Autres amphibiens
Capacités olfactives des gymnophiones
- Recherche fondamentale
- Éthologie / comportement / biologie animale
- Oncologie
- Organes sensoriels
- Système respiratoire
30 gymnophiones vont être utilisés, dont 10 tués à l'issue et 20 relâchés, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Ces amphibiens capturés dans la nature subissent l'obstruction d'une narine à la pâte dentaire ou le blocage de leurs tentacules à la colle chirurgicale, encadré de deux tests de performance olfactive, ce que le porteur associe à un stress modéré. Dix individus sont tués pour des analyses génétiques et morphologiques, les autres étant remis sur leur lieu de capture. Le projet relève de la recherche fondamentale sur le rôle du tentacule dans la détection des odeurs, sans application décrite.
Objectifs
Les gymnophiones sont le troisième ordre des lissamphibiens (après les anoures et les urodèles). Leur corps longiforme ressemble à celui des vers de terre. La plupart des espèces sont fouisseuses et ne sortent à l’air libre que dans de très rares occasions. Quelques espèces sont totalement aquatiques. L’ensemble des espèces connue est carnivore ou charognard. Toutes les espèces ont une vision très réduite voir pour certaines, sont totalement aveugles. Du fait de leur vie souterraine et de leur aspect « non attrayant » les gymnophiones restent très peu étudiés. Tous les gymnophiones possèdent un tentacule, organe longiligne parfois mobile et rétractable, présent au niveau de la tête des individus. Cet organe est une innovation écologique qui n’a probablement aucun analogue parmi les vertébrés. De nombreuse spéculations ont été apporté quand au rôle potentiel de cet organe cependant cela n’a pas été testé expérimentalement. L'objectif de ce projet de recherche est de comprendre le rôle du tentacule chez les gymnophiones, et notamment de savoir s’il intervient dans la détection des odeurs, comme cela a été proposé.
Bénéfices attendus
Ce projet de recherche permettra une grande avancée dans notre compréhension du rôle du tentacule chez les gymnophiones ainsi que de l'importance de l´odorat chez ces espèces. En effet, grâce à ce projet nous pourrons savoir si ce "nouvel organe" intervient dans le processus de détection des odeurs et permet ainsi à ces animaux de détecter des proies dans le milieu aquatique et souterrain. Un premier article sera focalisé sur les résultats des expérimentations in-vivo. Au moins un deuxième article combinera les résultats expérimentaux avec les données morphologiques (3D ct-scan) issues des spécimens de muséums. Afin de pouvoir diffuser nos résultats à un public varié, nous réaliserons des communiqués de presse vulgarisés avec l´organisme de recherche ainsi que localement avec des associations.
Procédures
L’unique procédure (modérée) appliquée à tous les animaux se déroulera sur des animaux vigiles. Il se déroulera environ 1 mois entre la capture de l’animal et sa mise à mort ou sa remise en liberté. Ainsi, la procédure comprendra (1) la capture du gymnophione, (2) sont placement en élevage, (3) la réalisation d’un test de performance olfactive (durée du test: 25min), (4) le bouchage d’une narine (à l’aide de pâte pour dentiste) ou le blocage des tentacules (à l’aide de colle chirurgicale qui se détache au bout de trois jours), (5) la réalisation d’un test de performance olfactive, (6) la remise en liberté de l’animal ou sa mise à mort.
Impact sur les animaux
La capture et le transport de l'animal jusqu'à son terrarium d'élevage devraient générer un stress modéré. L'applicationde colle chirurgicale sur les tentacules des gymniophones devrait générer un état de stress modéré chez les animaux. La colle se détache de la peau au bout de 3 jours. L'obstruction d'une narine à l'aide de pâte pour dentiste devrait générer un léger stress chez l'animal jusqu' à la fin de l'expérimentation (inférieur à 30 minutes). Ces deux procédures suivent un protocole standardisé.
Devenir
Un maximum de 10 individus par espèce sera mis à mort afin de réaliser des analyses génétiques et morphologiques (e.g. immuno-histologie) qui ne peuvent être réalisées avec les spécimens de muséums.
Remplacement
Le principe de remplacement est ici déjà appliqué à ce projet puisque l'ensemble des études morphologiques sur l'appareil olfactif des gymnophiones sera réalisé à l'aide de spécimens de musées disponibles notamment au muséum d ́histoire naturelle de Paris et au muséum d'histoire naturelle de Stuttgart (Allemagne). Cependant, les tests de performances olfactives ne peuvent être réalisés autrement. De même, quelques individus devront être mis à mort pour des études morphologiques (immuno-histologie) et génétiques (réalisation de génomes) ne pouvant être réalisés avec des spécimens de musées.
