
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 13/01/2025
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-127359)
870 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Chaque souris reçoit une greffe de tumeur par injection sous-cutanée, puis un gavage quotidien pendant deux semaines et des injections intrapéritonéales, quotidiennes ou réparties sur la semaine selon le traitement testé, avant un prélèvement de sang sous anesthésie le jour de sa mise à mort. Le porteur reconnaît que sur les trois semaines de l’expérience, les souris porteuses de tumeurs peuvent perdre du poids et montrer des signes de souffrance, immobilité, isolement, dos voûté, poil terni. L’objet est de comparer plusieurs traitements anti-angiogéniques associés à des immunothérapies afin de « mieux les prescrire », et l’atteinte d’un point limite qui ne peut pas être soulagé conduit à tuer l’animal avant la fin du protocole.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
La formation de nouveaux vaisseaux sanguins, est nécessaire au développement tumoral. Les cellules tumorales, ainsi que les cellules du microenvironnement tumoral produisent des facteurs favorisant la formation de nouveaux vaisseaux sanguins au sein de la tumeur. Mais il a été observé que ces facteurs agissaient également sur le système immunitaire de souris porteuses de tumeurs et de patients atteints de cancer, et aboutissaient au blocage de la réponse immunitaire. Or, la réponse immunitaire contre la tumeur est nécessaire à l’élimination de celle-ci. Des traitements ciblant ces facteurs sont utilisés pour traiter certains cancers. Ils réduisent non seulement les vaisseaux sanguins au niveau de la tumeur mais aident également à améliorer la réponse immunitaire contre la tumeur. Ces traitements sont associés à des immunothérapies en particulier dans le cancer du rein résultant en une augmentation des effets anti-tumoraux observés. Plusieurs traitements ciblant la formation des vaisseaux sanguins sont actuellement associés à des immunothérapies sans avoir vraiment d’argument pour privilégier l’un de ces traitements. Il est important de comprendre l’impact de ces traitements sur la réponse immunitaire pour permettre de mieux les prescrire et de proposer de nouveaux traitements aux patients atteints de cancer.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Cette étude permettra donc à la fois de faire progresser les connaissances concernant l’interaction entre l’angiogenèse (formation des vaisseaux sanguins) et la réponse immunitaire anti-tumorale et pour les patients atteints de cancer de mieux prescrire les traitements anti-angiogéniques en association avec des immunothérapies. Cette étude pourrait également permettre de proposer de nouvelles combinaisons d’anti-angiogéniques et d’immunothérapies.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Injection sous-cutanée 1 fois au début de la procédure sur animaux vigiles ; durée totale du geste : 1-2 min Gavage 1 fois par jour tous les jours sur 2 semaines sur animaux vigiles ; durée totale du geste : 1-2 min Injection intrapéritonéale 1 fois par jour tous les jours sur 2 semaines ou 2 ou 3 fois par semaine selon le traitement administré sur animaux vigiles ; durée totale du geste : 1-2 min Prélèvement de sang sous anesthésie générale le jour de la mise à mort (durée totale environ 10 min puis mise à mort)
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
L’injection des cellules tumorales se fait par voie sous-cutanée. L’injection par voie sous-cutanée cause un stress et une douleur légère de courte durée. Le gavage cause un stress et une douleur légère de courte durée. L’injection par voie intra-péritonéale cause un stress et une douleur légère de courte durée. Les prélèvements de sang peuvent induire des douleurs légères et transitoires. Sur la durée entière de l’expérience (3 semaines environ), les souris avec des tumeurs peuvent perdre du poids ou présenter des signes évocateurs de souffrances tels que des troubles du comportement (immobilité, isolement…) et de l’aspect physique (dos vouté, apparence du poil…).
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Tous les animaux du projet seront mis à mort afin de prélever les organes pour l’étude de la réponse immunitaire.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Le microenvironnement tumoral est complexe, les modèles in vitro ne permettent pas de le mimer fidèlement. Les modèles organoïdes ne reproduisent pour l’instant pas la complexité du microenvironnement tumoral. Il est en effet possible de faire se développer de petites sphères de cellules tumorales in vitro, mais il est très difficile de faire se développer des vaisseaux sanguins et d’y ajouter les différentes populations immunitaires. Les cellules immunitaires survivent très mal dans ces conditions. La présence de la tumeur et le développement des vaisseaux sanguins vont modifier le microenvironnement tumoral en induisant en particulier le développement de cellules immunosuppressives. C’est ce développement et l’impact des traitements anti-angiogéniques sur ces processus que nous étudierons dans ce projet, ce qui ne peut donc se faire qu’in vivo. C’est pourquoi l’expérimentation utilisant un modèle animal mimant le plus fidèlement le microenvironnement tumoral est indispensable. En parallèle à ce projet d’expérimentation animale, des expérimentations seront réalisées à partir de prélèvements humains (sanguins ou tumoraux).
2. Réduction
L’implantation des cellules tumorales est mise au point. Les effectifs sont déterminés et les résultats analysés avec des tests statistiques adaptés. Pour chaque expérience, le maximum de tissus est prélevé afin de maximiser les analyses biologiques possibles.
3. Raffinement
Les animaux sont maintenus dans des groupes de plusieurs individus dans un environnement enrichi. Les animaux sont surveillés tout au long du projet. Une grille de score et de points limites spécifiques au projet ont été établis, permettant d’intervenir pour soulager les animaux en cas de souffrance. L’atteinte d’un point limite qui ne pourra être soulagé entrainera une mise à mort anticipée de l’animal avant la fin du protocole.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
La souris est un modèle de choix pour le suivi de la croissance tumorale. De nombreux outils sont disponibles pour analyser la réponse immunitaire chez la souris (en particulier des anticorps). D’autre part, les anti-angiogéniques utilisés dans ce protocole ont déjà été utilisés chez la souris et ont montré un impact sur la croissance tumorale. Des souris adultes à partir de 6-8 semaines seront utilisées car c’est à cet âge que le système immunitaire est complètement développé.