Procédures légères
Gestion de souris à phénotype dommageable
- Recherche fondamentale
- Système immunitaire
Tuées à douze mois quand leur fertilité baisse, les souris reproductrices de ce projet donnent des petits qui partent ensuite vers d'autres protocoles d'immunologie de la transplantation, une partie remplaçant les trios de reproducteurs tous les six mois. 1 160 souris immunodéficientes vont être utilisées, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger, limitées à la reproduction et à un prélèvement sanguin au sinus par an sur trois animaux de chaque colonie. Ces souris portent un phénotype dommageable que le porteur déclare ne pas se manifester en hébergement stérile. Il écrit par ailleurs que le projet nécessite "au maximum 360 souris", chiffre trois fois inférieur à l'effectif déclaré dans les dommages attendus.
Objectifs
L’objectif de ce projet est de générer des animaux qui seront ensuite utilisés en expérimentation dans des projets de recherche portant sur l’immunologie de la transplantation. L'immunodéficience est l'absence de cellules du système immunitaire censées defendre l'organisme contre des infections ou des cancers. Différentes souches de souris immunodéficientes sont nécessaires pour répondre aux objectifs globaux des projets de recherche: -Des souris n’ayant ni cellules B ni cellules T (principales cellules du système immunitaire) -des souris n’ayant pas de cellules T -des souris n’ayant pas de cellules T cytotoxiques (impliquées dans la réponse immunitaire cellulaire) -des souris n’ayant pas de cellules T CD4 (impliquées dans la réponse immunitaire dite humorale qui interagissent avec les cellules B pour produire des anticorps) Ce projet ne concerne que la gestion (elevage et reproduction) des différentes souches de souris, l’ensemble des projets experimentaux menés sur ces animaux sont en parallèle validé. Ces souris présentent une immunodéficience legere qui n’induit pas de phénotype deletère lorsqu’elles sont elevées en conditions stériles. Ce projet necessite l’utilisation d’au maximum 360 souris.
Bénéfices attendus
Ce projet nous permet de générer les animaux nécessaires pour mener des projets d’expérimentations portant sur la compréhension des mécanismes de rejet impliquant le système immunitaire lors des mécanismes de rejet de greffe.
Procédures
Pour tous les animaux de ce proejt, les manipulations se résument comme suit : Aucune injection. Reproduction uniquement 1 prélèvement sanguin par an réalisé sur 3 souris de chaque colonie prises au hasard Les animaux seront mis à mort à 12 mois Elevés dans les conditions d'hébergerment stéril décrites, ces animaux immunodéficients ne sont pas plus sensibles au risque d'infection (pas de déclaration du phénotype dommageable).
Impact sur les animaux
Aucune injection n’est prévue. 1 prelevement sanguin sur 3 animaux de chaque lignée pris au hasard par an, pouvant entrainer un stress et légère douleur (prélèvement au sinus, avec anésthésie locale). Les souris ont un phénotype dommageable mais qui ne se déclarera pas dans les conditions d’hebergement et reproduction décrites.
Devenir
Les souris ne pouvant plus etre utilisées comme reproducteurs (baisse de fertilité) passé un certain age sont mises à mort . Tous les petits issus des reproduction de cette procédure seront dispersés dans les différents projets (sous leurs propres numéros d'agrément apafis). Certains petits serviront à remplacer les trios de reproducteurs tous les 6 mois.
Remplacement
L’elevage de ces souris est indispensable pour generer les souris qui seront utilisées dans les projets de recherche portant sur l'immunologie de la transplantation. Les questions scientifiques étudiées sur cette thématique necessitent l'utilisation d'ainmaux car aucun modèle alternatif n'est disponible pour le moment qui permettrait d'etudier les mécanicmes immuniatires faisant intervenir des cellules organes multiples au sein de l'organisme.
Réduction
Des calculs d’effectifs ont permis d’établir le nombre minimal d’animaux par souche nécessaire en reproduction pour permettre de suivre les différents projets de cette thématique (protocoles expérimentaux préalablement validés) . Au total, 360 animaux seront utilisés sur 5 ans
Raffinement
Les animaux sont hébergés dans des cagées à portoirs ventilés (stériles), et manipulés par un personnel expérimenté, en conditions stériles. Une observation quotidienne est effectuée par le personnel de l'établissement. Les petits et la mère sont transférés avec le nid lors des changements de cage
Choix des espèces
Du fait de leur similarité avec l’homme en termes de génétique, d’anatomie et de physiologie, la souris représente un modèle expérimental privilégié pour l’étude de la réponse immunitaire. Des souris (males et femelles) âgées de plus de 8 semaines et moins de 12 mois seront utilisées pour les reproductions.
Rôle d’une protéine embryonnaire impliquée dans l’homéostasie musculaire dans un modèle murin sain et de Dystrophie Myotonique de type 1 (DM1).
- Recherche fondamentale
- Système musculosquelettique
Injection dans le muscle, électrodes placées sous la peau pour mesurer l'activité des nerfs, puis mesure de la contractilité suivie de la mise à mort : 288 souris, dont 144 rendues myotoniques, subissent cette série d'actes. Le projet cherche à comprendre le rôle d'une protéine embryonnaire dans la dystrophie myotonique de type 1, maladie sans traitement. Le porteur affirme que le modèle murin est "indispensable" parce que les cultures cellulaires ne reproduisent pas le défaut de relaxation musculaire. Les trois actes se font sous anesthésie et l'ensemble reste rangé sous le seul niveau de souffrance légère.
Objectifs
Le maintien de l’intégrité musculaire a été décrit depuis longtemps comme étant dépendant de l’innervation et de l’exercice. Des études ont montré qu’une altération de l’activité électrique provoque une modification de l’expression de gènes impliqués dans l’homéostasie musculaire. Une précédente étude a permis de montrer que certaines protéines impliquées dans la contraction musculaire jouaient un rôle très important dans le maintien de la masse musculaire. Une protéine en particulier qui présente une forme embryonnaire semble réguler des facteurs importants dans le muscle squelettique sain et dans un contexte pathologique de dystrophie myotonie de type 1 (DM1). Cette maladie se caractérise par des défauts moléculaires qui ont été associés à des symptômes cliniques comme une myotonie (défaut de relaxation après une contraction) et une faiblesse musculaire. Dans ce projet, nous envisageons d’étudier les conséquences de la modulation de l’expression de cette protéine indispensable pour le maintien de la masse musculaire squelettique.
Bénéfices attendus
Comme la protéine d’intérêt est impliquée dans le maintien de la masse musculaire, nous attendons comme bénéfice à court terme, dans un muscle atteint de dystrophie myotonie de type 1 (DM1), un effet protecteur sur la physiopathologie du muscle en limitant l’atrophie musculaire notamment. A long terme, cette étude permettra d’apporter des connaissances supplémentaires sur les mécanismes moléculaires mis en jeu dans la DM1. Une meilleure compréhension de cette pathologie pourrait permettre le développement de nouvelles stratégies et pistes thérapeutiques.
Procédures
Les animaux seront soumis à plusieurs types d'interventions telles que : 1/ Une injection intramusculaire (10 minutes) effectuée sous anesthésie et analgésie, 2/ Une mesure ayant pour but de mesurer l'activité électrique des nerfs et des muscles effectuée sous anesthésie et analgésique (30 minutes), 3/ Une mesure de la contractilité musculaire sous anesthésie et analgésie (25 minutes) après laquelle les animaux seront euthanasiés par une méthode réglementaire afin de réaliser les différents prélèvements nécessaires aux analyses.
Impact sur les animaux
Pour plusieurs actes, les animaux seront anesthésiés et pourront subir un stress lors de l’induction de l’anesthésie gazeuse mais aussi un stress thermique ou dans de rares cas les risques liés aux anesthésies (détresse respiratoire, arrêt cardio-respiratoire, etc.). Suite à l’injection intramusculaire, une gêne et/ou une anomalie au niveau du site d’injection pourrait éventuellement apparaître. Lors des analyses fonctionnelles, des électrodes sont placées en sous-cutané dans le muscle d’intérêt, ce qui peut induire une gêne au réveil de l’animal.
Devenir
Tous les animaux seront euthanasiés par une méthode réglementaire pour récupérer les prélèvements nécessaires aux analyses histologiques, et moléculaires nécessaires.
Remplacement
Le but de notre projet est d’apporter une meilleure compréhension des mécanismes moléculaires inhérents à la pathologie DM1, dont l’une des caractéristiques cliniques principale est la myotonie. L’utilisation d’un modèle murin de la DM1 est indispensable car les modèles in vitro ne peuvent pas rendent compte du défaut de relaxation musculaire caractéristique de cette pathologie. La souris myotonique est un modèle de choix, bien caractérisé, avec un phénotype connu et avec beaucoup de littérature à l'appui. Cette étude ne peut se faire que sur un modèle animal, néanmoins, autant que possible et si la question posée peut être résolue ainsi, des expériences in vitro avec des lignées cellulaires seront réalisées pour limiter au maximum le recours à l'utilisation de souris.
Réduction
Les processus expérimentaux seront conçus de façon à utiliser un nombre de souris limité. Pour tous les groupes expérimentaux et toutes les méthodes d'analyse, 5 à 10 animaux sont nécessaires pour obtenir une analyse statistique fiable et pour éviter que la variabilité des paramètres de mesures in vivo puisse empêcher la bonne exploitation des résultats. Les protocoles seront rigoureusement élaborés et réfléchis en avance pour que l’expérience soit interprétable et pour éviter de les répéter. De plus, tous les muscles et une majorité des organes de la souris seront prélevés. Au total, nous prévoyons d'utiliser 288 souris : 144 souris contrôles, 144 souris myotoniques. La taille des effectifs sera été établie grâce à un calcul de puissance et nous procéderons à des tests statistiques pour une interprétation fiable des résultats.