Réduction
Le principe de réduction sera ici appliqué en utilisant une espèce principale (Typhlonectes compressicauda, 30 individus) comme référence, puis selon les résultats préliminaires obtenus nous ferons une nouvelle demande pour les autres espèces. Au vu de l'importante variabilité inter-individuelle des tests de performances, il ne sera pas possible de réduire davantage le nombre d'individus testés pour des raisons de puissance statistique. La limite principale de ce projet reste le nombre d´individus que nous parviendrons à capturer. Cependant, au vu de la quasi absence d'études traitant de manière expérimentale la question de l´olfaction et du tentacule des gymnophiones, tout résultat sera trés utile.
Raffinement
Les gymnophiones capturés seront rapidement logées à la plateforme expérimentale qui possède les infrastructures adaptées au bon maintien de ces espèces. Les espèces aquatiques seront logées dans des conteneurs de 80 à 100L avec un filtre interne adapté (maintien similaire à celui de nombreuses espèces de poissons). Les installations et les filtres auront été mis en route avant le démarrage de l’expérimentation afin que la colonisation bactérienne puisse convenablement se faire dans les masses poreuses des filtres. L’ensemble des installations sera placé en extérieur (= même température et humidité extérieur que leur milieu de vie) à l’abris de la pluie et de tout soleil direct. Une surveillance accrue sera portée aux animaux afin de savoir s'ils s'alimentent dès la première semaine de captivité: En absence de prise alimentaire correcte (traduisant d'un état de stress), les animaux seront relâchés sur le lieu de leur capture.
Choix des espèces
Afin de réaliser une étude comparative sur les capacités olfactives des gymnophiones, nous souhaitons d´abord tester Typhlonectes compressicauda (30 individus), puis selon les résultats préliminaires obtenus nous ferons une nouvelle demande pour les autres espèces. Juvéniles ou adultes selon ce que nous parvenons à capturer.
Conséquences de la salinisation des zones humides côtières sur la physiologie des amphibiens
- Protection de l’environnement
- Recherche fondamentale
- Autre recherche fondamentale
- Éthologie / comportement / biologie animale
- Oncologie
96 crapauds épineux, une espèce sauvage, vont être utilisés dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger, maintenus en vie puis relâchés sur leur site de capture. Ils subissent des mesures morphométriques, des pesées hebdomadaires pendant un an et deux ponctions cardiaques sur animal vigile, pour étudier les effets de la salinisation des zones humides côtières sur leur physiologie. Le porteur indique que la salinité testée reste proche de celle rencontrée dans le milieu naturel et n'affecte que légèrement la croissance. Il affirme préférer une espèce sauvage aux lignées de laboratoire, dont la domestication aurait "canalisé" les phénotypes.
Objectifs
La salinisation de l’environnement a été identifiée comme une menace globale pour les systèmes océaniques, dulçaquicoles (d'eau douce) et terrestres. Plus d’un quart des zones humides de la planète ont déjà été touchées par la salinisation, d’autres sont en voie d’être affectées par ce processus, notamment les zones côtières menacées par la montée des niveaux marins et l'augmentation de la fréquence d'évènements extrêmes (submersions marines). A l’échelle globale, l’impact de la salinisation sur la biodiversité est en voie de devenir un problème de conservation majeur. Il est connu que la salinisation du milieu peut avoir des conséquences importantes sur l’utilisation de l’habitat, les dépenses énergétiques ou la reproduction chez de nombreuses espèces. Mais ces travaux ont souvent examiné les effets aigüs (à court terme) de niveau de salinité élevés (effets souvent toxiques ou létaux). Par ailleurs, certaines espèces possèdent des capacités de dispersion élevés qui leur permettent d’échapper à ces conditions négatives et de se reporter sur des habitats encore favorables (par exemple les oiseaux). D’autres groupes sont beaucoup moins mobiles et sont particulièrement soumis à ce type de perturbation. C’est typiquement le cas des amphibiens qui sont caractérisés par de faibles capacités locomotrices. Ils sont également caractérisés par une peau très perméable qui facilite les échanges avec le milieu ce qui peut poser des problèmes de maintien de l’équilibre hydro-minéral (osmotique). Ces caractéristiques font des amphibiens des espèces particulièrement adaptées pour examiner l’impact de la salinisation de leur environnement sur leur physiologie. Le projet consiste à évaluer l’impact de la salinité environnementale (similaire aux mesures effectuées sur le terrain) sur la physiologie d’un amphibien répandu, le crapaud épineux (Bufo spinosus). Afin d’évaluer les capacités d’adaptation des amphibiens à la salinisation de l’environnement, nous comparerons les réponses d'individus capturés en zones côtières (présumés habitués à ces conditions de salinité) et en zones continentales (non soumis à cette contrainte environnementale) afin d’identifier si des mécanismes spécifiques permettent aux populations côtières de faire face à cette contrainte environnementale.
