
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2024-07-29 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-605267)
Pour repérer par intelligence artificielle des médicaments existants réutilisables contre les maladies neuromusculaires, 760 souris porteuses de la dystrophie de Duchenne vont être utilisées, dont 80 sous anesthésie sans réveil et les autres dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger à modéré. Ces lignées développent des difficultés locomotrices, respiratoires et cardiaques. Chaque souris subit une biopsie de la queue, une injection intraveineuse du composé testé, trois prélèvements sanguins, deux électrocardiogrammes, deux échocardiographies et deux tests d’agrippement, avant d’être tuée pour le prélèvement des muscles. Le porteur indique utiliser des cellules souches humaines in vitro pour identifier les anomalies, avant de conclure que les modèles murins restent « indispensables » au développement du traitement.
Résumé produit par un modèle de langage à partir du seul texte du laboratoire, selon une méthode arrêtée par l’OXA. Publié sans relecture individuelle préalable, sous la responsabilité de l’association, et corrigé au fil des relectures.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
Décrire les objectifs du projet.
Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).
Dans quel but fait-on ça ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
La dystrophie musculaire de Duchenne (DMD) est une maladie génétique à transmission récessive liée au chromosome X due à l’absence de la protéine dystrophine. Cette maladie entraine une dégénérescence de l’ensemble des muscles (squelettique, cardiaque ou lisse), une inflammation, de la fibrose et une perte de masse et de force musculaire. Il n’existe pas à ce jour de traitement pour la DMD. Ce projet vise à identifier des anomalies communes à plusieurs maladies neuromusculaires, dont la dystrophie musculaire de Duchenne, afin d’évaluer le potentiel thérapeutique de médicaments existants et de nouvelles entités moléculaires à l’aide de l’intelligence artificielle. Nous rechercherons notamment des défauts décrits dans un modèle murin de laminopathie, dans 2 modèles murins de la dystrophie musculaire de Duchenne.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).
Est-ce « inutile » ou « nécessaire » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
La dystrophie musculaire de Duchenne (DMD), causée par des mutations du gène DMD, est une dystrophie musculaire héréditaire grave et progressive qui touche 1 garçon sur 5 000 dans la population mondiale. La DMD est principalement reconnue comme une dystrophie musculaire squelettique et, historiquement, les insuffisances des muscles respiratoires étaient à l’origine de la grande majorité des décès des patients. Cependant, avec l’amélioration de la prise en charge de la maladie, la cardiomyopathie est devenue la principale cause de décès chez les patients bénéficiant d’une ventilation assistée. Nous attendons, comme bénéfice à court terme, une amélioration du phénotype dystrophique chez les souris traitées avec les différents composés. A long terme, cette stratégie thérapeutique pourrait être utilisable chez le patient atteint de myopathie de Duchenne mais aussi chez les patients atteints d’autres maladies neuromusculaires, seul ou en complément des outils de thérapie génique en cours de développement.
Nuisances prévues, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Un examen publié en 2018 a établi que les résumés allemands et britanniques décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).
Le droit d'accès aux documents · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les animaux utilisés sont des modèles de souris dystrophiques. Une biopsie caudale sera réalisée une seule fois par animal (durée : quelques secondes) afin de connaitre leur patrimoine génétique et sélectionner les bons animaux. Les animaux seront injectés 1 seule fois par voie intra-veineuse afin de leur administrer des composés thérapeutiques. Ce geste dure quelques secondes et sera réalisé sous anesthésie gazeuse et analgésie. Trois prélèvements sanguins seront réalisés afin de mesurer l’efficacité du composé sur l’avancée de la pathologie. Ce geste dure quelques secondes et sera réalisé sous anesthésie gazeuse et analgésie. Deux électrocardiogrammes, qui permettent de mesurer l’influx électrique dans le coeur, d’une durée de 3 à 5 minutes seront réalisés. Ce geste est non invasif et ne nécessite pas de conditions particulières. Deux échocardiogrammes, qui permettent d’évaluer la fonction de contraction du coeur, d’une durée de 5 minutes seront réalisés sous anesthésie gazeuse légère. La capacité des animaux à s’accrocher sera mesurée par 2 tests d’agrippement d’une durée de 5 minutes. Ce geste est non invasif et ne nécessite pas de conditions particulières. En fin de procédure les animaux seront anesthésiés par injection intrapéritonale et euthanasiés.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Un nouvel examen, publié en 2024, a mesuré que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces mesures portent sur l'Allemagne et le Royaume-Uni. L'examen de 2018 classait la France parmi les pays les moins bons pour l'identification, l'accessibilité et la qualité de ses résumés, sans les noter rubrique par rubrique (Taylor et al., 2018). Les résumés français suivent aujourd'hui le modèle européen commun.