Raffinement
Nous respecterons une période d'acclimatation de deux semaines après leur arrivée dans notre animalerie. Les conditions d’hébergement et l’enrichissement du milieu sont gérés par l’animalerie. Elles consistent en un contrôle quotidien des cages, un changement régulier, un nombre réduit d’animaux par cage (5 maximum) et pas d’animaux isolés. Le changement des cages se fait sous hotte aspirante et les cages possèdent des filtres. L’enrichissement du milieu consiste en l’ajout de laine de bois afin que les souris puissent faire un nid ainsi que de lanières de papier Kraft et des tunnels en carton. Enfin, si nécessaire, la nourriture pourra être mise à disposition sur le plancher de la cage. Pour limiter la souffrance et l'angoisse, les procédures qui le nécessiteront seront réalisées sous anesthésie et sous analgésiques. Au cours des différentes procédures, la température des souris est maintenue constante à l’aide d’une plate-forme chauffante (37 degrés) ou sous lampe radiante. Les animaux seront ensuite suivis quotidiennement afin de relever le moindre signe de souffrance. Nous mettrons en place des points limites adaptés, suffisamment prédictifs et précoces pour permettre de limiter la douleur à son minimum. Nous procèderons à l’euthanasie compassionnelle de l'animal avant qu'il ne souffre. Le suivi des animaux sera conduit par un personnel autorisé et compétent pour reconnaître, quantifier et atténuer ou supprimer les signes de douleur ressentis chez les animaux.
Choix des espèces
Le modèle souris permet de travailler avec des cohortes de taille suffisante pour obtenir des résultats ayant une réelle validité statistique. De plus, la souris permet de combiner facilement les études moléculaires et fonctionnelles du muscle squelettique. De plus, le projet portant sur l’étude de la pathologie Dystrophie Myotonique de type 1 (DM1), l’usage d’un modèle de souris génétiquement modifié, bien documenté de cette pathologie est un vrai bénéfice pour le projet. Nous utiliserons des animaux âgés de 8 semaines en début de procédure et de 17 semaines en fin de procédure. L’intérêt est de traiter les animaux adultes pour ne pas observer de biais dus à la croissance.
Etude préclinique de correcteurs de mutations non-sens dans un modèle murin porteurs d’une mutation non-sens dans le gène codant pour le canal CFTR
- Recherche fondamentale
- Système respiratoire
Les souris de ce projet portent une mutation non-sens du gène CFTR, celles qui en héritent des deux parents mourant avant la naissance ou dans leurs deux premiers mois de vie. 4 600 vont être utilisées, toutes tuées à l'issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger à modéré. Chacune peut être gavée une à deux fois par jour pendant 300 jours, recevoir sous la peau du dos une pompe implantée par chirurgie et retirée sous anesthésie une semaine plus tard, ou une goutte de produit déposée dans une narine, et toutes ont une oreille perforée pour le génotypage. Le porteur écrit veiller à ce que les molécules testées ne portent pas atteinte aux libertés de l'animal, et décrit le gavage comme un geste indolore que la souris facilite en positionnant elle-même la sonde dans sa gorge.
Objectifs
Les mutations non sens (MNS), entraînant la production de protéines généralement non-fonctionnelles, sont responsables d’environ 10% des maladies génétiques. Certaines molécules sont capables de restaurer l’expression d’un gène porteur de ce type de mutation et représentent donc des candidats médicaments pour le traitement de certains patients atteints de maladie génétique. Nous recherchons au laboratoire des molécules capables de corriger ces mutations. Pour cela nous criblons des chimiothèques puis validons les molécules sur des lignées cellulaires. Une étude est ensuite entreprise pour déterminer la toxicité des molécules sélectionnées et leur mode d’action. Enfin, nous devons démontrer la capacité de ces molécules à corriger ce type de mutation au sein d’un organisme complexe tel que la souris. Nous disposons d’une lignée de souris disposant d’une mutation non-sens dans le gène codant le canal CFTR. La conséquence est une absence d’expression de CFTR qui entraine une mort prématurée in utero ou dans les deux premiers mois de vie lorsque les souris sont porteuses de la mutation à l'état homozygote. A l'état hétérozygote, les souris sont viables puisque la mutation est récessive. Ce modèle est très pertinent car il est très proche de la pathologie humaine (mucoviscidose). Dans notre projet, nous testerons des molécules correctrices de mutations non-sens dans notre modèle de souris n’exprimant pas le CFTR. Notre but est de déterminer la voie d’exposition optimale, la concentration la plus efficace et la cinétique d’action de la molécule. Pour cela, nous testerons plusieurs voies d’exposition telles que la voie orale (en ajoutant la molécule dans le biberon ou par gavage) ou encore la diffusion sous-cutanée au moyen d’une pompe osmotique (la pose sera réalisée par une personne habilitée à faire de la chirurgie). Nous testerons dans un premier temps 3 doses de molécules de manière quotidienne (selon les informations disponibles dans la littérature scientifique). Cependant, ces quantités pourront être ajustées pour optimiser l’effet de la molécule. Enfin, l’effet des molécules sera évalué sur une période n'excédant pas deux mois.
Bénéfices attendus
La validation de l’efficacité de molécules permettant de corriger des mutations non-sens (entraînant la production de protéines généralement non-fonctionnelles) dans un organisme complexe comme la souris permettra à terme le développement de futurs médicaments pour traiter l’Homme souffrant de maladies génétiques telle que la mucoviscidose.
Procédures
Dans ce projet, plusieurs voies d’administration des candidats médicaments seront évaluées : 1. Voie orale : l’ensemble des animaux (500) seront gavés avec 200µL avec le traitement ou son placebo, une à deux fois par jour sur une durée allant de 1 à 300 jours. Durée de l’intervention : 30 secondes. 2. Voie sous-cutannée : l’ensemble des animaux (500) auront une implantation au niveau du dos d’un système permettant la délivrance en continu du traitement ou de son placebo. Pour cela, les animaux recevront une injection d’anesthésiques, après préparation de la zone avec tonte et solution antiseptique, une incision est pratiquée et la pompe (de la taille d’une gélule) est implantée sous la peau. L’incision est ensuite refermée à l’aide d’agrafes chirurgicales (durée de l’intervention : 5 à 10 minutes). Pour éviter l’hypothermie, l’animal est placé sur une couverture chauffante puis est réveillé par injection d’un antidote à l’anesthésique. Une injection d’antidouleur est réalisée en post-opératoire et répétée si nécessaire pour limiter toute souffrance de l’animal. Une semaine après l’intervention, les agrafes sont retirées sous anesthésie gazeuse (1 minute). Cette étape expérimentale sera réalisée par une personne habilitée à pratiquer la chirurgie sur le petit animal 3. Voie Nasotrachéale : l’ensemble des animaux (500) subiront une anesthésie gazeuse puis une goutte de traitement ou de placebo sera déposée sur une narine (durée : 1 minute). Les animaux seront placés sur une couverture chauffante jusqu’à leur réveil. 4. Génotypage : Afin de savoir si les animaux portent la mutation étudiée, une oreille de chaque animal sera percée et le petit morceau retiré sera utilisé pour purifier l'ADN de l'animal et rechercher s'il porte la mutation ou pas. C'est ce qu'on appelle faire un génotypage.
Impact sur les animaux
Ce projet a pour but de valider l’utilisation de nouvelles molécules comme éventuel candidat médicament. Bien que des tests de toxicité auront été effectués au préalable sur culture cellulaire, l’effet de ces molécules sur un organisme entier doit être évalué. Pour cela, nous veillerons à ce que ces molécules ne portent pas atteinte aux libertés individuelles de l’animal définies comme étant l’absence de faim, de soif et de malnutrition, l’absence de peur et de détresse, l’absence de stress physique et/ou thermique, l’absence de douleur, de lésions et de maladie ainsi que la liberté d'expression d'un comportement normal de son espèce. Cette observation servira à détecter une nuisance sur du long terme d'exposition à la molécule étudiée. Concernant les procédures qui seront utilisées : 1) le gavage : il s'agit d'un geste rapide a priori indolore puisque très souvent la souris positionne elle-même la sonde dans sa gorge, et qui n'entraine aucune atteinte aux libertés individuelles de l'animal. 2) la pompe osmotique : la pose de la pompe se fait sous anesthésie générale puis la gestion de la douleur post-opératoire par l'utilisation d'analgésique. Les autres libertés individuelles ne seront pas affectées par la procédure car la pompe est placée sous la peau dans le dos n'impactant pas le déplacement de l'animal et donc son alimentation par exemple. 3) l'exposition naso-trachéale se fera sur animal endormi supprimant ainsi tout stress lié à cette procédure qui est très rapide (le temps d'une inspiration) 4) le génotypage entraine une douleur légère et passagère sans affecter les libertés de l'animal.
Devenir
Sauf pour la procédure visant à déterminer si un animal est porteur de la mutation ou pas (génotypage), tous les animaux sont mis à mort à la fin de chaque procédure.
Remplacement
Dans la première partie du projet, nous disposons d’un programme de caractérisation des nouvelles molécules que nous identifions et sélectionnons basé sur le criblage cellulaire. Cette étape in vitro préalable est essentielle afin de déterminer la dose efficace en culture cellulaire (ce qui nous permet d'extrapoler pour définir une fenêtre de doses qui seront utilisées chez la souris), la toxicité cellulaire et le mode d'action. Cependant, bien qu’une grande partie de l’étude se réalise in vitro remplaçant ainsi le modèle animal, l’expérimentation in vivo demeure nécessaire afin de pouvoir étudier l’effet de ces molécules sélectionnées avec soin dans un modèle physiologique pertinent reflétant la mutation étudiée à l’échelle de l’organisme entier.
Réduction
Le projet est conforme aux exigences de réduction puisqu'une phase exploratoire avec un nombre réduit d'animaux par lot (lot de 5) sera effectuée afin d'identifier la voie d'exposition, la concentration et la cinétique d'action de la molécule étudiée et ce afin d'abaisser au minimum le nombre d'animaux qui seront ensuite utilisés pour la démonstration de l'efficacité d'action de la molécule in vivo. Ce nombre sera de 40 ce qui correspondra à deux séries d'expériences avec 10 animaux par condition (avec et sans la molécule). La répétition de l'expérience est nécessaire pour s'affranchir d'un éventuel effet biaisé lié à la préparation de la molécule, au lot d'animaux ou à un stress survenu pendant l'expérience. Le nombre de 10 animaux par condition et par série afin de pouvoir réaliser ensuite un "student test" qui est le test statistique utilisé dans les expériences permettant d'évaluer l'efficacité d'un traitement.