Bénéfices attendus
Ce projet permettra de répondre à deux questions cruciales. D'une part, ce projet permettra d'évaluer si la salinité environnementale affecte négativement les mécanismes physiologiques des amphibiens côtiers. D'autre part, ce projet permettra d'élucider les capacités d'adaptation des populations côtières à ce paramètre environnemental en comparant les réponses de populations naturellement soumises ou non à la salinité environnementale. Les données récoltées seront utilisables dans un objectif de conservation (protection contre les intrusions marines, aménagement de zones refuge ou tampon qui permettront de limiter les effets de la salinisation en recréant un gradient d'habitat, et qui permettront aux populations naturelles de se réfugier). Les résultats permettront de proposer des pistes pour la gestion des milieux côtiers. La création d'un gradient d'habitat grâce à des zones tampons permettra aux individus de subsister si la salinité augmente.
Procédures
Préhension et contention pour mesure morphométriques : 2 fois 1 min séparée par 1 an. Préhension pour pesée : 30 secondes toutes les semaines (52 fois) Préhension et cardiocentèse sur animal vigile : 2 fois 1 minute séparée par 1 an.
Impact sur les animaux
Les niveaux modérés de salinité testés dans ce projet sont similaires à ceux auxquels les individus font face dans l'environnement naturel (zones côtières). Les effets indésirables potentiels seront donc similaires à ceux auxquels les individus font face sur le terrain. Pour les animaux exposés à la salinité : altération légère de la croissance sans impact sur la survie de l’animal. Pour tous les inidividus : inconfort de courte durée (environ 1 min) lors des prélèvements sanguins, stress de courte durée lors des manipulations.
Devenir
Les niveaux sublétaux de salinité testés dans ce projet sont similaires à ceux auxquels les individus font face dans l'environnement naturel (zones côtières). Les effets indésirable potentiels seront donc similaires à ceux auxquels les individus font face sur le terrain. Tous les individus seront donc maintenus en vie et relâchés sur leur site de capture.
Remplacement
L'étude de l'influence de la salinité environnementale sur les réponses physiologiques des amphibiens a des implications importantes à la fois pour la recherche fondamentale en écologie et la recherche appliquée en conservation. La domestication et la sélection de lignées de laboratoire a canalisé l’expression de phénotypes qui sont beaucoup plus diversifiés chez les organismes sauvages. Les réponses des organismes sauvages face aux contraintes de l’environnement seront plus complexes que chez leurs homologues de laboratoires. Par ailleurs, nous souhaitons tester l’existence d’adaptations locales à la salinité. Il est donc nécessaire d'examiner les réponses des populations naturellement soumises (ou non) à ce paramètre environnemental. C’est là que réside l’intérêt de travailler sur des populations côtières ou continentales. L’espèce sélectionnée est présente sur ces deux milieux et nous maitrisons son maintien au laboratoire. De manière ultime, le projet vise un but de conservation qui nécessite de comprendre les réponses des populations naturelles à la salinité.
Réduction
Sur la base d’un test statistique (test de puissance) et des expériences antérieures, le nombre d’animaux est réduit au strict minimum pour obtenir des résultats statistiquement significatifs, c’est-à-dire concluants.
