
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2024-11-08 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-974375)
3 860 souris vont être utilisées, celles qui reçoivent une injection dans les ventricules cérébraux, geste de trente minutes, étant tuées dans les dix-huit heures qui suivent. Le niveau de souffrance déclaré est léger pour 180 d’entre elles et modéré pour les 3 680 autres, et 340 animaux subissent une biopsie de la queue à huit jours. Le projet cherche ce que fait dans le cerveau une enzyme dont aucune fonction cérébrale n’est connue, et le porteur annonce qu’un résultat prometteur ouvrirait sur un projet « plus ambitieux » avec des souris déficientes ciblées. 180 reproducteurs restent en vie à l’animalerie, tous les autres sont tués à la fin de chaque procédure pour prélever le cerveau.
Résumé produit par un modèle de langage à partir du seul texte du laboratoire, selon une méthode arrêtée par l’OXA. Publié sans relecture individuelle préalable, sous la responsabilité de l’association, et corrigé au fil des relectures.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
Décrire les objectifs du projet.
Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).
Dans quel but fait-on ça ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les phospholipases A2 sécrétées (sPLA2) sont des enzymes qui coupent les lipides des membranes cellulaires et produisent ainsi des molécules impliquées dans l’inflammation. Le génome humain possède 11 gènes codant pour onze formes de sPLA2. Les sPLA2 sont impliquées dans un grand nombre de processus biologiques sans que leurs rôles ne soient clairement définis. De plus, elles constituent une cible thérapeutique de par leur rôle central de régulation de l’inflammation. La sPLA2G5 (sPLA2 de groupe 5) est principalement présente dans le cœur, les muscles squelettiques et certaines cellules immunitaires. Son activité a été impliquée dans divers processus physiologiques et pathologiques. L’une des principales fonctions de la sPLA2G5 est de réguler l’inflammation. Elle promeut la production de molécules pro-inflammatoires à partir des lipides membranaires. La sPLA2G5 a aussi été impliquée dans divers processus cardiovasculaires. Elle régule également le tonus vasculaire, et contribue au développement de l’athérosclérose et de l’infarctus du myocarde. Enfin, la sPLA2G5 a été impliquée dans certains processus métaboliques, tels que la résistance à l’insuline et la régulation de la glycémie. Toutes ses fonctions ont été découvertes dans des organes périphériques, mais à l’heure actuelle rien n’est connu quant à sa présence et ses fonctions dans le cerveau. Une récente étude a montré que dans le cerveau de souris, elle n’est présente que dans 2 régions cérébrales particulières: les plexus choroïdes, qui forment une barrière entre le sang et le liquide cérébrospinal et l’éminence médiane, située autour du 3eme ventricule cérébral servant aussi de barrière entre le sang et le cerveau pour laisser passer certaines molécules et cellules selon les conditions physiopathologiques. Le projet que nous souhaitons mener consiste à étudier le rôle de la sPLA2G5, située dans ces régions bien particulières du cerveau de souris, dans les processus neuroinflammatoires. Si son implication est vérifiée, nous étudierons le potentiel d’un inhibiteur pharmacologique, le varespladib, sur ces phénomènes.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).
Est-ce « inutile » ou « nécessaire » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Il est important de mener des recherches approfondies pour comprendre le rôle encore totalement inconnu de la sPLA2G5 dans le cerveau et en particulier dans les processus neuroinflammatoires. La neuroinflammation est un phénomène pathophysiologique commun à un grand nombre de pathologies du système nerveux, telles que la maladie d’Alzheimer, la sclérose en plaques, la maladie de Parkinson et l’accident vasculaire cérébral. La sPLA2G5 est une enzyme impliquée dans la régulation de l’inflammation, mais son rôle dans le cerveau reste largement méconnu. De manière intéressante, son expression dans le cerveau de souris est très localisée à deux types d’interface entre le sang et le cerveau que sont notamment les plexus choroides et l’éminence médiane de l’hypothalamus. De plus, ses rôles connus en périphérie suggèrent son implication dans la perméabilité des barrières et dans le recrutement de cellules immunes, phénomène caractéristique de la neuroinflammation. Comprendre comment la sPLA2G5 contribue aux processus neuroinflammatoires aiderait à identifier de nouvelles cibles thérapeutiques pour le traitement de ces pathologies. Si les données obtenues lors de ce projet sont prometteuses, elles donneront suite à un projet plus ambitieux utilisant des souris déficientes en sPL2G5 spécifiquement dans les zones cérébrales d’intérêt.
Nuisances prévues, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Un examen publié en 2018 a établi que les résumés allemands et britanniques décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).