Raffinement
En termes de raffinement, l'expérience sera toujours menée de façon à prévenir ou à réduire au maximum toute souffrance. Ainsi, la voie d'exposition efficace la moins invasive sera privilégiée (le gavage par rapport à la pose d'une pompe osmotique par exemple). Afin de pallier le moindre signe de souffrance ou de stress pouvant apparaître chez l’animal, l’observation des animaux sera rigoureuse et quotidienne. Nous avons ainsi mis en place des points limites tels que l’apparition d’un comportement agressif, l’isolement, l’absence d'alimentation (les animaux seront pesés au début de l'expérience puis une fois par semaine et une diminution de 10% par rapport au lot contrôle entrainera l'arrêt de l'expérience pour les animaux concernés) ou encore la présentation d’un pelage hérissé. Toute atteinte d’un de ces points limites conduira à la mise à mort de l’animal. De plus, les gestes réalisés sur les animaux pouvant engendrer une douleur ou un stress seront précédés d’une anesthésie afin de limiter au minimum la souffrance des animaux. Des traitements anti-douleur seront utilisés suite à la chirurgie pour éviter toute souffrance de l’animal.
Choix des espèces
Nous avons choisi de travailler sur la souris car cette dernière présente l'avantage d'avoir un mécanisme de reconnaissance des codons stop prématurés semblable à celui retrouvé chez l'Homme. De plus, la durée du cycle de vie de la souris est compatible avec le test in vivo des molécules à visées thérapeutiques qui est réalisé sur plusieurs semaines. Les animaux seront utilisés à partir du sevrage et jusqu'à 2 mois maximum après la naissance car la mortalité des homozygotes mutants est attendue au cours du premier mois de vie.
Effet des fruits du Gattilier sur le développement des organes sexuels des coqs et leurs comportements sexuels négatifs associés
- Recherche appliquée
- Bien-être animal
Réduire l'agressivité sexuelle des coqs élevés en plein air suppose ici de suivre 300 mâles pendant douze semaines, dans des procédures classées en souffrance légère. Chacun est pesé six fois depuis son premier jour, subit quatre prélèvements sanguins à 6, 8, 10 et 12 semaines et une contention d'une minute pour photographier sa crête, l'ensemble servant à mesurer l'effet d'une poudre de gattilier sur la testostérone. 500 poulets sont élevés au total, dont 200 femelles maintenues hors du champ des procédures, un effectif que le porteur justifie par la "nécessité" de simuler les conditions d'un élevage commercial plein air. Aucun n'est tué au titre du projet, tous repartent à la fin dans la filière classique du poulet de chair, et le bien-être annoncé revient à leur rendre l'engraissement plus supportable.
Objectifs
L’élevage de volailles plein air correspond aujourd’hui à une demande croissante de la société pour de meilleures conditions de vie des animaux d'élevage, ces productions étant considérées comme "moins intensives" et plus respectueuses du bien-être animal. Cependant, la durée de ces élevages est plus longue par rapport à la durée des élevages "standards". Ainsi, dans ce mode d'élevage plus long, les mâles atteignent leur maturité sexuelle, ce qui n'est pas le cas en élevage "standard" ; des comportements naturels d’agressivité peuvent alors être observés. Aussi, récemment, des observations de terrain ont montré que cette maturité sexuelle pouvait arriver autour de 6 semaines d'âge. Cela se traduit par un développement des testicules et une augmentation de la production d’hormones sexuelles. Ces dernières stimulent les comportements agressifs entre les individus qui ont des conséquences négatives sur les animaux et leur bien-être. L’objectif de ce projet est de tester les effets des fruits du gattilier (ou Vitex agnus-castus ou « Poivres des moines ») connu pour ses propriétés anaphrodisiaques et son rôle de régulateur hormonal, pour réduire les comportements sexuels agressifs chez le coq. La plante, autorisée en alimentation animale, sera apportée sous forme de poudre dans l’aliment, pendant toute la durée d'élevage et nous analyserons les paramètres suivants : poids, taux de testostérone sanguin, développement de la crête, bien-être et comportements sociaux.
Bénéfices attendus
Ce projet permet de vérifier si la distribution de poudre de fruits de Gattilier permet de diminuer les comportements sexuels négatifs. A termes, le Gattilier pourra être utilisé pour améliorer les conditions de vie et le bien-être des poulets.
Procédures
Les poulets seront pesés individuellement à 6 reprises entre leur arrivée à 1 jour et la fin du projet à 12 semaines afin de connaitre et comparer leur croissance. La durée d’une pesée est inférieure à 10 secondes par poulet. Les poulets mâles auront 4 prélèvements sanguins à 6, 8, 10 et 12 semaines. Chaque prélèvement se fera sur animal vigile et durera moins de 15 secondes. Au moment de la contention pour les prélèvements sanguins, une photo de leur crête sera prise ; la contention totale ne durera pas plus de 1 minute / animal.
Impact sur les animaux
Les effets négatifs sur les poulets sont 1/ la douleur légère et transitoire (inférieure à 15 secondes) générée par la pénétration de l’aiguille lors des prélèvements sanguins et 2/ le stress léger et transitoire lié à la contention lors de la pose de la bague d’identification, des prélèvements sanguins, des pesées et des prises de photos des crêtes.
Devenir
En fin de procédure, tous les animaux retourneront dans le système d'élevage classique d'un poulet de chair élevé en plein air.
Remplacement
Il n’existe à ce jour, aucune méthode in vitro ou in silico pour étudier le comportement sexuel des poulets. Le recours aux animaux vivants reste nécessaire afin d’évaluer les interactions sociales entre animaux. Il est également important de se placer en condition d’élevage pour pouvoir suivre le comportement naturel d’exploration des animaux sur le parcours extérieur.
Réduction
Dans notre projet, les poulets sont répartis en deux modalités, une modalité « témoin » ne recevant pas la poudre de Gattilier (250 poulets dont 150 mâles et 100 femelles hors-champ), et une modalité « essai » recevant la poudre de Gattilier (250 poulets dont 150 mâles et 100 femelles hors-champ). Ce nombre de 250 individus par modalité est nécessaire pour simuler les conditions d’un élevage commercial plein air et rendre compte de la variabilité inter individuelle. Les prises de sang et les photos des crêtes à 6, 8, 10 et 12 semaines ne seront réalisées que sur les mâles, à savoir 150 individus/modalité (soit 300 au total). Les statistiques utilisées sont en accord avec la littérature existante et permettent de prendre en compte la variabilité existante au sein de la population et obtenir des estimations suffisamment précises pour étudier les comportements sexuels et les corrélations existantes entre la mesure de la crête (organe sexuel secondaire) et le taux de testostérone sanguin.
Raffinement
Les animaux sont élevés en groupe, avec accès à un parcours plein air, favorisant l'expression des comportements naturels des poulets. Ils seront hébergés dans des conditions optimales d’alimentation et de soins. Les animaux auront à disposition dans les bâtiments ficelles et pierres à piquer en tant qu’enrichissement du milieu. Ce projet permettra également de voir s'il existe un lien entre le développement de la crête (organe sexuel secondaire) et le taux de testostérone sanguin. Si tel est le cas, cela permettra, dans les projets à venir, d'étudier la maturité sexuelle en utilisant une méthode non invasive (mesure de la crête) plutôt q'une méthode invasive (testosterone sanguine).
Choix des espèces
Ce projet a pour objectif d’étudier les comportements du poulet de chair élevé dans un élevage en plein air. Il est donc nécessaire d’utiliser cette espèce animale, à savoir le poulet de chair. Les poussins arriveront dans notre élevage à 1 jour d’âge et seront étudiés jusqu’à 12 semaines qui correspond à l’âge de fin d'élevage pour ce type d’élevage plein-air. Des observations de terrain ont montré que la maturité sexuelle arrivait autour de 6 semaines chez le coq de cette souche et que le taux de testostérone dans le sang augmentait entre 4 et 6 semaines. Nous avons donc choisi de réaliser notre 1er prélèvement à 6 semaines, au moment du développement de la maturité sexuelle. Les prises de sang seront ensuite effectuées à 8, 10 et 12 semaines afin d’étudier l’évolution du taux de testostérone dans le sang et de pouvoir observer un éventuel décalage d’augmentation du taux de testostérone en fonction de la modalité (témoin / essai).
Identification du rôle d’un régulateur épigénétique dans les maladies inflammatoires intestinales chez la souris
- Recherche fondamentale
- Système gastrointestinal
Les souris de ce projet sont génétiquement modifiées et élevées sur place, chaque première portée subissant une biopsie de la queue dans ses deux premières semaines de vie. 604 d'entre elles vont être utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger à modéré. Trois gavages espacés de cinq jours, une injection intrarectale sous anesthésie et des injections dans l'abdomen déclenchent une inflammation intestinale susceptible de provoquer perte de poids, baisse d'activité, douleur et diarrhée sanglante, pour tester le rôle protecteur d'une protéine dans la maladie de Crohn et la colite ulcéreuse. Les souriceaux qui n'ont pas le génotype recherché sont tués après le génotypage, les autres servent à la reproduction et aux expériences avant d'être tués pour prélever l'intestin.
Objectifs
Les maladies chroniques intestinales, telles que la colite ulcéreuse et la maladie de Crohn, ont un effet dévastateur sur la qualité de vie des patients. L’origine de ces maladies reste inconnue, et de ce fait les traitements manquent de précision et d’efficacité. Une série d’observations suggère que ces maladies sont liées à une inflammation chronique intestinale induite par l'hypersensibilité du côlon à l’alimentation et au microbiote intestinal. Une réponse inflammatoire dérégulée et un dysfonctionnement du système immunitaire sont considérés comme les deux causes les plus suspectes associées à ces maladies. Dans ce travail, nous utiliserons un modèle de souris pour explorer davantage le lien potentiel entre la réponse inflammatoire/immune dérégulée et le développement des maladies chroniques intestinales. Dans ce contexte, l'objectif du projet est de déterminer in vivo le rôle protecteur d’une protéine en réponse à différents stress environnementaux ainsi que d’évaluer son potentiel thérapeutique dans le contrôle de l'inflammation intestinale.
Bénéfices attendus
La maladie de Crohn et la colite ulcéreuse sont des maladies inflammatoires chroniques susceptibles d'évoluer vers la fibrose et le cancer colorectal. Le bénéfice de ce projet est d’évaluer une potentielle cible thérapeutique dans le contrôle de l’inflammation, afin d’optimiser l'efficacité du traitement des maladies inflammatoire intestinale. Ce projet vise également à mieux comprendre les mécanismes moléculaires et cellulaires de la réponse inflammatoire intestinale.