Raffinement
Tout au long de la procédure, les individus disposeront de conditions de maintien en captivité optimisées. La température sera maintenue à 17°C. Ils seront maintenus dans des terrariums dédiés, dont le substrat et l'eau de boisson seront changés de façon hebdomadaire (plus souvent en cas de besoins) et auront un accès à la nourriture adapté à leur taille et leur besoin. L'accès à l'eau a été raffiné pour correspondre aux besoins de cette espèce lors de sa phase terrestre sans induire d'effets indésirables. Afin de maintenir un comportement d'animal sauvage (enrichissement), les individus disposent d'abri pour se cacher, et leur alimentation (insectes) sera vivante pour entrenir le comportement de chasse. Pour raffiner nos approches, nous avons développé les méthodes de prélèvement les moins stressantes et les méthodes de contention adaptées pour le prélèvement sanguin. Les gestes techniques sont réalisés par des personnels expérimentés. Un suivi journalier de l'état de chaque individu et de son terrarium sera effectué. Afin de limiter limiter le dérangement des animaux pendant leur phase de repos diurne pour réaliser les surveillances quotidiennes et les manipulations hebdomadaires, celles-ci seront effectuées tôt en début de journée (fin de la période d'activité). Les points limites spécifiques au projet sont associés à un suivi de l'apparence physique et posturale, du comportement, de l'alimentation et de la masse corporelle. En cas d’atteinte du bien-être animal, des mesures adaptées seront prises sans délai.
Choix des espèces
Nous étudions une espèce sauvage non-domestique le crapaud épineux (Bufo spinosus). La domestication et la sélection de lignées de laboratoire (par exemple Xénope du Cap) a canalisé l’expression de phénotypes qui sont beaucoup plus diversifiés chez les organismes sauvages. Les réponses des organismes sauvages face aux contraintes de l’environnement seront plus complexes que chez leurs homologues de laboratoires. Par ailleurs, nous souhaitons tester l’existence d’adaptations locales à la salinité. Il est donc nécessaire d'examiner les réponses des populations naturellement soumises (ou non) à ce paramètre environnemental. C’est là que réside l’intérêt de travailler sur des populations côtières ou continentales. L’espèce sélectionnée est présente sur ces deux milieux et nous maitrisons son maintien au laboratoire. Animaux adultes afin de statuer sur les effets d'une exposition chronique à la salinité lors de la phase terrestre du cycle de vie de ces organismes.
Etude de l’utilisation de l’habitat terrestre du Pélobate brun (Pelobates fuscus) en Alsace
- Conservation des espèces
40 pélobates bruns, une espèce d'amphibien menacée, vont être capturés dans la nature, opérés pour l'implantation d'un émetteur, puis relâchés, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. La chirurgie sous anesthésie dure moins de vingt minutes et vise à suivre leurs déplacements terrestres pour améliorer la conservation de l'espèce. Le porteur indique un risque de mortalité d'environ 2 %, observé sur un protocole comparable en 2021. Il justifie l'étude sur des individus sauvages par son objet même, la conservation de ce pélobate.
Objectifs
Les amphibiens possèdent un cycle de vie complexe, composé d’une phase aquatique (reproduction et stade larvaire) mais aussi d’une importante phase terrestre. Si la première est très étudiée, les connaissances sur la phase terrestre sont en revanche souvent bien limitées. Cela est notamment dû à la difficulté de suivre des individus en déplacement en milieu terrestre comparé à l’écoute et à l’observation dans / près des mares. Néanmoins, la phase terrestre joue un rôle important dans la vie d’un amphibien et constitue la plus grande partie de son cycle de vie (zones de chasse, d’estivage, d’hivernage). Il est d’autant plus essentiel de connaître la totalité de l’habitat dans le cas d’espèces protégées. Il est aujourd’hui possible de suivre très finement les déplacements d’individus en phase terrestre sur le long terme grâce à la radiotélémétrie. Cette méthode permet, à l’aide d’une antenne et d’un récepteur, de suivre sur de longues distances les déplacements d’individus équipés d’un émetteur radio avec une précision telle qu’il est possible de les retrouver individuellement afin de pointer leur position par un GPS manuel. Ces techniques ont déjà été utilisées et validées pour étudier le déplacement en phase terrestre chez certains amphibiens. L’habitat terrestre n’a été que très peu étudié chez le Pélobate brun (Pelobates fuscus), espèce menacée en France (statut en « En danger (EN) » de l’UICN). Cette étude vise à caractériser les déplacements fins en phase terrestre du Pélobate brun.
Bénéfices attendus
Cette étude devrait nous permettre de mieux connaître les micro et macrohabitats utilisés par le Pélobate brun ainsi que ses patterns de déplacements, encore peu connus, permettant ainsi une meilleure gestion de son habitat et donc des mesures de conservation plus efficaces.
Procédures
En dehors du stress lié à la capture et à la manipulation, la nuisance prévue est l’implantation des émetteurs (chirurgie), cette nuisance est cependant réduite au maximum par l’anésthésie et l’emploi complémentaire d’analgésique. L’opération en elle-même dure moins de 20min, et le réveil se fait dans l’heure.
