’animaux tout en assurant l’obtention de résultats statistiquement significatifs
3. Raffinement
Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.
La réglementation est-elle « très stricte » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Nous veillerons à ce qu’il n’y ait pas d’animaux isolés dans les cages durant les expériences afin de préserver les groupes sociaux. Les animaux seront anesthésiés lors des procédures expérimentales. Des antalgiques seront donnés en pré et post opératoire. L’enrichissement consistera en la mise en place de coton et d’un tunnel de change dans les cages, et d’une nourriture gélifiée facile à ingérer en cours de protocole. Les souris auront un accès permanent à de la nourriture et de la boisson. En plus de la surveillance visuelle effectuée quotidiennement par les animaliers, les animaux bénéficieront d’une surveillance clinique après le réveil et jusqu’au moment de l’euthanasie. Les souris seront euthanasiée par dislocation cervicale. Cette surveillance clinique sera effectuée au moins trois fois par semaine par l’expérimentateur. Elle se base sur une grille de points limites évaluant l’apparence de l’animal (yeux, poils, oreilles, posture…), son comportement (motricité, apathie, posture de repli, détresse respiratoire, hypothermie…), la diminution du poids et la fermeture de la suture. La fréquence de surveillance clinique des animaux pourra être augmentée selon l’état général des animaux et leur poids. En cas d’atteinte des points limites, une euthanasie sera effectuée par une méthode réglementaire.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.
Spécisme et expérimentation animale · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les modèles de fibroses pulmonaires chez la souris sont largement décrits dans la littérature et reproduisent des aspects cliniques clés de la fibrose pulmonaire humaine. Les souris offrent également la possibilité de travailler sur des organismes génétiquement modifiés et d’étudier spécifiquement le rôle d’un gène donné dans le poumon. Enfin, le modèle murin permet la mise en place de modèles pré-cliniques incontournable pour le développement précoce de thérapies innovantes. Actuellement, pour la fibrose pulmonaire, il n’existe pas de stratégie alternative pour modéliser la réponse d’un organe dans le contexte d’un organisme entier. La souris est donc un animal incontournable pour apporter des réponses à des enjeux de santé humaine. Les animaux seront utilisés à l’âge adulte, entre 7 et 16 semaines. La fibrose pulmonaire est une pathologie du sujet adulte.