Procédures
1) La première portée de chaque couple de souris pour le maintien de lignée dans les 2 premières semaines de vie seront soumises à une biopsie de queue en quelque secondes. 2) Toutes les souris seront soumises à 3 gavages oraux durant moins d’une minute, 1 gavage tous les 5 jours. 3) Certain souris rêverons une anesthésiées administrée en injection intrapéritonéale et recevront par voie intra-rectale un produit chimique. 4) Certain souris seront pesées chaque jour en quelques secondes pendant 3 jours minimum et 2 semaines maximum. 5) Certain souris recevront 3 fois une injection intrapéritonéale et seront pesées 1-3 fois en quelques secondes.
Impact sur les animaux
Le génotypage des souris se fera par une biopsie caudale qui peut provoquer une légère douleur. Le gavage et l’injection intrapéritonéale peuvent induire un stress et une douleur légère. Les modèles d’inflammation intestinale sont susceptibles d’induire une inflammation intestinale, ce qui peut provoquer une perte de poids, une baisse d'activité, de la douleur et de la diarrhée avec saignement. L’injection intra rectale peut conduire à une douleur légère et du stress.
Devenir
Les animaux ayant pas le bon génotype seront mis à mort après le génotypage. Des animaux avec le bon génotype sont gardés en vie pour la reproduction et les procédures expérimentales. L'ensemble des animaux seront mis à mort à la fin de la procédure pour récupérer les tissus d'intérêt, notamment l’intestin.
Remplacement
L’emploi du modèle animal est indispensable afin d’étudier une réponse inflammatoire en milieu physiologique où les cellules du tube digestif sont confrontées aux aliments dégradés, aux bactéries participant à la digestion et en présence d’un système immunitaire. Ni les modélisations mathématiques, ni les systèmes in vitro ne permettent de reproduire l’environnement physiologique auquel est soumis une réponse d’inflammation in vivo.
Réduction
Les expériences seront réalisées avec le nombre minimum d’animaux nécessaire à l’obtention d’un résultat significatif déterminé par une approche statistique.
Raffinement
Afin d'assurer aux animaux les meilleures conditions d'hébergement, nous ajouterons dans la cage du coton, des maisonnettes en carton ou des tunnels ainsi que des bâtonnets de bois à ronger. Les souris seront hébergées par 5 au maximum en cage ventilée pour le maintien en communauté, en accord avec leurs besoins sociaux, et disposeront d’eau et nourriture ad libitum. Le génotypage et la biopsie seront réalisées durant les 2 première semaines de vie des souris. Afin de réduire le traumatisme lié au gavage oral, les manipulateurs seront bien formés et des sondes de gavage souples à bout arrondi seront utilisées. Afin de réduire le traumatisme lié aux injections rectales, une anesthésie sera utilisée. La taille d’aiguille de l’injection sera adaptée à la taille de l’animal. Une surveillance sera effectuée 1 à 2 fois par jour par les membres de ce projet ou par les zootechniciens afin de détecter le plus rapidement possible tout signe de souffrance de l’animal. Pour limiter au maximum la douleur et la souffrance associée au sepsis sévère et notamment lors de la fin de vie, une grille d’évaluation du bien-être animal est mise en place.
Choix des espèces
La forte similitude des systèmes immunitaires humains et murins fait de la souris un modèle de référence pour étudier la réponse inflammatoire/immune et le développement des maladies chroniques intestinales comme la colite ulcérative ou la maladie de Chohn. Les souris seront utilisées à l’âge adulte (8 à 13 semaines après la naissance), où elles possèdent un système immunitaire mature.
Modèle de rétinopathie diabétique induit par injection de produits avancés de glycation
- Formation professionnelle
- Recherche appliquée
- Maladies animales
- Troubles sensoriels
- Tests réglementaires
- Autres tests de tolérance et d’efficacité
Rats : 1600
Lapins : 1600
Environ 10 % des animaux n'ayant pas suivi la procédure entière seront gardés en vie et réutilisés ailleurs, tous les autres seront tués pour analyse des yeux. 1 600 souris, 1 600 rats et 1 600 lapins vont être utilisés dans des procédures classées en souffrance légère, pour installer une rétinopathie diabétique par injection de produits de glycation. Selon les cas, l'injection se fait dans l'abdomen, dans la veine ou directement dans l'œil, avec jusqu'à huit instillations oculaires par jour et des examens ophtalmologiques hebdomadaires sous anesthésie légère. Le porteur écrit que les maladies de la rétine ne sont pas douloureuses chez l'être humain et transpose cette conclusion à l'animal, tout en annonçant une altération permanente de la vision de l'œil traité.
Objectifs
La rétinopathie diabétique est une complication du diabète qui atteint l'œil au niveau de la rétine et serait la première cause de cécité avant 65 ans. L'objectif de ce projet est d’obtenir un modèle de rétinopathie diabétique afin de tester des traitements potentiels qui pourraient améliorer la pris en charge de cette pathologie. Une étape clé dans l’installation de cette maladie et la détérioration des parois des capillaires sanguins de la rétine. Les capillaires sanguins perdent leur étanchéité ce qui induit une augmentation de la perméabilité vasculaire et une rupture de la barrière hématorétinienne, des hémorragies et des exsudats qui lèsent la rétine et altèrent son fonctionnement neuronal. La maladie peut évoluer vers une rétinopathie proliférative avec une production anormale de nouveaux vaisseaux peu fonctionnels, des décollements de la rétine et des saignements dans le vitré. Un oedème au niveau de la macula, zone de la rétine essentielle pour la bonne acuité visuelle, peut survenir à tout moment et entrainer la perte de la vision. L'excès de sucre dans le sang (l’hyperglicémie) génère des produits dérivés appelés les produits avancés de glycation : les AGEs. Ces AGEs sont impliqués dans le développement des complications du diabète. Une stratégie pour reproduire l’atteinte vasculaire de la rétinopathie diabétique consiste en l’injection de AGEs exogènes chez les rongeurs et le lapin. Selon les protocoles disponibles dans les publications scientifiques, l’injection peut se faire par différentes voies : injection intra veineuse, intra vitréenne, intrapéritonéale. Dans un premier temps nous souhaitons induire le modèle par injection intrapéritonéale de AGEs chez les rongeurs, en cas d'échec, s'il n'y a pas eu d'induction et que les signes cliniques ne sont pas présents, les injections intraveineuses seront envisagées ou encore l'injection intravitréenne (à l'intérieur de l'œil) chez les 3 espèces. Les durées des études peuvent être différentes selon le mode d'administration : 1 à 2 semaines pour les injections quotidiennes intrapéritonéales et intraveineuses et quelques heures à quelques jours pour les injections uniques intravitréennes.
Bénéfices attendus
Ce projet permettra de participer à la recherche de nouveaux traitements agissants sur la composante vasculaire de la rétinopathie ou neuroprotecteurs de la rétine chez les diabétiques.
Procédures
Le déclenchement du modèle est dû à une injection par piqûre intrapéritonéale, ou intraveineuse ou une injection intravitréenne, un seul mode d'induction par animal. Les examens ophtalmologiques se feront à l'aide de techniques (imagerie, observations au biomicroscope, électrorétinogramme) réalisés chez l’homme en cabinet médical par un ophtalmologiste sans anesthésie et sans hospitalisation. Ils le sont également chez l’animal en clinique vétérinaire. Ces examens pourront se faire pour une partie sur animaux vigiles mais certains qui nécessitent l’immobilisation complète de l'animal seront pratiqués sous anesthésie légère, ce type d'examen ne dure que quelques minutes et se produit une fois par semaine. Les administrations de produits se feront soit par instillations (gouttes oculaires), par voie sous cutanée, intramusculaire ou intrapéritonéale. Ces procédures ne durent que quelques secondes. Les gouttes oculaires peuvent être administrées plusieurs fois par jour (on estime un maximum de 8 fois). Les injections (intrapéritonéale, sous cutanées...) peuvent être quotidiennes pendant une durée d’une semaine. Les administrations de produit par injection au niveau de l'œil se feront sous anesthésie locale et générale si besoin, avec une procédure qui dure cinq minutes tout au plus, leur fréquence est limitée, une à deux fois par semaine sur maximum deux semaines. Des prélèvements de sang pourront être réalisés au cours des procédures expérimentales afin de doser le principe actif du traitement administré ou tout autre marqueur d'intérêt (durée de moins d'une minute pour le prélèvement). De manière générale, les études auront une durée variable qui pourra aller d'1 jour à deux semaines.
Impact sur les animaux
Les maladies vasculaires ou neurodégénératives de la rétine ne sont pas douloureuses chez l'homme, et par transposition chez l’animal. Outre les nuisances dues aux manipulations de l'animal pour les observations, le stress dû aux contentions manuelles de l'animal pour les administrations de produits, les instillations ou la douleur éventuelle de la piqûre lors des injections de produits ou d'anesthésiant, la pathologie devrait entrainer une altération permanente de la vision sur l'œil ayant reçu l'injection. L'administration des produits devrait engendrer tout au plus une douleur légère et de courte durée notamment lors de l’anesthésie. Au cours de l’anesthésie jusqu’au réveil, une baisse de la température corporelle pouvant induire un stress est attendue. Elle sera minimisée par l’utilisation de tapis chauffant, de lampe chauffante ou d’armoire de réveil chauffée en fonction des espèces.
Devenir
A l'issue de chaque procédure, tous les animaux qui auront suivi la totalité de la procédure expérimentale, seront mis à mort pour permettre de réaliser les évaluations ex vivo (évaluations histologiques, dosage de produit...). Les animaux n’ayant pas reçu la totalité de la procédure expérimentale (estimé à environ 10%) pourront être gardés en vie et réutilisés dans une autre procédure, après avis du vétérinaire si besoin.
Remplacement
A ce jour, aucune méthode alternative ne permet de mimer l’œil dans son environnement et dans sa globalité fonctionnelle. En effet, l’œil est composé de différents tissus (vasculaires, rétinien neuronal, vitréen, cornéen, humeur aqueuse ...) de physiologie différente et soumis aux variations environnementales, aux intéractions des tissus et organes voisins. Compte tenu de la complexité de l’organe et en l’absence de modèle alternatif, le projet nécessitera donc d’avoir recours à des animaux.