Les animaux souffrent-ils ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les modèles de souris dystrophiques développent un phénotype induisant des difficultés locomotrices, respiratoires et cardiaques à plus ou moins long terme. Les prélèvements à la queue permettant de déterminer le patrimoine génétique de l’animal pourront induire une douleur légère et de courte durée. Au moment des prélèvements sanguins, des injections intraveineuses et des procédures d’analyse fonctionnelle, les animaux subissent un stress (lorsqu’ils sont placés dans la cage à induction pour l’anesthésie gazeuse et au cours du test d’agrippement). Une douleur/inconfort équivalent à l’introduction d’une aiguille peut être ressenti lors des injections et prélèvement en intraveineux (anesthésie avant l’euthanasie). L’anesthésie pourra engendrer une baisse de la thermorégulation et dans de rares cas une détresse respiratoire. Enfin, les animaux pourraient être victimes d’un arrêt cardio-respiratoire suite à l’administration de l’anesthésie. Les lignées murines utilisées développent un phénotype induisant des difficultés locomotrices et respiratoires.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.
Peut-on parler d'éthique en expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
La procédure d’élevage va générer les animaux pour les autres procédures d’expérimentation. Les animaux du mauvais génotype seront euthanasiés. Tous les animaux des procédures d’expérimentation seront euthanasiés pour récupérer les prélèvements nécessaires aux analyses prévues.
Application de la règle des "3R", selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
1. Remplacement
Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.
Comment avancer vers la fin de l'expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Le but de notre projet est l’identification de défauts communs à plusieurs pathologies neuromusculaires et le développement d’une thérapie innovante. L’utilisation de modèles murins de la dystrophie musculaire de Duchenne (DMD) est indispensable car les modèles in vitro ne peuvent rendent compte de la pathologie dans son ensemble. La finalité́ de cette étude est de développer des stratégies thérapeutiques, ce qui ne peut se faire que sur un modèle animal. Néanmoins, autant que possible, l’identification des défauts cellulaires se fera sur des lignées de cellules souches pluripotentes induites (iPSC) in vitro afin de limiter au maximum le recours à l’utilisation de souris.
2. Réduction
Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les processus expérimentaux seront conçus de façon à utiliser un nombre de souris limité permettant une analyse statistique. 760 animaux seront utilisés dans ce projet, la taille des effectifs a été établie grâce à un calcul de puissance et des tests statistiques seront utilisés pour une interprétation fiable des résultats.
3. Raffinement
Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.
La réglementation est-elle « très stricte » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Nous respecterons une période d’acclimatation de 2 semaines pour les animaux témoins provenant d’un éleveur extérieur. Les conditions d’hébergement et l’enrichissement du milieu sont gérés par l’animalerie. Elles consistent en un contrôle quotidien des cages, un changement une fois par semaine sous hotte aspirante, un nombre réduit d’animaux par cage (5 maximum) et l’hébergement individuel est évité au maximum. La température dans la pièce est entre 20 et 24 degrés et l’hygrométrie est mesurée. Le cycle jour/nuit est de 12 heures en zone d’élevage. Les cages sont ventilées et filtrées avec un système d’abreuvement automatique et un accès ad libitum à la nourriture qui pourra être déposée directement sur le plancher de la cage. Le milieu est enrichi avec un enrichissement de nidification (lanière kraft ou équivalent) et de rongement (bâton ou équivalent). Si l’animal présente des difficultés pour se nourrir, nous introduirons de la nourriture directement dans la cage sous forme de croquette ou de bouillie. Pour limiter la souffrance et l’angoisse, les procédures qui le nécessiteront seront réalisées sous anesthésie et sous analgésiques et du gel ophtalmique sera appliqué sur les yeux afin d’éviter leur assèchement. Au cours des procédures sous anesthésie, la température des souris est maintenue constante à l’aide d’une plate-forme chauffante thermorégulée à 37 degrés. Les animaux seront ensuite suivis quotidiennement afin de relever le moindre signe de souffrance. Nous mettrons en place des points limites adaptés, suffisamment prédictifs et précoces pour permettre de limiter la douleur à son minimum.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.
Spécisme et expérimentation animale · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Ce projet a pour but la caractérisation de défauts communs à plusieurs maladies neuromusculaires afin d’identifier des cibles thérapeutiques potentielles qui seront testées sur ces mêmes modèles. La souris présente l’avantage de permettre des études moléculaires et fonctionnelles du muscle squelettique et cardiaque. Le premier modèle utilisé est recommandé dans les directives pour l’étude de la dystrophie musculaire de Duchenne. Ce modèle est bien caractérisé́ dans la littérature et pertinent pour l’études des muscles squelettiques, cependant il ne présente pas de phénotype cardiaque marqué, c’est pourquoi nous avons choisi d’étudier aussi un 2ème modèle de souris qui nous permettra d’étudier l’atteinte cardiaque. Les animaux seront utilisés entre 5 et 10 jours de vie pour la détermination de leur patrimoine génétique, puis : – pour la première lignée : les animaux seront injectées à 3 semaines de vie et analysées à 7 et 12 semaines. – pour la seconde lignée : les animaux seront injectées à l’âge de 2 mois et analysées à 3 et 6 mois.