Impact sur les animaux
La probabilité d’apparition d’effets indésirables voire de mortalité des individus à la suite d’un stress dû à la capture, au déplacement, à l’opération et au maintien en captivité ne peut être réduite à zéro. Notamment, il y a eu 2% de mortalité (1 individu/46) pour le même protocole réalisé sur une autre espèce d’amphibien, en 2021. Les nuisances potentielles liées à la chirurgie concernent d’une part les risques inhérents à l’anesthésie et les risques possibles liés à la chirurgie en elle-même (problème de cicatrisation etc). Cependant ces risques restent bas : l’espèce cicatrise bien et la bonne formation des opérateurs mène à un risque quasi-nul de problème lors de l’opération.
Devenir
L’objectif est de suivre le déplacement des individus dans leur habitat naturel, il est donc obligatoire de les relacher.
Remplacement
Cette étude a pour objectif d’améliorer la conservation du Pélobate brun et concerne donc spécifiquement cette espèce, ainsi elle ne peut pas être réalisée via une autre approche qu’en étudiant le comportement des individus sauvages de cette espèce.
Réduction
Un nombre réduit d’individus sera utilisé lors de l’expérimentation. Cela nous permet d’avoir une puissance statistique suffisante tout en limitant le nombre d’individus manipulés. Réduire d’avantage cet effectif serait statistiquement risqué car nous ne pouvons écarter une mortalité induite par la capture, les manipulations, le transport et la chirurgie (2% de mortalité pour le même protocole réalisé sur une autre espèce d’amphibien, en 2021), ou une mortalité naturelle pendant l’expérimentation (prédation, maladie).
Raffinement
« Pendant la période de captivité les individus seront placés dans des vivariums à température ambiante (~20°C), dans un milieu maintenu humide, au calme et dans l’obscurité, enrichi de cachettes faites de pots en terre. Les individus seront nourris ad libitum avec des grillons vivants (Acheta domestica ; 1cm). La procédure chirurgicale est réalisée sous anesthésie générale et avec l’application d’un analgésique local. Pendant cette phase de captivité temporaire (48h à 72h) et de récupération post-chirurgicale, différentes évaluations sont mises en place pour déterminer quotidiennement les points limites, afin de limiter la douleur des animaux et permettre le relâcher dans de bonnes conditions.
Choix des espèces
Le but est d’étudier l’utilisation de l’habitat terrestre par le Pélobate brun dans le cadre de son étude et de sa conservation, ainsi le remplacer par une autre espèce n’est pas envisageable. D’autre part uniquement des adultes seront utilisés. Nous nous intéressons au déplacement en milieu terrestre des pélobates, éliminant ainsi de l’étude le stade larvaire qui est aquatique. Ainsi seuls des individus adultes et de poids suffisants (plus de 19 g) seront utilisés.
Impact d’un parasite externe (Helobdella stagnalis) sur une espèce protégée d’amphibiens, le Crapaud vert (Bufotes viridis)
- Conservation des espèces
6 crapauds verts mâles, espèce protégée, vont être capturés dans la nature puis maintenus en captivité trois semaines dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger, avant d'être relâchés. Une vingtaine de sangsues sont placées sur eux et comptées chaque jour, pour déterminer si ce parasite se nourrit du sang des adultes ou se contente de les transporter. Le porteur reconnaît que le stress de la capture et de la captivité peut entraîner une mortalité qu'il ne peut réduire à zéro. Il affirme qu'aucun élevage de cette espèce n'existe et qu'une autre espèce ne refléterait pas la relation étudiée.
Objectifs
Nos études récentes portent sur le rôle de piège éclogique que pourrait jouer les bassins d’orage routiers (‘BO’, bassins contruits pour récupérer les eaux d’écoulement polluées) pour bien des espèces d’amphibiens en danger, dont le Crapaud vert (Bufotes viridis). Nos résultats indiquent qu’une espèce de sangsue (Helobdella stagnalis) s’y développe sélectivement et serait directement impliquée dans la mortalité massive des têtards du Crapaud vert nés dans ces bassins artificiels. Les têtards y sont dévorés jusqu’au dernier et la charge « parasitaire » de ces sangsues sur les adultes est très élevée dans certains BO. La biologie de cette famille de sangsues dépourvues de rostre reste très peu connue et l’objectif de la présente étude est de déterminer si ces sangsues sont uniquement transportées par les crapauds adultes (phorésie) ou sont véritablement hématophages (parasitisme vrai). En effet si c’était le cas chez les crapaud adultes, cela pourrait fortement impacter leur vitalité, leur comportement reproducteur dans les bassins, voire leur survie post-reproduction. Si c’est le cas, des mesures de gestion de cette espèce de sangsue dans les BO seront indispensables , afin de limiter son impact sur les populations du Crapaud vert, mais éventuellement d’autres espèces d’amphibiens en danger.