Réduction
Le nombre maximum d’animaux prévu pour ce projet a été déterminé en fonction de la distribution théorique rencontrée dans les données bibliographiques et tient compte des variations du métabolisme, de la robustesse des mesures et de notre expérience. Ce nombre limité doit nous permettre de conclure sur l’efficacité ou non d’un traitement. L'effet d'un traitement sera évalué à l'aide des tests statistiques paramétriques ou non paramétriques avec possibilité d'effectuer des comparaisons multiples; chaque groupe traité sera comparé à celui du groupe témoin. Afin d’avoir une puissance aux tests au moins égale à 0,80, un calcul de l’effectif sera réalisé avant chaque étape afin d’ajuster et de revoir à la baisse si possible le nombre d’animaux à inclure dans les procédures. La possibilité d'induire les deux yeux sera étudiée pour limiter le nombre d'animaux en étude si cela est compatible avec le mode de traitement. L'induction de la pathologie dans l'œil entraine une altération partielle et permanente de la vision, nous avons déjà expérimenté ce modèle dans notre laboratoire, il n'a pas été observé d'altération de comportement des animaux envers leurs congénères ou concernant la prise alimentaire. De plus, dès que les procédures expérimentales le permettront, des évaluations non invasives seront choisies tout au long du projet pour améliorer la condition animale et éviter la mise à mort inutile des animaux.
Raffinement
Un suivi quotidien des animaux sera effectué afin de minimiser au maximum l’impact des procédures sur leur bien-être. Les animaux seront hébergés par deux au minimum en première intention, avec différents enrichissements adaptés à l'espèce. Les examens choisis pour évaluer les signes cliniques de la maladie sont non invasifs et semblables à ceux pratiqués chez l'homme en cabinet d'ophtalmologie ou chez l’animal en clinique vétérinaire. Afin de réduire le stress de l'animal lors d'examens nécessitant l'immobilisation de l'animal, une administration d'anesthésique sera réalisée. Des points limites adaptés, suffisamment prédictifs et précoces permettent de limiter une éventuelle douleur à son minimum. Ce projet a été soumis pour évaluation à un comité d’éthique et sera suivi par la structure en charge du bien-être animal de l'établissement.
Choix des espèces
Les espèces animales choisies ont une physiologie, une anatomie et un métabolisme largement décrits dans la bibliographie scientifique. L’extrapolation à l’homme des effets sur l’œil en est d’autant plus facilitée. De plus, les modèles expérimentaux concernant cette pathologie sont largement utilisés et décrits sur ces espèces dont les publications de référence sur laquelle le projet est basé. Pour ce projet, des souris, des rats et des lapins ont été retenus pour tenir compte des particularités anatomiques et physiologiques de chaque espèce afin d’augmenter les chances de mener ce projet à terme. Le choix de l’espèce se fera en fonction de la quantité et des caractéristiques des produits à administrer. Les animaux utilisés seront de jeunes adultes à leur arrivée dans notre animalerie. Les lapins inclus dans ce projet auront 8 à 15 semaines et les rongeurs 6 à 12 semaines conformément aux publications de référence qui servent de base aux modèles et qui correspond à la maturité visuelle chez ces animaux. Ils observeront ensuite une période d’acclimatation de 3 jours minimum avant leur entrée dans les procédures expérimentales.
Cibler un corégulateur transcriptionel stéroïdien dans le tissu adipeux pour lutter contre l’obésité et les maladies métaboliques associés
- Recherche fondamentale
- Oncologie
- Système endocrinien
Soumises pendant seize semaines à un régime riche en graisses destiné à les rendre obèses, 752 souris subissent aussi sept injections quotidiennes d'un agoniste adrénergique, sept prélèvements sanguins à la queue en deux heures et soixante-douze heures d'isolement en cage métabolique. Toutes sont tuées à l'issue pour récupérer leurs organes, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger à modéré. Le projet cherche à savoir si la suppression d'un corégulateur transcriptionnel provoque l'obésité et le diabète de type 2, en comparant femelles et mâles. La liste des nuisances déclarées retient les injections, les prises de sang et l'isolement, sans compter l'obésité ni l'intolérance au glucose que le protocole vise pourtant à installer.
Objectifs
L'objectif de ce projet est de déterminer le rôle d'un corégulateur transcriptionel stéroïdien dans la fonction et le développement des adipocytes (blancs et bruns), selon le sexe, et d'évaluer si la délétion génétique de ce facteur de transcription conduit au développement de l'obésité et de ses complications métaboliques, en particulier la résistance à l’insuline et le diabète de type 2. Pour répondre aux objectifs de ce projet, nous allons utiliser des souris femelles et mâles invalidés pour ce facteur protéique (KO) et leur contrôles (WT). Ce modèle de souris ne présente pas de phénotype dommageable dans les premiers mois de vie et ce jusqu’à 8-10 mois. Ensuite, les souris présentent une différence selon le sexe puisque les femelles KO comparées aux WT, contrairement aux mâles, développent progressivement un surpoids (+ 15 à 20%), associé à une augmentation de leur masse grasse, et à 12 mois, une intolérance au glucose sans apparition de diabète de type 2.
Bénéfices attendus
Le but de ce projet de recherche est d'identifier de nouveaux acteurs moléculaires contrôlant l'activité dissipatrice d'énergie des adipocytes selon le sexe. Etant donnée que les adipocytes blancs et bruns activés sont capables de brûler efficacement les lipides et les glucides, molécules en excés dans de multiples désordres métaboliques, ce projet devrait fournir de nouvelles voies thérapeutiques pour combattre les maladies complexes telles que l'obésité et le diabète de type 2.
Procédures
Mesures non invasive de la masse grasse/maigre et de la température corporelle (deux fois, pendant
Impact sur les animaux
Les nuisances attendues sur les animaux seront les suivantes: - Des injections intrapéritonéales (ip) d'un agoniste aux récepteurs beta3-adrénergique - Des prélèvements sanguins à l'extrémité de la queue (série de 7 prélèvements (
Devenir
A l'issue de chaque procédure, tous les animaux seront mis à mort pour récuperer les organes.
Remplacement
Remplacement : Il est nécessaire maintenant de réaliser des études sur l’animal pour valider l’importance de facteur dans un contexte in vivo puisqu’aucune autre méthode alternative n’existe pour mimer in vitro la véritable complexité biologique des interactions entre organes participant au développement de l'obésité et de ses complications comme les maladies cardiovasculaires
Réduction
Réduction : Tous les protocoles utilisés sont bien maitrisés par les participants au projet. Cette expertise permet de définir pour chaque procédure un nombre d’animaux minimum pour obtenir des résultats reproductibles et permettant des études statistiques pertinentes.
Raffinement
Raffinement : L'environnement dans chaque cage est significativement amélioré pour minimiser le stress (un igloo par cage, plusieurs tiges de papiers). Le suivi sanitaire est réalisé selon les procédures établies par le service animalerie par les zootechniciens du centre permettant d'identifier des souris souffrantes. Des points limites stricts ont été prédéfinis afin de rapidement prendre les mesures recquises au bien-être des animaux. Enfin, l’isolement de souris sera évité hormis pour un temps limité pour les études en cage métabolique.
Choix des espèces
L'utilisation de souris se justifie par un élevage à coût modéré, un cycle de vie court, et une natalité importante. Cette espèce est majoritairement utilisée dans les études sur le développement de l'obésité et de ses complications métaboliques puisque les souris deviennent rapidement obèses (12-16 semaines) lorsqu'elles sont nourries avec un régime riche en lipide. De plus, l'obésité des souris est similaire à celle de l'homme permettant de tirer des informations pertinentes pour l'obésité humaine. Enfin, la souris est l'espèce de mammifère de choix pour réaliser des modifications génétiques (surexpression ou invalidation d'une protéine, globale ou ciblée dans un tissu). Ainsi, l’utilisation de souris (KO et WT) pour le corégulateur transcriptionel étudié va permettre de déterminer l’implication de ce facteur in vivo dans les désordres métaboliques complexes. Les animaux seront étudiés à l’âge adulte dans toutes les procédures du projet.
Impact d’une inflammation persistante de faible intensité sur le dysfonctionnement métabolique lié à l’obésité dans un modèle de souris.
- Recherche fondamentale
- Système immunitaire
Issues de couples reproducteurs eux-mêmes tués à l'issue, les souris de ce projet sont ensuite utilisées dans la procédure principale puis tuées pour le prélèvement de leurs organes. 4 500 souris au total vont être utilisées, dans des procédures allant d'un niveau de souffrance léger à modéré. 1 080 d'entre elles suivent seize semaines de régime obésogène, avec sept prélèvements de sang en deux heures répétés à trois reprises, des injections de glucose et d'insuline dans le péritoine, et deux minutes d'immobilisation vigile dans un tube de contention pour mesurer leur masse grasse. Le porteur affirme que l'utilisation d'un modèle animal est "indispensable" à des fins exploratoires et qu'"aucune autre espèce n'est aussi adaptée", en signalant par ailleurs que les lignées de souris voulues sont déjà disponibles dans son laboratoire.
Objectifs
De plus en plus de preuves relient l'inflammation aux changements métaboliques associés à l'obésité et au diabète de type 2. L'obésité est associée à une inflammation tissulaire, un facteur de risque majeur de prédiabète et de diabète de type 2, car elle entraîne à la fois une baisse de la production d’insuline et une résistance à l'insuline. Le rôle émergent de l’inflammation dans la physiopathologie du diabète de type 2 et des troubles métaboliques associés a suscité un intérêt croissant pour le ciblage de l’inflammation afin d’améliorer la prévention et le contrôle de la maladie. NLRP3 est une protéine contrôlant une voie majeure de l’inflammation. Le potentiel de NLRP3 en tant que cible thérapeutique dans le traitement de la résistance à l’insuline induite par l’obésité a été signalé dans la littérature. En effet, il a été démontré que l'obésité active le NLRP3 et que les souris déficientes en NLRP3 sont protégées contre l'obésité et la progression du diabète. Néanmoins, le rôle d’une inflammation de bas grade dans l’apparition de l’obésité n’a pas été directement étudié. Afin de déterminer l'impact direct d'une inflammation de bas grade à long terme sur l'apparition de l'obésité et la dérégulation métabolique, nous utiliserons des groupes de souris invalidées pour les composants ou activateurs de NLRP3.
