
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2024-06-10 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-670855)
Toutes tuées à l’issue pour prélever leur cerveau, 380 souris vont être utilisées dans des procédures d’un niveau de souffrance léger à modéré. Pendant un mois, elles subissent des immobilisations de 45 minutes trois fois par jour, des expositions à une lumière intense, douze heures sur litière mouillée, douze heures sur plan incliné et douze heures avec des billes, protocole destiné à provoquer un état dépressif. Le porteur détaille les tests infligés tous les deux jours, labyrinthe en croix surélevé, open field, interaction sociale, test de Porsolt, anhédonie et discrimination olfactive, répétés deux à trois fois. Il annonce enfin une injection intrapéritonéale d’un psychédélique dont il écrit que l’effet est « inconnu chez l’animal », en notant seulement qu’il provoque des hallucinations chez l’être humain.
Résumé produit par un modèle de langage à partir du seul texte du laboratoire, selon une méthode arrêtée par l’OXA. Publié sans relecture individuelle préalable, sous la responsabilité de l’association, et corrigé au fil des relectures.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
Décrire les objectifs du projet.
Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).
Dans quel but fait-on ça ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Le projet a pour objectif de déterminer des facteurs de vulnérabilité à la dépression induite par le stress chronique chez la souris. Le projet consistera à évaluer des traits comportementaux d’un lot de souris avant et après une période de stress chronique. Ceci permettra d’identifier des sujets manifestant un état dépressif ou des sujets résilients, de déterminer d’éventuels traits comportementaux prédictifs de la vulnérabilité à la dépression, de caractériser les profils neurochimiques des souris en relation avec les manifestations comportementales observées. Par ailleurs, ce projet nous permet d’envisager une approche thérapeutique personnalisée de la dépression.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).
Est-ce « inutile » ou « nécessaire » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Ce projet permettra de mieux identifier les vulnérabilités à l’état dépressif (et éventuellement des facteurs prédictifs), de mieux comprendre les substrats neurochimiques à l’origine de l’état dépressif et donc de mieux cibler les traitements pharmacologiques.
Nuisances prévues, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Un examen publié en 2018 a établi que les résumés allemands et britanniques décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).
Le droit d'accès aux documents · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Procédure de stress chronique sur 1 mois (répétition de stmulation sur 1 mois : imobilisation: 3x 45 mn lumière intense : 3 x 30 mn litière mouillée: 12h plan incliné: 12h billes 12h Batterie de tests comportementaux (1 test toutes les 48h) : labyrinthe en croix surélevé: 5 mn open field: 10 mn interaction sociale: 6 mn Porsolt test 6 mn Anédonie: 30 mn Discrimination olfactive: 2 fois 5 mn. Répétition de la batterie de test: 2 fois pour expérience 1. 3 fois pour les autres expériences. Injection aigüe intrapéritonéale d’un psychédélique.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Un nouvel examen, publié en 2024, a mesuré que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces mesures portent sur l'Allemagne et le Royaume-Uni. L'examen de 2018 classait la France parmi les pays les moins bons pour l'identification, l'accessibilité et la qualité de ses résumés, sans les noter rubrique par rubrique (Taylor et al., 2018). Les résumés français suivent aujourd'hui le modèle européen commun.
Les animaux souffrent-ils ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Effets du stress chonique mis en oeuvre pour induire un état dépressif: perturbation mentale et comportementale. Effet de l’injection de psychédélique: stress lié à l’injection. Peut être effet de la molécule (inconnu chez l’animal, hallucinations chez l’humain).
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.
Peut-on parler d'éthique en expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Notre étude comporte une analye de paramètres neurochimiques sur le tissu cérébral. Pour prélever le cerveau, il est nécessaire de préalablement euthanasier les animaux sans utilisation de chimie.
Application de la règle des "3R", selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
1. Remplacement
Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.
Comment avancer vers la fin de l'expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Ce projet ne peut en aucun cas être remplacé par une approche in vitro dans la mesure où ce sont les manifestations comportementales que nous étudions.
2. Réduction
Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Des données pharmacologiques issues du laboratoire et de la littérature permettront l’administration d’une dose unique efficace sans devoir utiliser d’animaux supplémentaires pour effectuer une courbe dose-réponse. Concernant les effectifs, une étude antérieure a montré que le traitement statistique des données comportementales dans nos conditions nécessitaient 12 animaux par groupe minimum ce qui justifie les effectifs prévus dans ce projet.
3. Raffinement
Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.
La réglementation est-elle « très stricte » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Conditions d’hébergement: Les animaux seront hébergés en cages collectives avec enrichissement du milieu (tunnel, matériel de nid, bâton à ronger) par groupe de 4 pour maintenir les contacts sociaux. Habituation aux conditions expérimentales : Les animaux seront manipulés délicatement quotidiennement pour éviter le stress des effets de la manipulation par les expérimentateurs (deux maximum). Une habituation à la salle d’expérimentation sera effectuée avant les tests comportementaux. Etat de santé : Pendant toute la période expérimentale, les animaux seront suivis quotidiennement pour leur état général (pelage, autophagie, fèces, morsures éventuelles) et ils seront pesés chaque semaine pour suivre l’évolution du poids corporel (une perte de 10% du poids sera considérée comme signe de mal être et l’animal sera retiré de la procédure). S’il ne récupère pas des paramètres normaux, le vétérinaire sera contacté pour évaluation de son état. Un fichier de suivi du bien-être des animaux sera réalisé (fichier type joint).
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.
Spécisme et expérimentation animale · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
La souris est l’espèce animale la plus adaptée à nos travaux (avec le rat). Le profil neurochimique des souris fait l’objet de multiples travaux dans l’équipe ainsi que les modifications par des agents pharmacologiques susceptibles d’être utilisés dans le traitement de la dépression. Les animaux seront des souris jeunes adultes agées de 2/3 mois à leur arrivée au laboratoire. Cet âge correspond à des animaux dont le développement est achevé et pas encore dans les perturbations liées à l’âge. On parle donc d’adultes jeunes.