Bénéfices attendus
Cette étude permettra de confirmer ou infirmer le parasitisme effectif d’une espèce de sangsue sur la phase adulte d’une espèce d’amphibien en danger. Ces sangsues sont très peu étudiées dans le monde, et le parasitisme par cette espèce sur le crapaud vert ou d’autres amphibiens n’a jamais été démontré ni prouvé. Ces résultats nous permettront, si le parasitisme est confirmé, de valider nos hypothèses de travail et de proposer des mesures de gestion de ces sangsues dans les bassins d’orage infestés.
Procédures
Capture dans la nature, transport (15 minutes maximum) et maintien en captivité (3 semaines maximum). Un comptage du nombre de sangsue sur chaque individu, sera réalisé 1 fois par jour manuellement sur animal vigile. En fin d’expérimentation, l’ensemble des sangsues fixées aux crapauds seront retirées délicatement à l’aide d’une pice à épilé.
Impact sur les animaux
La probabilité de mortalité des individus suite à un stress dû à la capture, au déplacement, à l’expérimentation et au maintien en captivité ne peut être réduite à zéro. En revanche, sur le terrain la charge « parasitaire » observée était d’environ 20 sangsues/individus, sans avoir noté des comportements ‘anormaux’ des individus hôtes. Ici, nous allons mettre 20 sangsues avec 6 crapauds, aussi nous supposons que cela n’impactera pas les capacités de locomotion, de nourrissage, ni la survie à court- ou long-terme de ces individus. Enfin le prélèvement de sangsues (i.e. délicatement à l’aide d’une pice à épilé) sur les crapauds ne devrait pas entraîner de nuisance particulière, étant donné que : (1) Hs est une espèce de sangsue sans machoire mais muni d’une ventouse buccale qui lui permet de se fixer sur les téguments ; (2) comme toutes les espèces de sangsues, elle utilise une salive anesthésiante.
Devenir
Le Crapaud vert est une espèce en danger d’extinction, il va de soit de relacher l’ensemble des individus à la fin de l’expérimentation
Remplacement
Cette étude concerne spécifiquement le Crapaud vert et ne peut pas être réalisée via une approche in silico ou via des tissus vivants.
Réduction
Un nombre réduit d’individus sera utilisé lors de l’expérimentation (6 mâles). Cela nous permettra de mettre en évidence le parasitisme par Helobdella stagnalis. De plus, certains individus de crapaud pourraient montrer des comportements différents liés au stress de la captivité, en allant moins souvent dans l’eau par exemple et donc être moins susceptible d’être en contact avec les sangsues.
Raffinement
L’aquarium où seront maintenus les crapauds sera aménagé avec un enrichissement maximum. Il comportera une partie terrestre avec de nombreux abris et cachettes, de la mousse humidifiée quotidiennement et une partie aquatique de faible profondeur (3cm), afin d’éviter toute noyade. Les crapauds seront nourris ad libitum avec des grillons vivants (Acheta domestica ; 1cm).
Choix des espèces
Le but de l’étude est d’observer le parasitisme d’une sangsue sur une espèce d’amphibien sauvage : le Crapaud vert. Il n’existe pas d’élevage disponible de cette espèce en laboratoire. L’utilisation d’amphibiens d’élevages de tout autre espèce ne pourrait pas refléter le lien hôte-‘parasite’ que l’on souhaite étudier. La prédation des sangsues sur les têtards a été démontré dans une de nos études précédentes, aujourd’hui nous souhaitons démontrer le parasitisme de ces sangsues sur les individus adultes uniquement.