Bénéfices attendus
A court terme, le projet vise à décrire de manière exhaustive le rôle de l’inflammation de faible intensité, caractérisée par une sécrétion légèrement augmentée mais persistante des cytokines inflammatoires, dans l'apparition des maladies métaboliques, dont le diabète. Pour cela, le projet vise à étudier les caractéristiques observables chez les souris conduisant à une inflammation constitutive de faible intensité afin d'explorer l'effet d'une telle inflammation sur les troubles métaboliques, notamment le diabète. À plus long terme, ce projet vise à mieux comprendre les mécanismes du diabète, notamment le rôle de l’inflammation, et à contribuer à trouver de nouveaux traitements potentiels, en envisageant notamment des stratégies anti-inflammatoires.
Procédures
À l'âge de 7 à 11 semaines, 1 080 animaux seront soumis à des régimes où aucune douleur n’est anticipée, pour une durée de 16 semaines. Avant, au milieu et à la fin du régime, 1 080 souris resteront vigiles dans un tube à contention pendant 2 minutes une fois afin de mesurer la répartition de la masse maigre et de la masse grasse. Aucune anesthésie ne sera nécessaire pour cette procédure. Pour mesurer la glycémie et l’insulinémie une goutte de sang sera prélevée 7 fois sur une période de 2 heures avant, au milieu et à la fin du régime. Pour effectuer les analyses sanguines, un prélèvement de sang sera réalisé une fois avant, au milieu et à la fin du régime sur les 1 080 souris. Le génotypage sera fait grâce à de l'ADN génomique purifié extrait à partir de tissus d'animaux au servage (3 semaines). Lors de la mise à mort, un prélèvement de grande quantité de sang sera effectué afin d'étudier les marqueurs métaboliques.
Impact sur les animaux
Obésité, douleur aux sites d'injection lors des injections intra-péritonéales de glucose et d'insuline, douleur aux sites de prélèvement lors des biopsies réalisées pour le génotypage et les prélèvements sanguins.
Devenir
Les animaux utilisés comme couple reproducteur seront euthanasiés. Les animaux issus de ces reproductions seront ensuite utilisés pour la procédure 2, où ils seront euthanasiés pour récupérer des organes vitaux.
Remplacement
Il est nécessaire de réaliser des études in vivo car les études in vitro ne permettent pas de reproduire les interactions complexes qui existent entre les différents organes et les différents types cellulaires présents dans un organe. De plus, les études in vitro ne prennent pas en compte l'environnement nutritionnel et métabolique. Les effets chroniques du diabète ne peuvent pas être reflétés in vitro car d'autres variables physiologiques telles que les réponses hormonales et inflammatoires sont impliquées. L'utilisation d'un modèle animale est indispensable à des fins exploratoires.
Réduction
Les expériences sont conçues pour utiliser un nombre minimum d'animaux, tout en assurant qu'il soit suffisant pour permettre la réalisation des tests statistiques appropriés sur les souris mâles et femelles. L'utilisation de mâles et de femelles permet de limiter la perte d'animaux. De plus, afin de réduire le nombre de souris nécessaires, chaque animal sera soumis à un maximum d'analyses possibles.
Raffinement
Les procédures expérimentales ont été optimisées afin de minimiser l'inconfort et le stress des animaux. Leur bien-être est une priorité absolue et est pris en compte de manière scrupuleuse à toutes les étapes, notamment en ce qui concerne leurs conditions de logement. Les souris seront hébergées dans des installations appropriées avec un enrichissement systématique, et elles seront logées en groupe pour favoriser leur bien-être social. Les personnes effectuant les procédures respecteront strictement les normes éthiques lors de la manipulation et de l'euthanasie des animaux. Des critères bien définis sont établis pour limiter au minimum la souffrance animale. Pour éviter les bagarres entre mâles de portées différentes, le seul mâle né d'une même portée sera isolé dans une seule cage. Dans ce cas, des mesures d’enrichissement environnemental seront mises en place, telles que l'ajout de maisons en carton, de nids ou de bâtons de bois.
Choix des espèces
L'utilisation du modèle souris est essentielle pour éviter la duplication d'expériences inutiles en tirant parti des connaissances existantes dans la littérature et en permettant une comparaison facile des résultats pour une progression plus rapide. La souris est couramment utilisée dans les études fondamentales, notamment dans l'étude des maladies métaboliques et de l'inflammation de faible intensité dans le diabète, ce qui en fait un choix idéal pour ce projet. Les données in vivo disponibles dans la littérature sont principalement obtenues à partir d'études sur des souris, et cette espèce offre une abondance de matériel biologique pour des analyses approfondies, notamment des analyses protéiques, génomiques et histologiques. Aucune autre espèce n'est aussi adaptée pour répondre aux objectifs de cette étude. De plus, des modèles murins pertinents sont déjà disponibles dans notre laboratoire, ce qui facilite la mise en œuvre de ce projet. Pour le stade de développement, il s’agit de jeunes adultes âgés de 7 à 11 semaines, ce qui correspond aux standards utilisés pour ce type d’étude métabolique.
Carence en vitamine D chez la souris mâle et conséquences sur la descendance.
- Recherche fondamentale
- Oncologie
- Système endocrinien
Les souris mâles subissent une chirurgie scrotale de vingt minutes sous anesthésie pour un prélèvement de sperme, après dix semaines de régime carencé en vitamine D. 60 souris vont être utilisées et toutes tuées pour prélever leurs tissus, dans des procédures que le porteur déclare en gravité légère. Leur descendance est répartie en six groupes tués à différents âges, certains dès quatre jours après la naissance, pour analyser l'adiposité et l'empreinte épigénétique du tissu adipeux. Le porteur qualifie pourtant lui-même le prélèvement de sperme de nuisance "modérée", et l'objet du projet reste d'établir des recommandations nutritionnelles pour les hommes en âge de procréer.
Objectifs
L’objectif de ce projet est d’apporter des données permettant d’évaluer l’impact d’insuffisance en vitamine D chez la souris mâle, sur les trajectoires métaboliques de la descendance. Des souris mâles seront nourris pendant 10 semaines avec un régime contrôle ou un déficient en vitamine D. Les mâles carencés seront étudiés (suivi de l'evolution pondérale, prise alimentaire, impact sur le microbiote). Ces males seront ensuite accouplés avec des souris femelles nourries avec une alimentation contrôle. Ceci permettra de générer une descendance issue de pères carencés ou non. Un prélèvement de sperme sera réalisé. L'étude portera ensuite sur cette descendance. Des groupes de 10 animaux de chaque sexe sont utilisés. Au total, l'etude sur la descendance portera donc sur 6 groupes d'animaux étudiés à différents stades de leur vie (4 jours post naissance; post-sevrage et age adulte), repartis de la façon suivante : mâles après naissance, femelles après naissance, mâles post-sevrage, femelles post-sevrage, mâles adultes, femelles adultes. Sur la descendance, à l'exception des animaux mis à mort 4 jours apres la naissance, un suivi de croissance sera réalisé par pesée toutes les semaines ainsi que la quantification de la consommation alimentaire. Les animaux seront euthanasiés à différents stades afin d'etudier l’adiposité, l’expression génique du tissu adipeux et l’empreinte épigénétique du tissu adipeux. A noter qu'il est prévu de réaliser 3 cohortes de géniteurs sur la période des 3 années sur laquelle va se dérouler ce projet.
Bénéfices attendus
Les données obtenues dans le cadre de ce projet permettront de connaitre l'impact d'une déficience paternelle en vitamine D sur la descendance. Cela servira de base pour émettre des recommendations nutritionnelles aux hommes en âge de procréer.
Procédures
Les animaux femelles seront soumis à un perçage d'une oreille une fois à leur arrivée. À 9 semaines d'alimentation contrôlée, un prélèvement de fécès nécessitant de les isoler pendant ~30 minutes sera réalisé; suivi d'une prise de sang à la queue sur animal vigile à 10 semaines. Les animaux mâles recevront une chirurgie scrotale qui dure maximum 20 minutes par animale.
Impact sur les animaux
Les animaux mâles seront soumis à un régime carencé en vitamine D, aucune souffrance n'est attendue mais des nuissances peuvent survenir (nuissance de gravité légère, longue durée). Les animaux seront également maintenu en isolement lors des recueils de fécès ce qui peut constituer une source de stress (nuissance de gravité légère, courte durée). Un prélèvement de sang sera réalisé à la veine caudale (nuissance de gravité légère, courte durée). Un prélèvement de sperme sera réalisé sous anesthésie et lors d'une chirurgie scrotale (nuissance modérée, durée de la chirurgie environ 20 minutes). Enfin l'induction de l'anesthsie peut constituer une source de nuisance (nuissance de gravité légère, longue durée).
Devenir
Les animaux de cette procédure seront mis à mort afin de prélever les tissus d'intérêt qui seront ensuite analysés.
Remplacement
Il n'existe à l'heure actuelle aucune méthode de substitution in vitro pour étudier l'impact de la nutrition périnatale. La souris est un modèle de choix car elle présente des mécanismes physiologiques proches de ceux qui sont observables chez l'homme. Le but de ce projet est de rechercher les conséquences métaboliques chez la descendance, d’une carence en vitamine D chez le mâle géniteur. Ce processus est complexe et met en jeu de nombreux organes et systèmes métaboliques, qu’il n’est pas possible de reproduire in vitro.
Réduction
Le nombre d'animaux est le minimum nécessaire pour étudier la variabilité biologique de la descendance (descendance issue de 10 géniteurs différents). Ce nombre minimal est également nécessaire pour mettre en évidence des différences significatives entre les groupes, à l'aide d'un test statistique, notamment en ce qui concerne la prise de masse des animaux.