Le droit d'accès aux documents · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Sur la totalité des animaux, 340 (180 progéniteurs et 160 animaux inclus dans les procédures) subiront à l’âge de 8 jours une biopsie caudale (5 secondes par animal). Les souris subiront 1 à 2 injections intrapéritonéales (5 secondes chacune) et/ou intracérébroventriculaires (30 minutes chacune). Les prélèvements de liquide cérébrospinal dureront 5 minutes maximum chacun. Les chirurgies terminales en vue du prélèvement de cerveau dureront 20 minutes chacune.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Un nouvel examen, publié en 2024, a mesuré que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces mesures portent sur l'Allemagne et le Royaume-Uni. L'examen de 2018 classait la France parmi les pays les moins bons pour l'identification, l'accessibilité et la qualité de ses résumés, sans les noter rubrique par rubrique (Taylor et al., 2018). Les résumés français suivent aujourd'hui le modèle européen commun.
Les animaux souffrent-ils ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les nuisances animales concerneront essentiellement les animaux subissant les injections intracérébroventriculaires. Toutefois, toutes les précautions seront prises pour assurer l’absence de douleur des animaux en pré et post-opératoire, le bon maintien de leur température corporelle ainsi que l’asepsie durant la chirurgie. Les animaux seront surveillés attentivement dans leur phase de réveil, qui intervient très rapidement après arrêt de l’anesthésie gazeuse. Les autres nuisances éventuelles feront suite aux injections de l’agent inflammatoire qui provoqueront une réaction inflammatoire. Cela pourra induire une légère fièvre, une perte d’activité locomotrice et d’appétit, mais elles seront faibles et limitées dans le temps car la dose injectée sera modérée et les souris seront mises à mort à des temps courts après l’injection. Les souris seront mises à mort dans les 18h suivant les injections. Les souris déficientes pour la sPLA2G5 ne présentent pas de phénotype particulier. La molécule varespladib n’induit pas d’effet seconfaire néfaste, quel que soit son mode d’administration.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.
Peut-on parler d'éthique en expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
A l’exception des 180 animaux progéniteurs enrolés dans la procédure 9 qui seront maintenus en vie et gardés à l’animalerie, tous les animaux seront mis à mort à la fin de chaque procédure.
Application de la règle des "3R", selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
1. Remplacement
Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.
Comment avancer vers la fin de l'expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Notre projet se base sur des données de transcriptomique spatiale disponibles en open-access qui nous ont permis de constater l’expression ciblée et spécifique de la sPLA2G5 dans certaines zones cérébrales. Si certaines de ces fonctions sont connues en périphérie (coeur, poumons…), rien n’est encore connu à ce jour sur ses fonctions dans le cerveau, et en particulier sur son rôle dans les processus neuroinflammatoires. Ces questions ne peuvent trouver de réponse qu’en étudiant la physiologie un organisme vivant entier et la souris est un modèle de choix.
2. Réduction
Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Nous utiliserons des mâles et des femelles qui seront randomisés dans les groupes d’étude, soit une perte minimale due au genre pour les souris déficientes en sPLA2G5 qui seront obtenues au laboratoire. Le nombre minimum d’animaux nécessaires dans chaque groupe a été calculé par un calcul de puissance statistique afin de déterminer la taille d’effectif la plus juste en tenant compte des conditions expérimentales. Le calcul renvoie à des effectifs de 3 à 6 souris par groupe minimum, selon les analyses réalisées par la suite.
3. Raffinement
Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.
La réglementation est-elle « très stricte » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Le bien-être animal est une préoccupation majeure lors de la réalisation de nos expérimentations. Nous veillerons à ce que l’hébergement des animaux leur permettent d’avoir un enrichissement (cachette, bois et coton) suffisant et stimulant pour réaliser leur nid. Nous serons aussi particulièrement vigilants à l’apparition de tout signe évocateur d’une souffrance animale. Les animaux seront scorés sur plusieurs critères, comme le changement de poids corporel, l’apparence physique, et le comportement comme précisé dans les procédures expérimentales. Les injections intrapéritonéales seront réalisées par un expérimentateur maîtrisant la technique. Les injections intracérébroventriculaires seront également effectuées par un expérimentateur habitué à cette procédure. Nous veillerons pour chaque procédure le nécessitant à la bonne anesthésie et antalgie des animaux par l’utilisation selon les cas d’une anesthésie générale gazeuse ou chimique et/ou d’une anesthésie locale. En cas de nécessité, un analgésique pourra administré en post-opératoire suite aux injections intracérébroventriculaires.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.
Spécisme et expérimentation animale · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
La souris est un modèle de choix pour caractériser les fonctions des phospholipases A2 sécrétées. En effet, à ce jour, 12 sPLA2s ont été identifiées chez la souris, dont la sPLA2G5. De manière intéressante, des données de transcriptomique spatiale du cerveau de souris ont montré l’expression de cette sPLA2 localisée à des régions très spécifiques du cerveau, comme chez l’Humain. Les souris déficientes pour le gène de sPLA2G5 nous permettront de tester notre hypothèse de l’implication de cette enzyme dans les processus neuroinflammatoires, en modulant notamment la composition du liquide cérébrospinal et le recrutement de cellules immunes périphériques. Des études de transcriptomique indiquent que l’expression génique de la sPLA2G5 ne varie pas significativement chez la souris en fonction de l’âge. De ce fait, nous utiliserons des souris jeunes adultes de 8 à 10 semaines.