Conséquences de la salinisation des zones humides côtières sur la reproduction des amphibiens
- Conservation des espèces
- Protection de l’environnement
- Recherche fondamentale
- Biologie du développement
- Éthologie / comportement / biologie animale
- Oncologie
320 crapauds épineux vont être utilisés, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger, tous relâchés sur leur lieu de capture. Le porteur maintient 80 adultes en captivité brève et 240 têtards environ trois mois, en les exposant à des niveaux de salinité proches de ceux du milieu naturel, pour étudier les effets sur la reproduction et le développement. Il indique s'attendre à une éclosion et à une croissance altérées, sans effet attendu sur la survie. Il affirme qu'il n'existe "pas d'alternative" à l'animal et qu'il est "indispensable" d'obtenir les pontes au laboratoire.
Objectifs
La salinisation de l’environnement a été identifiée comme une menace globale pour les systèmes océaniques, dulçaquicoles et terrestres. Plus d’un quart des zones humides de la planète ont déjà été touchées par la salinisation, d’autres sont en voie d’être affectées par ce processus, notamment les zones côtières menacées par la montée des niveaux marins et l'augmentation de la fréquence d'évènements extrêmes (submersions marines). A l’échelle globale, l’impact de la salinisation sur la biodiversité est en voie de devenir un problème de conservation majeur. Il est connu que la salinisation du milieu peut avoir des conséquences importantes sur l’utilisation de l’habitat, les budgets énergétiques ou la reproduction chez de nombreux taxons. Certains de ces groupes taxonomiques possèdent des capacités de dispersion élevés qui leur permettent d’échapper à ces conditions négatives et de se reporter sur des habitats encore favorables (par exemple les oiseaux). D’autres groupes sont beaucoup moins mobiles et sont particulièrement soumis à ce type de perturbation. C’est typiquement le cas des amphibiens qui sont caractérisés par de faibles capacités locomotrices. Ils sont également caractérisés par une peau très perméable qui facilite les échanges avec le milieu ce qui peut poser des problèmes de maintien de l’équilibre osmotique. D’autre part, le développement des œufs et des têtards dans l’environnement aquatique (mares) les rend particulièrement susceptible à la salinisation des sites de reproduction, particulièrement en zones côtières. Toutes ces caractéristiques font des amphibiens des espèces particulièrement adaptés pour examiner l’impact de la salinisation de leur environnement sur la reproduction. Le projet consiste à évaluer l’impact de la salinité environnementale (évaluée par des mesures in situ) sur le développement embryonnaire et larvaire d’un amphibien répandu, le crapaud épineux (Bufo spinosus). Afin d’évaluer les capacités d’adaptation de ce taxon à la salinisation de l’environnement, nous comparerons les réponses d'individus capturés en zones côtières (présumés habitués à ces conditions) et de zones continentales (non soumis à cette contrainte environnementale) afin d’identifier si des mécanismes spécifiques permettent aux populations côtières de faire face à cette contrainte environnementale.
Bénéfices attendus
Ce projet permettra de répondre à deux questions cruciales. Tout d'abord, ce projet permettra d'évaluer si la salinité environnementale affecte négativement les capacités de reproduction des amphibiens côtiers. D'autre part, ce projet permettra d'élucider les capacités d'adaptation des populations cotières a ce paramètre environnemental en comparant les réponses de populations soumises ou non à la salinité environnementale. Les données récoltées seront utilisables dans un objectif de conservation (protection contre les intrusions marines des sites de reproduction côtiers, aménagement de zones refuge ou tampon).
Procédures
Les interventions sont limités à de la captivité transitoire (adultes : 48h, têtards : ~90 jours) et à des mesures morphométriques (quelques minutes).
Impact sur les animaux
Concernant les adultes, les effets indésirables potentiels sont limités à ceux induit par la captivité transitoire. Néanmoins, nos travaux précédents ont montré que les niveaux d'hormones de stress des individus reproducteurs adultes ne sont pas modifiées par la capture et la captivité ce qui semble suggérer des effets faibles de nos procédures. Les niveaux sublétaux de salinité testés dans ce projet sont similaires à ceux auxquels les individus font face dans l'environnement naturel (zones côtières). Les effets indésirable potentiels seront donc similaires à ceux auxquels les individus font face sur le terrain. Parmi les effets potentiels, nous nous attendons à des succès d'éclosion et des patrons de croissance altérés au traitements de salinité faible et modérée. Néanmoins, à la vue des niveaux de salinité testés, nous n'attendons pas d'effets sur la survie des individus. Tout sera mis en oeuvre pour limiter au maximum le stress et/ou la douleur possiblement induits par nos procédures. La durée de captivité des adultes sera réduite au minimum (la ponte ayant lieu en général dans les 24h qui suivent la capture). Les individus adultes seront relâchés sur leur lieu de capture dès que la ponte aura eu lieu. Les têtards seront maintenus dans des conditions optimales (nourriture ad libitum, pas de risque de prédation et de compétition, régime thermique stable). L'avis du vétérinaire référent sera sollicité tout au long de ces procédures (capture, captivité pour les adultes; captivité pour les têtards) en cas d'anomalie observée.