Raffinement
Les animaux seront hébergés en cage de 2 pour les mâles et les femelles, et l'environnement sera enrichi par la présence d'un igloo en plastique ou en carton. Les animaux seront manipulés régulièrement pour les habituer à notre contact et ainsi limiter leur stress. Des conflits entre animaux au sein d’une même cage pourraient se produire et engendrer des blessures. Dans ce cas, l’animal blessé sera soigné et placé dans une cage individuelle permettant de garder des contacts visuels, olfactifs et auditifs avec ses congénères jusqu’à la fin du protocole. Des points limites gradés et précis ont été définis pour chaque acte expérimental. Un arbre décisionnel en focntion des observations faites permettra l'application des points limites et la mise en application de critères d'arrêt. Une anesthésie et une analgésie sont prévues lors du prélèvement de sperme.
Choix des espèces
La souris est un modèle classiquement utilisé dans les études concernant les désordres métaboliques causés par l’alimentation en raison des similitudes avec l’homme. Les animaux seront âgés de 6 semaines à l’achat et d’environ 8 semaines lors du début du protocole. Ces animaux correspondent donc à de jeunes adultes, afin de ne pas faire intervenir de paramètres confondant tels que le vieillissement.
Etude du microenvironnement immunitaire dans le développement précancéreux à la zone de transition anorectale
- Recherche fondamentale
- Oncologie
3 424 souris vont être utilisées, chacune pouvant subir jusqu'à huit grattages de la zone anorectale au scalpel à bout rond, deux fois par semaine pendant quatre semaines, dans des procédures allant d'un niveau de souffrance léger à sévère. Toutes sont tuées, avec ou sans prélèvement d'organes selon qu'elles portent ou non le génotype recherché. Elles expriment un oncogène qui leur fait développer au bout d'un mois des papillomes dans la bouche, gênant la prise de nourriture solide, ce que le porteur dit compenser en humidifiant l'aliment. Le bénéfice avancé, mieux comprendre les étapes précoces des carcinomes de la zone anorectale, reste une hypothèse de recherche fondamentale, quand les blessures répétées et l'inflammation qu'elles provoquent sont infligées d'emblée.
Objectifs
Les épithéliums sont des tissus qui se renouvellent constamment et sont susceptibles de développer des cancers. Ces cancers appelés carcinomes font partie des cancers les plus fréquents et les plus agressifs chez l’homme. Nous avons fait des progrès majeurs dans la compréhension des mécanismes impliqués dans ces cancers. Nous avons identifié une voie de signalisation qui est un puissant suppresseur de tumeur dans ces épithéliums et un oncogène qui est un facteur important dans l’initiation tumorale. Nous avons aussi montré que les zones de transition entre différents types d’épithéliums sont entourées d’un environnement unique qui pourrait favoriser l'initiation de cancers. Nous avons développé un modèle unique de souris exprimant cet oncogène spécifiquement à la zone de transition se trouvant à la zone anorectale et qui entraine une prolifération anormale dans cette zone. Le but de ce projet est de récapituler des tumeurs anorectales pour suivre les étapes précoces de la progression tumorale et pour établir une cartographie au niveau de l'environnement tissulaire et immunitaire de cette zone. Cette étude permettra de mettre en évidence des éléments potentiellement impliqués dans la progression d’un état normal à cancéreux, que nous validerons in vivo et sur des cultures tridimensionnelle de zone de transition.
Bénéfices attendus
Les cancers se développant dans les zones de transition anorectales sont des carcinomes et font partie des cancers les plus fréquents et agressifs chez l’homme. Cependant les mécanismes moléculaires de dissémination de ces cancers sont peu étudiés et basés majoritairement sur des corrélations cliniques. De plus, la physiologie des cellules dans ces régions et leur rôle dans l’initiation tumoral sont peu étudiés. Depuis 10 ans, les développements de l'oncologie et les succès récents de l'immunothérapie ont montré le rôle déterminant des cellules immunitaires dans la progression des cancers en stade avancé. Cependant, peu de choses sont connues sur l'interaction entre les cellules immunitaires et les cellules épithéliales au début du processus de transformation. L’utilisation de modèles animaux qui permet de suivre le devenir de ces cellules dans des situations de stress induit par des blessures qui peuvent être des débuts de situation cancéreuses sont donc indispensables pour extrapoler de futur développement de thérapies ciblées chez l’homme.
Procédures
Une partie des animaux seront soumis à des blessures mécaniques à la zone de transition anorectale. La blessure sera effectuée sous anesthésie gazeuse, sera complémentée d’une injection d’un antidouleur et sera répétée 2 fois par semaine pendant 2 semaines (4 blessures) ou 4 semaines (8 blessures) afin de récapituler les étapes de la progression tumorale. Le geste complet (en prenant en compte la durée d’anesthésie, l’injection et la blessure) dure environ 10 minutes par animal. Une partie des animaux seront soumis aux mêmes blessures en ajoutant des injections intrapéritonéale d'anti-IL-17 ou d'IgG contrôle afin de déterminer si la diminution de l'inflammation ralentit ou arrête le développement tumoral. Ces injections seront réalisées la veille de chaque blessure. Une partie des animaux recevront une transplantation orthotopique de cellules issues d'organoïdes murins exprimant un oncogène pour analyser les étapes précoces du développement tumoral. La transplantation se fera via une injection à la zone anorectale. Les animaux seront manipulés pour évaluation de l’état général via une grille de score et pesés 2 fois par semaine (environ 5 minutes par animal).
Impact sur les animaux
Les animaux exprimant l'oncogène KRAS au niveau des zones de transition, sont connus pour présenter un phénotype dommageable qui se traduit par le développement de papillomes au niveau buccal au bout de 1 mois d'induction. Les papillomes sont des proliférations excessives de couches épithéliales non malignes et non invasives mais qui créent une gêne lors de la prise de nourriture solide lorsqu'ils atteignent une certaine taille. Les animaux induits présentent également une hyperplasie au niveau des zones de transition (notamment gastrique et anorectale). La répétition des blessures crée une inflammation au niveau de la zone anorectale qui entraîne une prolifération anormale. Les animaux recevront des injections ce qui crée une douleur. Lors de l’acte de blessure anorectale (2 fois par semaine pendant 2 ou 4 semaines), la zone anorectale sera grattée avec un scalpel à bout rond ce qui va créer une lésion et donc une douleur. Le développement des organoïdes greffés à la zone de transition anorectale crée une lésion. La manipulation des animaux peut entrainer un stress. Les animaux seront identifiés avec une bague au niveau de l'oreille et une biopsie de queue sera réalisée pour le génotypage ce qui crée une douleur ponctuelle.
Devenir
Tous les animaux de toutes les procédures du projet seront mis à mort afin d'effectuer les prélèvements d'organes nécessaires à nos analyses ou sans prélèvements s'ils ne possèdent pas le génotype d'intérêt.
Remplacement
Nous ne pouvons pas reproduire une blessure physiologique in vitro et l’utilisation de ces souris est cruciale pour nos expériences afin de tester le rôle des cellules des zones de transition dans l’initiation tumorale. Néanmoins, nous prévoyons de mettre en culture des organoïdes à partir des tissus de ces souris afin d'étudier si des populations spécialisées de cellules sont directement liées au développement tumoral, ce qui nous permettra de diminuer le nombre d'animaux utilisés.
Réduction
Nous réduirons au maximum le nombre d'animaux pour n'utiliser que le nombre nécessaire afin d'obtenir des résultats statistiquement fiables. Nous prévoyons d'utiliser des organoïdes pour effectuer certains tests, ce qui nous permettra de diminuer le nombre d'animaux.
Raffinement
Les animaux seront hébergés en groupe pour un enrichissement social et afin de respecter l'instinct grégaire de cette espèce. La nourriture et l'eau sont fournies ad libitum. Du matériel de nidification est mis à disposition des animaux (dôme, coton, copeaux compressés). Les locaux d'hébergement sont séparés des locaux d'expérimentation. Les animaux destinés aux procédures expérimentales feront l’objet d’une phase d’acclimatation dans les locaux dédiés au suivi de l’expérimentation. Cette phase sera de 7 jours pour les animaux produits sur site. Les animaux exprimant l'oncogène KRAS au niveau des zones de transition, sont connus pour présenter des papillomes au niveau buccal au bout de 1 mois d'induction. Les papillomes sont des proliférations excessives de cellules de la peau qui ne sont pas tumorales. Nous avons démontré que l'ajout de nourriture humidifiée dans la cage permet aux animaux de continuer à se nourrir normalement, sans perte de poids.
Choix des espèces
Nous avons créé un modèle murin pour une meilleure compréhension du développement des cancers des zones de transition et pour le développement de meilleures méthodes de diagnostic et traitement des cancers épithéliaux dans le futur. De plus les techniques de blessure proposées chez la souris sont optimales pour obtenir des résultats qui pourront être extrapolés chez l’homme. Des animaux adultes seront utilisés pour avoir un poids équivalent entre les animaux et s’assurer de la maturité.
Rôle de l’activité d’une protéine membranaire dans un modèle épileptique chez la souris. 1/2
- Recherche appliquée
- Troubles nerveux
- Recherche fondamentale
- Système nerveux
Deux injections dès le premier jour après la naissance, une biopsie avant le sevrage, quinze injections de traitements entre le dixième et le vingt-cinquième jour, puis deux chirurgies à l'âge adulte dont une sans réveil. 2 605 souris vont être utilisées dans des procédures allant d'un niveau de souffrance léger à sévère, toutes tuées pour le prélèvement de leurs tissus. Le modèle repose sur la modification d'un canal ionique dans le cerveau pour provoquer des crises d'épilepsie et étudier la sclérose tubéreuse de Bourneville. Le porteur justifie son effectif par un calcul donnant six individus par groupe, sans dire comment on passe de six à 2 605, et n'annonce comme atteintes que la "survenue de crises d'épilepsies" et des "irritations dues aux injections répétées", alors qu'une partie des procédures est classée en souffrance sévère.
Objectifs
Notre objectif est de mettre en place des modèles de souris porteurs d'un canal modifié dans le cerveau. Ces modèles nous permettront de mieux comprendre les mécanismes conduisant à des désordres neurologiques et des crises épileptiques.
Bénéfices attendus
L'établissement de modèles murins pertinents avec atteintes cérébrales permettra de mieux comprendre la physiopathologie de la sclérose tubéreuse de Bourneville et de découvrir des mécanismes génétiques responsables du développement du cerveau et de la formation des crises d’épilepsie. Il permettra d’identifier de nouveaux biomarqueurs potentiellement impliqués dans la sclérose tubéreuse de Bourneville et dans d’autres pathologies neurologiques et de développer de nouvelles stratégies thérapeutiques pour les patients réfractaires aux traitements actuels.
