
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2024-12-03 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-076504)
340 000 souris vont être élevées et utilisées sur cinq ans dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger à modéré. Chacune peut subir un prélèvement de tissu à l’oreille ou à la queue entre 7 et 10 jours de vie pour le génotypage, puis un prélèvement de sang à partir de 30 jours. Les souris porteuses du gène recherché partent vers d’autres autorisations de projet, les autres sont tuées ou réutilisées, 2 500 réutilisations étant déclarées. Une partie des lignées porte un phénotype dommageable, immunodéficience, pathologie métabolique ou cancéreuse, et le porteur range l’orientation des souris sans intérêt génétique vers des séances d’entraînement et de formation sous le principe de « Remplacement ».
Résumé produit par un modèle de langage à partir du seul texte du laboratoire, selon une méthode arrêtée par l’OXA. Publié sans relecture individuelle préalable, sous la responsabilité de l’association, et corrigé au fil des relectures.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
Décrire les objectifs du projet.
Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).
Dans quel but fait-on ça ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les programmes de recherche menés au sein des divers laboratoires toulousains, qu’ils relèvent du secteur public ou privé et soient sous la tutelle de différentes entités, impliquent l’utilisation d’animaux à des fins scientifiques. Cette communauté de recherche, composée de plus de 50 équipes réparties dans sept laboratoires distincts, se consacre à des thématiques spécifiques générant des résultats validés, lesquels contribuent à une reconnaissance internationale à travers des collaborations, des succès dans l’obtention de financements et des publications. Les domaines de recherche de cette communauté toulousaine couvrent diverses disciplines, notamment la cancérologie, la santé digestive, les maladies infectieuses et inflammatoires, ainsi que les maladies métaboliques et cardiovasculaires. L’objectif de ce projet est de fournir des animaux répondant aux exigences scientifiques spécifiques de ces équipes de recherche, rendant ainsi possible la réalisation de leurs projets au sein des différents établissements expérimentaux répartis sur plusieurs sites. Les exigences scientifiques impliquent la caractérisation génotypique et/ou phénotypique des animaux pour la selection des gènes étudiés et des modèles d’intérêt, ainsi que l’utilisation d’animaux à phénotype dommageable en tant que modèles d’étude des pathologies. Ces derniers présentent des susceptibilités et des déficiences particulières, nécessitant une gestion attentive de l’élevage et de l’environnement. Il est crucial d’anticiper et de prendre en compte ces facteurs afin de prévenir l’apparition ou le développement de troubles ou de pathologies, tout en limitant la souffrance des animaux.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).
Est-ce « inutile » ou « nécessaire » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
L’élevage et la gestion de souris, soumises à une caractérisation génétique et/ou phénotypique, sont d’une importance capitale pour fournir aux équipes de recherche les animaux nécessaires. La diligence apportée à l’élevage de ces individus, en étroite corrélation avec des questions scientifiques précises, forme la base des avancées scientifiques au sein de notre communauté.
Nuisances prévues, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Un examen publié en 2018 a établi que les résumés allemands et britanniques décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).
Le droit d'accès aux documents · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les animaux peuvent subir un prélèvement de tissu (oreille ou queue) une unique fois entre 7 et 10 jours, pour une durée de 30 secondes maximum contention comprise. Un prélèvement de sang peut être réalisé une fois à partir de 30 jours d’âge, pour une durée de 30 secondes maximum contention comprise. Des lignées à phénotype dommageable peuvent développer des pathologies dont la prise en charge est individualisée et procédurée.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Un nouvel examen, publié en 2024, a mesuré que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces mesures portent sur l'Allemagne et le Royaume-Uni. L'examen de 2018 classait la France parmi les pays les moins bons pour l'identification, l'accessibilité et la qualité de ses résumés, sans les noter rubrique par rubrique (Taylor et al., 2018). Les résumés français suivent aujourd'hui le modèle européen commun.
Les animaux souffrent-ils ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
La méthode de génotypage, qui implique le prélèvement de tissus (notamment par encoche d’oreille ou par petit bout de queue), peut potentiellement provoquer un stress lié à la contention ainsi que de la douleur légère chez les animaux. Les prélèvements sanguins peuvent également induire du stress lié à la contention. Il est important de souligner que les animaux présentant un phénotype dommageable (de type variable comme les immunodeficiences, les pathologies métaboliques, cancereuses etc…) sont susceptibles de développer diverses pathologies et donc nécessiter une surveillance accrue.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.
Peut-on parler d'éthique en expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Tous les animaux portant les gènes d’intérêt pour les projets de recherche sont en utilisation continue vers d’autres DAP. Les animaux ne présentant pas le génotype d’intérêt sont mis à mort ou réutilisés pour d’autres projets (animaux réformés : training, collaboration avec des centres de formation).
Application de la règle des "3R", selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
1. Remplacement
Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.