Devenir
Les niveaux sublétaux de salinité testés dans ce projet sont similaires à celux auxquels les individus font face dans l'environnement naturel (zones côtières). Les effets indésirable potentiels seront donc similaires à ceux auxquels les individus font face sur le terrain. Tous les individus seront donc maintenus en vie et relâchés sur leur site de capture.
Remplacement
L'étude de l'influence de la salinité environnementale sur les performances de reproduction a des implications importantes à la fois pour la recherche fondamentale en écologie et la recherche appliquée en conservation. Ce projet porte spécifiquement sur le crapaud épineux (Bufo spinosus) en conditions contrôlées. Il n'existe pas d'alternative à l'utilisation d'un modèle animal pour cette étude.
Réduction
Le nombre d'individus sera réduit au minimum (20 couples par sites soit 40 couples au total, soit 80 individus adultes). Seule une fraction des têtards issus de chaque ponte sera conservée pour monitorer le développement larvaire (6 individus par ponte, soit un total de 240 têtards). Les oeufs et les têtards qui ne sont pas impliqués dans ces suivis seront relâchés sur le lieu de capture des adultes dès la ponte ou l'éclosion. Les 240 têtards gardés au laboratoire seront relâchés sur le lieu de capture des adultes dès la métamorphose. L'étude concerne donc 80 individus adultes et 240 têtards (soit un total de 320 animaux). Un test de puissance (1-β) ainsi que nos travaux précédent valident que ces tailles d'échantillon sont suffisantes pour détecter des différences significatives. Les données obtenues seront analysées grâce aux techniques statistiques classiques : des modèles linéaires généralisés qui permettent de comparer des variables entre plusieurs groupes. Lorsque les analyses requièrent l'utilisation de plusieurs données par individus (parents), des modèles mixtes seront utilisés pour tenir compte de la non-indépendance des données (identité parentale en facteur aléatoire).
Raffinement
Tout au long des procédures, les adultes, les oeufs et les têtards disposeront de conditions de maintien en captivité optimisées. Les conditions d'hébergement sont adaptés aux différents stades. Le choix des dimensions des différentes boites sont tirées de la réglementation en vigueur ou de notre expertise et/ou celle de collègues quand ces informations ne sont pas disponibles. Les boites de transports permettent de limiter l’amplitude des déplacements (et donc le stress) pendant le transport. Les bacs de ponte dépassent la taille requise pour le 1/3 d’habitat aquatique requis pour les amphibiens terrestres de cette taille. Les têtards seront maintenus dans des aquariums dédiés, dans des conditions thermiques optimales (régime stable à 17°C), l'eau sera changée de façon hebdomadaire et les individus auront un accès à la nourriture ad libitum, sans compétition, sans prédation. Un suivi journalier de l'état de chaque individu et de son aquarium sera effectué. L'avis du vétérinaire référent sera sollicité le cas échéant.
Choix des espèces
L'étude de l'influence de la salinité environnementale sur les performances de reproduction a des implications importantes à la fois pour la recherche fondamentale en écologie et la recherche appliquée. Ce projet porte spécifiquement sur le crapaud épineux (Bufo spinosus), une espèce largement répandue à la fois en zones cotières et en zones continentales, ce qui en fait un modèle particulièrement bien adapté à nos investigations. Il n'existe pas d'alternative à l'utilisation d'un modèle animal pour cette étude. Il est nécessaire d'obtenir les oeufs dès la ponte pour éviter qu'une fraction significative du développement embryonnaire n'ait lieu dans des conditons non-maitrisées (i.e., sur le terrain) et pour évaluer de manière robuste les effets des traitements expérimentaux de salinité dès le début du développement embryonnaire. Dans ce cadre, il est indispensable d'obtenir les pontes au laboratoire. En outre, cela permet d'inclure des variables parentales (taille, masse corporelle) dans nos investigations. la salinité des milieux côtiers s'exprime en particulier sur les mares dans lesqeulles les amphibiens se reproduisent. Il est donc indispensable d'intégrer les effets de cette salinité environnementale sur le développement larvaire de ce groupe.