Procédures
-2 injections chez le nouveau-né à P1 (2 min) -biopsies avant le sevrage à P21 (10 secondes) -15 injections de traitements pharmacologiques entre P10 et P25 (3 minutes) -chirurgie pour installation d’un transmetteur de 30 min à l’âge adulte -chirurgie sans réveil de 10 minutes à l’âge adulte
Impact sur les animaux
-survenue de crises d’épilepsies -irritations dues aux injections répétées
Devenir
Tous les animaux seront mis à mort pour prélever les tissus.
Remplacement
Le développement du cerveau et l’épilepsie sont des processus biologiques complexes où de nombreux types cellulaires communiquent entre eux en 3 dimensions. Aucun modèle in vitro ne peut mimer à ce jour ces processus. Les modèles animaux sont nécessaires pour évaluer les altérations moléculaires à la base des maladies et les interactions avec les différents organes et le système immunitaire.
Réduction
L'analyse de paramètres multiples par souris et l'utilisation de tests statistiques adaptés permettront de réduire le nombre de souris utilisées à son minimum. En se basant sur les résultats de la litterature et notre expérience au laboratoire nous avons calculé que n=6 individus par groupe est nécessaire pour obtenir des résultats exploitables et signitificatifs.
Raffinement
Les souris seront surveillées quotidiennement par les membres formés et qualifiés de l'animalerie afin de détecter tout signe de douleur ou de maladie ainsi que les weekends par les personnes d'astreinte. Les souris bénéficieront d'un enrichissement. Les souris seront hébergées par 5 en cage ventilée. Les responsables du projet formés aux gestes tiendront une fiche d’observation des points limites au cours de la procédure. Le volume des injections sera réduit au minimum possible. Pour éviter une irritation, une solution apaisante sera appliquée. Pendant les différentes chirurgies, les animaux seront sous anesthésie générale avec analgésie.
Choix des espèces
Voici plusieurs facteurs qui justifient le choix de la souris : 1) tous les gènes d'intérêt, jusqu’à présent identifiés sont conservés chez la souris et l’homme, ainsi que leur fonction ; 2) la souris est le modèle de choix pour les techniques qui visent à introduire des mutations dans le génome des mammifères ; 3) nous disposons d’un large répertoire de lignées de souris modèles, ce qui permet d’évaluer l’interaction parmi plusieurs éléments de cette signalisation ; 4) nous disposons également de nombreux outils adaptés à la souris ; 5) la taille des souris, leur durée de vie, leur capacité reproductive est particulièrement adaptée à un programme de recherche de 5 ans; 6) l'âge postnatal est le stade de développement privilégié pour étudier la survenue des crises épileptiques.
Evaluation de l’impact d’un sevrage tardif sur la santé digestive des porcelets
- Recherche fondamentale
- Éthologie / comportement / biologie animale
- Oncologie
Immobilisés vigiles, la tête en extension et les yeux masqués, 60 porcelets subissent une ou deux prises de sang dans la veine jugulaire, espacées de vingt-huit jours. Les procédures sont classées en souffrance légère, le porteur signalant qu'un malaise vagal peut survenir pendant le prélèvement. L'objectif déclaré est d'améliorer la santé digestive et le bien-être des porcelets en retardant le sevrage à quarante-neuf jours, une pratique déjà imposée par le cahier des charges de l'élevage biologique, et le porteur y voit aussi un moyen de limiter les intrants médicamenteux et de redresser les "performances technico-économiques". 40 porcelets sont tués, vingt au vingt-huitième jour et vingt au cinquante-sixième, pour prélever leurs compartiments digestifs, les vingt autres poursuivant leur croissance jusqu'à l'abattage commercial.
Objectifs
Chez les mammifères, le sevrage se définit comme la période de transition d’une alimentation exclusivement lactée vers une alimentation solide. Chez le porc, en conditions de semi-liberté cette transition est progressive jusqu’à l’arrêt complet de l’ingestion lactée entre 12 et 17 semaines d’âge. En élevage, le sevrage correspond à la fin de la consommation de lait par les jeunes, la séparation avec la mère et la mise en lot avec d’autres congénères et est couramment réalisé entre 21 et 28 jours d’âge en élevage conventionnel. Le système immunitaire et digestif du porcelet est encore immature à cet âge. Cette période est dès lors souvent associée à des troubles digestifs qui pénalisent la santé et le bien être des porcelets, induisant une augmentation des intrants médicamenteux et une dégradation des performances technico-économiques. Dans ce cadre, nous faisons l’hypothèse qu’un sevrage plus tardif permettrait d’optimiser la maturation digestive, permettant de préserver la santé des animaux dans les phases ultérieures de la vie. Les effets d’un sevrage dit « tardif » (au delà de 42j) sur l’adaptation physiologique du porcelet au sevrage ont cependant fait l’objet de peu d’études. Dans le cadre du présent projet, nous avons donc souhaité caractériser finement l’impact d’un sevrage tardif sur la santé et la maturation digestive. Ce projet s’inscrit dans la continué d’un projet antérieur ayant permis d’évaluer l’impact du sevrage tardif sur le comportement (indicateur du bien-être), la croissance et la santé globale (évaluations cliniques et marqueurs sanguins) du porcelet. Le comportement des animaux pouvant être altéré par certains prélèvements nécessaires à la caractérisation digestive, celle-ci n’a pas pu être effectuée au cours du 1er protocole expérimental, et fait donc l’objet de la présente demande. L’objectif de recherche fondamental de ce projet exploratoire est ainsi d’évaluer l’impact d’un sevrage dit « tardif » sur la santé digestive et systémique du porcelet. Dans ce cadre nous avons choisi de comparer un sevrage à 49 jours d’âge, dit « tardif » avec un sevrage « conventionnel » à 21 jours.
Bénéfices attendus
Ce projet exploratoire fournira des premiers éléments factuels sur les effets d’un sevrage tardif sur la santé digestive en élevage porcin. Le sevrage tardif étant une composante clé de l’élevage porcin biologique, imposé par le cahier des charges (>40j), ces données seront d’un grand intérêt pour cette filière mais pourront également contribuer à l’amélioration des pratiques d’élevage dans la filière conventionnelle. Ce projet pourrait donc permettre à moyen/long terme d’améliorer la santé en élevage porcin.
Procédures
1 (20 individus) ou 2 (40 individus) prélèvements sanguins par porcelet, espacés de 28 jours, seront effectués dans la veine jugulaire sur animaux vigiles immobilisés avec une contention douce. La durée de contention de chaque porcelet est limitée à 2 minutes et celle de la prise de sang à 30 secondes.
Impact sur les animaux
Ces prélèvements sont susceptibles d’induire un stress transitoire léger ainsi qu’une douleur légère et transitoire associée à l’introduction de l’aiguille pour les animaux.
Devenir
Les animaux poursuivront leur croissance en élevage conventionnel jusqu'à mise à mort expérimentale ou abattage commercial. La caractérisation de la maturation et de la santé digestive nécessite l’accès aux compartiments digestifs. 40 porcelets seront ainsi mis à mort (20 à J28 et 20 à J56) dans le cadre du protocole afin d’effectuer des prélèvements tissulaires post-mortem
Remplacement
Il n'existe pas de méthodes in vitro ou in silico actuellement qui permettent d'aborder la question de l'effet du sevrage sur un organisme entier. L’utilisation d’animaux vivants est ainsi nécessaire.
Réduction
40 porcelets (10 par date et par lot) sont nécessaires pour tenir compte de la variabilité des paramètres sanguins (J24 et J52) et digestifs (J28 et J56 ; hors champ) mesurés et correspond à l’effectif suffisant et nécessaire pour évaluer statistiquement l’impact de l’âge au sevrage sur ces paramètres tout en prenant en compte l’effet portée. Afin de garder l’équilibre entre portées dans les animaux prélevés (prélèvements sanguins et post mortem), et afin de tenir compte des troubles sanitaires éventuels en cours d’essai, 1 porcelet supplémentaire par lot et par portée sera prévu. 60 porcelets (2 lots x 10 portées x 3 porcelets = 60) seront donc suivis.
Raffinement
L’état de santé des animaux sera suivi individuellement de façon hebdomadaire, lors des pesées, via une fiche de suivi reprenant l’aspect général des animaux, celui de l’appareil digestif, respiratoire et locomoteur et de la peau. De plus, une évaluation collective quotidienne permettra d’identifier les animaux avec un état de santé dégradé. Les animaux identifiés comme ayant un état de santé dégradé à la pesée ou lors du suivi collectif seront ensuite suivis quotidiennement de façon individuelle jusqu’à retour à la normal. Des arbres décisionnels gradés ont été mis en place afin d'intervenir de façon adéquate le plus rapidement possible en cas de problème. En cas de diarrhée ou de toux forte sur plus de 4 jours consécutifs, de fort amaigrissement, de plaies ou de boiterie graves l’animal sera exclu de l’expérimentation et soumis à un traitement après avis vétérinaire. Afin de réduire le stress lié à la contention lors des prises de sang, les porcelets seront immobilisés dans un dispositif permettant de porter les porcelets avec une contention douce, les pattes dirigées vers le sol avec la tête en extension et les yeux masqués. La durée de contention sera limitée à 2 min et celle de la prise de sang à 30 secondes. En cas de saignement local, une pression légère sur la gorge au point de prélèvement sera appliquée à la suite du prélèvement. Une fois le saignement arrêté, l’animal sera reposé au sol et son comportement surveillé. A de rares occasion un malaise vagal peut être induit avec un retour de conscience rapide (1 min) ou d’un malaise vagal lors du 1er prélèvement, le porcelet ne sera pas prélevé à J52. Enfin, le milieu de vie des animaux sera enrichi : en post-sevrage des sacs de jute et cordelettes seront suspendus dans les loges (changés 2 fois par semaine).
Choix des espèces
Le projet vise à évaluer l’impact du sevrage tardif en élevage porcin, cette espèce est donc requise pour le projet. Le projet visant à évaluer l’impact de l’âge au sevrage sur la santé des porcelets, ceux-ci seront suivis de leur sevrage jusqu’ à 70j d’âge (transition post-sevrage – engraissement).