Comment avancer vers la fin de l'expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les équipes de recherche reconnaissent l’importance de la substitution des animaux dès que possible, conformément aux principes des 3R. Des alternatives sont privilégiées en priorité, telles que les méthodes mathématiques, pharmacocinétiques, les études in vitro utilisant des modèles cellulaires, ou les investigations préliminaires sur des organoïdes. Néanmoins, ces approches ne parviennent pas à reproduire la complexité des voies impliquées dans les modèles physiologiques ou physiopathologiques intégrés, tels que ceux basés sur la souris. Malgré les efforts pour promouvoir la substitution, la souris demeure un modèle essentiel, en raison de sa physiologie transposable à l’Homme et de sa proximité génétique, permettant la reproduction moléculaire et phénotypique de nombreuses pathologies humaines.
2. Réduction
Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
La reproduction des animaux est soigneusement planifiée en anticipation des schémas expérimentaux des chercheurs, afin d’aligner étroitement l’élevage sur leurs besoins réels. Une gestion réfléchie de certaines lignées permet, par des croisements planifiés, d’obtenir exclusivement les génotypes d’intérêt, favorisant ainsi la Réduction. Les prélèvements invasifs sont limités aux animaux pour lesquels l’homozygotie ne peut être obtenue, et leur réalisation est restreinte à un couple d’animaux en cas de nécessité de confirmation du génotype. La production de certaines lignées d’animaux peut être optimisée en les partageant entre différents chercheurs, garantissant ainsi une utilisation maximale de tous les animaux produits, en accord avec le principe de Réutilisation. Les animaux ne présentant pas un génotype d’intérêt pour les chercheurs sont principalement orientés vers nos projets d’animaux de réforme, mettant en œuvre le principe de Remplacement après accord de la vétérinaire. Ces projets fournissent des animaux destinés à des initiatives de formation spécifique, des sessions d’entraînement ou des procédures terminales, contribuant ainsi à minimiser l’utilisation d’animaux dans des situations où leur génotype n’est pas essentiel.
3. Raffinement
Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.
La réglementation est-elle « très stricte » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les animaux sont hébergés dans des cages ventilées conformes aux normes de la directive 2010/63/UE. Chaque cage est enrichie avec des accessoires spécifiques tels qu’un igloo en plastique rouge, des bâtonnets de bois et du papier essuie-tout pour la construction de nids. Leur statut sanitaire est vérifié trimestriellement. Les zootechniciens, sensibilisés aux diverses pathologies potentielles en élevage, y compris les phénotypes dommageables, prennent des mesures préventives ou administrent des traitements précoces pour éviter toute souffrance des animaux. Ils possèdent une expertise dans les gestes techniques et sont formés aux méthodes alternatives à la préhension par la queue. Des produits de soins sont disponibles et utilisés selon les recommandations du vétérinaire désigné. L’habituation des animaux à leur zootechnicien permet de diminuer le stress des animaux lié à la contention pour les prélèvements. Les personnels sont parfaitement formés à la technique de prélèvement (tissu et sang) qui, procédurée avec du matériel de chirurgie aiguisé et désinfecté, permet de limiter le stress et la douleur des animaux au maximum. La biopsie est en outre de la taille la plus réduite possible et avec hémostase si besoin. En cas de douleur un anti-inflammatoire local peut être appliqué en fonction des recommandations de la vétérinaire. La gestion des animaux à phénotype dommageable s’appuie sur un tableau recensant les caractéristiques de chaque lignée, et des actions sont mises en place au cas par cas (statut sanitaire, litière adaptée, surveillance renforcée lors d’âge critique par exemple).
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.
Spécisme et expérimentation animale · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Avec une homologie génique dépassant 90% entre l’Homme et la souris, la plupart des gènes humains ont leurs homologues chez la souris, et les voies métaboliques sont largement conservées entre ces deux espèces. La souris représente ainsi un modèle expérimental particulièrement intéressant en tant qu’animal génétiquement modifié. De nombreux modèles murins, qu’ils soient pathologiques ou humanisés, offrent la possibilité d’étudier la physiopathologie de diverses maladies. Ce modèle intégré permet de rendre compte de la complexité des voies impliquées dans la physiologie et la physiopathologie, avec une transposabilité à l’Homme. En conséquence, la souris demeure une espèce de choix pour les équipes de recherche. Les souris entament leur phase de reproduction entre 6 et 8 semaines et sont maintenues dans ce processus jusqu’à l’âge moyen de 300 jours. Les prélèvements de tissu pour génotypage sont effectués entre 7 et 10 jours ; le sang, pour phénotypage, est prélevé sur des animaux âgés de 4 semaines. Les animaux issus de la reproduction sont transférés en zone d’expérimentation avant d’atteindre l’âge de 8 semaines, ou bien ils sont conservés en tant que futurs reproducteurs pour le renouvellement des accouplements. L’apparition de phénotypes dommageables est documentée et les animaux sont envoyés en zone expérimentale avant le développement des pathologies associées. Les animaux gardés pour la reproduction sont mis à mort avant ou dès l’apparition des signes cliniques.